Urbanisme

L’ambitieuse réalisation de l’Atelier Téqui

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Par Sipane Hoh, le 4 décembre 2023.
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Dans un environnement périurbain, situé en bordure de plusieurs communes à Saint-Laurent-Blangy, l’Atelier Téqui Architectes a réalisé le pôle de Recherche & Développement agronomique et agroalimentaire du Grand Arras. Compte tenu du sujet, les architectes ont opté pour une structure bois, une matière peu utilisée dans ce genre d’intervention.

Pour répondre aux diverses exigences des chercheurs et être conforme aux normes actuelles, le Laboratoire d’analyses des sols (LAS) qui se trouvait déjà au sein des locaux artois de l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) nécessitait une rénovation lourde. Suite aux différentes discussions avec les acteurs locaux, un projet de construction neuf a été décidé. Une nouvelle bâtisse qui permet de rassembler, sur un même site, les moyens du LAS et de l’Unité mixte de recherche (UMT) de l’Université d’Artois et de donner une meilleure visibilité à la recherche agronomique. Prenant place sur l’ancien parking du Marché aux bestiaux, le projet, constitué d’un volume principal en ossature et bardage bois, jouxte une autre entité en béton matricé. Cette dernière, plus haute, fait figure de proue et contient dans sa partie supérieure les installations techniques des deux bâtisses. Quant aux fluides spéciaux, ils sont contenus dans un profilé métallique qui ceinture horizontalement le bâtiment. Louis Téqui, le fondateur de l’Atelier Téqui, nous explique qu’au départ les chercheurs étaient sceptiques vis-à-vis de l’utilisation de la structure bois concernant les laboratoires. Mais l’agence avait déjà à son actif un projet similaire qui a séduit l’assistance. De même, l’expérience comptant, l’ensemble des éléments, qu’il s’agisse de murs en ossature bois ou de voiles en béton matricé, ont été préfabriqués en usine avant d’être acheminés et assemblés sur place. Afin de faciliter la maintenance et d’affirmer le caractère technique du projet, les architectes ont opté pour des réseaux visibles.

Une réalisation exemplaire

La réalisation est exemplaire et tandis que le béton apporte une grande pérennité à l’ensemble, le bois répond aux normes écologiques. La complexité du programme a été maîtrisée grâce au savoir-faire des architectes qui ont considéré le bâtiment comme un outil de travail.

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    Immersion totale en Colombie

    Par Nat Lecuppre, le 26 février 2025
    L’agence d’architecture Archipelles vous transporte en Colombie avec Bazurto, un restaurant colombien à Paris. Pour son concept architectural, Hélène Paoli, fondatrice de l’agence Archipelles, s’est inspirée d’un lieu mythique de Carthagène, le Bazurto, appelé par le chef Juan Arbelaez « El Mercado Loco », un marché populaire et complètement « fou » qui réunit toutes sortes de produits, d’odeurs et de musiques. Comme le marché, le restaurant présente cette ambiance festive et animée. La musique se marie à la cuisine, la danse, les fruits et légumes colorés, et incarne la personnalité pleine de vie du chef. Les lieux se répartissent sur deux niveaux. Au rez-de-chaussée, on se retrouve au cœur de la vieille ville où l’on mange sur le pouce et prend un cocktail au bar dans un cadre jovial et carnavalesque. À l’étage, on prend place autour d’une table en marbre rouge pour savourer une cuisine expérientielle au feu de bois. L’ambiance est chaleureuse et prend des airs d’hacienda. Fête et vins d’exception célèbrent la gastronomie colombienne. Pour la décoration intérieure, l’architecte a pris le parti de mettre la Colombie et ses traditions au cœur du projet. Le mobilier est créé en fil de scoubidou, les murs sont de couleur ocre et les tomettes en terre cuite. Un ciel de pompons colorés rappelle le pays et ses teintes chatoyantes. Geste caritatif sous l’égide d’Artefaktos, qui promeut l’artisanat et l’art colombien en France : chacun de ces pompons, fabriqués par la communauté colombienne de Paris, permet de reverser une somme à une association. Une fresque de l’artiste colombienne Alexandra Arango anime les lieux. Les murs sont signés de l’équipe de Caroline Perrin AC Matiers. Une attention particulière est portée à la lumière afin de créer différentes ambiances selon les heures de la journée. Le soir, au rez-de-chaussée, l’ambiance est à la fête. À l’étage, l’atmosphère est davantage celle d’un hôtel particulier du centre de Carthagène. On trouve au sol un damier vert et crème, de la fibre de bananier aux murs, des plantes et des tissus colorés… L’espace est chaleureux et élégant. Face à la cuisine, le chef Juan Arbelaez accueille à sa table les passionnés culinaires. Il leur propose une immersion sensorielle dans « son antre ». On découvre même ses souvenirs au travers de photos et de bibelots. Au Bazurto, le dépaysement est assuré. Adresse à retenir pour une belle soirée festive en perspective !
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    Salvatori quelque chose d’Italie à New York

    Par Sipane Hoh, le 5 août 2024
    À New York, Salvatori, la fameuse entreprise italienne de design dont le siège est situé à quelques kilomètres au sud des carrières de marbre de Carrare, a ouvert son nouveau flagship store. Dans le centre de Big Apple, l’ensemble signé Yabu Pushelberg respire le savoir-faire italien. « La décision d’inaugurer notre premier showroom américain à New York est tout autant une décision commerciale qu’un geste émotionnel », déclare Gabriele Salvatori, le CEO de Salvatori. Réputée pour ses produits à la fois innovants et élégants, l’entreprise familiale fondée en 1946, spécialisée dans la pierre naturelle et réputée pour ses textures sublimes pour les murs, ses sols et ses accessoires pour la maison, a annoncé l’ouverture de son premier flagship avec showroom en Amérique du Nord. Il s’agit d’une fructueuse collaboration avec l’agence Yabu Pushelberg (George Yabu et Glenn Pushelberg) qui a donné naissance à un espace sur mesure créé avec une grande adresse. Le nouveau showroom présente à la clientèle américaine son concept « Total Look » avec un design basé sur des surfaces texturées innovantes, des salles de bains aux formes sculpturales et des éléments de décoration intérieure contemporains, tous fabriqués à partir de pierre naturelle italienne et mettant en avant une unique façon de faire. Situé au 102 Wooster Street, à SoHo, dans le quartier branché où boutiques de créateurs, grandes enseignes huppées et galeries d’art se croisent, le nouveau showroom sert de siège à l’équipe Salvatori basée aux États-Unis, offrant ainsi à ses clients et aux designers un accès privilégié aux créations et aux divers services de la marque. Rappelons qu’après Milan et Londres, le showroom de New York, doté d’une superficie de 600 m² et développé sur deux niveaux, constitue le troisième espace autonome au niveau mondial de Salvatori. L’ensemble, agencé et manié avec tact par l’agence Yabu Pushelberg, présente des modules mettant en valeur la vaste collection de matériaux de luxe et de décoration intérieure Salvatori comme, par exemple, des finitions pour les murs et les sols, des sièges, des luminaires, des meubles d’extérieur et divers accessoires de maison. La plupart des collections exposées sont le fruit de partenariats avec des designers ou architectes mondialement reconnus, tels que Stephen Burks, Kengo Kuma, Piero Lissoni, Luca Nichetto, Elisa Ossino, John Pawson, Yabu Pushelberg et Patricia Urquiola. Des griffes internationales aux œuvres singulières qui suscitent l’envie. Située à l’entrée de la salle d’exposition, la boutique, lieu de destination pour acheter des articles de décoration et des accessoires à offrir. Un petit coup de cœur pour l’appartamento Salvatori, qui prend place au rez-de-chaussée du showroom et comprend une cuisine en marbre entièrement opérationnelle, destinée à favoriser les rencontres et les programmes pour la marque et ses partenaires. Entre Milan et SoHo, il n’y a qu’un pas. Pour un projet exceptionnel, des designers exceptionnels. C’est pourquoi le choix de Salvatori s’est porté sur l’agence Yabu Pushelberg. Établie à New York et à Toronto, elle emploie une centaine de créatifs et de professionnels et réalise une multitude de concepts allant toujours au-delà du simple aspect des choses et s’intéressant au ressenti des utilisateurs. À New York, George Yabu et
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    La Tour d’Argent regarde vers le futur

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    Bien plus qu’un bâtiment emblématique, il s’agit d’une institution qui a participé au rayon­nement du raffinement et de la gastronomie française dans le monde. Métamorphoser l’intérieur d’un tel totem sans changer l’âme des lieux est une gageure relevée avec brio par l’architecte Franklin Azzi, qui a été épaulé par de talentueux artisans. Une nouvelle époque s’ouvre à La Tour d’Argent. La dernière transformation date de 1936. Depuis sa fondation en 1586, l’établissement n’avait pas connu pareil chamboulement. Et pourtant, après un peu plus d’un an de travaux, La Tour d’Argent arbore avec fierté ses beaux atours, qui croisent avec une grande délicatesse tradition et création. Néanmoins, l’élégance reste le maître mot d’une architecture qui a traversé les années et qui s’apprête aujourd’hui à écrire une nouvelle histoire tout en perpétuant un savoir-faire recherché dont elle est la légataire. Pour cette transformation titanesque, il fallait un bâtisseur rompu à ce genre d’exercice, le choix de Franklin Azzi n’était pas anodin, il s’agit d’un architecte reconnu pour ses réhabilitations de différentes typologies réalisées en France et à l’international. Mais ce n’était pas tout, pour accomplir cette tâche complexe qui consistait à repenser l’intérieur, transformer les divers espaces et remettre l’entièreté du bâtiment aux normes actuelles, il a fallu mobiliser dix-sept entreprises et des centaines d’artisans issus de plusieurs corps de métiers. Soulignons que les entreprises françaises ont été sollicitées en priorité. L’ampleur du chantier et la diversité des interventions nécessaires ont représenté un défi de taille, relevé grâce à la coordination efficace des équipes, leur engagement constant et la vision globale de Franklin Azzi. L’architecte a travaillé en étroite collaboration avec André Terrail, directeur de la Tour d’Argent, et ses équipes pour saisir l’ADN de l’établissement et préserver son essence tout en lui insufflant une écriture contemporaine. Le résultat est un subtil dialogue entre le passé et le présent, l’univers traditionnel et le monde actuel, les spécificités et empreintes qui ont fait la renommée de l’établissement et les petites touches actuelles marqueurs d’avenir. Au 15, quai de la Tournelle, le visiteur entame à chaque étage un voyage à part entière. Commençons par le vestibule et son lustre majestueux qui interpelle avec ses lignes contemporaines faisant un joli clin d’œil à la tradition. Il s’agit d’un objet imaginé entièrement par Franklin Azzi, crocheté à six anneaux d’acier chromé et composé de 277 pampilles de verre éclairées au néon, un ensemble entre style Art déco et esprit industriel dont les fils électriques ­apparents garantissent un formidable panachage de genres. Les murs de cette entrée remarquable sont ornés d’un tableau en marqueterie de paille signé de la peintre et sculptrice Pauline Guerrier faisant écho à l’ambiance boisée du Bar des Maillets d’Argent. C’est dans celui-ci que le visiteur peut déguster les plus prestigieuses bouteilles de la cave. C’est un espace raffiné dont les boiseries en chêne et les fauteuils verts ainsi que le comptoir long fabriqué sur mesure rappellent les bars anglais. Il s’agit d’un clin d’œil à Claude Terrail, père de l’actuel propriétaire, André Terrail, passionné de polo qui fut l’heureux vainqueur avec son équipe de quatre Opens de Paris. Quant

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