Architecture remarquable

Discrétion et ­sobriété à Bandol

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Par Sipane Hoh, le 4 mars 2024.
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© Vincent Leroux

Reconnue par ses réalisations sensibles qui procurent un certain sens du « bonheur d’habiter », l’architecte Valérie Chomarat a livré à Bandol une maison aux lignes parfaites, aux traits minimalistes et aux diverses qualités.

De Genève, où elle réside, à Minorque, en passant par Bandol ou Varsovie, ses projets de villas, fincas, chalets ou yachts sont marqués par un minimalisme sensible et une exquise intégration dans leur environnement. L’architecte, qui affectionne particulièrement l’architecture japonaise et à l’enfance ardéchoise passée dans une maison « dedans-dehors », ne cesse de nous étonner. C’est dans le sud de la France, entre Sanary et Cassis, que Valérie Chomarat réalise cette fois-ci une splendide résidence qui adopte le lieu et se fond dans le paysage. Du large, on ne distingue rien, ou presque, la maison prend place avec une grande délicatesse dans une calanque bandolaise, à deux pas de la mer. L’architecte, qui a façonné les bases de sa signature pendant dix ans aux côtés du Britannique John Pawson, qu’elle considère comme son mentor, et se sert souvent de matériaux locaux bruts, au plus proche de la nature, utilise à Bandol l’horizon comme inspiration. Le lieu est idyllique, un panorama sublime, un environnement naturel et une maison aux volumes étirés qui entament un fin dialogue avec son voisinage. Parmi les entités composant la maisonnée, une extension qui offre une longue ouverture vitrée, à la fois reflet et passage vers la Méditerranée. Enthousiaste et déterminée, Valérie Chomarat affectionne particulièrement le rapport de l’homme à la nature et l’harmonie entre intérieur et extérieur. Cela est dû, entre autres, aux réminiscences de son enfance mais aussi aux différentes découvertes des grands noms de l’architecture nippones comme Tadao Ando.

Des séquences d’architectures empreintes d’émotion

Dans la maison de Bandol, les limites de l’intérieur et l’extérieur se brouillent par moments pour offrir aux usagers des séquences d’architectures empreintes d’émotion.

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    L’architecture de A à Z du Studio Add

    Par Sipane Hoh, le 16 février 2026
    Constance Delaux et son équipe pluridisciplinaire se cachent derrière Studio Add, l’agence d’architecture établie à Bordeaux qui réalise des projets sensibles et raffinés. « À l’école d’architecture, dès le premier atelier, j’ai été à part, car j’avais la vision qui allait de l’espace jusqu’à l’ornement. Pour moi, l’enveloppe et l’intérieur ne font qu’un », se remémore Constance Delaux, pour qui l’espace est révélé par la couleur, par les lumières, par les matières et par les textures. « On ne dissocie pas l’architecture d’intérieur et l’architecture. » Une approche qui s’est confirmée dans son parcours ainsi que dans ses choix de stage. « J’ai fait le premier stage chez Pierre Bonnefille, à Paris, un très grand plasticien. Pour moi, c’était une révélation : oui, la couleur fera partie de mon univers, même chose pour les textures et les matières, je ne ferai pas des sculptures blanches mais de l’architecture vivante et de l’architecture en relief. » En 2013, après son projet de fin d’études, la jeune architecte travaille pour un promoteur avec qui elle a construit des immeubles de 40-50 logements. « J’ai appris l’aspect très technique du métier, pourtant c’était dur en sortant du diplôme. » Juste après, une expérience de deux ans à New York chez Studio DROR, qui imagine aussi bien un master plan qu’une ampoule. « Travailler dans ce Studio m’a confirmé qu’il était possible de lier toutes les échelles du projet dans une seule et même pratique. »  Constance Delaux a fondé sa propre agence en 2019. Passionnée d’arts appliqués et de chromatologie, elle met tout en œuvre pour réaliser un projet de A à Z sans négliger aucun détail. Les réalisations de l’agence se caractérisent par leur créativité mais aussi leur rigueur et leur goût pour la perfection. À chaque programme son univers et à chaque univers ses spécificités. Les projets de l’agence sont nombreux et variés. De la réhabilitation d’une ancienne maison de campagne jusqu’à l’aménagement d’un restaurant en passant par l’architecture intérieure d’un appartement ou le réaménagement d’un hôtel particulier, tout constitue une occasion pour adapter, créer et innover. Remodeler un cadre de vie, aménager un espace, rénover l’existant en lui apportant un nouveau souffle font partie des gestes quotidiens de cette agence d’architecture bordelaise qui a de beaux jours devant elle. Lhotéa Studio Add a été mandatée pour créer, à Bordeaux, un lieu de 190 m² dédié au bien-être. Il s’agit d’une ancienne armurerie qu’il fallait complètement remodeler pour y créer un espace participant à l’éveil de tous les sens. Une gageure que Constance Delaux et son équipe ont relevé avec brio. En effet, après avoir étudié minutieusement chaque coin et recoin, en accord avec le programme demandé, l’agence a imaginé l’ensemble comme un parcours, une « immersion dans une bulle de douceur et de lumière, ponctuée de touche de couleurs, de matières, de motifs ». Dès l’entrée, le visiteur est emporté par une atmosphère paisible qui le guide jusqu’au fond où se trouve un escalier en colimaçon fabriqué sur mesure. Spectaculaire par sa forme et sa teinte pourpre, celui-ci est assorti à l’étonnante façade vitrée donnant sur la cour. Sur
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    L’univers enchanté du Printemps New York

    Par Sipane Hoh, le 13 mars 2026
    Un nouveau concept, un espace de 5 000 m², un lieu qui croise histoire, architecture et poésie. Il s’agit du Printemps de New York, l’unique et incontournable établissement qui porte la signature caractéristique de Laura Gonzalez. Le Printemps a confié la mission de concevoir l’écrin de son nouveau concept à Laura Gonzalez, l’architecte d’intérieur reconnue pour ses associations de motifs, de matériaux, de textures et de styles. Réparti sur deux étages, le Printemps New York constitue un ouvrage remarquable qui saisit l’essence de deux grandes villes, Paris et New York. « Nous avons été profondément inspirés par l’héritage du Printemps – ses mosaïques, ses vitraux, ses motifs, son art original – mais nous sommes à New York. C’est une nouvelle histoire. C’est une ville où tout est possible. Je ne crois pas que ce projet aurait pu naître ailleurs, car New York est unique. Ici, il n’y a pas de limites », souligne l’architecte d’intérieur, qui parvient à établir une véritable complémentarité entre l’héritage historique du Printemps et la modernité ardente de New York. Ainsi, le projet devient le terrain de jeu d’un dialogue subtil entre deux univers dissemblables mais tellement significatifs. Laura Gonzalez a transformé les matériaux classiques pour en développer de nouveaux. Comme par exemple les parquets en chêne traditionnels qui ont été magnifiés par des incrustations de pierre naturelle, ou encore les carreaux Art nouveau qui ont été réinterprétés à travers un ancien motif du Printemps et, si l’on regarde de près, nous nous rendons compte que le marbre utilisé est du plastique recyclé comprimé et les pétales arrondis sont sculptés dans du bois massif. Le résultat est un bouillon de culture à la fois captivant et enchanteur. L’entrée mouvante en verre sur Broadway s’ouvre sur la Playroom, il s’agit d’un espace tout en blanc où le visiteur découvre une sélection de marques concernant la mode, les accessoires et le design. Le sol en marbre blanc est agrémenté de cabochons aux teintes frétillantes comme le jaune de Sienne, le vert Ming et le bleu du Brésil, tandis que le mobilier est conçu à partir de matériaux recyclés tels que le terrazzo dérivé des déchets de la mode, la résine écologique et le papier mâché compressé. Les cabines d’essayage sont des cabanes disco où la couleur s’estompe à l’infini. Un peu plus loin, on découvre la Sneaker Room, une pièce 100 % immersive dont le plafond est recouvert d’un écran LED dans lequel s’exposent les pièces du moment aux signatures diverses. Le visiteur est invité à vivre une expérience sensorielle où le mobilier est composé de totems en fibre de verre ondulant sur une moquette imprimé. Au premier étage se situe le Salon où sont mis en avant les prêt-à-porter et les accessoires féminins plus habillés. Ici, le décor change et s’inspire des créations originales du Printemps comme le parquet en bois, les tapis et les textiles à motifs floraux. Dans la continuité, on trouve le Salon vert, un bar à crustacés qui rend hommage à l’ambiance parisienne. La Garçonnière s’habille en rose. L’ambiance est feutrée, le papier peint moiré est de couleur rose,
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Invitation en Chine au cœur de la capitale

    Par Nat Lecuppre, le 24 février 2025
    Avec le restaurant Suzie Wong, l’architecte Régis Botta nous plonge dans un univers chinois à la fois contemporain et rétro. Régis Botta a imaginé les lieux comme une cantine « néo-seventies ». Le restaurant dispose d’un rez-de-chaussée avec cuisine et bar mais aussi d’un sous-sol. Au RDC, la grande salle de restauration est ouverte sur la rue et bénéficie de la lumière naturelle. À la suite, une autre salle plus cosy est habillée de bois et de miroirs au bar. La couleur prédominante des espaces est le rouge de Chine. Ce rouge foncé se retrouve au sol et sur les grandes arches qui structurent l’espace. De grands rideaux de perles en bronze rythment les lieux en formant de sous-espaces. La pièce maîtresse du rez-de-chaussée est le plafond formé par des caissons en cannage et rétro-éclairé. On trouve également comme luminaires des néons et des lampes de table. La conjugaison de matières naturelles (pierre, bois des tables et des revêtements muraux, cannage) et de la couleur rouge renforce le côté chaleureux et feutré du restaurant. Au sous-sol, deux salles pensées comme une caverne avec les pierres apparentes offre une atmosphère plus intimiste. Le mobilier retenu est très seventies. Les chaises sont de couleur rouge orangé et dynamisent les lieux. Si vous passez dans le quartier de la Bastille à Paris, pensez à faire une halte chez Suzie Wong. Vous y dégusterez des plats traditionnels revisités qui vous transporteront, comme le décor créé, tout droit dans l’Empire Céleste.

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