Architecture, l'esprit du lieu

Les nouvelles cariatides de Genève

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Par Sipane Hoh, le 3 janvier 2025.
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    Urbanisme

    SAINT-OUEN, sur la route des JO 24

    Par Anne-Marie Fèvre, le 5 octobre 2023
    Docks reconvertis, quartier tertiaire, gare Pleyel toute proche, grand hôpital à venir, et surtout le sud du Village Olympique. Cette ancienne banlieue rouge rebondit, bien placée dans le Grand Paris. À Saint-Ouen on ne sait plus où donner de la tête, des yeux et des pieds. Construction, rénovation, embellissement, végétalisation sont les mots-clés mis en avant à grande échelle par les pouvoirs publics. Dont le maire Karim Bouamrane (PS), élu en 2020, et par les nombreux architectes qui œuvrent sur ce territoire urbain. Cette commune de la Seine-Saint-Denis (93), étendue sur 4,31 km2, est peuplée de 51 547 Audoniens et Audoniennes, une population en augmentation de 8,68 % par rapport à 2014. Aujourd’hui, on gagne aisément Saint-Ouen par la ligne 14. De cette bouche toute contemporaine, le contraste est saisissant quand on sort à la station mairie. Se déploie autour de la Place de la République un patchwork de bâtis : l’Hôtel de ville (1868) signée Paul-Eugène Lequeux, des HBM et un centre administratif et social en briques, la médiathèque Persépolis (2009) de Jean Pierre Lott. Cette place et ses abords attendent leur embellissement. Des vignes aux usines Un peu décalée, la patinoire (1979) de Paul Chemetov, fermée et sinistrée, doit être métamorphisée pour d’autres usages. Classée « patrimoine remarquable », elle rappelle que cette ville de banlieue a été un des fleurons de la ceinture rouge, où nombre de maires communistes ont enrichi cette cité ouvrière de logements et d’équipements sociaux. Devenue industrielle au XIXe siècle, elle a connu un siècle de dynamisme, avec la stratégique gare d’eau en 1830, l’usine de construction mécanique Farcot, qui deviendra Citroën en 1924 puis groupe PSA, fermée en mars 2021. Et Ziegler, Lesieur, Thomson, Alstom… Ou encore Wonder, célèbre grâce au film La Reprise du travail aux usines Wonder 1. À partir des années 1965-1975, l’industrie audonienne décline, c’est la désindustrialisation et l’apparition de friches industrielles. Si on fait un grand bond en arrière, il faut imaginer Saint-Ouen au Moyen Âge tel un petit village blotti contre un méandre de la Seine, un paysage de bois, prés, champs de blé, oseraies et surtout de vignes. Difficile à imaginer aujourd’hui. De même qu’il reste peu de traces des anciens châteaux et demeures de quelques nobles et bourgeois, attirés par ce site champêtre proche de la capitale ! 2. Et n’oublions pas qu’en 1750, Saint-Ouen était située sur la route de la Révolte ou des Rois, reliant Versailles à Saint-Denis et Compiègne pour éviter les émeutes de Paris. Des fortifs aux Puces Autre histoire, plus récente, celle de la Zone des fortifs, où après la guerre de 1870, les pauvres ont été relégués hors de Paris. Les « chiftires » ou « biffins » bâtissent les premières baraques d’une sorte de bidonville. Cela conduira à nos vieilles Puces, officialisées en 1885. Cet immense marché – 2 000 marchands et 7 hectares – est toujours prisé, il a été agrandi, rénové depuis 2014. Voisinent antiquaires design chics, déballeurs de rue, le vieux resto Chez Louisette, l’Hôtel MOB hype. Cet immense bazar fait partie du quartier Puces-Gambetta. Y est
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Quand la cuisine se marie à l’architecture

    Par Nat Lecuppre, le 31 octobre 2025
    Le restaurant Maslow Temple, situé au 32, rue de Picardie à Paris (3e), est signé de l’architecte Juliette Rubel. Ce restaurant veggie est la 3e ouverture des propriétaires Julia Chican, Marine Ricklin et Mehdi Favri. Elle souligne le succès de cette cuisine qui est aussi surprenante et colorée que les lieux. Chez Maslow, on revisite la cuisine végétarienne sous toutes ses facettes. Les plats sont une exploration des goûts et des émotions. Le sourcing des produits 100 % français sont en circuits courts ou en direct avec les producteurs. La démarche anti-gaspillage fait loi. Une architecture à son image Pour ce temple des saveurs, il fallait un lieu qui reflète toute ses valeurs. L’adresse est historique et classée. L’immeuble à la façade parisienne révèle un intérieur spectaculaire. Le 32 rue de Picardie est un ancien atelier de boulons Eiffel. Les lieux ont donc une structure métallique d’origine classée. Au sous-sol, subsiste un vestige d’une ancienne tour des Templiers. Les lieux sont ainsi chargés d’histoire. Pour optimiser le potentiel et la configuration, les propriétaires ont choisi de poursuivre leur collaboration avec Juliette Rubel, qui avait déjà conçu le premier Maslow, quai de la Messagerie. L’enjeu de Juliette Rubel avec son concept est de conjuguer passé et contemporanéité tout en sublimant les espaces imaginés et la cuisine. Une architecte punchy Juliette Rubel aime les univers colorés et les ambiances pop lumineuses. Elle joue la carte de l’intensité : murs, rideaux, mobilier, tout vibre au rythme d’un rouge profond qui sculpte l’espace et imprime une forte identité visuelle. Cette dominante chromatique s’adresse autant au palais visuel qu’à l’émotion. 3 niveaux, 3 ambiances L’architecte joue avec les trois niveaux de l’établissement à la structure Eiffel, et sublimé par une verrière majestueuse, pour créer trois ambiances. En entrant, au rez-de-chaussée, les hôtes traversent deux premières salles qui, dotées de miroirs au plafond, semblent plus grandes qu’elles ne sont. Puis, l’effet waouh… En pénétrant dans la troisième salle, on bascule dans une autre dimension. Le volume de cette salle de 11 mètres de haut est encadré par deux coursives métalliques Eiffel. De cet espace, on bénéficie d’une vue sur les différents niveaux. La pièce maîtresse des lieux est un lustre monumental de 9 mètres de haut qui capte la lumière et se reflète dans les surfaces miroitantes. On a la sensation de se retrouver au centre du chapiteau d’un cirque. Au rez-de-chaussée, les clients sont plongés dans une ambiance de brasserie parisienne avec des banquettes rouge bordeaux, un bar majestueux et des miroirs inclinés qui renvoient la lumière. Au premier étage, on découvre un espace plus lounge, avec un comptoir en marbre et des tabourets hauts. Le comptoir monumental de 19 mètres en marbre Levanto Rosso fait le tour de la coursive ; 26 places assises face à face bénéficient d’une vue surprenante sur l’effervescence de la grande salle du rez-de-chaussée. Au second étage, le Graal Bar invite à découvrir les cocktails maison sous l’immense verrière Eiffel. Plus intimiste, il est habillé de rideaux en PVC rouge brillant créant des reflets avec la lumière du lustre. Pour mobilier, on a des assises informelles en banquettes et des tables basses.
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Un projet enrubanné avec art

    Par Nat Lecuppre, le 9 octobre 2024
    Il est indispensable pour une agence d’architecture de bien s’entourer de partenaires et de prestataires compétents et de qualité afin de mener à bien un projet architectural remarquable. Dans le projet de la tour de bureaux One Bank Street à Londres, EeStairs révèle tous ses talents. La Société Générale à Londres inaugure son siège social dans le quartier d’affaires Canary Wharf. L’immeuble One Bank Street est le fruit d’un travail d’exception entre le Kohn Pedersen Fox Associates, cabinet d’architectes du promoteur Canary Wharfp Group, l’agence TP Bennett Architects London, Adamson Associates (International) Limited et EeStairs, leader dans le domaine des escaliers d’exception. Des prouesses architecturales. Le site de 68 000 m2 a une pièce maîtresse qui interpelle chaque visiteur dès son entrée. Il s’agit d’un escalier en tant que chef-d’œuvre architectural. Il prend place dans l’atrium et se déroule jusqu’au quatrième étage. Il dynamise les lieux et rend fiers les 3 000 collaborateurs qui se rendent dans ce lieu singulier. Les lieux sont contemporains voire futuristes. On y trouve principalement des plateaux ouverts avec des zones de détente et de travail informel. Un hub central favorise les échanges. Un environnement végétal est créé avec plus de 9 000 plantes. Ce qui a permis à la tour d’obtenir le label BREEAM Outstanding. Une architecture pensée pour l’escalier. À l’origine, l’escalier devait être une spirale. Puis, le concept a évolué et s’est transformé en ruban. Inspirée de la spirale d’Archimède, les lignes sinueuses s’élargissent au fur et à mesure qu’elles tournent entre la façade vitrée inclinée et les balcons arrondis des trois étages. Un véritable travail d’ingénierie, de technologie et d’études a été effectué pour modéliser ce ruban architectural. Les rubans intérieurs et extérieurs des balustrades ont été simplifiés et élevés de 1 900 mm sans ondulation au niveau des paliers entre les volées d’escalier. Cette élévation permet de dissimuler les paliers de repos. La forme est pure sans points de départ ni d’arrêt dans les balustrades. En plus de la conception, la mise en place dans le bâtiment de la structure autoportante est une prouesse. Le savoir-faire d’EeStairs est à l’origine du succès de ce projet. Le fabricant a conçu un escalier sous la forme d’une structure en acier monocoque et une sous-face en GRG moulé recouverte d’EsSoffit®, un revêtement lisse et ultrasolide, procédé unique d’EeStairs. L’escalier de 29 tonnes a été fabriqué en trois parties afin de pouvoir être transporté et mis en place par la terrasse au cinquième étage. L’installation de l’escalier a commencé par le balcon supérieur, nécessitant un ascenseur tandem avec deux grues araignées, plusieurs étais de douze mètres attachés à la structure primaire du bâtiment. Les mains courantes et les marches sont réalisées en chêne européen (conforme aux normes FSC). Des rondelles lumineuses dans les rampes éclairent avec subtilité les marches. Une fois de plus, EeStairs démontre tout son talent pour concevoir des projets extraordinaires et pour allier son savoir-faire avec la créativité des ­architectes.  

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