Architecture, l'esprit du lieu

À Noirmoutier, l’hôtel Punta Lara entame sa mue

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Par Sipane Hoh, le 30 janvier 2026.
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© Romain Chambodut

Après une rénovation intégrale et une importante mise aux normes, l’hôtel Punta Lara et son restaurant l’Atlantide ont rouvert au public. L’ensemble, réhabilité avec habileté, porte la signature de l’agence nantaise d’architecture et de design Bureau Gimbert Comy.

L’agence d’architecture et de design Bureau Gimbert Comy, établie à Nantes et à La Beaule, a été fondée par Lionel Bureau qui avait conçu, en 1975, les 60 chambres du fameux hôtel Punta Lara de Noirmoutier. Cette année, l’agence vient de terminer la réhabilitation de cet équipement hôtelier en harmonie avec l’esprit du lieu et la philosophie de l’époque. Située entr e océan Atlantique, marais salants et forêts de pins maritimes, l’île de Noirmoutier offre un environnement privilégié.

C’est au cœur du bois des Éloux, un site classé qui se situe entre L’Épine et La Guérinière, que prend place l’hôtel Punta Lara, un établissement qui s’inscrit dans cette nouvelle tendance d’hôtels lifestyle, entre village de vacances balnéaire et boutique-hôtel nature et design. Tout en menant un fin travail de réhabilitation sur les bâtiments existants, David Comy a préservé l’architecture de l’hôtel. L’ensemble a été remis aux normes actuelles de confort, d’hygiène et de sécurité. L’opération consistait à réhabiliter les 60 chambres de l’établissement et son parc, notamment son tennis, son jardin, son parking, mais aussi le restaurant, les salons, les bars, la réception et la piscine. Les travaux ont inclus la réfection des toitures ainsi que l’accès à l’hôtel pour les personnes à mobilité réduite. L’intervention a nécessité une grande connaissance des lieux mais aussi une capacité d’adaptation pour révéler l’existant et y adjoindre des nouveautés. En somme, redonner ses lettres de noblesse à un établissement vieillissant mais toujours attractif.

Ainsi, en s’inspirant de l’esprit du lieu, les architectes ont imaginé pour l’hôtel un caractère qui sent bien la fraîcheur et la convivialité.

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    Architecture & design Bureau Gimbert Comy

    2, rue Cacault
44000 Nantes
Tél. : +33 (0)2 40 48 51 67

    www.bgc-archi.com

    3, boulevard René-Dubois

    44500 La Baule

    Tél. : +33 (0)2 40 53 56 73

    Hôtel Punta Lara

    4, rue de la Noure

    85680 Noirmoutier — La Guérinière

    Tél. : +33 (0)2 51 39 11 58

    www.hotelpuntalara.com

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 62
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    Architecture un lieu

    Pierre Guariche, en avant Seine

    Par Lionel Blaisse, le 17 juillet 2024
    Bien réjouissante galerie ouverte par Jean-Marc Villiers au 8, rue des Barres, ravissante traverse piétonne de 130 mètres linéaires reliant le pont Louis-Philippe à la mairie du IVe en contrebas de l’abside de l’église Saint-Gervais. Sous les auspices de Pierre Guariche. À l’occasion de la parution de la monographie de Pierre Guariche aux Éditions Norma, NDA 1 avait rencontré l’architecte Jean-Marc Villiers, « fils spirituel » de ce grand designer-architecte d’intérieur, véritable « éclaireur » français de la modernité des années 1950 à 1970, disparu en 1995. Camarade d’enfance de ses deux garçons, il s’est très tôt intéressé au travail de leur père, proche ami de ses parents ; c’est ainsi qu’il décide d’entreprendre des études d’architecture à l’école Saint-Luc de Tournai (en Belgique) où enseigne alors son mentor, qui y sera son directeur de diplôme. Puis il étudie l’urbanisme à l’ENPC et le design aux Arts décoratifs. C’est à l’âge de 22 ans qu’il s’achète, avec son premier salaire, une Wassily Chair de Marcel Breuer chez Habitat, première pièce de sa très éclectique collection de mobiliers, luminaires et objets des fifties aux eighties. Il ouvre CITTI – sa propre agence d’architecture et d’architecture intérieure – en 1997, qu’il dirige avec succès jusqu’à sa revente 22 ans plus tard. Dès 1998, il s’attache avec Françoise Guariche et ses deux enfants, Hervé et Sylvain, à préserver et faire perdurer l’œuvre de leur époux et père, à commencer par ses archives. En 2012, ils créent tous les quatre les Éditions Pierre Guariche, que rejoindra en 2015 Julie Benabdou Guariche, sa petite fille devenue à son tour architecte d’intérieur. Des rééditions de certains meubles voient ainsi le jour chez Maisons du Monde (2012) et de luminaires chez Sammode (2020). D’autres projets sont en cours. Du collectionneur à l’anti­quaire. Aspirant à concrétiser enfin son rêve de devenir antiquaire, l’architecte-collectionneur vient d’ouvrir une galerie de design avant tout dédiée à la production des Trente Glorieuses. En reprenant une galerie de la rue des Barres qu’il a fréquentée deux décennies durant, il projette non seulement d’y exposer à la vente « la collection Jean-Marc Villiers » mais aussi d’y associer Les Éditions Pierre Guariche pour en commercialiser pièces vintage et rééditions. Celles-ci pourront ainsi côtoyer des luminaires de Gino Sarfatti ou Tito Agnoli ou d’éditeurs français (Disderot, Robert Caillat…) ou internationaux (Stilnovo, Napako, Philips…) ou encore quelques meubles de Mathieu Matégot ou de Marcel Gascoin. Un téléviseur Téléavia PA 441 designé en 1963 par Roger Tallon diffuse des photos d’architectures d’intérieur de Pierre Guariche, dont la galerie porte le nom ! Afin de parfaire la culture de sa clientèle, un coin librairie propose quelques ouvrages de référence publiés par les Éditions Norma. Son souci de faire partager au plus grand nombre ses passions l’a amené à présenter deux artistes contemporains : la sculptrice Elsa Baratter et le graveur Jérôme Bouchard. Une adresse à ne surtout pas barrer de votre répertoire ! Dans son numéro 49
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Lodges bien « charpentus » Dans le Piémont

    Par Lionel Blaisse, le 3 janvier 2024
    Le Little Leisure Lodge comprend quatre huttes subtilement implantées dans la pente d’une col­line embrassant les vignobles d’Asti. Leur architecture intégra­lement menuisée est signée Marco Lavit. Prônant l’éco-construction et la préfabrication bois depuis la création en 2014 de son agence parisienne, le jeune architecte designer franco-italien s’est beaucoup impliqué dans l’éco-tourisme en milieux naturels : tree-house avec spa dans la forêt du Château de Raray dans l’Oise, cabanes sur pilotis au bord du lac de la Lionne non loin de Châteauneuf-du-Pape et aujourd’hui huttes dans le Piémont. Archétype primitif revisité Particulièrement sensibilisé aux qualités environnementales et naturalistes des paysages agricole et viticole, Marco Lavit se veut respectueux des territoires et de leurs terroirs qui – en arrière-plan – révèlent la richesse historique et culturelle des (mi)lieux ruraux. L’implantation de quatre lodges – trois d’hébergement, le quatrième dédié à l’accueil mutualisé des hôtes – sur un coteau presque isolé de la commune de Grazzano Badoglio se devait de valoriser son environnement paysager. Pour ce faire, le concepteur a revisité un ancestral habitat vernaculaire, la hutte bâtie à partir de troncs d’arbres et de branchages. Indépendantes tout en restant interconnectées, ses quatre unités investissent la pente non loin de la crête à la façon d’un hameau faisant discrètement corps avec le grand paysage. Ce dialogue s’inspire du shakkei, le « paysage emprunté » du jardin zen japonais dont la dimension souvent modeste se dilate en s’ouvrant au lointain. Du bois, sinon presque rien Chaque hutte préfabriquée semble se résumer à une toiture à deux pentes reposant sur une série de fermes rapprochées équidistantes, en mélèze huilé, dont les arbalétriers ont été dédoublés pour moiser les poutres du plancher tout en contreventant l’ensemble de la charpente. Son ossature asymétrique lui permet de s’adapter aux nivellements différentiels tout en préservant l’intégrité du biotope. Les liteaux en couverture ménagent un intime brise-soleil pour la terrasse dans le parquet duquel est enchâssé un bain nordique. Un complexe isolant constitue le rampant d’un généreux habitacle (5,50 m au faîtage) au mobilier menuisé. Un savant jeu de claustras met les salles de bains à l’abri des regards indiscrets tandis que d’immenses voilages floutent – presque religieusement – les séjours. Un bien beau retour vers le futur !

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