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LAN Architecture à Rennes, la création d’un symbole

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Par Sipane Hoh, le 3 juillet 2024.
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© Schnepp Renou

LAN Architecture (Local Architecture Network) possède un panel large de réalisations qui ne se ressemblent pas mais dont chacune d’elles explore une pensée à part entière. À Rennes, Benoît Jallon et Umberto Napolitano ont engendré un projet où la forme dépasse allègrement la fonction.

À Rennes, au sein d’un territoire en mutation, dans la ZAC Baud-Chardonnet, situé le long de l’axe François-Château, un projet signé LAN Architecture fait sensation. L’ensemble, qui se caractérise par son minimalisme formel, constitue la première pièce d’une fraction de ville et endosse le rôle de parangon pour la série d’édifices qui vont le suivre. « Le projet devait se positionner dans un territoire en développement et assurer une transition avec le quartier en devenir », souligne Umberto Napolitano, l’un des deux fondateurs de LAN Architecture. Que ce soit par sa taille ou par sa forme, cette réalisation remarquable souffle le renouveau et impacte désormais la vie future du quartier. Pourtant, rien n’a été facile. Le projet est complexe, il se compose de deux programmes qui cœxistent au sein d’une même enveloppe où chaque groupement est connecté par un noyau de circulation vertical interne avec ses propres commodités. Le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), à caractère administratif, côtoie le Centre d’incendie et de secours (CIS) dans un ensemble en forme de T qui a permis d’optimiser les circulations des usagers au sein du bâtiment et d’optimiser leurs temps de trajet. Pour satisfaire le fonctionnement du programme, les architectes ont opté pour une façade commune à tous les espaces qui constituerait, selon eux, l’alternative la plus efficace. Ce n’est pas la première fois que LAN Architecture explore les champs du possible et érige une façade abstraite, bien au contraire, il s’agit pour les architectes d’une constante qui constitue l’une des griffes de l’agence, celle où la configuration d’un projet se cache derrière un monolithisme assumé. « Comprendre l’espace pour réinventer l’espace » étant l’un des principes de LAN Architecture, à Rennes, les architectes ont réinventé un modèle qui s’apparente à une façade non définie derrière laquelle cohabite un monde alambiqué.

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    Architecture un lieu

    Bon, brut, gourmand

    Par Nat Lecuppre, le 16 février 2024
    Après un premier magasin à Clichy, les deux amis boulangers-pâtissiers, Clem & Gwen, ouvrent leur deuxième boutique dans le quartier des Docks de Saint-Ouen-sur-Seine (93), à proximité de la Halle Gourmande qui sera inaugurée cet automne. Les deux jeunes entrepreneurs ont fait appel à Saguez & Partners pour le design global et l’aménagement de la boutique. Ils ne pouvaient pas choisir mieux pour concevoir leur nouvelle identité et réinventer leur marque. Rappelons que pour Olivier Saguez, président cette année du jury du prix Paris Shop & Design, les commerces de bouche sont des éléments fondamentaux dans la vie sociale. Ils sont des créateurs de lien. On s’y rencontre, on échange, on vient choisir un produit qui est mis en valeur dans son environnement. Le commerce de proximité est le supplément d’âme dans la vie quotidienne et urbaine. Yann Mignot, directeur de création associé Saguez & Partners, précise qu’il fallait un design marquant pour la boutique, à la hauteur de la qualité des produits et de leur modernité. Pour cela, les architectes designers ont imaginé un lieu mi-boutique, mi-caverne. Les 150 m2 se répartissent en deux espaces, une boutique et un laboratoire. Des matériaux bruts sont retenus. On a du chêne massif, de l’inox, des vitrines et un sol en béton. Un univers coloré Les lieux sont animés par un décor peint à la main par un peintre décorateur d’après une création de Marine Belkebir, graphiste illustratrice. Le design durable, incontournable chez Saguez & Partners, se retrouve avec un ensemble de mobilier dessiné sur mesure entièrement démontable et recyclable. Le bois se marie au bleu de l’océan et au pain brun. L’authenticité est renforcée par un branding XXL. Quand on entre chez Clem & Gwen, on s’y sent bien, c’est beau et ça sent bon. La gourmandise vous envahit et vous avez envie de tout croquer.
    Studio Briand & Berthereau — Jost Hôtel
    Talents

    Studio Briand & Berthereau, la qualité avant tout

    Par Sipane Hoh, le 17 janvier 2024
    Le Studio Briand & Berthereau, fondé en 2011 par Joran Briand et Arnaud Berthereau, est spécialisé dans le design d’espace, le design industriel et le design graphique. Le duo revendique une démarche créative frugale pour « faire le maximum avec le minimum ». Une constante que l’on trouve dans les diverses conceptions de différentes échelles que l’agence manie avec maîtrise. Ils sont huit à l’agence, comptant sur des profils d’architecte, architecte d’intérieur et designers. L’ambiance est décontractée mais productive et la qualité du projet est primordiale, peu importe son échelle. Le Studio Briand & Berthereau est une agence pluridisciplinaire qui est née un beau jour lorsque les chemins de Joran Briand et d’Arnaud Berthereau se sont croisés. Depuis, l’entente est parfaite, la structure grandit et diversifie ses services, le duo conçoit des objets, engendre des signalétiques et signe des intérieurs. Aujourd’hui, plusieurs projets d’hospitalité leur ont été confiés, les designers font tout leur possible pour apporter une réponse juste en concevant des espaces uniques et des pièces sur-mesure. Forts de leur expérience et conscients des possibilités qui leur sont offertes, le duo a ouvert une deuxième agence en Bretagne, non loin du large, dans des locaux où règne une grande frugalité. À la fois curieux, exigeants et regardant toujours loin, les deux designers ne cessent de créer, d’inventer, de proposer, bref, d’entreprendre. Le Jost Bordeaux, un clin d’œil pour l’univers musical Situé non loin de la gare TGV de Bordeaux Saint-Jean, dans un nouveau quartier en pleine ébullition, au sein d’un bâtiment neuf signé DATA, le Studio Briand & Berthereau vient de terminer l’architecture intérieure du Jost Hôtel. Il s’agit d’un projet complexe. En effet, le Jost Bordeaux, premier établissement de l’enseigne lifestyle développée par le Groupe Melt qui propose un nouveau concept hôtelier, a nécessité de la part de Briand & Berthereau beaucoup de recherches, une grande patience et de multiples créations d’espaces. Ce qui rend le projet intéressant, c’est la pluralité des propositions. Pas un étage comme un autre, des solutions multiples et des intérieurs de grande qualité, le tout complété par un cabaret, un restaurant et un rooftop. Le visiteur commence le voyage dans un lobby repensé tel un mur d’enceintes, puis découvre le restaurant au design chaleureux, fait une petite halte au besoin dans l’espace coworking aménagé ou se prélasse dans la piscine en rooftop avec vue sur Bordeaux. Conscient du potentiel du lieu, le Studio Briand & Berthereau s’est inspiré de l’univers de la musique qui a fait la renommée du quartier, pour proposer des éléments de déco issus de l’univers audio comme les tissus acoustiques, le bois perforé, les pièges à sons facettés. Tandis que le restaurant Solia propose une expérience immersive et gustative, le Lieu Chéri, qui dispose d’une entrée dédiée, se compose de deux espaces distincts. Le bar se distingue par ses alcôves acoustiques et ses banquettes alors que l’espace club propose une scène et des espaces salons. Les 98 chambres se déclinent en une quinzaine de catégories différentes. Entre les capsules chics, les dortoirs,
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    Urbanisme

    Fontvieille, faim de carrière

    Par Lionel Blaisse, le 9 février 2026
    Depuis 1998, Gilles Perraudin milite pour promouvoir les vertus de la pierre de taille. Son principal fournisseur, les carrières de Provence, lui a confié la maîtrise d’œuvre du pavillon d’accueil éphémère de son site de Fontvieille. Avec son fils et associé Jean-Manuel, Gilles Perraudin a érigé au bord d’une falaise artificielle un édifice minimaliste, voire primitif, démontable, se voulant tout à la fois un manifeste radical de l’art de bâtir en pierre et une métaphore poétique du lieu d’où elle est extraite. Retour vers le futur Exploitée souterrainement à partir de 1850, les carrières de Fontvieille le sont à ciel ouvert depuis 1950 en bonne partie pour approvisionner alors les chantiers de Marseille, d’Alger et du Point du Jour à Boulogne-Billancourt de Fernand Pouillon. Il se pourrait même que l’architecte y ait dessiné les deux modestes bâtiments de bureaux entre lesquels s’insère aujourd’hui le nouveau pavillon. Dès la crise pétrolière de 1973, Gilles Perraudin comprend qu’il faut anticiper la fin des énergies fossiles. Après avoir expérimenté avec son épouse Françoise-Hélène Jourda une version plutôt high-tech de l’architecture bioclimatique, il s’oriente vers une option plus naturelle de la construction durable (pierre, terre crue…). « D’aucuns me disent passéiste. Ils se trompent, je me sens au contraire en avance. J’ai compris que notre monde tend à devenir chaque jour plus virtuel à force de produire des images irréalistes. Nous avons besoin de retrouver la matière pour être au monde. Sa disparition, sous des déguisements qui nous laissent croire que nous nous en sommes affranchis, est responsable de la destruction de la planète. » Le Jardin d’Ève Parallélépipède rectangle quasi monacal, le pavillon revendique également une ascèse constructive : toiture en tôle métallique parcourue de failles vitrées longitudinales, charpente bois, parois constituées de blocs de pierre de 70 cm d’épaisseur posés sans mortier. Se superposant les unes aux autres par la seule vertu de l’équilibre, toutes ces pierres d’un seul et même module composent des figures auto-stables qui produisent un langage nouveau et intemporel et ménagent d’étranges meurtrières et baies. Juste sertis, les vitrages – clairs ou teintés – imprimés çà et là de mots évoquent inévitablement ceux vitraillant la chapelle Notre-Dame-du-Haut du Corbusier à Ronchamp ! Au sol, le dallage de pierre s’écarte pour laisser couler de l’eau, se soulève pour offrir des podiums, des assises ou encore des jardinières. La lumière des cathédrales, la pesanteur du roman, les effluves des jardins monastiques semblent avoir guidé les concepteurs. « Dans cet enclos, nous avons composé un jardin minéral, métaphore d’une carrière au sol tranché et parcouru par l’eau qu’accompagnent quelques sobres cactées. La lumière éclaboussée, le parfum minéral et le bruissement de l’eau nous transportent vers un lieu originel : celui d’un jardin du paradis. Là où se situe l’origine du monde, celui des enfants et de celle qui les engendra, Ève. En donnant la vie, nous mourons. Comme Ève Marre 1, cette jeune paysagiste qui perdit la vie en donnant son sang. » Des bassins franchis par des passerelles immaculées contribuent à la mise à distance de cet ouvrage atypique. Fille de l’ingénieur ayant collaboré avec Gilles Perraudin à la conception de l’École

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