Architecture, l'esprit du lieu

Les nouvelles cariatides de Genève

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Par Sipane Hoh, le 3 janvier 2025.
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© Serge Urvoy
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Architecture un lieu

Noura retrouve une nouvelle jeunesse

Par Nat Lecuppre, le 31 janvier 2024
La mythique adresse libanaise de Paris vient de retrouver toutes ses lettres de noblesse avec le concept de réhabilitation de Laura Gonzalez. L’architecte a imaginé un nouveau décor et une nouvelle identité pour Noura, place de Beyrouth. Le projet concerne les deux adresses historiques de la maison, à savoir la brasserie au 27, avenue Marceau, et le traiteur au numéro 29. Laura Gonzalez procure aux lieux de la chaleur. La Brasserie avec sa cuisine ouverte sur la salle se dote d’un nouveau bar à cocktails et mocktails. L’établissement peut accueillir 80 couverts à l’intérieur et 80 en terrasse. Cette dernière est délimitée par des jardinières carrelées de céramique colorée. Puiser dans l’histoire du Liban Pour son concept d’aménagement, Laura Gonzalez a trouvé son inspiration dans les racines libanaises. Elle a contemplé de vieux clichés en sépia représentant les cafés de Beyrouth de l’avant-guerre civile. Pour son projet, elle a réintroduit des portes et des niches en arc brisé, des corniches en stuc… autant d’éléments qui font la splendeur de l’architecture orientale. Un décor mural panoramique a été commandé à la plateforme artisanale libanaise, Bokia. Celle-ci travaille toujours dans la transmission mais aussi avec un renouveau des techniques de broderie traditionnelles. L’œuvre évoque les pins de la vallée de Bisri. Tout est clin d’œil à la culture levantine. On a des tables avec des plateaux en pierre de lave. Ils sont peints de motifs porte-bonheur (oiseaux, poissons). Les chaises sont décorées de billes de bois des bouliers orientaux. Avec des tonalités solaires et conviviales, elle a imaginé faire voyager au Liban les hôtes tout en restant à Paris. Le décor devait aussi pour elle révéler les saveurs de la gastronomie orientale. Une nouvelle identité visuelle Un jeu de vitrophanie avec des inscriptions telles que Ahla Wa Sahla – « Bienvenue », en arabe libanais–, Sahten – « Bon appétit » – renforce le sens de l’hospitalité de Noura. Pour représenter le côté accueillant oriental, les coloris choisis sont le vert pistache qui symbolise l’espoir, le cumin et des bleus « vivants », comme les désigne l’architecte. La décoratrice crée également un nouveau logo, tout en rondeur, des sacs et des boîtes d’emballages de couleur mais aussi les futures camionnettes de livraison. Nouveau décor, nouvelle cuisine En plus d’une ambiance, d’une décoration, les assiettes sont également revisitées. Désormais de petits plats à partager sont proposés. Ils soulignent les moments chaleureux et amicaux à vivre. Une vente à emporter et de restauration rapide est servie côté traiteur. Dans cet espace, on compte 20 couverts à l’intérieur et 60 en terrasse. On y trouve un bar à mezzés et salades mais également un comptoir à nougats et loukoums, des pâtisseries orientales maison, diverses épices, une cave à vins libanais et des coffrets cadeaux déjà prêts ou personnalisables selon ses envies. Lorsque l’établissement fut baptisé Noura en 1989, signifiant « Lumière » en arabe, cela fut très certainement un très bon présage. Puisqu’aujourd’hui la maison a retrouvé toute sa splendeur et elle illumine à nouveau la capitale. Le concept de Laura Gonzalez sera décliné dans les autres adresses de Noura.
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Architecture, l'esprit du lieu

Le très caractéristique Murad Boutique Hotel

Par Sipane Hoh, le 6 avril 2026
À Bahreïn, l’histoire perlière offre un aperçu de l’une des riches traditions de l’île. Murad Boutique Hotel fait partie de ces lieux magiques aménagé avec adresse par le studio d’architecture Anne Holtrop. L’industrie perlière a stimulé longtemps l’économie du royaume du Bahreïn, jusqu’au début des années 1930. Le Chemin des Perles a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, il met en valeur ce patrimoine culturel qui s’étend sur 3,5 kilomètres, du littoral de Bu Mahir jusqu’au complexe de Siyadi situé au cœur de Muharraq, la deuxième ville du pays. La route de ce joyau des mers est tout aussi intéressante que riche en découvertes. Elle comprend un ensemble de bâtiments, principalement des édifices datant du XIXe siècle appartenant à des marchands de perles, un complexe touristique et des places publiques, entre autres. La Maison Murad fait non seulement partie du Chemin des Perles mais elle constitue une étape incontournable car la famille Murad était très impliquée dans l’économie perlière en tant que négociants. Elle sera rénovée et réhabilitée en maison d’hôtes comprenant sept chambres, un restaurant, un jardin et un salon de thé. Le design s’appuie sur un langage de formes rectangulaires incomplètes. C’est l’imperfection de ces formes qui lui confère son caractère. Lorsque plusieurs configurations sont assemblées pour former une façade, un sol, un jardin ou un escalier, les décalages soulignent l’incomplétude et font écho au caractère artisanal de la maison ancienne. Mandatée pour mener à bien le projet de la réhabilitation de cette icône, le studio d’architecture Anne Holtrop propose un projet épuré, minimaliste, qui rend hommage à l’île, à l’histoire et au contexte. Le bâtiment de quatre étages présente un plan composé de deux pièces de même taille, séparées par un noyau. La façade constitue l’élément spatial principal. Le relief est particulièrement visible aux angles. À l’intérieur, le même moulage est utilisé pour les dalles de plancher, comme dans les plafonds. Une certaine poésie se dégage du lieu. À Bahreïn, après avoir livré le Siyadi Museum, l’artiste et l’architecte néerlandais conçoit le Murad Boutique Hotel. Il constitue à lui seul un monument mettant sur un piédestal un genre de brutalisme esthétique qui lui est propre. À la fois rigoureuse et sensible, l’architecture d’Anne Holtrop n’a pas fini de nous ébahir !
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Architecture, l'esprit du lieu

Hôtel de Pourtalès, Paris

Par Nat Lecuppre, le 31 janvier 2025
Il existe dans Paris un lieu appelé Hôtel de Pourtalès dédié à une clientèle très haut de gamme qui souhaite séjourner dans l’anonymat total sans aller à l’hôtel et se sentir comme chez elle. Pour cette adresse secrète, située à proximité de la Madeleine au 7, rue Tronchet dans le 8e arrondissement, c’est le bouche-à-oreille qui fonctionne. Hôtel de Pourtalès. À l’origine, le comte James Alexander de Pourtalès, un diplomate et collectionneur d’art d’origine française, vit en Suisse. En 1815, il vient s’installer à Paris et demande à l’architecte Félix Duban de lui bâtir un écrin pour ses collections dans le style néo-Renaissance. C’est ainsi qu’est né l’Hôtel de Pourtalès avec son architecture caractérisée par ses arcades, pilastres, sa cour intérieure… rappelant les palais toscans. Depuis 2002, l’ensemble du site est classé aux Monuments Historiques. Les enjeux sont donc importants lorsqu’il s’agit de rénovation des lieux. En 2006, Anthony Béchy signe la première réhabilitation. Puis intervient le studio Labaye Sumi en 2019 et jusqu’à ce jour, en site occupé pour les réaménagements successifs et les évolutions des espaces (cuisines, salles de bains). Portrait du studio. Le Studio Labaye Sumi, avant tout un duo : Agathe Labaye, architecte, et Florian Sumi, artiste plasticien. Les deux trentenaires sont complémentaires. Ils ont une vision transversale. Ils trouvent un équilibre en alliant leurs expertises et savoir-faire et font de l’objet une architecture. À l’image de ses projets, le studio est discret mais multidisciplinaire et aux compétences sans limite. Il a signé depuis 2018 des pièces de collectible design représenté par la galerie Charles Burnand à Londres, le concept hôtelier pour la nouvelle marque du promoteur immobilier Réalité(s), l’architecture intérieure d’un ilot de sept immeubles à Juan-les-Pins, la création de la première boutique de la marque de joaillerie Statement ou encore BonParfumeur… et bien entendu l’Hôtel de Pourtalès. Le projet. Le client, représenté par Antoine Bidan, directeur général de l’établissement, et Kathlene Guerrache, sa directrice commerciale, avait juste donné comme impératif au Studio Labaye Sumi de concevoir des lieux empreints d’élégance, de clarté, de douceur où chacun peut se retrouver. Il fallait tout d’abord trouver un concept cohérent avec la configuration des lieux et leur attribuer une harmonie. Le site est constitué de deux bâtiments : un classé et un autre attenant, contemporain. Pour ce projet, le Studio Labaye Sumi a pris en compte l’ADN du site. Il a apporté une touche de design, de contemporanéité au côté classique et à l’histoire des lieux. Les volumes sont extraordinaires et les traces du passé sont conservées comme les voûtes et les charpentes pour créer des espaces mêlant luxe et sobriété. Les tonalités retenues sont chaudes, lumineuses, réhaussées de pointes de vert, de jaune, qui font écho à la végétation luxuriante des terrasses des suites. Les 1 200 m2 se répartissent sur sept étages. L’établissement dispose de deux chambres et 9 suites de 95 m2 à 367 m2. Le Studio Labaye Sumi joue sur l’intemporalité et choisit avec une attention particulière un mobilier sculptural. À savoir des pièces iconiques de Charlotte Perriand, Le Corbusier, Rietveld, Scarpa, mais aussi des œuvres de la nouvelle garde du design français comme Garnier

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