Architecture, l'esprit du lieu

Une belle vitrine pour l’économie circulaire

Par Nat Lecuppre, le 10 janvier 2025.
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Le groupe Tisserin est un acteur engagé de l’économie sociale et solidaire depuis 1908. Il s’adapte aux évolutions des territoires, des modes de vie et aux nouveaux enjeux de société. Il s’engage pour un immobilier juste et durable.

Le groupe est depuis 2022 une Entreprise à Mission. Ce « bâtisseur de vie » a choisi pour son nouveau siège social l’immeuble Shake à Lille. Ce dernier, situé dans le quartier d’affaires Euralille, est construit par Nacarat et signé par l’architecte Philippe Chiambaretta de PCA-STREAM. JLL et sa filiale Tétris ont accompagné le Groupe Tisserin pour la conception et l’aménagement intérieur.

La demande du groupe était de concevoir un siège social à son image, à savoir un site reprenant tout son ADN et ses valeurs. Il s’agissait donc de faire des bureaux un modèle immobilier vertueux et durable.

Un engagement fort.

Le Groupe Tisserin a retenu l’immeuble Shake qui est certifié Breeam Excellent. L’équipe Consulting de JLL a recueilli les besoins des collaborateurs et de la direction pour la définition de la programmation. Les 4 000 m2 du site se répartissent sur trois étages et accueillent 240 postes de travail.

Les équipes Tétris ont, elles, accompagné le Groupe sur le cadrage de ses ambitions et la vision du projet, qui a permis de développer un concept design fort, inspiré de l’oiseau tisserin réputé pour être un bâtisseur de nids. S’en sont suivis six mois de travaux pour aboutir à un aménagement qui intègre une démarche de réemploi.

Les évolutions futures d’effectifs et de méthodes de travail ont été prises en compte. L’anticipation, l’intégration, l’innovation, le bien-être des utilisateurs, les échanges, les rencontres, la stimulation collective sont les mots d’ordre. Les collaborateurs du Groupe Tisserin ont participé à la co-création de leurs espaces afin de mieux s’approprier les lieux. Tétris a créé des zones de collaboration. Ainsi les échanges et la transmission des informations entre collaborateurs sont encouragés.

Un projet vertueux et exemplaire.

Une attention particulière est portée aux choix des matériaux et du mobilier. L’environnement passe au premier plan. Une logique d’économie circulaire et d’upcycling est mise en place.

Pour les nouveaux espaces, plus de 2 000 m2 de moquette sont issus du réemploi. 2 000 m2 de sol vinyle sont fabriqués à moins de 30 min de Lille, permettant ainsi de réduire les émissions de CO2 liées au transport. 95 % des revêtements de sol qui ont été déposés ont été réemployés sur un des sites accueillant les Jeux Olympiques cet été, soit une économie estimée de 27 tonnes de nouvelles matières.

Le mobilier sur mesure (postes de travail et tables de réunion), imaginé par Tétris, est conçu à partir de matériaux recyclés et biosourcés. Soit 1 400 palettes transformées et 19 m3 de bois provenant de forêts gérées durablement. Seules les assises sont neuves Les tissus pour rideaux et certains luminaires ont été fabriqués en grande majorité à partir de déchets plastiques recyclés. Les peintures et isolants sont choisis selon leurs critères environnementaux. Les peintures sont certifiées Ecolabel et « produit biosourcé ». Leur taux d’émission carbone est dix fois moins élevé que ce qu’imposent les normes les plus strictes. Elles sont fabriquées avec plus de 80 % de composants d’origine naturelle et à partir d’une résine végétale biosourcée à 98 %.

Le parti pris du réemploi dans le projet a permis une économie estimée d’environ 76 tonnes de CO2.

Le bien-être au cœur du projet.

Le confort et la santé des collaborateurs sont un critère central dans la conception du nouveau siège social. Le concept design s’est décliné suivant trois axes : le développement des usages et des fonctionnalités, l’expérience utilisateur et créer une immersion dans une ambiance inspirée de la nature. Le lien avec la nature est renforcé par le choix des coloris (peinture verte olive et mobilier brun).

La végétation est omniprésente dans le concept. Le bois, les fibres végétales, les matières minérales soulignent une reconnexion avec la nature. La végétation ponctue les espaces. On a des plantes, des îlots et des murs végétaux qui rythment les lieux.

Le siège social incarne toute la philosophie du Groupe Tisserin. Il est une magnifique vitrine pour l’économie circulaire.

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    Groupe Tisserin

    612, rue de la Chaude Rivière

    59000 Lille

    Tél. : +33 (0)3 20 63 40 00

    www.groupe-tisserin.com

    Tétris

    100, esplanade du ­Général-de-Gaulle

    92400 Courbevoie

    Tél. : +33 (0)1 49 00 32 50

    et

    101, avenue Le Corbusier

    59800 Lille

    Tél. : +33 (0)3 20 17 93 14

    www.tetris-db.com

    JLL

    www.jll.com

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 58
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    Pousser sa créativité jusqu’à l’extrême

    Par Nat Lecuppre, le 8 octobre 2025
    Quand une approche artistique est associée à la technique dans un projet, on ne peut obtenir qu’un résultat bluffant voire exceptionnel, même lorsqu’il s’agit d’une rénovation de parties communes. L’agence AFODEA a été mandatée par le maître d’ouvrage CBRE-Générali pour la rénovation des parties communes de deux immeubles début 1900, à mi-chemin entre l’haussmannien et l’Art déco, situés au 24, rue Marcelline Desbordes-Valmore, dans le 16e arrondissement de Paris. AFODEA. Monica Fontana, diplômée de l’Institut Universitaire de Venise, a créé en 2001 son agence à Paris : Monica Fontana Architectes. L’agence devient AFODEA en 2012, lors de son association avec l’architecte Giulio Della Giustina. Les architectes ont un regard et des compétences complémentaires qui leur permettent de concevoir toutes sortes de projets (résidentiel, tertiaire, architecture d’intérieur, missions d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) ainsi que des diagnostics Techniques Globaux (DTG). À chaque projet, les architectes imaginent une architecture contextuelle et durable qui prend en compte les usages et son intégration dans son environnement et paysage urbain. La signature de l’agence se retrouve dans l’attention portée à l’esthétisme, la qualité des espaces et au confort des utilisateurs. Le projet Valmore. Les architectes devaient rénover quatre cages d’escalier dotées de vitraux, traces d’un passé historique et culturel précieux. Il s’agissait de sublimer ces éléments. Ils ont pris le parti de jouer avec les contrastes et d’avoir une approche chromatique audacieuse. Le fil conducteur du projet a été les dessins et la couleur des vitraux. Pour une harmonie totale, une mise en scène des détails est imaginée. Les teintes retenues sont choisies avec subtilité et les formes graphiques, ont inspiré le dessin du tapis. Le motif se déploie tel un fil conducteur, invitant à gravir les étages, pas à pas. Dynamiser les lieux avec la couleur. Pour valoriser les cages d’escalier qui bien souvent passent en second plan et sont sombres, AFODEA opte pour la couleur. L’agence choisit le jaune or pour illuminer les espaces et faire écho à la lumière filtrée par les vitraux. Les moindres détails sont mis en valeur (matériaux, finitions, éclairage). Le projet redonne une identité forte aux lieux et les solidarise en leur attribuant une cohérence. Afin d’illuminer plus encore les lieux, des LEDS sont intégrées le long de la rampe. Elles prolongent le doré des vitraux jusqu’à la cage d’ascenseur qui est également habillée d’or. Les architectes ont souhaité réduire l’effet de quadrillage des vitraux. Pour cela, la trame principale du vitrail est pensée dans la continuité des lignes de plomb secondaires. Cette fusion volontaire renforce l’harmonie graphique de l’ensemble et procure une écriture fluide au projet. Une plaque de plexiglass fixée en partie basse des vitraux assure leur protection. Des touches de bordeaux qui ponctuent les lieux (inserts dans les tapis et sur les portes) viennent magnifier les ocres et les jaunes. Tout se conjugue avec harmonie. Les coloris bordeaux et doré procurent une ambiance élégante, chaleureuse et intemporelle aux espaces. Les cages d’escalier de service devaient dialoguer avec les cages principales. Pour celles-ci, le bleu roi est retenu. La couleur se marie avec le doré tout en leur donnant une identité propre. Pensées comme
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    Urbanisme

    Beaumont, le maire, les architectes et les locataires

    Par Anne-Marie Fèvre, le 1 décembre 2023
    Sous les châtaigniers ardéchois ont poussé six Bogues, des logements sociaux. Écologie, autoconstruction, chantier participatif ont nourri cette démarche rurale pionnière entre élus, Nouveaux commanditaires, l’atelier Construire et les habitants. « En mai 1968, nous n’avions pas réussi à changer le monde. Alors, j’ai eu envie de créer mon petit monde à moi. » C’est ainsi qu’en 1974, Pascal Waldschmidt, polytechnicien né en 1949, quitte la ville pour s’installer à Beaumont et ses quatre hameaux : Le Blat, Sarrabasche, Issac et La Roche. Situé sur l’une des pentes du coteau cévenol de l’Ardèche du sud, ce cul-de-sac, déserté et en ruines, ne comptait plus que 162 habitants. L’ancien citadin vit là en communauté, ils retapent de vieilles maisons, s’orientent vers l’agriculture : élevage de chèvres, de cochons, et récolte de châtaignes… Mais la petite bande explose. Lui reste, avec sa femme, tout à son cocon rural. Le couple a des enfants, il va s’investir dans la vie locale pour l’école, lui devient conseiller municipal, puis maire de 2001 à 2020. Édile actif et implanté, il est à l’origine, avec le conseil municipal, de la construction de logements sociaux dans son village. Alors qu’une vie locale se ranime peu à peu à Beaumont, le déclin de l’agriculture et le vieillissement de la population ne permettent pas d’attirer de jeunes actifs. « Les jeunes n’avaient pas les moyens d’habiter là, explique Pascal Waldschmidt, la moitié des résidences sont secondaires, très chères, il n’y a pas de locatif privé. On a transformé trois ruines en logements, mais cela nous est revenu plus cher que du neuf. On a alors imaginé construire du neuf. On a acheté un terrain, une ancienne châtaigneraie à Blat, et on a élaboré un PLU ». Mais avec qui construire ? Il y a beaucoup d’heureux hasards à Beaumont, lieu de passage l’été. Les élus rencontrent une médiatrice des Nouveaux commanditaires de la Fondation de France (1), Valérie Cudel. Elle va accompagner ces apprentis maîtres d’ouvrage pour passer commande d’une œuvre d’art, ici un projet d’architecture. Après avoir exploré diverses pistes, ils se tournent vers l’atelier parisien Construire. Une première rencontre, fructueuse, a lieu avec Patrick Bouchain en 2008. Autour de Construire ensemble (2), ils se comprennent à merveille. Ils optent pour la conception de huit habitations. Le chantier sera aussi suivi par les architectes Loïc Julienne et Sébastien Eymard. Une banque d’eau C’est un système qui s’inspire des civilisations anciennes, dont les Perses. Il a fait ses preuves à Madagascar, grâce à Thierry Labrosse, un entrepreneur franco-malgache spécialiste de la dépollution d’eau. Il a inventé le REEPS, un réservoir d’eau enterré rempli de sable. Ce processus a vite intéressé Pascal Waldschmidt pour Beaumont. « Car on est juste en eau, explique-t-il, il y a 260 habitants, mais 1 200 en été. Et on n’a pas le droit de capter l’eau les sources ». La commune s’est lancée, la première en France, et a implanté l’été dernier cette « nappe phréatique artificielle » près du col des Cayres. L’eau de source est stockée et enterrée dans une bâche hermétique, le sable a été
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    Architecture, l'esprit du lieu

    ReJinération à Paris Rive Gauche

    Par Nat Lecuppre, le 23 mars 2026
    À l’initiative de PIMCO Prime Real Estate, investisseur et gestionnaire immobilier, l’immeuble de bureaux situé au 22-34 avenue Pierre-Mendès-France, dans le 13e arrondissement de Paris, est réhabilité. La restructuration de cet immeuble, construit en 2006, a pour objectif d’en faire un site d’espaces de travail innovant, durable et convivial voire collaboratif. Pour ce projet, PIMCO fait appel à l’agence d’architecture SK & Associés. L’immeuble Jin fait référence au caractère japonais du même nom qui est synonyme de bienveillance. Jin incarne les ambitions de PIMCO, à savoir de recevoir et d’accompagner les usagers et les visiteurs. Jin est un social club qui place chaque utilisateur au cœur du projet pour une expérience « bienveillante », confortable, flexible et conviviale. Jin incarne la mutation urbaine intelligente où le bâti se développe en fonction du bien-être et de son environnement. Le projet . Les 26 000 m2 du site comprennent des bureaux et des commerces en pied d’immeuble. Jin est constitué de 11 niveaux avec un socle serviciel et deux niveaux de parking en sous-sol. Les travaux ont débuté en 2024. L’atrium central est la colonne vertébrale du bâtiment. Tout est conçu pour valoriser l’expérience des utilisateurs. Le parti pris architectural prend en compte des usages actuels et de demain. Les architectes ont imaginé des formes organiques pour appuyer la fluidité des espaces. Les circulations sont douces et les escaliers sculpturaux relient les trois espaces serviciels (RDC 1, 2 et 3). À savoir, un hall d’accueil et des espaces de bureaux privatifs, un work café avec terrasse extérieure et des espaces de travail ainsi qu’un espace de restauration avec salon et foyer, un auditorium, des espaces business center, une salle de sport et un local à vélos. L’atrium est le cœur battant du site où l’on se retrouve et qui relie les différents espaces. Les aménagements sont pensés pour favoriser les interactions entre les usagers et pour relier naturellement l’intérieur et l’extérieur. Aux étages, les plateaux sont spacieux, ouverts et baignés de lumière naturelle. Objectif : excellence architecturale. Pour ce projet, le respect du patrimoine bâti est mis en exergue. La structure existante est préservée, les architectes optent pour le réemploi intelligent des matériaux. Les ambitions pour cet ensemble immobilier visent de nombreuses certifications et labellisations environnementales : BBCA Rénovation (Bâtiment Bas Carbone), HQE Bâtiment Durable Niveau Excellent, BREEAM International Niveau Very Good, Osmoz (bien-être au travail), Smart Score Gold et R2S 2étoiles (connectivité et services numériques avancés). Jin est un projet qui incarne l’environnement de travail innovant, durable et propice à la réussite collective. Il sera livré au premier trimestre 2026.

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