Architecture, l'esprit du lieu

Les nouvelles cariatides de Genève

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Par Sipane Hoh, le 3 janvier 2025.
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© Serge Urvoy
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Architecture, l'esprit du lieu

À Val di Nito, Gaëtan Le Penhuel réinvente la maison individuelle

Par Sipane Hoh, le 23 septembre 2025
La maison individuelle avait-elle besoin de se réinventer ? C’est la question à laquelle répond avec brio Gaëtan Le Penhuel à travers un exercice fin et concis qui rend hommage aux grands noms de l’architecture contemporaine, sans délaisser ni le contexte ni le confort et encore moins les principes de l’architecture bioclimatique. Réaliser une maison, c’est entrer dans l’intimité d’un propriétaire, assimiler sa façon de vivre, apprendre ses travers, exprimer ses envies, traduire ses besoins pour pouvoir construire un lieu qui lui ressemble, où il se sent bien et dont il est fier. Construire une maison, c’est tâter le terrain, étudier le contexte, flairer la nature environnante mais aussi inventer, explorer et créer. Malgré les apparences, il s’agit d’une tâche complexe et d’un travail laborieux qui continue de séduire un grand nombre d’architectes. La Casa Bendico est le fruit de sept ans de réflexion, de recherches et de labeur qui se traduit par une réalisation aussi sensible qu’élégante, aussi minimaliste qu’étonnante. C’est en Sicile, dans les collines sauvages et authentiques du Val di Nito, une région agricole sismique où les températures peuvent atteindre des niveaux élevés en été, que prend place sur un extraordinaire terrain la maison créée par Le Penhuel & associés architectes. Mais peut-on encore construire de nos jours ? La réponse est positive mais la règlementation rigoureuse. En effet, certaines règles régionales inflexibles sont à prendre en considération : bâtir sur un terrain d’au moins un hectare, et ne pas dépasser le gabarit d’un rez-de-chaussée. Ce qui rend l’exploit encore plus cocasse. L’architecte qui, une fois ses études terminées, est parti en Californie à la découverte des maisons de l’une de ses idoles, John Lautner, vient de réaliser en Sicile, des années plus tard, une architecture manifeste à la fois esthétique et innovante. Inspirée des fermes locales, la bâtisse minérale aux traits épurés et à l’allure rigoureuse habite le lieu et adopte le terrain. Dans cette partie de Sicile mystérieuse et à la fois si accueillante, la Casa Bendico s’implante telle un petit bijou dans son écrin. Bioclimatique et autonome en énergie, la construction se caractérise par sa double coque en béton banché. Tandis que la coque extérieure est soumise aux aléas climatiques, celle qui se trouve à intérieure garde une température presque constante. Pour mieux se fondre dans la tonalité chaude de la terre des collines avoisinantes, le pouzzolane rouge et brun provenant de l’Etna tout proche a fait partie de la composition de ce béton bas carbone. Une fois l’enveloppe esquissée, afin de protéger les larges baies vitrées, un système passif de puits provençal a été intégré dans la conception. Utilisé depuis toujours en France, il s’agit d’un échangeur géothermique à très basse énergie servant à rafraîchir les intérieurs et diffuse une douce ventilation en continue, en période de grande chaleur. Des brasseurs d’air situés dans les chambres assurent un confort supplémentaire si nécessaire. Une pergola vient protéger les larges baies vitrées et les usagers en quête de relaxation. La Casa Bendico s’avère être un condensé de procédés qui tendent également vers une économie d’énergie. Prenons l’exemple de l’eau chaude sanitaire qui est
Silversquare, pas de ­recettes, que des réussites
Architecture remarquable

Silversquare, pas de ­recettes, que des réussites

Par Lionel Blaisse, le 26 février 2024
Chacune des onze adresses de coworking proposées par Silversquare offre des agencements et décors différents. Désormais confiés à des artistes invités, celui de Liège est l’œuvre de Jean-Paul Espagnard. Depuis quinze ans, Silversquare imagine, en Belgique et au Luxembourg, des lieux de coworking pour une communauté inspirante de 2 200 entreprises. Adossé à l’opérateur Befimmo, il part à la conquête de Liège, puis d’Anvers, après Bruxelles et Luxembourg. Ayant fait ses études secondaires aux Guillemins, l’atypique styliste ardennais poursuit, à deux pas de la gare TGV de Calatrava, sa réjouissante diversification créative. Liège Paradis Express L’inauguration en 2009 de la spectaculaire gare TGV de Liège Guillemins construite par Santiago Calatrava conforte le statut de capitale économique de Wallonie. Quasi transfrontalière, la cité de 200 000 habitants se situe en effet à 25 km de Maastricht (NL) et 40 km d’Aix-la-Chapelle (RFA). En pleine expansion depuis, le quartier des Guillemins se développe autour de l’esplanade Simone-Veil sur laquelle la Tour des Finances, érigée en 2014, veille telle une vigie au bord de la Meuse. Le nouvel éco-quartier Liège Paradis Express en cours de livraison y déploie 15 000 m2 résidentiels – quatre immeubles d’habitation (portés par Matexi) et un de co-housing (Yust) –, 22 000 m2 de bureaux – financés par Befimmo – et 1 500 m2 de commerces (Horeca) que complètent des sous-sols (stationnement et caves) et des espaces publics ou partagés magnifiant l’arrivée des tramways jusqu’à la gare. Les trois niveaux inférieurs du Paradis Esplanade (le plus grand des deux bâtiments tertiaires) hébergent un étonnant espace de co-working exploité par Silversquare. Cette entreprise, fondée il y a quinze ans et dont Liège constitue le onzième spot, a été rachetée en 2018 par Befimmo 1, dont Brookfield vient de prendre le contrôle via sa filiale Alexandrite Monnet Belgian Bidco SA. Ce partenariat stratégique permet à Silversquare de pouvoir s’implanter dans des opérations premium dont il exploite les niveaux les moins attractifs commercialement tout en proposant aux locataires des étages supérieurs bien plus d’aménités, à commencer par son desk et lobby d’accueil. La maturité aidant mais aussi les changements post-Covid s’étant emparé des espaces de travail ont incité Silversquare à offrir aux membres de sa communauté inspirante des cadres de travail… inspirés. Pour ce faire, il confie les lieux – une fois le space planning opéré par ses soins – à des créatifs « locaux » ou tout du moins « légitimes » avec la ville ou le quartier afin qu’ils y façonnent un univers qui leur ressemble. Ainsi peuvent-ils au choix s’approprier les espaces communs ou partagés, les circulations, les salles de réunions, de repos et de détente, les cafétérias d’étage et restaurant, le mobilier – système de bureau compris – ou encore la vaisselle. Cela peut-être une galerie de design, telle Maniera qui a fait appel à une douzaine d’architectes et de designers, la chanteuse Lous & The Yakuza, les architectes d’intérieur et / ou designers Lionel Jadot ou Sébastien Caporusso ou encore les artistes de KRJST Studio. Le résultat décoiffe car tout fonctionne à merveille sans que rien ne soit standardisé. Touchant touche-à-tout pour Liège Après des
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Talents

Delphine Maumot, une femme aux multiples talents et engagements

Par Nat Lecuppre, le 3 octobre 2025
L’architecte d’intérieur diplômée de l’ESAG Penninghen conçoit des espaces à l’identité forte. Sa signature réside dans l’art d’associer les matériaux et les volumes avec subtilité. Ses lieux sont colorés et les ambiances chaleureuses. Tous ses projets sont de luxe discret, intimes et remarquables. Son engagement pour la préservation de la planète lui fait privilégier les matériaux durables, naturels et intemporels en France. Depuis 2009, elle excelle dans le résidentiel. Elle imagine toujours des lieux qui offrent une expérience sensorielle où rigueur et poésie se marient. Toutefois, il lui manquait une corde à son arc. Afin de satisfaire sa passion du mobilier et pour son total épanouissement, Delphine Maumot se lance sur cette voie en ouvrant son showroom. Elle a donc décidé depuis peu de se lancer dans la création de mobilier de collection, et étend son savoir-faire dans ce domaine. Pour elle, chaque pièce magnifie l’espace. Pour sublimer ses intérieurs, elle imagine du mobilier qu’elle réalise en totale collaboration avec des artisans et artistes français. Un petit écrin scénographié. Tout récemment, l’architecte designer vient d’ouvrir un petit showroom dédié au design et au savoir-faire français. Situés au 10, rue Clairaut à Paris (17e), dans le quartier des Batignolles, les lieux sont épurés et authentiques. Les murs et les plafonds en staff sont mis en valeur par des alcôves cintrées et des arches élégantes, dont les fonds en béton texturé portent l’empreinte subtile de doigts. Les murs, en plâtre travaillé à la main, révèlent un décor artisanal d’une grande finesse. Entièrement blancs, ils se laissent sculpter par la lumière, qui en souligne chaque relief et texture. Au sol, un parquet en chêne de bois debout, évoquant le charme authentique des anciens pavés, apporte une assise chaleureuse et intemporelle à l’ensemble. Le mobilier de collection dialogue avec l’architecture d’intérieur. Une scénographie le met en scène. Le petit bijou a une superficie de 20 m2 au rez-de-chaussée. Le sous-sol de la même surface est desservi par un escalier en colimaçon et sert d’espace pour les matériaux. Les mobiliers sont valorisés dans un environnement dessiné sur mesure. Ils révèlent le travail de composition et d’équilibre des espaces. Les matériaux sélectionnés par l’architecte sont exposés aux côtés du mobilier. Delphine Maumot plonge ainsi les visiteurs et ses clients dans l’univers du design et de l’artisanat d’excellence. L’architecte est toujours en quête de collaborations avec des artisans talentueux pour révéler la richesse du travail manuel dans la marqueterie, la ferronnerie, le textile et la céramique. Pour Delphine Maumot, il n’existe pas de frontière entre l’art, l’artisanat, le design et l’agencement. Tout est question d’harmonie, de détail, d’esthétique, de sensibilité commune et de savoir-faire pour sublimer les projets. Un meuble est une œuvre. Telle une sculpture fonctionnelle, constitué de matériaux nobles, il peut être la pièce maîtresse d’un espace pensé. Des créations uniques. Inspirée par la légèreté et la fluidité des nuages, la console Cloud marie raffinement et solidité. Ses courbes douces et son plateau suspendu créent une sensation de légèreté, tout en ancrant la pièce dans une réalité matérielle grâce à

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