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À Bordeaux, une prouesse architecturale sur les flots

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Par Sipane Hoh, le 12 janvier 2024.
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© Alexandre Dupeyron

Des bureaux dans une barque ? Du jamais vu en France. Il s’agit, malgré tout, d’une idée brillante qui non seulement s’est concrétisée avec habileté grâce aux architectes de l’agence 2PM A (Paul Rolland et Matthieu Bergeret), mais qui attire les convoitises. À Bordeaux, dans le quartier des Bassins à flots, tous les usagers de l’entreprise Carmo Wood embarquent dans le même bateau.

L’idée est née quand Jorge Carmo et James Vitrac, de l’entreprise portugaise Carmo Wood ont souhaité la construction de leur siège social sur la Garonne. Des bureaux sur l’eau ? Le concept n’est pas courant bien qu’il doive être séduisant pour les employés, qui passent une grande partie de leurs journées enfermés entre quatre murs. Paul Rolland, l’un des architectes de l’agence 2PM A, se remémore qu’étant enfant, son grand-père lui racontait qu’il existait jadis une piscine flottante à Bordeaux. Ces dernières années, régénérer les friches étant devenu courant, pourquoi pas des projets sur les fleuves ? C’est ainsi qu’à la suite du concours lancé en 2014 et remporté par l’agence 2PM A, l’idée qui a paru fantaisiste pour certains allait se concrétiser. Néanmoins, avant d’engendrer le projet, il fallait tout d’abord discuter avec l’architecte urbaniste Nicolas Michelin, fondateur de l’agence ANMA Architectes Urbanistes et missionné par la ville pour la coordination du quartier des Bassins à flots et l’Atelier des Bassins dont les membres permanents sont la Métropole, la Ville, l’ANMA et le Port de Bordeaux. Des débats longs et intéressants qui ont abouti à la réalisation d’une véritable barge surmontée d’une superstructure destinée à accueillir le siège social de l’entreprise Carmo Wood.

Ceci est un bateau

Dans leur conception de la superstructure, l’agence 2PM A a utilisé toute la nomenclature maritime correspondante. Ainsi, tandis que l’accès se fait par le pont inférieur, la cale comprend l’espace coworking et le niveau principal abrite les bureaux du siège social, plus haut.

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    2PM A Bordeaux

    2, Rue Saint-Étienne

    33000 Bordeaux

    Tél. : +33 (0)9 54 31 98 44

    www.2pma.com

    2PM A Rennes

    104, Allée Saint-Hélier

    35000 Rennes

    Carmo Wood

    Quai Armand Lalande,

    Hangar G2

    33300 Bordeaux

    Tél. : +33 (0)5 56 69 99 62

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 53
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    Créateur

    matali crasset, toute hi à l’écologie

    Par Anne-Marie Fèvre, le 18 décembre 2023
    Née dans un village champenois, la designeuse a toujours mêlé urbanité et ruralité. Particulièrement à la ferme Hi bride, hôtel buissonnier qu’elle a conçu dans le Luberon. Elle prône une écologie profonde, sensible et joyeuse. Avec son art de parler avec conviction, son hospitalité si naturelle et – bien sûr – sa coupe de cheveux emblématique, elle reçoit chez elle près de Belleville. Dans son loft évolutif, entre atelier et fourneaux, tandis que son mari et associé Francis Fichot mitonne un petit plat. Elle semble avoir recréé l’ambiance d’une grande cuisine de ferme à Paris. Car matali des champs matali des villes est née à Normée en 1965 et a grandi au village dans une exploitation agricole champenoise. « Il est important de savoir d’où l’on vient, confie matali crasset. J’ai eu une enfance heureuse dans un petit village où l’on vit beaucoup dehors, tout est appropriable, on invente tous les jours, avec du bois, de la paille. L’intérieur ne primait pas, je ne vivais pas dans un intérieur bourgeois, je n’ai pas eu à casser cela. Je viens de la Champagne, dite pouilleuse, au sol alors infertile. Mon père a été amené à défricher car les terres boisées valaient moins cher, il y a été contraint. » Pigeonnier et lit d’appoint Si matali connaissait les cultures des champs, elle avait « hâte de découvrir la culture et l’art qui se trouvaient plutôt dans les villes ». Elle monte donc à Paris en 1988, comme Jim qui trouvera un lit d’appoint1, tel un symbole de son passage de la campagne à la ville. Diplômée de l’Ensci en 1991, après avoir travaillé avec Denis Santachiara à Milan, avec Philippe Starck à Paris, elle crée son studio en 1998. Depuis, elle n’a cessé d’explorer de nouveaux rites domestiques ou collectifs, avec un vocabulaire lié à la nature, connectée à la technologie et au réseau numérique. Mais elle n’est pas coupée de son terreau natal. « J’aime faire avancer les choses avec les gens, être ancrée dans le réel. » « Aujourd’hui, c’est vrai, la dynamique de création se déplace dans la ruralité, et c’est bien » constate-t-elle. Pour moi, ce n’est pas nouveau ». En effet, elle a conçu nombre de projets à la campagne. En 2003, elle invente le pigeonnier Capsule, une base de loisirs dans le village de Caudry (Nord). En 2011 et 2012, elle implante Le Nichoir et La Noisette (2012), des Maisons Sylvestres pour séjourner dans les bois de la Meuse, une commande du centre d’art Le Vent des Forêts, créé en 1997 par six villages agricoles et forestiers. En 2015, dans le petit bourg de Trébédan (Côtes-d’Armor) elle réalise « Le Blé en herbe », une école « conçue pour être ouverte au monde ». À Toulon, elle a imaginé autour du cycle de l’huile d’olive ; autour du vin avec Vino Sospeso, un verre en forme de bulle suspendue, en liaison avec un vigneron, et son cru issu de la biodynamie. Elle ne cesse de se réinterroger sur ses racines paysannes. « Petit à petit, j’ai compris que je viens d’un pays de la craie,

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