Architecture un lieu

Maison Martin Morel, un précieux atout

Par Nat Lecuppre, le 7 février 2024.
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© Fabienne Delafraye

Lors d’un projet, il est indispensable de s’entourer de bons partenaires aux savoir-faire et expertise complémentaires aux vôtres. Maison Martin Morel peut être l’un d’entre eux.

La maison textile, créée en 1896 à Lyon, édite aujourd’hui des collections de papiers peints avec des motifs issus de ses archives familiales. Elles garantissent des modèles uniques et historiques.

La maison dirigée par Emmanuel Foyatier, sixième génération, propose des créations sur mesure. Son studio accompagne et crée des décors pour les architectes et les décorateurs.

Emmanuel Foyatier est un créateur d’ambiance. Il peut composer avec un détail, un motif ou une association de plusieurs dessins. Selon votre demande, il rend votre projet singulier avec différentes textures de papiers (vinyle, lessivable…), qualités de tissus (lin, coton, velours…) et supports (coussins, tapis, moquettes…).

Maison Martin Morel figure dans beaucoup de concepts hôteliers et retail haut de gamme. On retrouve sa griffe dans le showroom des Manufactures Emblem, rue de Grenelle à Paris (VIIe). La maison a su se conjuguer avec les créations des Manufactures Emblem et les valoriser. L’ambiance Art déco créée est signée de la scénographe Anne Pericchi-Draeger.

Emmanuel Foyatier a utilisé deux motifs antagonistes qui soulignent l’esprit Art déco. Un motif des années 30 au format XXL retravaillé avec des coloris se marie avec harmonie aux objets et mobilier. Dans la salle du banquet, une fresque Olympe d’inspiration Cocteau est agrandie et reproduite sur un tissu en velours de coton. L’ambiance est unique et chaleureuse.

Parfois, il faut savoir s’entourer de talents d’exception est précieux, comme ceux de Maison Martin Morel, pour imaginer des lieux à l’identité forte et unique !

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    Architecture, l'esprit du lieu

    Milla Montis Hotel, au cœur du Tyrol italien

    Par Lionel Blaisse, le 8 janvier 2024
    L’architecte milanais Peter Pichler livre dans son Tyrol natal un hôtel d’une trentaine de chambres sur la petite commune alpine de Maranza, qui revisite l’architecture vernaculaire des Dolomites. Ces contreforts verdoyants accueillirent au départ des éleveurs dont les fermes superposaient astucieusement les étables, l’habitation et la grange. Elles inspirèrent la morphologie et la modénature des premiers chalets résidentiels qui à leur tour nourrirent l’imaginaire des hôteliers. Quoique résolument contemporaine, l’architecture plutôt « graphique » du Milla Montis Hotel assume cet héritage architectural sans néonostalgie. Genèse du projet Les parents du jeune chef cuisinier Roland Oberhofer avaient transformé l’ancien moulin de Maranza en une petite pension, désormais exploitée en hôtel. Ceux de sa femme Franziska avaient créé des gîtes dans leur ferme bio. Le couple portait dans ses gènes l’instinct d’hospitalité. Ils concrétisèrent donc leur ambition à proximité du deux étoiles familial dont la clientèle pourrait jouir des aménités du nouvel établissement. Rêvant d’un lieu différent des archétypes tyroliens proposés par leurs concurrents, ils organisèrent une petite consultation privée à partir de leur concept : un hôtel d’une trentaine de chambres, toutes avec une généreuse terrasse face aux Dolomites, certaines avec leur propre spa venant ainsi parachever le complexe bien-être et sa piscine chauffée extérieure. Un restaurant fera découvrir l’inventive cuisine bio de Roland. L’architecture sera en harmonie avec la culture locale et la nature environnante tout en s’inscrivant dans son siècle. Juste ce qu’il faut Le projet de Peter Pichler l’emporta en fragmentant l’édifice en quatre unités afin de se rapprocher de la volumétrie des granges d’antan. L’ensemble s’enchâssant dans la pente pour minimiser son impact, la réception, le bar et le restaurant s’implantèrent au second niveau, le premier se dédiant en intégralité à l’hébergement tandis que le rez-de-jardin accueillit l’espace bien-être avec sauna, hammam et salles de soins, de relaxation et de méditation avec accès direct au bassin extérieur. Bardé de bois noirci, chacun des frontons est découpé par une immense alvéole curviligne transposant le fameux cœur découpant les volets des chalets tyroliens. Elles génèrent ainsi de vastes terrasses offrant aux chambres intégralement vitrées un panorama époustouflant. Simple, fonctionnel et intemporel, l’agencement intérieur fait la part belle au frêne tandis que les assises sur mesure s’habillent de… loden !
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    Urbanisme

    NONTRON, les étudiants aux champs

    Par Anne-Marie Fèvre, le 8 décembre 2023
    Avec le programme « Design des mondes ruraux » né en 2021, l’Ensad de Paris enquête dans cette ville campagnarde du Périgord. Exploration du patrimoine, des savoir-faire et des difficultés, dans une démarche éco-sociale. Depuis septembre 2021, des étudiants de l’École des arts décoratifs de Paris (Ensad) arpentent et s’immergent à Nontron, dans le cadre du programme Design des mondes ruraux ». Cette petite ville du Périgord vert (Dordogne) est bien repérée dans le monde du design, grâce à ses célèbres couteaux en buis pyrogravé réinterprétés par quelques designers célèbres. Son Pôle expérimental des métiers d’art, qui regroupe artisans d’art et artistes locaux, dont des ateliers Hermès, a attiré d’autres créateurs en résidence de 2000 à 20161. Nontron, 3 000 habitants, en dépit de sa richesse de savoir-faire, est confrontée aux difficultés des communes rurales. C’est « en misant sur la capacité du design à redynamiser les territoires » que l’Ensad a mis en place ce projet de niveau post-master, en relation avec la mairie, la Communauté de communes du Périgord nontronnais, le Pôle expérimental des métiers d’art et les acteurs locaux. « Sensibiliser aux pratiques du Design, former une génération d’artistes et de designers soucieux de réinventer nos façons de vivre et engagés en faveur d’une transition durable qui nous concerne tou·te·s », tel est l’objectif de cette délocalisation de l’Ensad. Ce programme s’adresse à des étudiants âgés de moins 31 ans, titulaires d’un Master 2 ou justifiant de trois ans au moins d’expérience professionnelle. Ils bénéficient d’un lieu de travail et d’hébergement, d’une bourse et d’un encadrement dédié. Ainsi, l’année 2021-2022, huit étudiants ont tenté de répondre à trois questions. Ségolène Gaillon et Victor Bassigny se sont demandé : « Que faire pour les adolescents qui s’ennuient ? ». Kelly Eng, Marie Piplard et Marguerita Saïd se sont mobilisées pour « aider les aînés isolés ». Certains se sont tournés vers le Pôle expérimental des métiers d’art. D’autres projets ont fleuri. Antoine Bachmann a traqué la biodiversité, Andrea Gaidano et Simon Geneste ont listé les lavoirs. La maire, Nadine Ermann-Bancaud a très bien accueilli cette démarche, elle qui est engagée dans le programme national Petites villes de demain ! Dans Télérama, Xavier de Jarcy a bien suivi cette aventure. Pour lui, « les étudiants ont appris à créer des formes relationnelles, à dialoguer avec les élus, à construire des projets collectifs… Pour la maire, un premier pas est franchi ». Et lui de conclure : « Ce qui a été réalisé à Nontron peut l’être partout »2. Florence Doléac, enseignante qui encadre cette mission, tire un premier bilan. « Il s’agit ici d’un design social, tourné vers les sciences humaines et sociales. C’est une investigation à fond, pour repérer, travailler avec les associations, trouver des réponses transversales. On a mis du temps. Avec les métiers d’arts, cela n’a pas vraiment débouché. L’important ce sont les études d’impact des projets menées avec un géographe. » Ariane Brioiste, chargée de mission à l’Ensad, poursuit : « C’est à la fois une résidence, un laboratoire, un bureau d’études et un incubateur. Il s’agit de poser un cadre méthodologique avec des restitutions des actions.
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    Créateur

    François ­Azambourg, la poétique des techniques

    Par Anne-Marie Fèvre, le 22 avril 2024
    Au MAD parisien, il a démontré qu’il est un designer « sérieux », entre techniques, artisanat, arts. Avec des formes vivantes, il a créé un monde onirique. Pour 2024, la sobriété, et toujours la légèreté, la légèreté. Depuis 1999, de Paris à Milan, de Hyères à Lille, on a souvent rencontré François Azambourg, ce jeune homme fougueux aux yeux pétillants. Quel plaisir de le voir expliquer, rieur, ses objets insolites, nés de ses expérimentations inattendues : un luminaire en textile tridimensionnel, la chaise Pack gonflable ; des matériaux comme des sandwiches souples, qui ont été brevetés, le nid d’abeille pour une carte blanche du VIA (Valorisation de l’innovation dans l’ameublement). Et en 2004, une « microfolie », dînette mobile, qui s’est posée à Lille « comme une fleur qui pousse entre deux pavés ». Ce designer, dans le souffle de Gaston Bachelard, n’est pas resté un créateur perché. Il a été maintes fois primé, a travaillé avec Selmer, l’Ircam, pour les éditeurs Domeau & Pères, Ligne Roset, Poltrona Frau, Domestic, la galerie Kreo, Hermès, Cappellini… Toute cette trajectoire singulière a culminé en 2023 avec l’exposition « Légèretés manifestes » qu’il a inventée avec 200 pièces aux MAD Paris 1. Quel était l’enjeu de cette exposition ? À 60 ans, j’ai voulu démontrer que pour moi le design était une affaire sérieuse. Sérieux, car j’ai d’abord fait des études en électronique, et le monde technique a de la valeur. Je suis aussi diplômé des Beaux-Arts de Caen, d’Olivier de Serres (ENSAAMA) à Paris. Sur la première table, j’ai montré les choses qui m’ont nourri. En musicien, j’ai rendu plus sobre le saxophone, je montre mes carnets de travaux, toutes sortes de matériaux. Qui expliquent mes recherches de légèreté. J’ai écrit les cartels comme des autobiographies des objets. Pour rendre la présentation vivante, accessible. Le design ne doit pas rester une affaire de gens cultivés. La légèreté est votre quête ? La légèreté par soustraction, en ménageant du vide. Pour débarrasser l’objet de sa dimension bourgeoise, de sa masse, du gras, de ses décors. En enlevant, apparait l’éclatante vérité ! La chaise Pack gonflable en matériaux légers a une enveloppe en polyester double paroi truffée de fils et de mousse polyuréthane, elle se déploie dans un mouvement léger. La chaise Very Nice est constituée de contreplaqué de bouleau habillé d’un film polyester dont on entoile avions. La chaise Bugatti en tôle, j’ai voulu l’alléger aussi, lui retirer du poids. J’aime les chaises de Jean Prouvé, mais elles sont trop lourdes. La chaise Bugatti en tôle froissée flirte avec l’art ? Là, je montre que je fabrique seul mes prototypes. Je les assemble moi-même, je les hybride avec différents matériaux, je cherche. Lors de longues expérimentations, des accidents surviennent, ils ont fait vriller ma pensée. J’ai remarqué que les loupés avaient des qualités esthétiques. Pour la chaise Bugatti (Cappellini), la tôle s’est froissée et je l’ai acceptée, en plasticien, au-delà de la technique. Avec le verre au CIAV Meisenthal (Centre international d’art verrier), j’ai posé un regard neuf sur les loupés. Quand mes pièces en verre sont texturées, c’est seulement le résultat

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