Architecture, l'esprit du lieu

Destination Design Centre, Chelsea Harbour

Par Nat Lecuppre, le 30 octobre 2024.
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S’il existe une destination en Europe pour le design et la décoration, c’est bien le Design Centre, Chelsea Harbour à Londres. Le centre est une concentration de 600 marques internationales et de 130 salles d’exposition.

Ce lieu est dédié aux professionnels, aux créateurs et aux férus de design et de décoration. C’est dans ce centre que Casamance et Misia viennent d’inaugurer leur premier showroom britannique. Le flagship de 80 m2 présente les deux marques françaises. Casamance a été créée en 2000. Elle est éditrice de tissus, papiers peints et revêtements muraux haut de gamme. Misia fondée en 2014, propose des étoffes prestigieuses du XXe siècle réinterprétées avec modernité. Le bleu Misia est même devenu une signature de la marque.

Les lieux ont été réalisés par l’agence d’architecture d’intérieur David Dhont. Pour ce projet, les délais furent courts (six mois). L’espace a été optimisé pour concevoir trois univers distincts sur un seul site. Chacun des univers est dédié à une marque. L’un présente les tissus, le revêtement mural et le papier peint de Casamance, un autre tous les produits de luxe de Misia, et un dernier est dédié à la nouvelle marque de la maison, qui sera dévoilée dans quelques mois.

La vitrine est scénographiée et présente tour à tour les différentes marques. Actuellement, Casamance est exposée. L’espace est situé au troisième étage du centre, il bénéficie de la lumière qui inonde les lieux par le dôme. La hauteur sous plafond a été un plus dans le projet. Les poutres du site renforcent le côté industriel.

Le parti pris architectural a été de jouer avec les courbes afin de différencier les différents univers. On les retrouve même dans le mobilier. Une arche est créée entre Casamance et Misia. Elle structure l’espace sans altérer la luminosité. La face intérieure de l’arche a un effet métal brossé bronze. Cette finition souligne l’aspect haut de gamme des lieux. Une canopée courbe en bois abrite les meubles Casamance Tissu. Pour procurer davantage de caractère à l’univers Misia, les murs sont peints de couleur bleu nuit profond. La teinte souligne le côté écrin.

Le mobilier est créé sur mesure par l’agence KNGB pour chaque marque. Les meubles s’harmonisent entre eux tout en étant distincts. Des matériaux haut de gamme et nobles sont sélectionnés (tables de consultation en Corian®, bureau et kitchenette en marbre…). De grands pagivoles permettent de présenter les revêtements muraux. Une moquette claire et bouclée est retenue afin de renforcer l’atmosphère chaleureuse, intime, cosy et raffinée des lieux, lesquels renforcent la valeur d’excellence des deux marques. Nous vous conseillons de prendre en compte cette nouvelle adresse incontournable lors de votre prochain séjour à Londres.

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    Casamance – Misia

    3nd Floor, Centre Dome (Unit 311)
 SW10 0XE Londres

    Angleterre

    Tel. : +44 (0)7710090266

    www.casamance.com

    Agence David Dhont

    162, rue de la Pilaterie

    59700 Marcq-en-Barœul

    Tél. : +33 (0)3 20 98 52 42

    www.agence-add.fr

    KNGB Création

    www.kngb-creation.com

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 57
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    Architecture, l'esprit du lieu

    La Casa Maitò, comme un bijou dans son écrin

    Par Sipane Hoh, le 22 septembre 2025
    L’attention aux détails, le design raffiné et la capacité de fournir confort et innovation sont les ingrédients de la Casa Maitò. C’est un projet créé avec la plus grande habileté par Archea Associati, l’agence d’architecture italienne fondée à Florence par Laura Andreini, Marco Casamonti et Giovanni Polazzi. La ville balnéaire de Forte dei Marmi s’est imposée depuis les années 1960 comme une destination recherchée par les touristes d’élite, en quête de luxe et d’exclusivité. C’est dans cette contrée qui incarne à perfection la dolce vita de la Riviera italienne, que l’agence d’architecture internationalement connue Archea Associati a réalisé la Casa Maitò, un équipement innovant qui a pour objectif la représentation d’un nouveau concept d’hôtellerie en offrant une expérience d’hospitalité unique et exclusive avec ses dix suites et ses nombreux espaces communs conçus avec raffinement. Sous ses airs sages, sa forme géométrique et ses façades rythmées enveloppées d’une résille perforée, l’édifice comporte quelques surprises. En effet, les intérieurs sont exubérants, expansifs et panachés. C’est tout l’art et le savoir-faire d’Archea Associati qui y a été déployé. Des espaces en accord avec les diverses exigences d’une clientèle pointilleuse. L’hôtel couvre une superficie totale de 1 950 m² répartis sur cinq étages, dont un situé en sous-sol. Au rez-de-chaussée, le visiteur accède aux principales pièces dédiées à la convivialité, notamment le hall, le bar, le restaurant ainsi que les salons. Le restaurant dispose d’une partie intérieure et d’une autre extérieure, cependant une particularité attire l’attention : l’une des tables est impressionnante, en forme arquée, juchée du haut de ses 110 cm au-dessus d’un sol en verre, elle assure aux convives une vue sur la piscine thermale située au sous-sol. L’ambiance est encore une fois prodigieuse et les matériaux utilisés croisent luxe et apparat. Les trois étages de l’hôtel abritent sept suites toutes conçues pour assurer un maximum de confort et d’intimité. Le sous-sol, quant à lui, est entièrement dédié au bien-être, avec un spa équipé d’une piscine, d’un sauna, d’un espace massage et d’autres pièces pour les soins de beauté. Le rez-de-chaussée abrite également la cuisine, alimentée exclusivement par l’électricité et équipée de technologies BMS (Building Management System) ou GTB (Gestion Technique du Bâtiment), un système informatique permettant de superviser les équipements installés dans un bâtiment afin qu’il soit plus économe en énergie, plus confortable ainsi que plus sûr, il s’agit d’un label conforme à l’industrie 4.0. La cuisine, organisée en deux zones fonctionnelles, est desservie par deux monte-charges qui la relient directement à la salle de dégustation située au deuxième étage et à la cuisine-pâtisserie située en mezzanine. La salle de dégustation du deuxième niveau reprend le nombre de tables du restaurant du rez-de-chaussée, avec l’ajout d’un cave à vin et d’un espace privé revêtu d’acier et de verre ambré, idéal pour accueillir une salle multimédia, pour la télévision ou la vidéoconférence, ou pour créer un cadre plus intime et exclusif. Cet espace est enrichi par deux terrasses latérales donnant sur la place Marconi et une grande terrasse entièrement recouverte de marbre, surplombant la mer, où
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Le Spa Thermal O’balia, un héritage réincarné

    Par Sipane Hoh, le 10 avril 2026
    À travers un projet sensible et caractéristique, l’architecte Amelia Tavella réinterprète l’héritage antique de Balaruc-les-Bains. Elle donne une nouvelle vie au Spa Thermal O’balia, l’unique station thermale de Méditerranée. Située sur les rives de l’étang de Thau, la future station thermale croise l’ambiance des thermes antiques et sa situation singulière. Amelia Tavella a été mandatée pour mener à bien un projet complexe composé de la réhabilitation partielle, la démolition et l’extension des Thermes O’balia. L’ensemble comprend entre autres des espaces d’accueil, une boutique de soins, des espaces de soins individuels. L’eau occupe une place centrale dans ce projet à travers le Bain de la Déesse, un bassin thermal de 300 m² conçu pour apaiser corps et esprit, mais aussi le Village sauna qui abrite divers hammams, saunas et zones de détente. L’écrin architectural robuste, qui prend ses racines dans la géologie locale, révèle un cœur naturel où l’eau et la nature jouent à cache-cache. Dans un décor manié avec intelligence où rien n’est laissé au hasard, un véritable jardin botanique méditerranéen cohabite ainsi avec les sources pour offrir aux visiteurs une expérience unique en son genre. De ce fait, Balaruc-les-Bains, riche de vestiges romains tels que mosaïques, bustes et thermes enfouis, voit son patrimoine réinterprété avec tact par Amelia Tavella. Dans ce cadre enchanteur, les matériaux choisis et les formes architecturales rappellent les traces antiques. « J’ai le désir de me lancer dans une quête de la mémoire de Maïmona, révélant depuis le sol, telle une archéologue, les traces de son passé. Le nouveau spa thermal sera une rencontre entre géologie et généalogie. Notre architecture vise à réinventer sans détruire, composant délicatement avec la structure existante : renaître sans renier. Elle suit les traces d’un passé récent et ancien. Le bâtiment existant nous sert ainsi de guide. L’architecture élancée de l’aile en bois est préservée, honorant le passé plus récent. Une greffe minérale, suivant les traces d’un temps plus ancien, adopte la topographie vers le rivage. Ses nouvelles pierres s’inspirent des premières, celles de Maïmona. L’eau curative devient un signe, une matière, la reine du royaume, tombant du ciel et traçant un chemin. » explique Amelia Tavella. Dans son geste architectural empreint d’une grande sensibilité, l’architecte adopte une approche qui ne détruit pas, mais rétablit et révèle. Inspirée par l’archéologie, la femme de l’art revivifie les formes, lignes et textures datant d’un autre âge. Par exemple, l’édifice composé d’une aile en bois conservée pour honorer le passé récent est doté d’une « greffe minérale » qui tend vers l’étang de Thau. Reconnue pour son approche poétique qui célèbre les lieux, la femme dont les ouvrages ont été récompensés à plusieurs reprises, en France et à l’international, marque encore une fois, à travers son intervention sur le Spa Thermal d’Obalia, son ancrage méditerranéen. Ce projet est non seulement une réalisation exceptionnelle mais c’est un hommage à l’héritage antique de Balaruc-les-Bains.
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    Urbanisme

    Alki, une belle assise basque

    Par Anne-Marie Fèvre, le 11 mars 2024
    Engagée depuis 1981 à Itsasu, l’entreprise de meubles a muté vers un beau design élémentaire. Avec le nouvel atelier architectural bâti à Larressore, elle entend développer sa croissance, ses valeurs humaines et écologiques. Océan vigoureux à Biarritz, maisons blanches aux volets rouges, campagne vallonée d’un vert rassurant, le nom d’Espelette d’un village, l’« euskara » langue si affirmée… Pas de doute, nous sommes au Pays basque français, dans la province du Labourd. Il y a là tous les piments d’une carte postale très prisée. Trop ? Ce « pays » se vit sous une tension due à un trop-plein de touristes1. Mais le village d’Itsasu (Itxassou), connu pour ses cerises noires, son site du Pas de Roland (de Roncevaux) résiste. C’est là que l’entreprise Alki de meubles s’est consolidée, elle s’apprête à muter encore en implantant un atelier contemporain à Larressore. Longtemps, « basque » a aussi rimé avec un style de meubles traditionnels, robustes, ornementés, en chêne et noyer, dont le manka (buffet) et le zuzulu (banc-coffre). C’est en s’appuyant sur ces savoir-faire patrimoniaux, mais surtout pour dynamiser ce territoire rural peu industrialisé, que cinq amis ont créé en 1981 la coopérative Alki, qui signifie « chaise ». Elle se tourne naturellement vers la fabrication de mobilier en chêne massif, crée rapidement de l’emploi avec des assises qui portent la volonté militante « de vivre et travailler au Pays basque ». Ce statut original de coopérative permet une gouvernance démocratique. « Mais il a fallu vaincre bien des difficultés, raconte Eñaut Jolimon de Haraneder, jeune PDG d’Alki depuis 2020, il a remplacé le co-fondateur Peio Uhalde. Un incendie de l’atelier en 1984, le déclin du meuble rustique basque… Nous devions nous reconvertir pour survivre. » C’est chose engagée en 2005. Le designer industriel Jean-Louis Iratzoki est recruté comme directeur artistique pour créer une marque plus contemporaine grâce au design, conquérir un nouveau marché. Nait en 2007 Emea, un siège ligne claire mais costaud, un succès durable. En 2015 est conçue la collection Kuskoa Bi, chaise en bioplastique. De nouvelles pièces sont élaborées avec les designers Samuel Accoceberry et Patrick Norguet. En 2021, Alki ouvre son premier showroom à Paris. Ainsi, en 2022, la marque produit des sièges, tables et bureaux, soit plus de 20 collections, au milieu du haut de gamme. Qui sont destinées au marché des cafés, de l’hôtellerie, de la restauration ; aux boutiques (retail) ; et aux espaces d’accueil du public, musées, mairies, universités. Avec 42 coopérateurs, et un chiffre d’affaires de 7,4 millions d’euros, qui se répartit à 70 % pour la France et à 30 % à l’export, en Europe et Amérique du Nord. À la Milan Design Week d’avril 2023, Alki a célébré une pièce d’exception, la version grand public de la chaise Orria, conçue par le designer français Patrick Jouin pour la salle ovale de la BnF Richelieu, une belle histoire (lire Nda n° 52). Ont été également dévoilées les nouvelles propositions du studio Iratzoki & Lizaso, dont le siège Xume (simple). Lors de sa présentation parisienne du 13 juin, le designer Ander Lizaso de San Sebastian (Espagne), en osmose avec

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