Architecture, l'esprit du lieu

STUDIO SHOO conçoit le nouveau flagship Estil.io de Yerevan

Par Sipane Hoh, le 29 avril 2025.
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© Katie Kutuzova

En Arménie, à Yerevan, Kristina Hunayan a mandaté STUDIO SHOO (Shushana Khachatrian) pour la conception de l’intérieur de la boutique Estil.io. L’espace de vente de 144 m² met en avant une interprétation sensible des magasins de décoration.

L’architecture d’intérieure est remarquable. Conceptuel, le design tranche avec les écritures esthétiques traditionnelles des magasins de décoration et met en avant des lignes pures et des formes sobres, le tout rehaussé d’une note d’élégance et de justesse. Le bureau de réception sert de point focal. En effet, c’est à cet endroit que les différentes rencontres se créent. Le lieu abrite également un bar. À gauche de l’accueil, prennent place un canapé ainsi que quelques fauteuils et des tables basses, un mobilier choisi avec soin offrant à tous confort et détente. Selon les souhaits de la maîtrise d’ouvrage, l’architecte d’intérieur a conçu un design qui souligne le contraste. C’est ainsi qu’un dialogue des plus improbables se crée entre les lignes douces du plâtre et certaines finitions brutes comme celui du béton qui couvre le sol, les couleurs chaudes qui tapissent les murs et la froideur dégagée par la présence des surfaces métalliques. L’élément principal de cet espace surprenant est constitué par une bande métallique qui prend place au-dessus de la réception : elle se tord, s’enroule sur elle-même et glisse pour échouer sur le sol, il s’agit d’un élément apportant un certain dynamisme au lieu. Des tables de différentes formes et hauteurs servent de présentoirs. Soulignons que tous les éléments, comme par exemple les étagères, les stands d’exposition, les canapés et les tables, ont été assemblés par des artisans locaux. Le nouveau flagship Estil.io de Yerevan est un univers antagoniste qui fait l’éloge de la matière.

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    Quand Tokyo se met à l’heure

    Par Nat Lecuppre, le 18 février 2025
    Gwenaël Nicolas et son agence Curiosity viennent de signer la façade et l’architecture intérieure de la nouvelle tour Rolex à Tokyo. Située sur l’avenue Chu-Dori à Ginza, elle offre à ses clients un espace de vente sur quatre étages. Pour cet édifice, il fallait absolument un emplacement de prestige et concevoir un espace harmonieux alliant tradition et modernité tout en incarnant l’identité de la marque. Il devait également représenter le sens de l’hospitalité et de la sophistication qui caractérisent Tokyo et le Japon. Une architecture singulière. La façade est un clin d’œil à la lunette de Rolex. Celle-ci symbolise la marque. Son motif est fabriqué dans l’art de la ferronnerie. Il est réalisé dans divers dégradés de bas en haut, et procure un effet d’optique dynamique à l’édifice. Visite des lieux. L’espace de vente intérieur est visible depuis l’extérieur à travers une grande porte encadrée d’une pierre verte. En entrant, le client est plongé dans une ambiance sophistiquée. Les matériaux retenus sont nobles et subtils : travertin, bois Sen, verre dépoli… Un immense élément en verre survole les présentoirs circulaires et forme un espace dans la pièce. Le comptoir bénéficie des reflets des miroirs derrière les persiennes en bois. Les clients se retrouvent dans un cadre numérique à 360° qui leur fait découvrir l’univers Rolex dans une autre dimension. Ils sont invités à monter dans les étages : l’ascenseur entouré d’un escalier en colimaçon en travertin et persiennes en bois est une pièce maîtresse de l’espace. L’atmosphère est chaleureuse et accueillante. Au deuxième étage, un espace ouvert mène à une série de salons. Visible de l’extérieur, un grand bar en pierre et laque vert invite à une pause. Les espaces de vente se succèdent sur tout l’étage. On trouve une série de niches privées taillées dans de grands murs en travertin. L’architecte a joué avec la modernité et l’intemporalité. Les matériaux soulignent ce jeu. Un cadre en maillage filtre l’intimité des visiteurs. Au troisième, l’atmosphère est plus japonaise et au luxe discret. L’étage est réservé aux invités de marque avec un salon privé. L’espace d’accueil est réalisé avec des finitions en laque vert foncé et en pierre. Le concept de l’agence Curiosity souligne le caractère singulier de chaque pièce et collection. Le mur de la bibliothèque expose les œuvres d’art qui représentent les modèles emblématiques de la maison. On trouve des œuvres originales commandées à des artistes japonais. Le sous-sol est dédié aux services et expériences exceptionnels. Il valorise l’artisanat de Rolex. On découvre un laboratoire avec des techniciens qualifiés qui piquent la curiosité des visiteurs. Une galerie « Mouvement » invite ces derniers à découvrir le savoir-faire et l’expertise de la marque, diversité, sophistication, complexité et précision des montres). Curiosity a su répondre aux attentes de la maison en créant avec des artisans et des artistes japonais ce bel écrin d’exception couleur émeraude.
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    Architecture, l'esprit du lieu

    La « Manu » devient un écrin pour le grand luxe

    Par Sipane Hoh, le 30 avril 2025
    À Riom, l’ancienne usine des tabacs que les Riomois appelaient la « Manu » accueille désormais une maroquinerie pour la grande marque du luxe Hermès. La réhabilitation a été menée avec habileté par TRACKS Architectes, et ce lieu complètement régénéré accueille des artisans formés localement aux divers savoir-faire de la maison. Édifiée dans les années 1900 et inscrite aux Monuments historiques depuis 2004, l’ancienne Manufacture des tabacs formait un site industriel à grand potentiel. La volonté étant de privilégier la reconversion, les architectes de TRACKS (Moïse Boucherie et Jérémy Griffon) accompagnés par l’agence d’architecte du patrimoine ABDPA ont composé avec l’existant tout en révélant certaines qualités de l’édifice tombé en désuétude depuis son abandon en 1975. Tout d’abord, rappelons que la destination globale de l’ensemble n’a pas changé. En effet, l’ancienne Manufacture des tabacs de Riom datant de 1877 prolonge la vocation manufacturière, se modernise encore une fois car certaines annexes se sont ajoutées au bâtiment d’origine en 1907 puis en 1936. Mandaté pour mener à bien le projet, l’agence d’architecture parisienne TRACKS Architectes a répondu avec brio aux différentes exigences de la maîtrise d’ouvrage : valoriser le déjà-là tout en préservant les qualités patrimoniales du site. Grâce aux différentes interventions sur les façades où le verre est omniprésent, la lumière naturelle pénètre jusqu’au cœur des ateliers. De même, le confort thermique et phonique sont assurés en matériaux biosourcés. Tout a été minutieusement étudié pour minimiser les déperditions énergétiques. Dans le but d’engendrer un énorme atrium autour duquel s’organisent les trois niveaux, les architectes ont procédé à un travail complexe dont le résultat est tout simplement remarquable. Par ailleurs, la façade classée ainsi que les toitures ont été soigneusement nettoyées et restaurées. Les fenêtres du rez-de-chaussée, quant à elles, ont été maintenues et prolongées jusqu’au sol. La gestion des déchets a été formidablement maitrisée : certains matériaux récupérés, comme les morceaux des poutres en béton provenant des travaux sur l’atrium, ou encore les pièces de métal récupérées lors des multiples restaurations, ont servi aussi bien à la fabrication de plusieurs mobiliers de jardin qu’à l’aménagement de la cour végétalisée. Réhabilitation, récupération et renouveau ont été les mots d’ordre d’une opération minutieusement pensée qui vient couvrir une surface de 7 000 m². Située à une quinzaine de kilomètres au nord de Clermont-Ferrand, ce lieu exceptionnel de création et de savoir-faire vient compléter le pôle auvergnat du groupe Hermès comprenant la maroquinerie de Sayat ainsi qu’une école des savoir-faire. Au cœur de la ville, non loin de la gare, la nouvelle Manufacture offre confort et bien-être aux usagers, qui disposent d’une grande facilité d’accès aux diverses infrastructures de transports ainsi qu’aux commerces locaux. Entièrement transformée, l’ancienne Manufacture est prête à entamer un nouveau chapitre de sa vie !
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Un havre de paix contemporain en Suisse

    Par Nat Lecuppre, le 21 janvier 2025
    L’architecte d’intérieur suisse Ina Rinderknecht a métamorphosé la Villa Sophia qui surplombe le lac de Zurich pour en faire un repaire élégant, harmonieux et contemporain connecté à la nature. La Villa Sophia. La villa, de 945 m2 sur trois étages, est repensée pour être à l’image de ses jeunes propriétaires. Ina Rinderknecht a eu pour mission les travaux, mais aussi l’accompagnement pour le choix du mobilier, des objets d’art et des luminaires. Pour une ambiance de cocooning et de confort, Ina Rinderknecht a choisi d’associer aux lieux des tons doux et pastel. La villa dispose d’un appartement indépendant pour les invités de la famille. Le grenier est transformé en studio aux allures de loft. Pour plus de bien-être, on a une piscine intérieure, un espace bien-être en marbre Calacatta, une salle de cinéma, un pavillon d’hiver, entre autres. Visite des lieux. Le hall d’entrée est lumineux avec ses plafonds à double hauteur et son marbre blanc. Il invite à découvrir la villa. Un lustre en porcelaine du studio de design parisien Mydriaz est suspendu au-dessus d’un ottoman dessiné sur mesure par Ina Rinderknecht. Le mobilier en chêne clair se marie aux éléments aux formes organiques de teintes pastel. Le tout confère une ambiance chaleureuse voire intemporelle. Le salon expose de magnifiques pièces telles que le tapis Water Lily d’Ina Rinderknecht et Tai Ping, une suspension du studio Giopato & Coombes et une œuvre aquarellée de l’artiste italienne Ilaria Franza. La salle à manger, avec sa table en marbre organique éclairée par la suspension Moonpapier d’Olga Engel, dévoile une peinture à l’effet hypnotique de l’artiste abstrait français Lucas Talbotier. La grande cuisine s’ouvre sur un jardin d’hiver vitré et décliné dans les tons verts et terre. Ce dernier est meublé de chaises de salle à manger en osier et de lampes suspendues en rotin. Un escalier en marbre mène au premier étage où se trouvent trois chambres, un dressing et un salon familial. De nombreux rangements sont réalisés sur mesure. Les portes blanches sont encadrées de baguettes en chêne clair. La chambre principale avec une tête de lit en soie sauvage vert pâle, un papier peint en lin floral gris et un banc de la collection d’Ina Rinderknecht invite à la sérénité. Le dressing attenant fait également office de bureau. Les salles de bains sont luxueuses. Elles sont habillées de marbre et de chêne naturel. On trouve même dans l’une d’elles une baignoire ovale signée Inbani devant une paroi en marbre incurvé tel un paravent. Un escalier en colimaçon mène à un appartement conçu sous les combles comme un studio cosy. Tout est raffinement et élégance. La Villa Sophia est une véritable ode à la nature et à la détente.

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