Architecture, l'esprit du lieu

Embarquement immédiat

Par Nat Lecuppre, le 29 novembre 2024.
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OZ Boat de Bordeaux, c’est l’histoire d’une résurrection de l’épave d’un bac de 1933 abandonné dans les eaux de la Garonne. Mais ce projet est aussi une belle aventure humaine.

Renaissance d’un patrimoine.

Le groupe Café OZ a donné carte blanche à l’architecte David Dalidec pour redonner vie au bateau et le transformer en bar et restaurant.

Un challenge d’envergure.

Pour l’agence d’architecture David Dalidec, les enjeux étaient de taille. Elle a pris le parti de reconstruire à l’identique son architecture tout en la modernisant et en jonglant avec les contrastes, les contraires, les effets miroirs inversés, etc. L’architecte aime bouleverser et casser les codes et les repères classiques. Il aime réinterpréter les lieux.

OZ Boat est revu dans sa configuration. La timonerie devient le bar principal. Les coursives de l’avant vont à l’arrière pour permettre l’accès au pont supérieur, qui se transforme en rooftop avec une vue imprenable sur les bassins à flot. Ce dernier accueille une soucoupe spatiale signée de l’artiste Suzanne Trestier. La cabine DJ remplace l’ancienne cheminée ; 90 piliers sont déposés dans la cale pour laisser place à la cuisine, aux locaux techniques, aux sanitaires et à la cave à bière.

Étonner jusqu’à l’extrême.

David Dalidec aime jouer et surprendre. Son inventivité fait qu’il réalise toujours des lieux là où on ne les attend pas. Interpeller les visiteurs, telle est sa devise. Un jeu de trompe-l’œil métamorphose les toilettes en pool party. Ces derniers sont sous le niveau de l’eau, cela a permis à l’architecte de créer un espace en simulant la descente dans une piscine. Un escalier en inox, des pièces carrelées reprenant les codes des piscines municipales, des jeux de bandeaux LED bleus profonds… tous ces détails reproduisent une pool party comme en Australie.

Dans le prolongement des sanitaires, une cave à bière qui caractérise les Cafés OZ est visible à travers deux énormes hublots en verre. On les contemple comme si on regardait les moteurs de la piscine sous l’eau.

« Le trompe-l’œil est réussi, car énormément de clients demandent s’il s’agit vraiment d’une piscine… Pari gagné ! », souligne David Dalidec.

Pour les férus de selfies, de moments instagrammables, les clients peuvent se photographier dans les hublots de la cave à bière. La figure de proue créée trente ans auparavant est redesignée par Pierre Nègre. Chaque niveau (sous-sol, RDC et pont) fait 225 m2.

Une réhabilitation éco-responsable.

La construction de type Eiffel met l’acier à l’honneur. La rénovation est faite sur les chantiers du Grand Port Autonome de Bordeaux et avec une entreprise de construction métallique bordelaise. Le matériau primant dans ce projet est l’acier et différents alliages de 1920 et 2023.

« À notre échelle, c’est comme si nous avions construit une petite tour Eiffel ! », plaisante David Dalidec.

La démarche responsable fait partie de l’ADN de l’agence David Dalidec. Le réemploi, le recyclage sont les mots d’ordre. 700 m2 de vieux stocks de ponts de bateaux des ports français permettent de créer le pont de l’OZ Boat. Le bois de pays travaillé par un menuisier girondin est utilisé pour les mains courantes et les garde-corps. Au lieu d’une climatisation classique, une centrale double flux est mise en place. Des stores extérieurs et une isolation en fibre de bois rafraîchissent ou chauffent les lieux. Un réseau apparent tel un oléoduc afin de traiter les eaux usées est retenu. Il rappelle le passé industriel du port de Bordeaux. Dans une démarche de réduction d’impact carbone, les entreprises retenues pour le projet sont à 80 % locales.

Une attention particulière est portée à la lumière et à son impact énergétique. La nuit, elle met le bateau sous les feux des projecteurs. Les bandeaux LED à faible consommation se trouvent dans les mains courantes. Les coursives et divers accès sont éclairés avec des appliques hublots comme les ferries de Sydney.

La pose d’un vitrage à 360° permet aux clients de bénéficier d’une vue exceptionnelle sur la Cité du vin, le pont Chaban-Delmas et les quais de la ville.

Place à l’art.

Le groupe Café OZ a l’Australie dans son ADN. Le ferry de Sydney devient donc la source d’inspiration pour l’agence Dalidec. Le design, les codes couleurs de la coque, les éléments architecturaux du bateau sont pensés dans les moindres détails. L’art prend place. Un artiste bordelais réalise à la main les peintures décoratives. Un artiste espagnol crée des personnages en mosaïque et une toile aborigène australienne représente la Garonne et les bassins à flot.

Faire rêver et dépayser.

David Dalidec invite au dépaysement et au voyage. Le OZ Boat incarne toutes les valeurs et le savoir-faire de l’agence. À savoir : bien-être, rêve, identité affirmée, créativité, expérience riche, maîtrise des enjeux CHR, esthétisme, respect de l’humain et de la planète…

David Dalidec continuera à vous (em)mener en bateau. OZ Boat connaissant un franc succès, le groupe Café OZ a décidé d’inaugurer un prochain OZ Boat à Lyon et un autre à Lisbonne. 

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    Agence David Dalidec

    40, lieu-dit Le Peyrat

    33410 Sainte-Croix-du-Mont

    Tél. : +33 (0)5 57 98 35 71

    www.daviddalidec.fr

    OZ Boat

    Quartier des Bassins à Flot
1, quai Armand-Lalande

    Hangar G2
33000 Bordeaux

    www.cafe-oz.com

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 57
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    Architecture un lieu

    Devenir Agile à L’Occitane

    Par Nat Lecuppre, le 17 novembre 2023
    La méthode Agile (approche itérative de la gestion de projets et du développement) fait de plus en plus partie de l’organisation d’une société. En mettant l’humain au cœur de celle-ci, elle permet de fixer avec performance et en équipe des objectifs. Une valeur ajoutée pour le client et pour les collaborateurs. Méthode Agile Les points fixés sont atteints via la technologie et des processus personnalisés. La participation des clients est intégrée pour participer au développement d’un produit tout au long de l’avancement du projet. La nouvelle organisation de travail de L’Occitane a adopté la méthode Agile. C’est pour cette raison que les nouveaux bureaux parisiens du groupe, réalisés par Quadrilatère, se devaient d’être conviviaux, attractifs. L’accent a été mis sur le travail en équipe, la communication interdisciplinaire, l’harmonie globale et la cohésion. Des bureaux ouverts et dynamiques L’Occitane s’est installée au 17, boulevard Morland à Paris IVe. Les nouveaux locaux sont partagés avec les autres marques du groupe (Erborian, Melvita et Elemis) et le déménagement a permis à la société d’adapter les espaces aux nouveaux modes de travail. Le fil rouge du concept de Quadrilatère est le bien-être et le respect des engagements éco-responsables de l’Occitane. La nature fait partie de l’ADN du groupe. Les 2 200 m2 se répartissent sur deux niveaux : R+4 et R+5 et comprennent des espaces de travail par « territoire » ouverts et en flex-office, des salles de réunion, des bulles de 3 personnes, 200 m2 ­d’­espaces collaboratifs dont une Coisina au 4e avec cuisine, espace déjeuner, espace de réception, forum et une tisanerie au 3e. La Coisina, cuisine en Occitan, permet aux collaborateurs de se retrouver autour de grandes tables familiales et des alcôves pour travailler au calme. Le design et le mobilier L’osier, l’ocre, le bois, des assiettes décoratives chinées, des claustras en tuiles de terres cuites et des arches renforcent le côté chaleureux, végétal et provençal des lieux. L’art a pris place avec une fresque de l’artiste Franck Lebraly, qui incarne un sud suranné rappelant Klein et Cocteau. Des inscriptions peintes véhiculent les valeurs de la marque : « bien-être de tous », « impact positif », « indépendance des femmes », etc. Le site est en parfaite adéquation avec les valeurs de L’Occitane. Le bâtiment doté de 70 m2 de panneaux photovoltaïques sur les toits, d’un système de phytoépuration des eaux grises… possède les meilleures certifications et labels environnementaux (Breeam). La nouvelle adresse de L’Occitane permet d’encourager l’esprit d’entreprenariat, de créer conjointement, d’atteindre les objectifs et de répondre au mieux à la complexité des enjeux actuels. Avec l’agilité mise en amont, une nouvelle ère est apparue.
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    Architecture, l'esprit du lieu

    CAB ou l’art de vivre… l’art

    Par Lionel Blaisse, le 2 décembre 2024
    La fondation CAB de Saint-Paul-de-Vence héberge une vingtaine d’œuvres d’art minimal et conceptuel du collectionneur flamand Hubert Bonnet, des artistes en résidence, des expositions temporaires et… quelques amateurs d’art(s) de vivre. À mi-chemin entre La Colombe d’or et la Fondation Maeght, ce satellite de la fondation CAB bruxelloise synthétise leur vocation respective : promouvoir l’art tout en sustentant et logeant ses visiteurs. Rénové par Charles Zana, le superbe bâtiment des années 1950 offre désormais plusieurs espaces d’exposition, une librairie-boutique, un restaurant, cinq chambres d’hôtes dont une investissant une maison démontable de Jean Prouvé. De la finance à l’art. Spécialisé dans la rénovation de l’immobilier de luxe, Hubert Bonnet n’est pas le premier homme d’affaires collectionneur. Vivant depuis deux décennies à Verbier, en Suisse, pour mieux assumer son amour de la montagne, ce quinquagénaire passionné de mathématiques et d’architecture des années 1930 aux seventies s’est ainsi laissé séduire par la radicalité du courant minimal et conceptuel belge et international. Lorsqu’il a décidé de montrer sa collection, il a imaginé une fondation à but non lucratif conçue comme une plateforme d’échanges autour de ce courant artistique. Pour ce faire, il a investi en 2012 un ancien entrepôt de 800 m2 de style Art déco, construit dans les années 1930 pour l’industrie minière non loin du cadre idyllique des étangs d’Ixelles. Sous l’étonnante voûte en charpente métallique, il organise également chaque année deux expositions majeures dont les œuvres proviennent d’autres institutions (collections privées, musées et galeries) ou ont été créées in situ par des artistes invités. Neuf ans plus tard, il se rend acquéreur de la très belle maison à l’architecture moderniste très fifties ayant abrité à Saint-Paul-de-Vence la galerie d’art contemporain figuratif de son compatriote belge Guy Pieters. Ouverte à l’été 2021, cette antenne méditerranéenne est venue logiquement s’inscrire dans le réseau Plein Sud fédérant 71 musées 1, centres d’art 2 et fondations 3 implantés entre Sérignan et Monaco. Il vient d’achever la restauration de la Villa Paquebot érigée à Knokke-le-Zoute par Louis-Herman de Koninck, meublée de mobilier d’Alvar Aalto, abritant des œuvres de Donald Judd, Robert Mangold et du maître du Land Art Richard Long (dans le jardin). Ainsi amorce-t-il son futur fond durable d’architectures de collection des années 1930 à 1970. Cette passion architecturale ne s’était-elle pas déjà manifestée au travers de sa société Bibihome qui « bien plus qu’une plateforme de location de vacances met à disposition – de Paris à Genève – des résidences de villégiature d’un prestige inouï, rénovées et mises en scène par la fine fleur des architectes et architectes d’intérieur belges et français ». Saint-Paul devance. La fondation CAB devance sur la route son illustre ainée ouverte en 1964 par les galeristes Marguerite et Aimé Maeght dans un bâtiment dessiné par Josep Lluis Sert, dont l’agrandissement en sous-œuvre mené par Silvio d’Ascia sera inauguré pour l’été. Impossible de rater depuis la chaussée en pente – en arrière-plan d’un jardin méditerranéen en restanques – sa façade immaculée en redans arrondis où s’enchâsse une alternance de meurtrières et de larges baies vitrées à menuiserie métallique anthracite. Une œuvre
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Louez en seigneurs du désert à… AlUla

    Par Lionel Blaisse, le 5 janvier 2024
    Au nord-ouest de l’Arabie saoudite, les oasis de la vallée d’AlUla – aussi vaste que la Belgique – accueillent depuis peu les touristes, plusieurs millénaires après les premiers chasseurs-cueilleurs du paléolithique. Au carrefour des civilisations, plusieurs royaumes y ont laissé des trésors archéologiques dans des paysages naturels époustouflants. La pétromonarchie saoudienne s’est associée à la France pour développer cette région et l’ouvrir au tourisme. Enseigne de luxe singapourienne entrée dans le giron du Groupe Accor, Banyan Tree vient d’y ouvrir un glamping1 des plus « tentants » imaginé par l’agence parisienne AW2. Un site naturel béni des dieux Cette immense vallée – située à 150 km de la Mer Rouge et à une altitude de 700 m – alterne dunes, pitons de grès ou de basalte et oasis grâce à des nappes aquifères à une dizaine de mètres de profondeur. Traversée par la route de l’encens, commerçants, agriculteurs et éleveurs s’y sédentarisèrent il y a 2 600 ans. Dadan en fut la capitale avant que la tribu de Lihyan n’y établisse son royaume. Puis elle devint, à l’orée de notre ère, la province orientale du royaume de Nabatène – connu à ce jour pour les célèbres nécropoles rupestres de sa capitale Pétra en Jordanie. Ainsi, la ville saoudienne d’Hegra ne compte-t-elle pas moins de 1 100 tombeaux nabatéens similaires, non moins spectaculaires. Elle appartint à l’empire romain puis entama sa période islamique marquée par la présence ottomane avant d’intégrer l’Arabie saoudite (province de Médine) dès sa création en 1932. Ainsi jouit-elle d’un patrimoine naturel, archéologique, culturel2 et agricole exceptionnel que compte valoriser le plan Vision 2030 arrêté en 2016 par le gouvernement afin d’anticiper la sortie de la rente pétrolière du royaume. Camping glamour C’est sous la bannière de l’enseigne singapourienne Banyan Tree que le groupe Accor a choisi de contribuer à ce projet co-piloté par la Commission Royale pour AlUla et l’Agence française pour le développement d’AlUla (Afalula)3. Son complexe hôtelier s’est implanté dans la vallée d’Ashar – au pied de pitons rocheux ocre rouge à une quinzaine de kilomètres d’Hegra – non loin du Maraya Hall. Cette très récente salle d’exposition, de conférence et de spectacle est actuellement le plus grand édifice au monde entièrement habillé de miroirs. Mais pas question de succomber ici aux délires et à la démesure des architectures hôtelières des émirats du golfe persique. Stéphanie Ledoux et Reda Amalou, les fondateurs de l’agence parisienne AW2, défendent depuis vingt-cinq ans au travers de très nombreux projets réalisés à l’étranger4, dont plus d’une dizaine d’hôtels de luxe et d’éco-resorts, une architecture fusionnelle épousant les cultures locales et se fondant respectueusement dans la beauté de leurs sites balnéaires, alpins, tropicaux ou désertiques. Ils vont donc y emprunter leur concept à la culture bédouine en proposant de disséminer – sans s’y perdre – dans cette étendue de sable 47 tentes abritant, ombrageant, rafraîchissant les unités d’habitation (d’une à trois chambres). Afin de réduire leur empreinte « furtive » dans le paysage, ces dernières sont « composées d‘une plateforme très simple, avec une structure en maçonnerie enduite dont la teinte et la matière évoquent les rochers

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