Architecture un lieu

“Coolposter” avec la Poste finlandaise

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Par Lionel Blaisse, le 19 août 2024.
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Le développement exponentiel de l’e-commerce impose une véritable révolution de la logistique qui remet en question la survie même des grandes institutions postales plus que centenaires à travers le monde.

La Finlande n’échappe pas au phénomène, à commencer par Helsinki, où s’opèrent 60 % du volume national1. Quel avenir pour les 377 points de service de Posti ? Depuis 2017, l’agence de design global Fyra et Motley Consulting (absorbée récemment par Vincit) y réfléchit. Après la livraison de 157 Box by Posti (emplacements de consignes publiques à colis), c’est au tour de l’ancien siège de Postitalo – à proximité immédiate de la gare centrale – de faire sa mue !

Vices et sévices versus services.

Toutes ces entreprises de service public ont été, ces dernières décennies, considérablement affectées par la dématérialisation numérique – tant du courrier et de la presse que du commerce – accélérée par la pandémie. Faute d’avoir su anticiper ces changements sociétaux dont elles auraient pu être un acteur majeur au regard de leur implantation diffuse et leur système de distribution centralisé, elles ont été submergées par une jungle de start-up privilégiant le profit immédiat et l’uberisation de leur main-d’œuvre. La clientèle s’est dans un premier temps laissée enivrer par cette profusion trop souvent si peu éthique avant de courir rechercher ses colis (et les réexpédier quand nécessaires) dans des points relais de plus en plus improbables et aux services réduits à la portion congrue !

C’est donc une profonde réflexion qui a été menée par la Poste finlandaise pour redonner de l’efficacité, de la convivialité et de la proximité à ce nouveau marché. Bref, substituer aux vices et sévices d’authentiques services envers la clientèle et… la Nature.

Avantage service.

Juste à côté du principal pôle d’échanges de la capitale, Posti Helsinki 10 offre à ses usagers un maximum d’aménités, en libre accès ou avec assistance physique, sept jours sur sept de 8h à 20h.

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    Posti Helsinki 10

    Elielinaukio 2F

    00104 Helsinki – Finlande

    Tél. :+358 6000 94320

    www.posti.fi

    Fyra

    Tehtaankatu 27-29 A

    00150 Helsinki – Finlande

    Tél. : +358 50 406 3697

    www.fyra.fi

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 56
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Un spa pour devenir enfin palace ?

    Par Lionel Blaisse, le 18 novembre 2024
    N Le Spa conçu par ­Jean-Philippe Nuel pour Le Negresco va-t-il permettre au plus mythique cinq étoiles de la promenade des Anglais de rejoindre le club très select des palaces français ? Rien à voir avec les univers stéréotypés de ses confrères s’inspirant des bains de la Rome antique, des hammams du monde arabo-musulman ou des onsens nippons. Vous n’y entendrez pas davantage de flutes des Andes ni de sitars des Indes. Le Spa N s’est voulu tout aussi unique que le grand hôtel plus que centenaire qui l’accueille, joyeux mélange d’époques et de styles célébrant l’art de vivre à la française. Monstre sacré ou enfant terrible ? Commandité par Henri Negrescu – maître d’hôtel d’origine roumaine – et financé par un magnat français de l’automobile et de l’aviation, Le Negresco a été dessiné par Edouard-Jean Niermans, architecte du Moulin Rouge et du Casino de Paris ayant surtout rénové l’Hôtel du Palais à Biarritz et l’Hôtel de Paris à Monte-Carlo. De style plutôt néo-classique, ses toitures « rose Nina Ricci et Pierre Balmain » font alors sensation tout comme sa verrière éclairant le grand hall central appelé le Salon Royal. Il offre en revanche tout le confort de l’époque. Royalement inauguré le 8 juillet 1913, il devient hôpital militaire dix-huit mois plus tard pour soigner les blessés de la Grande Guerre. Quasiment ruiné à l’armistice, son propriétaire meurt en 1920 d’un cancer. Revendu à plusieurs reprises, le palace dépérit inexorablement jusqu’à son rachat en 1957 par Jean-Baptiste Mesnage – charcutier breton ayant fait fortune dans l’immobilier avec sa femme, alors en fauteuil roulant. Il en confie la gestion à sa fille Jeanne et son époux, Paul Augier, grand avocat et homme politique niçois. Contrairement à bon nombre d’hôtels niçois alors morcelés en appartements, Le Negresco choisit de s’embellir, Jeanne Augier l’enrichissant d’antiquités, de tableaux de maîtres et de sculptures parfois monumentales, d’œuvres d’art contemporain mais aussi de commandes spécifiques tels les sept tapis de Raymond Moretti qui côtoient dans le Salon Royal la Nana Jaune de Niki de Saint Phalle ou encore la moquette d’Yvaral. Le clou de cette collection de 6 000 pièces – couvrant cinq siècles d’histoire de l’art et généreusement dispersées dans le lobby, les salons et restaurants, les circulations, les 96 chambres et 21 suites – est sans nul doute l’emblématique portrait sur pied de Louis XIV peint par le peintre de cour Hyacinthe Rigaud dont les deux autres exemplaires sont exposés… à Versailles et au Louvre ! « Vous y vivrez l’accueil d’une très grande maison, expression d’un art de vivre à la française fait pour vous surprendre et vous ravir », aimait à dire la Dame du Negresco. Elle va le diriger jusqu’en 2013 après avoir mené deux ans durant une importante rénovation en vue de son centenaire. Après avoir été placé sous administration judiciaire dans un souci de protection de sa propriétaire, l’établissement est revenu, à son décès en 2019, au fonds de dotation Mesnage-Augier-Negresco qu’elle avait créé à cet effet dès 2009, appelé à devenir une fondation. Le 1er mars 2001, l’hôtel obtient le label Patrimoine du XXe siècle. Ses façades, ses toitures et son Salon Royal
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Portlantis, né d’un contexte, le regard vers le large

    Par Sipane Hoh, le 4 février 2026
    Dans le port de Rotterdam, se trouve un monument hybride, ni officiellement un musée, ni véritablement un point d’information, mais un entre-deux monumental, une curiosité savante portant la signature de MVRDV. C’est aussi un manifeste architectural où le visiteur, avide de découverte, ne reste point sur sa faim. À 44 km à l’ouest du centre de Rotterdam, sur le terrain de la Maasvlakte 2 artificiellement gagné sur la mer, à l’extrémité occidentale du port, se dresse Portlantis. Dans ce paysage très caractéristique où se côtoient d’innombrables entrepôts, des grues, des paquebots et des containers, se tisse un décor spécifique encadré par une série d’éoliennes s’alignant en bord de mer. Entre séduction et étonnement le visiteur avance. Composée d’un empilement de cinq entités pivotant les unes sur les autres, la majestueuse structure et son ruban rouge écarlate galopant jusqu’au toit offre d’extraordinaires vues panoramiques sur le large, le littoral et le port. Livré en mars 2025, le projet, conçu par MVRDV, se veut être un centre d’accueil et un espace d’exposition entièrement dédié au port de Rotterdam, le plus grand port d’Europe. Pendant des siècles, la ville et son port ont grandi en parfait accord, mais c’est au XXIe siècle que le port amorce sa mutation et engage sa transition vers un fonctionnement durable et à faible consommation d’énergie. Cette fraction du territoire des Pays-Bas située à l’extrémité ouest du port a été choisie pour y ériger, selon ses instigateurs, une « machine à raconter les histoires ». Car des histoires, il y en a à raconter. Tout d’abord, la forme, ce n’est pas un hasard mais une réponse judicieuse aux activités qui s’y développent, à l’intérieur comme à l’extérieur. Les différents étages, de forme carrée, sont orientés selon les fonctions spécifiques qui leur sont allouées. Tandis qu’au rez-de-chaussée une ouverture donnant vers l’ouest offre une vue surprenante sur les dunes, au quatrième étage les habitués du restaurant peuvent jouir des couchers de soleil sur la mer du Nord. À chaque étage sa perspective privilégiée et à chaque intérieur son point de vue encadré, le tout savamment élaboré. Au sein de ce gigantesque instrument culturel, le visiteur part à la découverte. Tout d’abord l’exposition permanente, conçue par Kossmanndejong, elle se déploie sur les trois niveaux intermédiaires tels des concepts dispersés dans un environnement industriel. Car à chaque niveau sa thématique qui dialogue avec certains éléments particuliers du port, vers lesquels donnent les ouvertures. Le cœur de l’édifice comprend un atrium de 22 mètres de haut qui fait, à lui seul, office d’espace d’exposition agrémenté par une sculpture cinétique suspendue ainsi qu’une maquette du port de Rotterdam qui prend place au rez-de-chaussée. Un plafond en miroir rend ce volume encore plus généreux. La monumentalité du lieu avec son contenu minimaliste rend l’ensemble encore plus captivant. Le visiteur peut accéder au toit gratuitement en empruntant un escalier extérieur qui lie les différents étages. La terrasse devient ainsi une joyeuse plateforme d’observation qui vient clore ce parcours quelque peu tortueux et offre des vues splendides à tous. Portlantis est un projet ludique et didactique. On y apprend une pointe d’histoire, on y
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Maisons du Monde avance aux coups de cœur

    Par Nat Lecuppre, le 23 avril 2025
    Maisons du Monde, l’enseigne de décoration d’intérieur décoration ne cesse de se développer sur le marché européen. Pour cela, elle revoit régulièrement sa politique de croissance et s’adapte aux évolutions des clients. S’adapter aux nouveaux modes de consommation. Alors qu’elle déployait précédemment un seul et même concept partout, l’enseigne propose désormais un nouveau concept dédié aux centres commerciaux, axé sur la décoration, avec l’accompagnement de l’agence de brand et design global Lonsdale. L’objectif étant d’attirer encore plus les visiteurs des centres commerciaux, cible historique, mais aussi les nouveaux clients à recruter parmi la Gen Z, et de réinventer leur parcours. Maisons du Monde vient ainsi d’ouvrir ses deux premiers magasins aux couleurs de ce nouveau concept, à Polygone Montpellier (700 m2) et à Cap 3000 (1 200 m2) près de Nice. Le nouveau concept, imaginé par l’agence Lonsdale, est fondé sur trois axes : l’inspiration, le plaisir et le conseil. L’ambition : suggérer, inspirer un client, pour encourager l’achat plaisir. Des produits tendances, correspondant aux envies et qui répondent aux nouvelles attentes des clients sont sélectionnés. La clientèle de centres commerciaux a la particularité de se rendre dans ces lieux pour flâner ou chercher un cadeau. Les espaces des boutiques devaient incontestablement être revus. L’espace a été visuellement libéré en ôtant les meubles qui jalonnaient précédemment le circuit, pour permettre au consommateur de devenir maître de sa démarche et de ses achats. Des caisses automatiques sont mises à disposition pour faciliter l’achat. Les vendeurs deviennent alors des conseillers de vente. La qualité de leur intervention devient un fil rouge tout au long de la visite dans le magasin. Ils font partager leur expertise et leur passion. Un concept coup de cœur. Le nouveau concept a pour objectif de créer des coups de cœur. Pour inciter à l’achat, des offres à petits prix sont mises en exergue, et des mobiliers iconiques sont placés au centre de chaque magasin pour mettre en avant les concepts « coups de cœur » avec une sélection des produits les plus inspirants. Pour inspirer tout au long du parcours, des zones coups de cœur et des boxes cadeaux sont réparties sur toute la superficie. Pour l’agence Lonsdale, il était indispensable de proposer toujours plus d’émotions, de relations et de services. Afin de valoriser ces nouveaux espaces, la façade extérieure est revue ainsi que l’entrée et l’accueil du magasin. Pour Pascal Barrère, Directeur de Création chez Lonsdale, la circulation en serpent ne correspondait plus aux attentes des nouveaux modes de consommation. Il fallait indéniablement un parcours plus lisible, fluide et simple dès l’entrée. Les vitrines servent d’appel et captent l’attention des passants en invitant à pénétrer dans le magasin. L’espace imaginé est ouvert et permet de voir tous les univers jusqu’au fond de la boutique. Afin de ne pas réduire cette visibilité, les tables centrales sont volontairement basses. Les perspectives sont ainsi dégagées. Les meubles hauts sont placés sur les côtés. La signalétique est repensée. Avec ces deux magasins pilotes, la volonté de la marque est bien de devenir le premier acteur en centres-villes, zones d’activité commerciale et centres commerciaux. Chaque typologie des boutiques est repensée

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