Architecture, l'esprit du lieu

Des nouveaux locaux pour Arsene

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Par Sipane Hoh, le 2 décembre 2025.
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© Florian Wattier

Après avoir fêté ses 20 ans en 2024, Arsene, le premier cabinet d’avocats indépendant, spécialisé en fiscalité, vient d’installer son siège au cœur de Capital 8. Situé au 32, rue de Monceau, dans le 8e arrondissement parisien, ce dernier constitue un écrin digne d’une nouvelle aventure.

Les nouveaux locaux qui incarnent l’esprit d’innovation d’Arsene sont répartis sur huit étages et totalisant près de 4 600 m². Conçu avec l’appui de Hauteur Libre (assistant maître d’ouvrage), Bube (architectes) et Tétris (contractant général, design & build), ce lieu qui réunit l’ensemble des services du cabinet, notamment Arsene Innovation, filiale dédiée à la fiscalité de l’innovation et aux legaltechs, ou encore les équipes du réseau international Taxand en France, rassemble, transmet, inspire et favorise les synergies. Pour mieux cerner les différents souhaits ainsi que les diverses exigences liées au travail, une équipe interne a orchestré une série d’ateliers participatifs. Les huit plateaux de l’immeuble ont été pensés comme un ensemble fluide et cohérent. L’aménagement comporte une zone de convivialité, propice au travail collaboratif et aux échanges informels, où prennent place plusieurs salons, tisaneries et petites salles de réunion. Tandis qu’une zone transversale regroupe les fonctions support, une autre se dédie au travail individuel. Dès l’entrée, le ton est donné. Le visiteur arrive par un lobby élégant qui contraste avec les codes traditionnels de la réception. C’est un lieu où matières nobles et textures sont mis en avant. Chaque bureau, bibliothèque, placard et élément menuisé a été spécifiquement conçu et agencé pour Arsene. La présence de plusieurs éléments symboliques est à souligner, comme par exemple la structure en verre Magna rétroéclairée ou le plafond cathédral qui participent à rehausser l’élégance du lieu. Le chantier a duré seulement six mois mais le résultat est tout simplement remarquable. « L’aspect naturel et intemporel des matériaux choisis (bois, verre recyclé, tissus naturels), la sobriété du mobilier, la lumière omniprésente, la qualité acoustique : chaque élément a été pensé pour le confort, la réversibilité et l’expérience. C’est un lieu qui raconte une histoire, celle d’Arsene, un cabinet résolument tourné vers l’avenir », conclut Florian Buchart, architecte et cofondateur de Bube architectes. 

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    Bube architectes

    3, avenue du Pré-Félin 
PAE des Glaisins 
74940 Annecy-le-Vieux 

    Tél. : +33(0)4 50 68 95 24

    www.bube.archi

    Arsene Taxand

    32, rue de Monceau

    75008 Paris

    Tél. : +33 (0)1 70 38 88 00

    www.arsene-taxand.com

    Tétris Design & Build Paris

    Tour Aurore – CB17

    Place des Reflets 18-19

    92400 Courbevoie

    Tél. : +33 (0)1 49 00 32 50

    www.tetris-db.com

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 62
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    Spécial Tendances et Innovations

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    Numéro en cours

    Nº63

    Spécial Santé, Bien-être, Bien-vivre

    Couverture du NDA Nº63

    Novembre — Décembre 2025 — Janvier 2026

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    Architecture, l'esprit du lieu

    Art Legacy Hotel rendez-vous avec le luxe

    Par Sipane Hoh, le 28 janvier 2026
    C’est un fin travail de réhabilitation et de revalorisation de patrimoine que l’agence d’architecture Rebelo de Andrade a réalisé. Une opération minutieuse croisant le luxe et l’opulence. Au Portugal, donnant sur la rua do Ouro, l’une des venelles les plus animées de Lisbonne, Art Legacy Hotel occupe un bâtiment distingué des années 1920. Dans ce quartier très fréquenté de la ville, les bâtiments patrimoniaux sont légion. Selon le plan de sauvegarde de la Baixa Pombalina connue pour ses zones piétonnes et ses demeures historiques, plusieurs édifices sont voués à la réhabilitation. Une volonté politique qui revigore toute une partie de la ville. C’est le cas du bâtiment où se trouve aujourd’hui Art Legacy Hotel. La bâtisse de quatre étages appartenait autrefois à la compagnie d’assu­rance Sagres où elle avait aménagé ses bureaux. L’ajout de nouveaux escaliers, la construction du quatrième étage, l’aména­gement des combles en mansardes habitables et l’installation d’un ascenseur ne firent que renforcer sa grandeur. Plus tard, dans les années 1960, l’ensemble a subi d’importantes modifications. Les étages abritaient les bureaux tandis que le rez-de-chaussée renfermait les espaces commerciaux. Le projet d’archi­tecture et de design d’intérieur, réalisé par l’agence d’architecture portugaise RUA (Rebelo de Andrade), vise à restaurer la conception originale du bâtiment, dans un travail de valorisation et de sauvegarde du patrimoine architectural. Les architectes ont remplacé les ouvertures cintrées de la façade au niveau du sol et les matériaux modernes pour l’époque comme le verre et le fer par les bas-reliefs d’un grand réalisme. Tous les détails ont été soigneusement étudiés dans le respect du style qui conviendrait au bâtiment. Outre sa situation stratégique, l’hôtel cinq étoiles dispose de 53 chambres. Au rez-de-chaussée se trouvent les espaces publics tels que la réception, le bar et le restaurant donnant un accès direct vers la rue. Les chambres sont situées aux étages supérieurs tandis que les suites avec terrasses qui possèdent une vue privilégiée sur la ville sont situées à l’étage mansardé. L’architecture intérieure se caractérise par la présence de la couleur. Par ici un couloir aux murs peints en vert, par là une salle de bain et son mur en jaune, un peu plus loin une chambre aux teintes rougeâtres et une autre en bleu roi, à chaque étage sa surprise et à chaque chambre ses caractéristiques chromatiques, le tout formant un impressionnant contraste avec la façade classique. Côté aménagement, en tenant compte de tous les détails et pièces du mobilier, des revêtements et de l’éclairage, les architectes ont eu recours aux produits de la marque néerlandaise Moooi fondée en 2001 par les designers Marcel Wanders et Casper Vissers qui se définit par sa grande fonctionnalité. L’intervention aussi sensible que rigoureuse rend hommage à l’histoire du lieu ainsi qu’au quartier de Baixa. Art Legacy Hotel croise adroitement richesse historique et exigences actuelles. Dans cette capitale foisonnante au charme typique, il s’agit d’un intermède qui offre une expérience unique et mémorable.
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Un nouveau Mirador à Paris

    Par Nat Lecuppre, le 2 juin 2025
    Maud Caubet est une architecte incontournable d’aujourd’hui. L’architecte a fondé son agence Maud Caubet Architectes en 2006. Elle est chevalier des Arts et des Lettres (2023) et membre de l’Académie d’architecture (2022). Une architecture durable. Son écriture architecturale traduit l’art de vivre ensemble en alliant dans chacun de ses projets l’existant, l’environnement géographique, urbanistique, social et le côté intemporel. Ses réalisations permettent d’envisager plusieurs usages dans le temps. Pour elle, l’architecture est un moyen au service de l’humain, de la société, de son évolution. Tour Racine. En novembre dernier, Maud Caubet a livré la tour Racine dans le 12e arrondissement. Le maître d’ouvrage Alderan (SCI Ewok) lui a confié la réhabilitation d’une tour de 35 mètres qui était l’ancien siège de l’ONF. La tour Racine est juxtaposée à Sorbonne Nouvelle et trône dans un quartier résidentiel. Cet édifice construit en 1970 par les architectes Deschler, Thieulin et de Vigan était devenu obsolète. Avec Maud Caubet, il retrouve une nouvelle jeunesse. Sa superficie est de 6 081 m2. L’architecte a revu son architecture en lui apportant une nouvelle cime et des extensions. La tour était construite sur dalles et sans végétation. Le fil rouge du concept de Maud Caubet, qui aspire à toujours tisser des liens entre architecture, design et paysage, a été de redonner un sol fertile au site. Le jardin imaginé à l’origine est revisité en un palier terrassé. Les courbes des extensions du sous-sol au premier étage s’étendent dans une logique où la nature reprend place. Une toiture nourricière de 175 m2 chapote le bâtiment. Revisiter les sous-sols. Deux niveaux du parking sur cinq sont transformés pour devenir des espaces habitables lumineux. Un patio courbé de 12 mètres de profondeur a été créé. Il permet d’ouvrir de nouveaux espaces sur le jardin. La rampe du parking est réutilisée pour devenir un lieu atypique ouvrant sur le patio. La forme originelle du bâtiment est conservée. L’extension de Maud Caubet fait écho à celle-ci. Elle donne une note contemporaine en encerclant la tour et en contournant les arbres du jardin. Flexibilité des espaces. La conception de l’architecte a pris en compte l’évolution du site dans le temps. La programmation prévoit de multiples usages par la suite. En prévoyant de futurs usages possibles en amont, le coût des adaptations est minimisé. La configuration de la tour Racine se prête à de futures transformations. La trame des poteaux dalles est répétitive. Les circulations verticales favorisent une réversibilité des espaces. La tour peut offrir des services hôteliers, du coliving, des logements étudiants mais également des activités sportives et de services. Les extensions sur une double hauteur et la création d’une serre bioclimatique renforcent les déclinaisons d’usages divers. Ce nouveau mirador est un lieu de vie. On peut y vivre, y travailler, y étudier et s’y divertir tout en cultivant un jardin. Une signature architecturale. Maud Caubet a remplacé l’ancien attique du 10e étage par une charpente en bois pour créer une serre telle une couronne en verre. Celle-ci marque l’architecture de la tour et l’intègre dans son environnement. Elle abrite un café et une agriculture urbaine. Elle est accessible à tous les
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Une escale hellénique dans la capitale

    Par Nat Lecuppre, le 7 juillet 2025
    Depuis quarante ans, la maison Mavrommatis fait découvrir la gastronomie grecque à Paris. Les trois frères chypriotes offrent une nouvelle destination dans la capitale avec leur nouveau flagship situé au 260, rue du Faubourg-Saint-Honoré dans le 8e arrondissement. Pour l’architecture intérieure de cette adresse, les propriétaires ont fait appel à l’architecte Régis Botta. Sa cuisine enchante les convives en ravivant, avec leurs plats et mézédès, leurs souvenirs de vacances chez les Hellènes. Mavrommatis célèbre l’art de vivre méditerranéen. Le fil rouge du projet de l’architecte Régis Botta est donc la Méditerranée. Les lieux répartis sur deux niveaux plongent les clients dans un environnement tout en rondeur et immersif. Au rez-de-chaussée, on découvre un espace traiteur et épicerie fine. On trouve également un petit espace pour se restaurer sur place. Au sous-sol, une cave à vin dévoile une sélection de vins grecs et chypriotes sélectionnés par la maison. Le concept architectural. Pour l’espace traiteur, Régis Botta revoit les codes de la maison Mavrommatis. Le bois et le vert de la marque deviennent davantage des clins d’œil à la terre natale des propriétaires. On a différentes nuances de vert (un vert des olives grecques, un vert des forêts de cyprès de Chypres…). Dès l’entrée de la boutique, tout est conçu avec harmonie et rondeur. Les murs se fondent avec le plafond. Les grandes vitrines de présentation réfrigérées des produits frais sont arrondies et organiques. L’utilisation du Corian® a permis d’obtenir cette forme courbe. Régis Botta reprend le thème de l’huile d’olive pour théâtraliser l’espace dotés de grands panneaux en verres teintés et un sol en mosaïques de verre aux tessons en forme d’olives. Un grand meuble à pâtisseries en verre et métal martelé vient compléter le mobilier mis en place ainsi que de larges étagères murales rétroéclairées. Un espace restauration. Pour pouvoir savourer les mets sur place, un petit espace restauration est créé. Il est situé dans la continuité de l’espace traiteur. C’est un espace avec un plafond vouté peint à la main de motifs naïfs et poétiques. La constellation dessinée invite à la rêverie. Elle est un clin d’œil à la Grèce avec le soleil et la Grande Bleue. L’architecte renforce cette ambiance méditerranéenne avec un grand voilage vaporeux, des cimaises en bois, des tables en pierre et des assises de couleur olive. Une cave d’exception. Au sous-sol, la cave est conçue comme un fût. Tel un sanctuaire, elle recèle une sélection de vins grecs. Une carte viticole au mur complète la découverte œnologique. Afin d’agrandir l’espace majestueux, l’architecte prend le parti de mettre un plafond en miroir. Les parois en bois sont sculptées de casiers et d’étagères rétroéclairées. Une table en travertin au centre de la pièce invite les hôtes à déguster les boissons. Une attention particulière portée à chaque détail, comme dans tous ses projets, Régis Botta a su faire de cette nouvelle adresse un repaire digne de Dionysos.

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