Architecture, l'esprit du lieu

Plus qu’un cabanon, un exercice de style

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Par Sipane Hoh, le 3 avril 2026.
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© Yann Audic

Studio Briand & Berthereau a réalisé l’intérieur d’un cabanon pour l’hôtel de plein air Les Prairies de la Mer. Derrière la simplicité du plan se cache un ingénieux travail d’adaptation et de configuration.

Situé au cœur du golfe de Saint-Tropez, l’iconique hôtel Prairies de la Mer redéfinit les codes de l’hôtellerie de plein air. Baptisé le Light House, il s’agit d’un prototype de cabanon qui sera, à terme, suivi de cinquante autres. L’architecture est conçue par Atelier Pampelonne. Cela nécessite une connaissance méticuleuse et un regard acéré vis-à-vis d’un programme minimaliste mais exigeant. Pour une cabane de deux chambres avec un espace dédié au salon et à la cuisine ouverte donnant sur l’extérieur, Joran Briand et Arnaud Berthereau ont imaginé un intérieur en osmose avec l’extérieur. Le duo a conçu un espace flexible qui s’accommode aux usages actuels. Le bois couvre l’entièreté des murs intérieurs. Divers éléments muraux tels que les ouvrants, les appliques lumineuses ou les œuvres d’art s’accrochent au calepinage des panneaux en contreplaqué d’okoumé qui habille les murs. Le sol, le plafond ainsi que les rideaux de couleur beige respirent la sérénité. Petit coup de cœur pour les salles d’eau, conçues comme des capsules de faïence au format 5 × 5 cm de teinte jaune moutarde. Les tables, chaises, guéridons et luminaires pour l’intérieur et l’extérieur ont été dessinés et fabriqués par Ligne Roset Contract. Tout a été minutieusement pensé pour évoquer les vacances. Avec l’accomplissement de toute la gamme, l’évasion sera au rendez-vous !

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    Stéphanie Coutas L’ambassadrice du luxe intemporel

    Par Nat Lecuppre, le 20 février 2026
    Architecte d’intérieur, décoratrice et designer, Stéphanie Coutas est passionnée par l’artisanat d’art et les savoir-faire d’exception. Son style unique est probablement influencé par son enfance en Asie et ses quinze années passées dans le milieu de la mode. Sa griffe architecturale est contemporaine et d’inspiration néo-classique, à la fois poétique et romantique. Son parcours singulier se retrouve dans ses projets. Stéphanie Coutas avec son agence SC Edition conçoit des résidences privées, des hôtels et des boutiques en France et à l’international. Elle excelle dans le haut de gamme en proposant dans chacune de ses réalisations un concept de « prêt à vivre » luxueux associant le confort de l’hospitality 5 étoiles. Les intérieurs de Stéphanie Coutas sont toujours pensés avec des artisans d’excellence. Les lignes sont épurées mais réhaussées par des éléments décoratifs spectaculaires. Les matériaux de prédilection de l’architecte sont le marbre, le bois, la sélénite, le galuchat et la verrerie de Murano combinés à des œuvres d’art et des antiquités. Stéphanie Coutas conçoit également du mobilier et des accessoires sur mesure avec des maisons prestigieuses comme Baccarat, THG et Tai Ping. Chaque projet est une œuvre unique et raffinée. Un appartement à son image Stéphanie Coutas a réalisé son propre appartement de 224 m2, situé dans le 7e arrondissement de Paris. Elle conjugue élégance classique et confort moderne. Les espaces dessinés sont fluides par des jeux de courbes et l’association de matériaux nobles. La décoration met en exergue les œuvres d’art, les meubles conçus par la designer et les technologies intégrées. Le salon est un espace prestigieux avec sa cheminée en marbre, une peinture de Fabrice Hyber, des sculptures de Coralie Bonnet et Simone Pheulpin, et du mobilier en marbre et bronze signé Stéphanie Coutas. La salle à manger invite à prendre place autour d’une table en chêne noir et ses chaises en aluminium. On y trouve des œuvres de Tadashi Kawamata et un masque tribal congolais. La cuisine est en marbre vert et bleu. Le mobilier en chêne, les tabourets en grès émaillé de Marc Albert et une toile de Wang Yan Cheng confèrent à l’espace une ambiance chaleureuse et conviviale. Le bureau encourage la créativité. Il expose une peinture murale en relief. Le mobilier est signé Dali, Perriand, Jeanneret et Chapo. Une sculpture lumineuse de Pierre Augustin Rose les accompagne. Pour la chambre principale, la palette de couleurs est neutre. Les textures sont délicates. La salle de bains attenante est en marbre italien avec un mur végétal. Chaque espace reflète le savoir-faire artisanal et l’univers créatif de la designer. Une créativité sans limite Stéphanie Coutas excelle dans tout ce qu’elle entreprend. Elle aime aller jusqu’au bout de ses projets. Pour cette raison, elle lance sa première ligne d’art de la table et accessoires de décoration : Jardin d’Éden. La collection comprend des assiettes, des coussins, des bougies décorées de fleurs, abeilles ou papillons stylisés. Avec cette nouvelle activité, elle affirme son goût pour les savoir-faire exceptionnels et les belles matières. Les assiettes sont en porcelaine de Limoges et réalisées dans la grande tradition des manufactures
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    Destination Design Centre, Chelsea Harbour

    Par Nat Lecuppre, le 30 octobre 2024
    S’il existe une destination en Europe pour le design et la décoration, c’est bien le Design Centre, Chelsea Harbour à Londres. Le centre est une concentration de 600 marques internationales et de 130 salles d’exposition. Ce lieu est dédié aux professionnels, aux créateurs et aux férus de design et de décoration. C’est dans ce centre que Casamance et Misia viennent d’inaugurer leur premier showroom britannique. Le flagship de 80 m2 présente les deux marques françaises. Casamance a été créée en 2000. Elle est éditrice de tissus, papiers peints et revêtements muraux haut de gamme. Misia fondée en 2014, propose des étoffes prestigieuses du XXe siècle réinterprétées avec modernité. Le bleu Misia est même devenu une signature de la marque. Les lieux ont été réalisés par l’agence d’architecture d’intérieur David Dhont. Pour ce projet, les délais furent courts (six mois). L’espace a été optimisé pour concevoir trois univers distincts sur un seul site. Chacun des univers est dédié à une marque. L’un présente les tissus, le revêtement mural et le papier peint de Casamance, un autre tous les produits de luxe de Misia, et un dernier est dédié à la nouvelle marque de la maison, qui sera dévoilée dans quelques mois. La vitrine est scénographiée et présente tour à tour les différentes marques. Actuellement, Casamance est exposée. L’espace est situé au troisième étage du centre, il bénéficie de la lumière qui inonde les lieux par le dôme. La hauteur sous plafond a été un plus dans le projet. Les poutres du site renforcent le côté industriel. Le parti pris architectural a été de jouer avec les courbes afin de différencier les différents univers. On les retrouve même dans le mobilier. Une arche est créée entre Casamance et Misia. Elle structure l’espace sans altérer la luminosité. La face intérieure de l’arche a un effet métal brossé bronze. Cette finition souligne l’aspect haut de gamme des lieux. Une canopée courbe en bois abrite les meubles Casamance Tissu. Pour procurer davantage de caractère à l’univers Misia, les murs sont peints de couleur bleu nuit profond. La teinte souligne le côté écrin. Le mobilier est créé sur mesure par l’agence KNGB pour chaque marque. Les meubles s’harmonisent entre eux tout en étant distincts. Des matériaux haut de gamme et nobles sont sélectionnés (tables de consultation en Corian®, bureau et kitchenette en marbre…). De grands pagivoles permettent de présenter les revêtements muraux. Une moquette claire et bouclée est retenue afin de renforcer l’atmosphère chaleureuse, intime, cosy et raffinée des lieux, lesquels renforcent la valeur d’excellence des deux marques. Nous vous conseillons de prendre en compte cette nouvelle adresse incontournable lors de votre prochain séjour à Londres.
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    Urbanisme

    NONTRON, les étudiants aux champs

    Par Anne-Marie Fèvre, le 8 décembre 2023
    Avec le programme « Design des mondes ruraux » né en 2021, l’Ensad de Paris enquête dans cette ville campagnarde du Périgord. Exploration du patrimoine, des savoir-faire et des difficultés, dans une démarche éco-sociale. Depuis septembre 2021, des étudiants de l’École des arts décoratifs de Paris (Ensad) arpentent et s’immergent à Nontron, dans le cadre du programme Design des mondes ruraux ». Cette petite ville du Périgord vert (Dordogne) est bien repérée dans le monde du design, grâce à ses célèbres couteaux en buis pyrogravé réinterprétés par quelques designers célèbres. Son Pôle expérimental des métiers d’art, qui regroupe artisans d’art et artistes locaux, dont des ateliers Hermès, a attiré d’autres créateurs en résidence de 2000 à 20161. Nontron, 3 000 habitants, en dépit de sa richesse de savoir-faire, est confrontée aux difficultés des communes rurales. C’est « en misant sur la capacité du design à redynamiser les territoires » que l’Ensad a mis en place ce projet de niveau post-master, en relation avec la mairie, la Communauté de communes du Périgord nontronnais, le Pôle expérimental des métiers d’art et les acteurs locaux. « Sensibiliser aux pratiques du Design, former une génération d’artistes et de designers soucieux de réinventer nos façons de vivre et engagés en faveur d’une transition durable qui nous concerne tou·te·s », tel est l’objectif de cette délocalisation de l’Ensad. Ce programme s’adresse à des étudiants âgés de moins 31 ans, titulaires d’un Master 2 ou justifiant de trois ans au moins d’expérience professionnelle. Ils bénéficient d’un lieu de travail et d’hébergement, d’une bourse et d’un encadrement dédié. Ainsi, l’année 2021-2022, huit étudiants ont tenté de répondre à trois questions. Ségolène Gaillon et Victor Bassigny se sont demandé : « Que faire pour les adolescents qui s’ennuient ? ». Kelly Eng, Marie Piplard et Marguerita Saïd se sont mobilisées pour « aider les aînés isolés ». Certains se sont tournés vers le Pôle expérimental des métiers d’art. D’autres projets ont fleuri. Antoine Bachmann a traqué la biodiversité, Andrea Gaidano et Simon Geneste ont listé les lavoirs. La maire, Nadine Ermann-Bancaud a très bien accueilli cette démarche, elle qui est engagée dans le programme national Petites villes de demain ! Dans Télérama, Xavier de Jarcy a bien suivi cette aventure. Pour lui, « les étudiants ont appris à créer des formes relationnelles, à dialoguer avec les élus, à construire des projets collectifs… Pour la maire, un premier pas est franchi ». Et lui de conclure : « Ce qui a été réalisé à Nontron peut l’être partout »2. Florence Doléac, enseignante qui encadre cette mission, tire un premier bilan. « Il s’agit ici d’un design social, tourné vers les sciences humaines et sociales. C’est une investigation à fond, pour repérer, travailler avec les associations, trouver des réponses transversales. On a mis du temps. Avec les métiers d’arts, cela n’a pas vraiment débouché. L’important ce sont les études d’impact des projets menées avec un géographe. » Ariane Brioiste, chargée de mission à l’Ensad, poursuit : « C’est à la fois une résidence, un laboratoire, un bureau d’études et un incubateur. Il s’agit de poser un cadre méthodologique avec des restitutions des actions.

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