Architecture un lieu

L’expertise française s’exporte au Maroc

Par Nat Lecuppre, le 24 avril 2023.
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Le groupe Marjane est le leader marocain de la grande distribution qui a révolutionné dans les années quatre-vingt le métier avec son concept « tout sous le même toit »

Le déploiement du groupe a impliqué une remise à niveau, un repositionnement et une révision de son modèle d’hypermarché. Marjane a fait appel à l’agence Lonsdale pour mener à bien ce projet.

L’agence de design et de branding a imaginé une nouvelle expérience client plus immersive tout en prenant en compte l’e-commerce et le click and collect. Les nouveaux magasins mettent plus en valeur le Made in Morocco.

Les deux nouvelles adresses de Casablanca abritent « la rue du commerce » lumineuse et dégagée avec des produits plus qualitatifs et accessibles. Le « comptoir du vrac » y présente une nouvelle offre d’épicerie fine. La nouvelle stratégie de Marjane révèle des corners encore méconnus au Maroc, où chaque univers créé possède sa propre ambiance et son identité marquée. Ainsi pour la culture, Lonsdale a promu l’expé­rience « Mille et une cultures » en clin d’œil au célèbre conte, avec une tente marocaine. Ici et là, des totems rappellent l’enga­gement historique du groupe (mieux consommer, mieux vivre, mieux manger).

Les matériaux durables sélectionnés rappellent l’attachement du groupe à ses racines. Les fabricants et les artisans locaux sont mis à contribution, comme en témoignent les lampes en rotin, la pierre de l’Atlas, la terre cuite, le laiton, les moucharabiehs, etc.

Avec ce nouveau concept, l’hypermarché Marjane est devenu un lieu de vie qui exprime la culture marocaine avec contemporanéité.

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    matali crasset, toute hi à l’écologie

    Par Anne-Marie Fèvre, le 18 décembre 2023
    Née dans un village champenois, la designeuse a toujours mêlé urbanité et ruralité. Particulièrement à la ferme Hi bride, hôtel buissonnier qu’elle a conçu dans le Luberon. Elle prône une écologie profonde, sensible et joyeuse. Avec son art de parler avec conviction, son hospitalité si naturelle et – bien sûr – sa coupe de cheveux emblématique, elle reçoit chez elle près de Belleville. Dans son loft évolutif, entre atelier et fourneaux, tandis que son mari et associé Francis Fichot mitonne un petit plat. Elle semble avoir recréé l’ambiance d’une grande cuisine de ferme à Paris. Car matali des champs matali des villes est née à Normée en 1965 et a grandi au village dans une exploitation agricole champenoise. « Il est important de savoir d’où l’on vient, confie matali crasset. J’ai eu une enfance heureuse dans un petit village où l’on vit beaucoup dehors, tout est appropriable, on invente tous les jours, avec du bois, de la paille. L’intérieur ne primait pas, je ne vivais pas dans un intérieur bourgeois, je n’ai pas eu à casser cela. Je viens de la Champagne, dite pouilleuse, au sol alors infertile. Mon père a été amené à défricher car les terres boisées valaient moins cher, il y a été contraint. » Pigeonnier et lit d’appoint Si matali connaissait les cultures des champs, elle avait « hâte de découvrir la culture et l’art qui se trouvaient plutôt dans les villes ». Elle monte donc à Paris en 1988, comme Jim qui trouvera un lit d’appoint1, tel un symbole de son passage de la campagne à la ville. Diplômée de l’Ensci en 1991, après avoir travaillé avec Denis Santachiara à Milan, avec Philippe Starck à Paris, elle crée son studio en 1998. Depuis, elle n’a cessé d’explorer de nouveaux rites domestiques ou collectifs, avec un vocabulaire lié à la nature, connectée à la technologie et au réseau numérique. Mais elle n’est pas coupée de son terreau natal. « J’aime faire avancer les choses avec les gens, être ancrée dans le réel. » « Aujourd’hui, c’est vrai, la dynamique de création se déplace dans la ruralité, et c’est bien » constate-t-elle. Pour moi, ce n’est pas nouveau ». En effet, elle a conçu nombre de projets à la campagne. En 2003, elle invente le pigeonnier Capsule, une base de loisirs dans le village de Caudry (Nord). En 2011 et 2012, elle implante Le Nichoir et La Noisette (2012), des Maisons Sylvestres pour séjourner dans les bois de la Meuse, une commande du centre d’art Le Vent des Forêts, créé en 1997 par six villages agricoles et forestiers. En 2015, dans le petit bourg de Trébédan (Côtes-d’Armor) elle réalise « Le Blé en herbe », une école « conçue pour être ouverte au monde ». À Toulon, elle a imaginé autour du cycle de l’huile d’olive ; autour du vin avec Vino Sospeso, un verre en forme de bulle suspendue, en liaison avec un vigneron, et son cru issu de la biodynamie. Elle ne cesse de se réinterroger sur ses racines paysannes. « Petit à petit, j’ai compris que je viens d’un pays de la craie,
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    Architecture, l'esprit du lieu

    « Infiniment chocolat » bon pour les papilles et les pupilles

    Par Sipane Hoh, le 2 janvier 2025
    Dans le 2e arrondissement de Paris, le boulevard des Capucines se dote d’une nouvelle enseigne. Infiniment chocolat est la première boutique entièrement dédiée au chocolat du pâtissier Pierre Hermé, un écrin original, élégant et subtil créé par Jouin Manku Architecture, Intérieur et design. Au 23, boulevard des Capucines, se trouve une boutique qui croise avec habileté l’élégance de l’architecture et les délices du chocolat. Ce dernier, devenu tantôt icône, tantôt ornement, vient se placer délicatement tel un joyau dans le merveilleux univers qui lui est destiné. À Paris, l’agence Jouin Manku s’est dépassée, elle a créé un intérieur de contes et merveilles où le chocolat est l’unique interprète. Non, il ne s’agit pas d’un simple point de vente mais d’un véritable plongeon dans l’art de cette matière millénaire qui continue à inspirer chocolatiers et pâtissiers. Imaginée par Patrick Jouin et Sanjit Manku, la boutique constitue un hommage au chocolat. L’intérieur est dominé par les teintes sombres, les plafonds en cuivre ondulé, les murs aux diverses nuances et les étagères en bois fumé ; il s’agit de matériaux qui incarnent l’opulence du chocolat, sa texture, mais aussi le savoir-faire du fameux maître-chocolatier. Au centre de cet espace raffiné où une multitude de paquetages de toute taille se lovent dans des compartiments mis en valeur par une lumière tamisée, se trouve le clou du spectacle : l’orgue à chocolat. À l’instar d’une vitrine d’un bijoutier ou d’un coffret d’un parfumeur, le somptueux écrin en cuivre de forme ovale rappelle le travail exquis de l’alliage des saveurs. Cette énigmatique ambiance est adoucie par la présence d’un plafonnier aux tons clairs ainsi que des luminaires symbolisant des bulles de chocolat chaud, tandis que des réglettes précieusement disposées mettent en avant les créations chocolatées encourageant la sélection. Grâce au talent des designers, au 23, boulevard des Capucines, l’architecture intérieure se met au diapason avec l’objet de prédilection pour engendrer une partition artistique fusionnant arôme, plaisir, rencontre, fragrance et récréation.
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    Architecture un lieu

    Quand architectes et clients partagent le même ADN

    Par Nat Lecuppre, le 20 octobre 2023
    La Maison Rouvenat a fait appel à l’agence d’architecture Atelier du Pont pour concevoir son showroom au 416, rue Saint-Honoré à Paris. Les architectes et la maison partagent les mêmes valeurs : la circularité, l’artisanat et le réemploi. Ces points communs font que les lieux réalisés sont uniques, en fond de cour de style Eiffel, derrière des vitrines d’époques. Les espaces intérieurs sont délimités par des tapis en soie végétale, fabriqués pour les lieux. Les choix de coloris et de matières sont chauds et naturels. On trouve du terracotta, du curry, du nude, se mariant parfaitement avec le bois, la laine et le laiton. Une mise en scène pour valoriser les lieux Les stèles exposent des bustes ou des vitrines réalisées sur-mesure. Les sculptures sont faites à la main. Moulées dans le plâtre, elles sont un clin d’œil à la renaissance de la marque. Les anciennes consoles et comptoirs d’exposition en chêne ont été rénovés et transformés pour présenter les bijoux. Une imposante porte vitrée sépare l’espace de vente et les bureaux. Pour la fabriquer, les architectes ont fait restaurer et assembler de vieilles portes-fenêtres de la Belle Époque en provenance du Sud-Ouest de la France. Le parti pris de l’Atelier du Pont est de laisser les murs blancs avec des cimaises d’accrochage. Il est à noter que les lieux peuvent accueillir des expositions et des événements.

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