Architecture, l'esprit du lieu

Sur les traces d’un précurseur

Par Nat Lecuppre, le 1 novembre 2024.
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© Studio Jean-Philippe Nuel

Le psychologue américain Abraham Maslö a révolutionné dans les années 1960 le monde du travail lors de l’apparition des open spaces. Précurseur, il avait fait le lien entre les motivations du collaborateur et les besoins de l’entreprise.

Son approche humaniste a hiérarchisé les motivations en cinq catégories qui ont été schématisées sous forme de pyramide. Les besoins physiologiques sont la base, et le sommet est l’accomplissement de soi en passant par la sécurité, l’appartenance et l’estime. La philosophie de Maslö n’a jamais été aussi adaptée qu’aujourd’hui au secteur tertiaire. Les espaces de travail conçus de nos jours tiennent compte des besoins identifiés par Maslö. Lors de l’aménagement des espaces Covivio, situés au 9, place Marie-Jeanne-Bassot à Levallois-Perret (92), on retrouve tous ces fondamentaux.

Métamorphose d’un immeuble.

Le projet appelé Maslö est une lourde restructuration d’un immeuble tertiaire des années 1970 devenu obsolète. La demande de Covivio était d’en faire un site moderne et représentatif des attentes actuelles des collaborateurs. Pour cette réhabilitation, l’agence DGM & Associés a signé l’architecture de l’immeuble. Quant à l’aménagement intérieur, Covivio a fait appel à l’architecte d’intérieur et designer Jean-Philippe Nuel.

Le projet incarne la politique de développement de la foncière Covivio. Celle-ci réinvente son patrimoine suivant deux axes : la création de valeur et l’amélioration de sa performance environnementale.

Maslö, c’est avant tout 20 000 m2 d’espaces de vie et de travail sur six étages mais aussi 1 100 m2 d’espaces extérieurs. Pour Covivio, propriétaire de l’immeuble, les objectifs étaient l’épanouissement et l’accomplissement de soi sur son lieu de travail.

Une architecture intemporelle.

DGM & Associés fonde son concept sur l’intemporalité et sur l’ouverture. De nombreuses surfaces vitrées permettent à la lumière naturelle d’inonder les lieux. Les ouvertures favorisent la connexion des utilisateurs avec l’extérieur. Un poumon vert est créé avec un îlot paysager. Des terrasses végétalisées soulignent la présence de la nature sur le site.

Des codes hôteliers repris.

Jean-Philippe Nuel, connu pour ses projets hôteliers haut de gamme, reprend les codes de l’hôtellerie et les applique dans ce projet tertiaire. Son concept est de procurer des espaces chaleureux, fonctionnels et de qualité. Les formes enveloppantes sont favorisées ainsi que les matériaux naturels.

Le rez-de-chaussée se devait d’être un espace dynamique, fédérateur pour toutes les entreprises ayant pris leurs quartiers dans l’immeuble. Ces dernières ont agencé chacune leurs propres bureaux. Deux entrées opposées desservent le RDC et régulent les flux de circulation. Le restaurant d’entreprise est pensé pour être un lieu de vie animé tout au long de la journée. Il est convivial et relié au patio intérieur. On s’y retrouve pour une pause, lors d’un repos, pour du coworking…

Art et nature.

Le patio renforce le bien-être des utilisateurs. Les espaces verts se retrouvent également dans le hall, les espaces intérieurs, le restaurant… Les cloisons vitrées soulignent la présence de la nature dans les lieux.

Une attention particulière est portée à la lumière. Mathieu Girard et Gauthier Pouillart de Cocorico Paris ont travaillé sur la double hauteur du hall et l’entrée de l’immeuble depuis la rue. L’art se retrouve également avec les créations graphiques de Musco et Lysanne Kollet d’Art Consult.

L’art prend place et donne une identité forte à l’immeuble. Il adhère aux fondamentaux de Maslö. Il crée un sentiment d’appartenance et partagé autour des valeurs culturelles. Il marque aussi l’estime portée aux collaborateurs.

Une offre servicielle optimisée.

L’offre de restauration est conséquente. Le rez-de-chaussée accueille le premier coffee shop Cojean dans un immeuble de bureaux. Il offre 68 places assises à l’intérieur et 50 places à l’extérieur. Un restaurant VIP et salon de thé privatisable permet à 45 convives de bénéficier d’une vue à 180 degrés sur les jardins. Le Grand Restaurant quant à lui permet à 240 personnes de venir se restaurer et de bénéficier de la terrasse végétalisée.

Les espaces de travail ont pris en compte le confort optimal des collaborateurs. Le Kandumètre by Ecume par Saint-Gobain permet de mesurer en temps réel la qualité de l’air, la température, la luminosité et l’acoustique. Une GTB (Gestion Technique du Bâtiment) permet aussitôt d’intervenir si besoin.

Pour plus de confort, on trouve un espace wellness complet (une salle de gym, une salle de téléconsultation, une salle de massage, un salon d’attente tisanerie…).

Un business center favorise les événements et les rencontres. Il est constitué d’une salle de board de 18 personnes, de deux salles de réunion de 12 personnes, d’un auditorium de 90 personnes et d’un espace event de 100 personnes.

Des cocons à sieste sont créés (Nap&Up). Une conciergerie est mise à disposition des collaborateurs. Un parking de 385 places ainsi qu’un local à vélo renforce le bien-être des utilisateurs, même si le site est à proximité des transports en commun.

Le Maslö est certifié par Bureau Veritas, SPRIM et R2S et labellisé HQE, Bâtiment Durable Performant, BREEAM Very Good.

Le site a tous les atouts pour séduire les collaborateurs d’aujourd’hui tout en revisitant la pyramide de Maslö.

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    Maslö by Covivio

    9, place Marie-Jeanne-Bassot

    92300 Levallois-Perret

    Tél. : +33 (0)1 87 83 92 09

    Studio Jean-Philippe Nuel

    9, boulevard de la Marne

    94130 Nogent-sur-Marne

    Tél. : +33 (0)1 45 14 12 10

    www.jeanphilippenuel.com

    DGM & Associés

    74, rue Rivay

    92300 Levallois-Perret

    Tél. : +33 (0)1 41 38 07 70

    www.dgm-architectes.fr

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 57
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    Home sweet home

    Par Nat Lecuppre, le 13 mars 2025
    La chaîne hôtelière B&B Hotels lance son nouveau concept B&B Home. Une version d’hospitality à long terme, engagée et communautaire. Ce concept marque la croissance du groupe. Un tourisme vertueux. La première adresse est située au cœur des Puces de Saint-Ouen à Paris. Plus exactement au 65, rue du Docteur-Bauer. L’établissement dispose de 139 chambres. Le style retenu est vintage et coloré. 31 chambres possèdent une kitchenette. Afin de proposer de longs séjours, tout est pensé pour que les hôtes se sentent comme à la maison. On trouve des espaces de travail et de détente avec une bibliothèque, une salle de jeu. Des services partagés, tels que cuisine, laverie, boutique, favorisent l’esprit de vie en communauté. On trouve également un bar et un café qui sont conviviaux et invitent aux échanges. L’écoresponsabilité fait partie de l’ADN du groupe. Celle-ci est mise au cœur du concept. Les hôtes d’aujourd’hui recherchent des expériences d’accueil engagées alliant confort et responsabilité. Un écosystème local. L’expertise des habitants de Saint-Ouen a été mise à contribution. B&B Hotels a fait appel à l’agence de design Saguez & Partners pour concevoir cette nouvelle marque en cœur de ville comme chez soi. Les trois axes de ce concept sont l’ancrage local, la durabilité et les services long stay dans un esprit créatif, joyeux et coloré. Il s’agissait de donner vie aux espaces en optimisant l’existant (bâtiments, communautés, relations). Le positionnement environnemental du groupe se traduit par le choix de matériaux recyclés et du mobilier seconde main. Le plastique est banni. Dans les chambres, le lobby, au bar et au petit-déjeuner, les contenants recyclables ou réutilisables et les produits en vrac sont mis à disposition. Sophie Donabedlan, directrice du développement durable chez B&B Hotels précise que le groupe a appuyé un écosystème de partenaires locaux pour que leurs établissements soient connectés à leur territoire. Une priorité : réinsertion et local. Le savoir-faire local est favorisé. B&B Home privilégie les associations et entreprises qui permettent de réintégrer les personnes dans le monde du travail et de mettre en amont les produits locaux. On trouve des acteurs comme Meet My Mama, La Coopérative Bio Île-de-France, Le Café Joyeux, Confitures Re-Belles… qui contribuent au succès du nouveau concept B&B Home. Meet My Mama, entreprise sociale solidaire, permet aux femmes du monde entier de vivre de leur passion, à savoir : la cuisine. Mais également aux personnes sans emploi d’apprendre et d’entreprendre dans ce secteur. La Coopérative Bio Île-de-France fournit des produits régionaux avec une démarche anti-gaspi. La Brasserie Saint-Ouen est une brasserie urbaine et distillerie éco-friendly. Le Café Joyeux emploie quant à lui des personnes en situation de handicap mental et cognitif. L’hôtel s’associe avec l’association Confitures Re-Belles, qui réinsère les personnes en difficulté en sélectionnant des fruits et légumes hors circuit. Un collectif d’artistes Graffart œuvre sur les façades de l’établissement. Les clients peuvent également participer à des animations avec des associations locales pour découvrir le quartier et se sensibiliser à l’inclusion et à la protection de l’environnement. La sobriété et la circularité sont mises en avant. L’hôtel avait pour objectif de réduire son impact environnemental
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    Urbanisme

    TROYES, entre Vitrail et Bricorama

    Par Anne-Marie Fèvre, le 27 avril 2023
    La ville champenoise, longtemps endormie entre ses joyaux médiévaux et ses périphéries marchandes, se réveille avec l’inauguration de l’ESTP, grande école des travaux publics, et sa lumineuse Cité du vitrail. Quand on arrive à Troyes, ouf, le quartier de la gare est enfin en travaux ! Devraient surgir là vers 2023 un complexe immobilier avec un hôtel quatre étoiles, une résidence pour seniors, une autre destinée aux étudiants, des commerces… Car, pendant plus de dix ans, cette place a été tristement à l’abandon, des herbes folles poussaient sans gêne dans l’ex-brasserie Barboussat jadis si populaire. En plus, le TER qui relie Paris à Troyes est souvent imprévisible, ou supprimé. Ce n’est pas une bonne réclame pour la ville ! Des préaménagements de cet « îlot gare », futur « pôle d’échange multimodal », l’ont un peu amélioré. Un petit jardin-promenade plaisant, où l’eau court, avec de vrais bancs, de vrais arbres, entraîne mieux vers le centre de cette belle médiévale. Elle si vivante jadis, qui a longtemps été sacrée Capitale de la province et Comté de Champagne à partir de 1418, puis « reine de la maille » vers 1820, est une rescapée. Il a bien fallu la faire revivre, cette princesse ouvrière textile, quand elle est tombée en déclin dans les années soixante-dix. 25 000 ouvriers, surtout des ouvrières, travaillaient dans cette filière qui n’en compte aujourd’hui plus que 3 000, entraînant dans sa chute la métallurgie liée au textile. Entre chômage, usines ancestrales vides, elle a vécu une vertigineuse perte d’identité. Troyes s’est reconvertie en partie vers le commerce pour devenir la capitale européenne des centres de marques, exilés dans ses banlieues. Des usines ont été réhabilitées en logements telle Mauchauffée, rue Bégand. Le roi de la culotte Petit Bateau (groupe Rocher) a résisté, prône le bio et la vente en seconde main pour « changer demain ». Plus récemment, le tricoteur Bugis, France Teinture, les chaussettes Tismail se sont réimplantés. Les voici menacés par la hausse des prix de l’électricité et du gaz1. De cette crise profonde du textile, subsistent encore des abcès urbains. Jules-Guesde et Les Sénardes figurent parmi les 20 quartiers les plus déshérités de France, selon le dernier rapport de l’Observatoire des inégalités2. Une Vague à Rosières Mais ces derniers mois, il y a du réveil à Troyes, de ses rues pavées à ses confins. La ville – qui n’était guère universitaire – continue à rebondir avec l’enseignement supérieur. À Rosières, ancien village grignoté au sud par Troyes, dont la population augmente, a jailli une nouvelle pierre à ce développement universitaire : l’École spéciale des travaux publics du bâtiment et de l’industrie (l’ESTP), qui compte 330 étudiants. Cet équipement blanc, en forme de vague, percute ! « Cette vague, explique l’architecte Jean-Pierre Lott, un repère fort pour l’arrivée sur le campus, est aussi une prouesse. Tout le bâtiment se doit d’être un modèle d’architecture et d’ingénierie pour ces étudiants formés à l’excellence des travaux publics. » C’est un vaste hall blanc qui accueille et ouvre sur un atrium de 540 m2. Autour sont organisés 5 pôles : enseignement (sur trois niveaux), recherche, administration,
    Les Ateliers Gaité
    Urbanisme

    Les Ateliers Gaîté, De nouveaux poumons pour Paris 14e

    Par Nat Lecuppre, le 5 juillet 2023
    Avec le projet des Ateliers Gaîté, c’est tout le quartier de Montparnasse dans le 14e arrondissement de Paris, mais aussi la capitale, qui se réinvente. Nouvelle destination urbaine Le projet, à l’initiative de URW (Unibail-Rodamco-Westfield) avec la collaboration de la Mairie de Paris et du cabinet d’architecture MVRDV, est pensé dans une logique de « ville du quart d’heure » où de multiples fonctions sont proposées en une seule adresse (se loger, travailler, faire du shopping, se divertir et se rencontrer, entre autres). Construit dans les années soixante- soixante-dix, avec une configuration de dalle, le centre commercial Gaîté Montparnasse était devenu désuet et inadapté à la vie citadine. Telle une verrue de la capitale, les Parisiens l’ignoraient. Il était donc plus qu’urgent de le réhabiliter et de répondre aux attentes d’aujourd’hui. Les Ateliers Gaîté sont une destination urbaine mixte. On y trouve des logements, des bureaux, des commerces, un « food hall », un hôtel Pullman avec 957 chambres, une crèche, une bibliothèque et un centre de santé. Les lieux sont chaleureux et ouverts sur la ville. Le confort des piétons est pris en compte. L’espace public est réaménagé au niveau de la rue. Une requalification architecturale La réhabilitation est un exemple d’engagement durable de la ville de demain et incarne la stratégie « Better Places 2030 » d’URW. Cette réouverture est un point d’attraction indéniable dans la ville de Paris. Les Ateliers Gaîté vont redevenir une locomotive de quartier, un projet d’envergure cher au cœur du groupe URW. Toutes ces régénérations urbaines dessinent les villes de demain en performance environnementale, mixité d’usages, qualité de vie pour les résidents et les citoyens. Des lieux qui ne sont plus seulement des points de commerce mais surtout des places à vivre ensemble et durablement. Stratégie « Better Places 2030 » Better Places 2030 est le cheval de bataille de URW. Cette politique a pour objectif de réduire de 50 % l’empreinte carbone d’ici 2030. Mais elle a aussi pour ambition de créer des lieux conformes aux plus hauts standards environnementaux et de rendre les villes meilleures. Avec les Ateliers Gaîté, on constate une réduction de chauffage de 40 % alors qu’il y a une augmentation de 30 % de surface. Les bâtiments sont à haute performance énergétique et plus de 50 % de la chaleur émise par les commerces et les loisirs est récupérée pour chauffer l’hôtel Pullman Paris Montparnasse. Le bilan carbone de la construction est optimisé car la reconfiguration du site a conservé un maximum de structures préexistantes. Les logements ont été construits en structure bois. Du béton très bas carbone a été utilisé pour les escaliers de l’immeuble de coworking Wojo. Par rapport à un béton traditionnel, ce dernier permet de diviser par sept l’impact carbone. Une attention a été portée au design intérieur. Les architectes ont pensé à limiter l’utilisation des matériaux et pour cette raison, il n’y a pas de faux plafonds dans les commerces, le bois de la structure des logements est apparent dans les appartements, les sols sont bruts en béton ciré dans les boutiques et la

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