Architecture, l'esprit du lieu

Cartier s’installe à SoHo

Par Nat Lecuppre, le 18 octobre 2024.
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C’est dans le quartier branché de SoHo à New York que la maison de haute joaillerie Cartier inaugure son nouvel espace de vente.

Les lieux se répartissent sur quatre étages. Ils sont imaginés par l’agence française Studioparisien, fondée en 2013 par Romain Jourdan et Laurence B. Tardew.

Pour Cartier, un de leurs tout premiers clients, parallèlement à la conception d’espaces, scénographies, corners ou boutiques à travers le monde, ils imaginent un mobilier inspiré de la panthère, icône de la maison de luxe. Ainsi, avec la complicité des Ateliers Jouffre, tapissiers d’excellence lyonnais, sont fabriqués sofa et fauteuil Panther. Cette création inédite a mis en lumière toute l’expertise et la complémentarité du jeune duo d’architectes d’intérieur et a su conforter, par ailleurs, Cartier dans le choix de confier à Studioparisien des projets plus ambitieux. Ainsi, avant Cartier Soho, ils ont réalisé en 2022 trois des cinq étages du 13 rue de la Paix, l’adresse parisienne historique. Ils ont pensé trois différents lieux dédiés respectivement à la manufacture, à la personnalisation et aux archives.

Les espaces créés allient mémoire, influences culturelles et le dynamisme de Manhattan. Ils sont pensés pour plonger les visiteurs dans l’univers du luxe, la culture et la convivialité. Le parti pris architectural a été de concevoir un loft urbain avec une expérience de vente singulière et immersive à chaque niveau. Les lieux sont dans l’esprit de SoHo, à savoir animés et artistiques.

L’art rythme les lieux.

En entrant, les visiteurs découvrent une galerie d’entrée en matériaux bruts et précieux. Elle est le lien entre le passé et le présent. Les murs révèlent des œuvres d’art et plus précisément du pop art avec des créations de François Mascarello, mais aussi du street art. Le côté industriel qui caractérise le quartier est repris avec les colonnes en fonte et les murs de briques.

Un escalier menant aux étages est doté d’une peinture murale magistrale représentant une panthère en mouvement, l’animal-totem de Cartier.

« Nous avons privilégié la douceur et la féminité, en accompagnant nos dessins de lignes courbes pures, parfois ponctuées de quelques touches d’extravagance et de couleurs exprimées dans un grand mur décoratif panthère. » Studioparisien

Un bar invite à une pause à l’étage, Tel un cocon, ses murs courbes sont recouverts de tissus, L’espace est reposant, intimiste et chaleureux. Au troisième étage, on découvre un loft aménagé comme un intérieur contemporain et lumineux. Des alcôves encastrées sont meublées de tables et canapés. Elles favorisent les échanges et la confidentialité. Telle une oasis de verdure en plein cœur de Manhattan, le rooftop avec sa végétalisation procure aux clients une bouffée d’oxygène de bien-être et de détente.

Studioparisien a conçu un écrin qui met en valeur les collections de Cartier. Le design intérieur conjugue à merveille contemporanéité, intemporalité de la maison, courants artistiques et industriels de SoHo.

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    Cartier

    102 Greene Street.

    New York, NY 10012

    États-Unis

    Tél. : +1 212-292-3801

    www.stores.cartier.com /

    Studioparisien

    32, rue Charlot

    75003 Paris

    Tél. : +33 (0)1 40 09 50 70

    www.studio-parisien.fr

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 57
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    Urbanisme

    Fontvieille, faim de carrière

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    Depuis 1998, Gilles Perraudin milite pour promouvoir les vertus de la pierre de taille. Son principal fournisseur, les carrières de Provence, lui a confié la maîtrise d’œuvre du pavillon d’accueil éphémère de son site de Fontvieille. Avec son fils et associé Jean-Manuel, Gilles Perraudin a érigé au bord d’une falaise artificielle un édifice minimaliste, voire primitif, démontable, se voulant tout à la fois un manifeste radical de l’art de bâtir en pierre et une métaphore poétique du lieu d’où elle est extraite. Retour vers le futur Exploitée souterrainement à partir de 1850, les carrières de Fontvieille le sont à ciel ouvert depuis 1950 en bonne partie pour approvisionner alors les chantiers de Marseille, d’Alger et du Point du Jour à Boulogne-Billancourt de Fernand Pouillon. Il se pourrait même que l’architecte y ait dessiné les deux modestes bâtiments de bureaux entre lesquels s’insère aujourd’hui le nouveau pavillon. Dès la crise pétrolière de 1973, Gilles Perraudin comprend qu’il faut anticiper la fin des énergies fossiles. Après avoir expérimenté avec son épouse Françoise-Hélène Jourda une version plutôt high-tech de l’architecture bioclimatique, il s’oriente vers une option plus naturelle de la construction durable (pierre, terre crue…). « D’aucuns me disent passéiste. Ils se trompent, je me sens au contraire en avance. J’ai compris que notre monde tend à devenir chaque jour plus virtuel à force de produire des images irréalistes. Nous avons besoin de retrouver la matière pour être au monde. Sa disparition, sous des déguisements qui nous laissent croire que nous nous en sommes affranchis, est responsable de la destruction de la planète. » Le Jardin d’Ève Parallélépipède rectangle quasi monacal, le pavillon revendique également une ascèse constructive : toiture en tôle métallique parcourue de failles vitrées longitudinales, charpente bois, parois constituées de blocs de pierre de 70 cm d’épaisseur posés sans mortier. Se superposant les unes aux autres par la seule vertu de l’équilibre, toutes ces pierres d’un seul et même module composent des figures auto-stables qui produisent un langage nouveau et intemporel et ménagent d’étranges meurtrières et baies. Juste sertis, les vitrages – clairs ou teintés – imprimés çà et là de mots évoquent inévitablement ceux vitraillant la chapelle Notre-Dame-du-Haut du Corbusier à Ronchamp ! Au sol, le dallage de pierre s’écarte pour laisser couler de l’eau, se soulève pour offrir des podiums, des assises ou encore des jardinières. La lumière des cathédrales, la pesanteur du roman, les effluves des jardins monastiques semblent avoir guidé les concepteurs. « Dans cet enclos, nous avons composé un jardin minéral, métaphore d’une carrière au sol tranché et parcouru par l’eau qu’accompagnent quelques sobres cactées. La lumière éclaboussée, le parfum minéral et le bruissement de l’eau nous transportent vers un lieu originel : celui d’un jardin du paradis. Là où se situe l’origine du monde, celui des enfants et de celle qui les engendra, Ève. En donnant la vie, nous mourons. Comme Ève Marre 1, cette jeune paysagiste qui perdit la vie en donnant son sang. » Des bassins franchis par des passerelles immaculées contribuent à la mise à distance de cet ouvrage atypique. Fille de l’ingénieur ayant collaboré avec Gilles Perraudin à la conception de l’École
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    Architecture un lieu

    Le Vitra Campus accueille Doshi Retreat 

    Par Sipane Hoh, le 4 novembre 2025
    C’est un exceptionnel espace de contemplation qui a pris place au sein de Vitra Campus à Weil am Rhein. Il s’agit de Doshi Retreat, une réalisation qui résulte d’une collaboration entre l’architecte Balkrishna Doshi, sa petite-fille Khushnu Panthaki Hoof et son mari Sönke Hoof. Le premier projet du lauréat du prix Pritzker 2018 Balkrishna Doshi, ayant été réalisé en dehors de l’Inde ainsi que la dernière conception à laquelle il a travaillée avant sa mort en 2023 vient d’être révélé. À la croisée entre architecture et Land art, sculpture et espace public, ce lieu aussi secret que discret propose au visiteur un parcours paysager sinueux, doublé d’interstices fastueux. Le visiteur vagabonde au sein de ce géant tortueux aux couleurs de terre à travers un parcours sensoriel fluide qui s’inspire de la spiritualité indienne et invite à une révélation empreinte de quiétude. Pour réaliser un tel exploit, il a été opté pour un acier XCarb®, un matériau innovant à faibles émissions de carbone, fabriqué à partir d’une forte proportion de ferraille et produit entièrement à partir d’énergies renouvelables. Toujours à la pointe des nouveautés et à la recherche de l’inattendu, le Vitra Campus se perfectionne. En témoigne cette dernière pièce du puzzle, une composition surprenante en harmonie avec le paysage environnant, qui mène jusqu’aux tréfond de la terre et procure un sentiment de transition, la Doshi Retreat le projet qui impressionne tout visiteur.   « Cette architecture est née d’un rêve de Doshi de deux cobras entrelacés. Cette vision du subconscient a fait naître un récit écrit, puis une conception esquissée comprenant des notes et des évocations. Cela s’est ensuite transformé en une invitation à s’embarquer pour un voyage de découverte. » souligne Khushnu Panthaki Hoof.   Grâce à un système audio intégré dans le sol, une succession de sons de gong et de flûte viennent accentuer l’expérience sensorielle. La salle de contemplation constitue le clou du spectacle où prennent place deux larges bancs de pierre semi-circulaires et un gong. C’est ici que, sous un plafond partiellement fermé, orné d’un mandala en laiton martelé à la main et réalisé en Inde que se termine le voyage pour recommencer un autre, plus spirituel et tout aussi divertissant. Dans un campus où foisonnent architecture, art et design, Doshi Retreat constitue un joyeux interlude qui invite à l’exploration !
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    Architecture, l'esprit du lieu

    La maison qui réconcilie nature et architecture

    Par Sipane Hoh, le 8 avril 2026
    C’est l’histoire de la transformation d’une ancienne piscine couverte en une avenante maison familiale que l’architecte Anaïs Magnabal a réalisée avec habileté. Il en résulte un lieu original suspendu dans le temps mais tellement contemporain. Baptisée « Maison à l’arbre », il s’agit d’un lieu enchanteur qui a été complètement métamorphosé grâce à l’intervention sensible d’Anaïs Magnabal, une architecte intéressée par la matière. Transformer une ancienne piscine couverte en une résidence familiale n’est pas une mince affaire, bien au contraire, c’est un geste délicat qui croise réhabilitation lourde, modification et création. Dans un contexte particulier où se trouve un arbre qu’il était souhaitable de préserver, la jeune architecte motivée et déterminée a engendré un projet complet qui allie avec dextérité histoire et contemporanéité. Pour la fondatrice de l’agence d’architecture homonyme il s’agit ici de pousser la connexion du corps à la nature à son paroxysme en allant au-delà de la simple simulation d’un lien intérieur-extérieur. À travers une création fine, l’arbre majestueux a été intégré à l’intérieur du logement, faisant entrer la nature directement dans le bâti. Celui-ci devient l’écrin d’un environnement végétal. L’architecture et son voisinage ne font qu’un. Cet élément central est accompagné d’une cave à vin que l’architecte a créée au pied de l’arbre après une étude minutieuse du sol. Il en résulte une maison qui ne ressemble à aucune autre. Façonnée autour de l’arbre, elle évolue selon les besoins d’un programme et répond avec brio à un cahier des charges strict. Cependant, il existe d’autres éléments surprenants qui ont exigé une attention particulière, comme par exemple un ancien puits qui a été méticuleusement restauré ainsi qu’un pilier en briques qui se dresse fièrement dans le paysage. Confectionner une maison autour de ces trois points d’appui exigeait une polyvalence ainsi qu’un savoir-faire. Anaïs Magnabal y est arrivée. La sensation de verticalité est accentuée grâce au volume en double hauteur ainsi que les deux façades largement vitrées. Cela permet une connexion visuelle constante avec le paysage alentour, et ceci depuis n’importe quelle pièce de la maison. Par ailleurs, soulignons que les matériaux choisis et la conception soignée assurent une certaine harmonie visuelle mais aussi fonctionnelle. Bien qu’elle garde un aspect séculaire et s’ancre délicatement dans son contexte, l’intérieur regorge d’interventions novatrices. En effet, propriété d’un électricien, ce logement est une vitrine de la domotique moderne. Entièrement connectée, la maison offre un confort optimal et une gestion intelligente de l’énergie. Cette propriété innovante est un modèle d’intégration entre technologie et écologie. Garder ce qui est déjà là, le révéler, l’améliorer, le doter de tous les procédés innovants et le préparer pour faire face aux problématiques futures est un travail qui demande une grande exigence et une application sans faille. À Garidech, la « Maison à l’arbre » constitue l’exemple d’une architecture vertueuse prête pour l’avenir !

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