Architecture, l'esprit du lieu

Louez en seigneurs du désert à… AlUla

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Par Lionel Blaisse, le 5 janvier 2024.
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Au nord-ouest de l’Arabie saoudite, les oasis de la vallée d’AlUla – aussi vaste que la Belgique – accueillent depuis peu les touristes, plusieurs millénaires après les premiers chasseurs-cueilleurs du paléolithique.

Au carrefour des civilisations, plusieurs royaumes y ont laissé des trésors archéologiques dans des paysages naturels époustouflants. La pétromonarchie saoudienne s’est associée à la France pour développer cette région et l’ouvrir au tourisme. Enseigne de luxe singapourienne entrée dans le giron du Groupe Accor, Banyan Tree vient d’y ouvrir un glamping1 des plus « tentants » imaginé par l’agence parisienne AW2.

Un site naturel béni des dieux

Cette immense vallée – située à 150 km de la Mer Rouge et à une altitude de 700 m – alterne dunes, pitons de grès ou de basalte et oasis grâce à des nappes aquifères à une dizaine de mètres de profondeur. Traversée par la route de l’encens, commerçants, agriculteurs et éleveurs s’y sédentarisèrent il y a 2 600 ans. Dadan en fut la capitale avant que la tribu de Lihyan n’y établisse son royaume. Puis elle devint, à l’orée de notre ère, la province orientale du royaume de Nabatène – connu à ce jour pour les célèbres nécropoles rupestres de sa capitale Pétra en Jordanie. Ainsi, la ville saoudienne d’Hegra ne compte-t-elle pas moins de 1 100 tombeaux nabatéens similaires, non moins spectaculaires. Elle appartint à l’empire romain puis entama sa période islamique marquée par la présence ottomane avant d’intégrer l’Arabie saoudite (province de Médine) dès sa création en 1932.

Ainsi jouit-elle d’un patrimoine naturel, archéologique, culturel2 et agricole exceptionnel que compte valoriser le plan Vision 2030 arrêté en 2016 par le gouvernement afin d’anticiper la sortie de la rente pétrolière du royaume.

Camping glamour

C’est sous la bannière de l’enseigne singapourienne Banyan Tree que le groupe Accor a choisi de contribuer à ce projet co-piloté par la Commission Royale pour AlUla et l’Agence française pour le développement d’AlUla (Afalula)3.

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    Banyan Tree AlUla

    Wadi Ashar, AlUla

    AlUla 43563

    Saudi Arabia

    Tél. : +966 14 512 0000

    www.banyantree.com/saudi-arabia/alula

    AW2 / Architecture & Interiors

    74, rue Bonaparte

    75006 Paris

    Tél. : +33 (0)1 45 87 75 75

    www.aw2.com

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 53
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Art’chipel la nouvelle oasis urbaine de Marseille

    Par Sipane Hoh, le 17 janvier 2025
    Au cœur de l’oasis naturelle située dans le 8e arrondissement de Marseille prend place un programme immobilier inédit. Baptisé Art’chipel, il s’agit d’une réalisation menée par une main de maître signée OXO Architectes. L’ensemble habilement conçu propose des solutions multiples pour un véritable bien-être. À Marseille, rue Callelongue, entre le commissariat de Sainte-Anne et les terrains de sport du SMUC (Stade Marseillais Université Club), sur une parcelle où la MGEN avait installé ses bureaux au milieu des années 1970, une multitude de formes courbes se détachent d’un écrin de verdure. Ici, c’est la nature en ville qui prend place sur une ancienne friche et constitue un remarquable cadre locatif aux nouveaux habitants. Pour mener à bien leur projet, Nexity et sa filiale Apollonia ont fait appel à OXO Architectes (Manal Rachdi), l’agence reconnue pour ses réalisations faisant cohabiter avec tact architecture et végétation. Cette fraction de ville a constitué ainsi un terrain de jeu idéal pour y installer une architecture soucieuse de son environnement. Fidèle à ses principes, Manal Rachdi a conçu un projet qui s’implante dans les cinq espaces boisés sur place. « Il y avait déjà un paysage existant, une multitude d’arbres et un enclos végétalisé. L’idée, c’était de s’insérer là où c’était possible sans jamais toucher aux arbres qui étaient en bonne santé, en se mettant sur les zones vides de la parcelle », souligne Manal Rachdi. La réalisation est donc née de ces vides déjà là, sur les petites clairières où l’architecte a mis délicatement le bâti tout en gardant la végétation existante y compris les arbres de 15 de haut. « On a même enclavé une partie, devenue zone de développement de biodiversité, qu’on a protégée », ajoute l’architecte dont l’intervention ressemble à de la chirurgie esthétique, empreinte de précision et de rigueur. Le bien-être avant tout. « Dans ce projet, on a utilisé toute la stratégie de camouflage en réfléchissant les arbres sur l’architecture elle-même. Notre volonté était qu’il y ait un écho entre l’architecture et le paysage existant, on a créé des terrasses de différents niveaux accessibles et partagées par l’ensemble des habitants », souligne le fondateur d’OXO Architectes. Outre le respect de l’écosystème, la réalisation se soucie du bien-être des habitants. En effet, plusieurs solutions innovantes attestent du développement du confort individuel et collectif. Au milieu d’une végétation qui mêle d’ancestraux chênes et cèdres, des interstices de verdure sont reliées entre elles par des cheminements piétons végétalisés. L’équilibre entre la nature et l’humain constitue le fondement de la construction d’une ville durable, c’est pourquoi Art’chipel s’inscrit parfaitement et de façon pérenne dans la silhouette urbaine du quartier. Les diverses entités se retirent derrière des terrasses courbes rythmées par des brise-soleil ajourés à double face. Une certaine grâce en phase avec la végétation omniprésente se dégage des lieux. La communion avec la nature se prolonge jusqu’aux intérieurs agrémentés d’une multitude d’atriums à ciel ouvert assurant la luminosité des logements. Mais l’architecture ne serait pas globale sans la vie des habitants. C’est pourquoi un soin particulier a été apporté aux divers espaces d’intimité avec des lieux qui favorisent la rencontre, l’échange ainsi que
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    Architecture, l'esprit du lieu

    PPX versus MBDS, un duo d’agences hors pair

    Par Lionel Blaisse, le 6 mai 2024
    En matière d’hôtellerie, il est hélas trop rare de confier la décoration à l’architecte ayant construit ou rénové l’établissement, quitte à le dépareiller, comme à l’Hôtel La Fantaisie. Pour son premier opus parisien, le petit groupe familial Leitmotiv a voulu muer l’hôtel eighties ringard sis 24, rue Cadet en un cinq étoiles « branché ». Si la subtile transfiguration opérée par Cédric Petitdidier et Vincent Prioux est une réussite architecturale, la presse lifestyle la tait pour (con)sacrer l’hyper décor imaginé par Martin Brudnizki, « électron libre du design »… qu’il serait temps, à mes yeux, de débrancher ! Florilège de (non)styles. Bien que suédois mais formé à Londres en architecture d’intérieur et design, Martin Brudnizki ne s’inscrit pas vraiment dans la veine minimaliste du design scandinave. Certains voit un « maximalisme irrévérencieux » dans son « amour de la superposition de différents matériaux, textures et styles ». Ses deux récentes livraisons hôtelières parisiennes, Le Grand Mazarin et La Fantaisie, doivent laisser pantois les historiens de l’architecture et du design – tout comme moi – quant au décryptage de leur décor (plutôt que décoration) respectif. L’hommage prétendu aux frères Cadet, maîtres jardiniers ayant à la Renaissance leur Clos dans le quartier, est lourdement tiré et tissé par les branches, et tapissé de fleurs et végétaux en tous genres. Presque tout ici est sur mesure et surtout dans la démesure. Personnellement, ces excès de fantaisie me dépassent et m’asphyxient. Voilà pourquoi je n’en dirai pas davantage ! Une aimable et singulière densité. Un mauvais pastiche d’hôtel particulier comme les années 1980 ont su hélas en produire dans un tronçon de rue du 11e arrondissement plutôt étroit et aux allures faubouriennes. D’inutiles redans complexifiant sa distribution et un parking en sous-sol inexploité. Ayant conservé la structure béton en bon état, l’agence Petitdidierprioux (PPX) s’est attachée à valoriser vertueusement le déjà-là en l’agrémentant des qualités urbaines, paysagères et fonctionnelles lui faisant défaut. Le rez-de-chaussée désormais traversant – dédié à l’accueil et à la restauration – révèle enfin depuis la rue le jardin recréé à l’arrière, une généreuse verrière à ossature acier d’esprit fin XIXe revisité XXIe s’y projetant lumineusement. Les menuiseries extérieures des chambres – vitrées sur toute leur largeur – empruntent leur modénature aux serres maraichères si nombreuses jadis dans ce quartier à moins que ce soit aux ateliers d’artistes. Côté rue, un petit balcon d’une cinquantaine de centimètres s’intercale à l’avant des baies vitrées à ossature acier anthracite dont le fin barreaudage vertical de l’étonnant garde-corps évoque un alignement de joncs. Tout est impeccablement dessiné, des fixations jusqu’au bardage en zinc pré-patiné gris-vert tantôt lisse, tantôt nervuré, qui rythme judicieusement la nouvelle façade. Trois niveaux en attique – dont deux en surélévation – ménagent des terrasses largement végétalisées d’où embrasser les toits et la skyline de Paris. Le paysagiste Christophe Gautrand a parsemé le jardin de bucoliques clairières ombragées où ont essaimé quelques tables et fauteuils écarlates. Bref, un vrai havre de paix dans un des quartiers les moins verts de la capitale, qui pouvait très bien se dispenser de toute cette indigeste « verdure » intestine !
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    Architecture, l'esprit du lieu

    L’univers enchanté du Printemps New York

    Par Sipane Hoh, le 13 mars 2026
    Un nouveau concept, un espace de 5 000 m², un lieu qui croise histoire, architecture et poésie. Il s’agit du Printemps de New York, l’unique et incontournable établissement qui porte la signature caractéristique de Laura Gonzalez. Le Printemps a confié la mission de concevoir l’écrin de son nouveau concept à Laura Gonzalez, l’architecte d’intérieur reconnue pour ses associations de motifs, de matériaux, de textures et de styles. Réparti sur deux étages, le Printemps New York constitue un ouvrage remarquable qui saisit l’essence de deux grandes villes, Paris et New York. « Nous avons été profondément inspirés par l’héritage du Printemps – ses mosaïques, ses vitraux, ses motifs, son art original – mais nous sommes à New York. C’est une nouvelle histoire. C’est une ville où tout est possible. Je ne crois pas que ce projet aurait pu naître ailleurs, car New York est unique. Ici, il n’y a pas de limites », souligne l’architecte d’intérieur, qui parvient à établir une véritable complémentarité entre l’héritage historique du Printemps et la modernité ardente de New York. Ainsi, le projet devient le terrain de jeu d’un dialogue subtil entre deux univers dissemblables mais tellement significatifs. Laura Gonzalez a transformé les matériaux classiques pour en développer de nouveaux. Comme par exemple les parquets en chêne traditionnels qui ont été magnifiés par des incrustations de pierre naturelle, ou encore les carreaux Art nouveau qui ont été réinterprétés à travers un ancien motif du Printemps et, si l’on regarde de près, nous nous rendons compte que le marbre utilisé est du plastique recyclé comprimé et les pétales arrondis sont sculptés dans du bois massif. Le résultat est un bouillon de culture à la fois captivant et enchanteur. L’entrée mouvante en verre sur Broadway s’ouvre sur la Playroom, il s’agit d’un espace tout en blanc où le visiteur découvre une sélection de marques concernant la mode, les accessoires et le design. Le sol en marbre blanc est agrémenté de cabochons aux teintes frétillantes comme le jaune de Sienne, le vert Ming et le bleu du Brésil, tandis que le mobilier est conçu à partir de matériaux recyclés tels que le terrazzo dérivé des déchets de la mode, la résine écologique et le papier mâché compressé. Les cabines d’essayage sont des cabanes disco où la couleur s’estompe à l’infini. Un peu plus loin, on découvre la Sneaker Room, une pièce 100 % immersive dont le plafond est recouvert d’un écran LED dans lequel s’exposent les pièces du moment aux signatures diverses. Le visiteur est invité à vivre une expérience sensorielle où le mobilier est composé de totems en fibre de verre ondulant sur une moquette imprimé. Au premier étage se situe le Salon où sont mis en avant les prêt-à-porter et les accessoires féminins plus habillés. Ici, le décor change et s’inspire des créations originales du Printemps comme le parquet en bois, les tapis et les textiles à motifs floraux. Dans la continuité, on trouve le Salon vert, un bar à crustacés qui rend hommage à l’ambiance parisienne. La Garçonnière s’habille en rose. L’ambiance est feutrée, le papier peint moiré est de couleur rose,

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