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Musée d'Histoire Naturelle à Marseille

L'histoire veut que Marseille soit née il y 2 600 ans, qu'elle fut le cadeau de mariage d'une princesse ligure et d'un marin grec venu d'Asie Mineure. Cette année, elle est à l'honneur dans beaucoup de domaines. Elle vient d'ouvrir en septembre les portes du Musée d'Histoire de Marseille. Son architecture est revisitée par l'architecte Roland Carta. Le studio Adeline Rispal signe la scénographie. Sa rénovation et son agrandissement permettent de restructurer 6 300 m2 dont 3 380 m2 d'exposition permanente.

 

L'architecture du lieu

En 1967, lors des travaux d'aménagement du quartier de la Bourse, les fouilles ont dévoilé le Port Antique de la ville de Marseille (nécropole, remparts du temps des grecs, bassin d'eau douce, voie romaine...). En 1983, un musée est donc intégré au rez-de-chaussée sous le centre commercial de la Bourse. Il est remis à l'honneur et par conséquent réhabilité et agrandi pour l'année de la Capitale Européenne de la Culture. Une attention particulière est portée à la fluidité des circulations. Plusieurs entrées sont créées. Une entrée par la galerie marchande permet aux visiteurs d'y pénétrer comme dans une boutique. L'accueil général se fait au niveau du jardin. Glissés derrière une paroi vitrée longeant le bassin d'eau douce, un jeu d'escaliers et d'ascenseurs, conjuguent esthétique et pratique.

 

La façade au décor minimaliste de 260 m de long et d'une hauteur de 7 m inspire le calme. Elle crée un décor d'apaisement et minimaliste. Cette façade "filtre" et apporte la lumière à l'espace intérieur. C'est un long ruban vitré toute hauteur et sérigraphié d'émail blanc maîtrisant les rayons du soleil. Son dessin est inspiré de l'eau. Elle épouse l'architecture du jardin. Le ruban se prolonge pour former le garde-corps du baladoir sud dont la face intérieure est revêtue d'un vêtage d'aluminium blanc. La façade du rdc est en vitrage extra-blanc dont les volumes de grandes dimensions sont collés bord à bord. Ainsi la vue du jardin se fait naturellement de l'intérieur. Tout autant que la luminosité, les codes chromatiques sont importants dans le concept architectural. Ils sont ceux des matériaux constituant l'enveloppe (façades blanches, sol de béton gris, murs et plafonds blancs et noirs). Le cadre pour l'exposition est neutre s'harmonisant avec la pierre blonde du Port Antique.

 

Scénographie et muséographie

Entre port antique et centre commercial de la Bourse

Le site archéologique du Port Antique, situé au fond du Vieux Port de Marseille, est la preuve matérielle de l’origine grecque de la ville dès 600 avant JC. Il est en lui-même un objet exceptionnel du musée, au cœur du dispositif muséal et muséographique. Cette cohabitation inhabituelle entre un site archéologique et un centre commercial est une chance pour le musée, celle d’attirer de nouveaux visiteurs en le rendant davantage visible depuis le centre commercial. Le port antique et le centre commercial ne sont-ils pas tous les deux des lieux d’échanges de marchandises ?

 

Trois niveaux d’exposition

Les salles d'exposition permanente ont été implantées en contact direct avec le site archéologique sur 3 niveaux. Au rez-de-jardin, à l’est du site, les vastes espaces d’exposition d’origine, étendus sur les anciens espaces d’accueil, sont consacrés à la période antique et les niveaux 1 et entresol de l’extension au nord, visités de haut en bas, sont respectivement dédiés aux périodes moderne et contemporaine. Le parcours s’achève sur une salle ouverte sur l’avenir de Marseille et qui surplombe les collections les plus spectaculaires du parcours.

 

Marseille, ville portuaire et commerciale

Les puissantes structures qui, dans les espaces du rez-de-jardin, portent le Centre Bourse et le socle du CMCI, un imposant ensemble tertiaire, ont permis de dégager le génie du lieu. Les alignements de poteaux espacés d’une dizaine de mètres et orientés perpendiculairement au site appelaient l’implantation des espaces d’exposition permanente à la manière d’un arsenal dans lequel les épaves des navires grecs et romains, fleurons de la collection du musée, trouvèrent naturellement leur place. En effet, la plus grande flottille de vaisseaux antiques au monde, entièrement restaurée, est présentée au public pour la première fois.

 

La faible hauteur des espaces imposait des stratégies particulières pour exprimer la verticalité - la transcendance – de l’histoire de la ville. De grandes vitrines architecturales sont installées sur toute la hauteur des espaces, elles mettent en scène la structure et renforcent le lien avec le jardin archéologique.  Par leur rythme, elles font référence aux proues des navires alignés à quai.

L’espace est ainsi séquencé en 14 périodes, sans être cloisonné, car les vitrines double face sont poreuses au regard qui peut ainsi embrasser les strates historiques et culturelles de la ville.

 

Les mobiliers muséographiques, dans et hors vitrines, sont constitués d’éléments modulables empilés à la manière de marchandises sur le port, de « ballots ». Ces éléments à échelle humaine (ce qui peut être porté par un homme) permettent que la vie se fixe dans le musée, tout comme sur le port à l’ombre des grands navires. Écrans multimédia, tactiles, interactifs, parcours des enfants, lieux de repos pour contempler, regarder les films projetés, expérimenter, rêver …ces mobiliers permettent de s’adapter à tous les besoins des visiteurs dans le temps. Comme dans les ports, ces mobiliers, tout comme les vitrines, sont suspendus par de lourds profilés d’acier qui répartissent la charge et isolent les « marchandises » du sol.

 

Le numérique dans le musée

Un vaste programme multimédia a été entrepris. Une centaine d’écrans diffusent documentaires, témoignages de scientifiques, jeux interactifs et autres reconstitutions 3D pour rendre accessible à tous, la complexité de cette histoire. Des écrans de réalité augmentée, sortes de fenêtres à remonter le temps, permettent de comprendre les stratifications archéologiques du site depuis les façades du bâtiment.

 

Les marseillais peuvent s'enorgueillir de cette réalisation, témoignage de la croissance de la ville, de sa transformation, de ses contradictions et de ses renaissances.

A voir absolument !

 

 

 

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Maîtrise d'Ouvrage : Ville de Marseille

 

Musée de l'Histoire de Marseille

Centre Bourse

2 rue Henri Barbusse

13001 Marseille

Tél. : 04 91 55 36 00

www.musee-histoire-de-marseille.marseille.fr

 

Carta Associés

Roland Carta Architecte

20, rue Saint-Jacques

13006 Marseille

Tél. : 04 96 10 29 00

www.carta-associes.com

 

 

Studio Adeline  Rispal

23, rue du Faubourg Saint-Denis  

75010 Paris

Tél. : 01 43 56 91 45

www.adelinerispal.com

et facebook.com/studioadelinerispal

Blog Invisibl.eu

 


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Intervenants


Générique Muséographie

Mandataire : entreprise Léon Grosse

Mandataire de l’équipe de conception :

Carta Associés, Roland Carta architecte

Bureau d’études pluridisciplinaires : Artelia

Scénographie, muséographie :

Studio Adeline Rispal

Images 3D scénographie : Antoine Buonomo,

Direction artistique, Arthur Reboul Salze et Ginger 4

Ingénierie et design multimédia :

InnoVision, Alain Dupuy

Architecte du patrimoine : Stéphane Baumeige

 

Entreprises Scénographie et Multimédia  

Coordination générale et multimédia :

Entreprise Léon Grosse

Vitrines : Goppion

Mobiliers muséographiques hors vitrines : Barreau

Mobiliers muséographiques dans vitrines : Goppion

Équipements multimédia : IEC

Électricité / éclairage : Snef

Signalétique : Lettres et lumière

Maquettes appartements témoins

et maquettes tactiles : Tactile Studio

Parcours enfants : Aveam

Cartes : Kamisphère

Dessins : Jean-Marie Gassend - Edikom

Encadrements : Le Cadre d’or

Soclage : Version Bronze

 

Parcours Numérique

Scénographie numérique : Alain Dupuy, InnoVision

Frédérique Bertrand, Jean-Marie Gassend

Production audiovisuelle : Les Films du Soleil

Production logicielle mobile

et modélisation 3D : Orbe