Urbanisme

Flamboyante reconversion

Abonnés
Par Lionel Blaisse, le 9 juin 2025.
Image
DR

Depuis plus de deux décennies, la fermeture de nombreuses casernes a permis aux villes de se reconstruire sur elles-mêmes. Feue la caserne des pompiers Dumé-d’Aplemont au Havre abrite désormais 121 logements.

Mondialement connue pour son centre entièrement reconstruit par l’Atelier d’Auguste Perret, la ville du Havre se consacre au renouveau urbain du quartier Danton, heureusement épargné par les bombardements. Si l’ancienne prison a récemment cédé la place au pôle socioculturel et sportif Simone-Veil flambant neuf conçu par K Architectures, la caserne voisine – abandonnée en 2014 par les soldats du feu et rénovée par le Groupe Franc – accueille aujourd’hui une résidence séniors et 40 logements en accession pour jeunes actifs et familles, ainsi qu’une galerie d’art.

Havre de… paix.

En 1517, le roi ­François Ier crée à l’embouchure de la Seine Franciscopolis, un port d’où défendre ses côtes et alliés, partir à la conquête des nouveaux mondes et « faire havre aux vaisseaux naviguant sur la Mer Océane ». La future ville du Havre aura ainsi pour devise « Nutrisco et extingo », à savoir « Je soutiens, j’anéantis ».

En 1920, l’architecte normand William Cargill livre à l’angle des rues Bougainville et Dumé-d’Aplemont une vaste caserne de pompiers de 8 141 m2 à l’architecture de briques et de pierres de taille dans le style « pompier »-Art nouveau ! Commandée par une grille encadrée de deux piliers coiffés de deux casques, la monumentale cour pavée rectangulaire théâtralise quelque peu le corps de logis principal dont les quatre premiers étages se voient couronner par un double attique intégrant une horloge et deux tourelles. Deux ailes latérales (R+3+combles) parachèvent le U auquel les arches en terre cuite du socle confèrent son unité. Une centaine de familles y résidaient.

L’édifice constitue un des rares témoignages patrimoniaux ayant été épargné par les bombardements alliés du 5 septembre 1944. Lorsque que se profila le déménagement des soldats du feu effectif en 2014, la municipalité – propriétaire du bâti – y vit l’opportunité d’offrir au quartier – en pleine procédure de rénovation urbaine – de s’approprier un lieu d’exception, via une opération résidentielle intergénérationnelle.

Galerie d'images (21)
    Partagez cet article autour de vous
    Facebook
    Twitter / X
    LinkedIn
    Pinterest
    E-mail
    À découvrir
    Image
    Architecture, l'esprit du lieu

    2050 Coffee, plus qu’un simple coffee shop

    Par Sipane Hoh, le 21 juillet 2025
    À Kyoto, TEKI design crée 2050 Coffee en réponse à la crainte que, d’ici 2050, nous ne puissions plus déguster de café comme aujourd’hui, en raison de divers facteurs tels que le changement climatique et les conditions de travail. C’est une véritable plateforme d’apprentissage sur l’avenir du café qui a été ainsi élaborée selon une architecture épurée et un design tout en sobriété. 2050 Coffee est un café minimaliste en libre-service situé à Kyoto, conçu pour sensibiliser aux enjeux de durabilité liés à l’avenir de cette boisson. Selon l’agence d’architecture intérieure TEKI Design, ce nouveau lieu vise à interroger le « problème du café de 2050 », c’est-à-dire la possibilité d’une pénurie mondiale de café en 2050 provenant d’une possible diminution des zones propices à la culture du café. Tatsuya Nishinaga, le fondateur de TEKI Design, admet que la pratique actuelle consistant à déguster ce breuvage dans les cafés pourrait devenir, pour diverses raisons, un luxe. Selon le designer, les cafés pourraient changer leur approche traditionnelle en brouillant les frontières entre clients, employés et producteurs afin de créer un espace où ils peuvent interagir. Au lieu de définir l’identité ou la façade du café, il propose de tracer des fonctions comme des petits points pour former un contour. D’où la création d’un lieu où les clients viennent pour apprendre sur l’avenir du café. 2050 Coffee s’étend sur deux niveaux ouverts et présente de grandes fenêtres rectilignes sur sa façade, révélant un intérieur monochrome. À l’intérieur, des murs gris lisses créent un arrière-plan pour des comptoirs incurvés et éclairés en plaques de polycarbonate ondulé, favorisées pour leur aspect courant, économique et familier. « Bien que ce matériau soit souvent utilisé pour les toits en appentis en raison de son faible coût et de son accessibilité, il a la particularité de refléter magnifiquement la lumière. Un simple changement d’emplacement et de présentation peut créer une impression différente. Nous espérons que les comptoirs segmentés, éclairés et mis en valeur, seront en phase avec le message de « 2050 Coffee », explique Tatsuya Nishinaga. Les comptoirs sont équipés d’écrans lumineux en libre-service reliés à d’élégants robinets argentés qui produisent cinq types de café filtre « durable » en environ dix secondes. Du polycarbonate a également été appliqué à l’entrée du café pour créer une grande enseigne ronde ornée du logo 2050 Coffee, qui fait office de balise quand elle est visible de loin. À l’extrémité du rez-de-chaussée a été aménagé un petit coin salon doté de banquettes, tandis qu’à l’étage des sièges plus sombres ont été disposés à côté d’une série d’étagères peu éclairées, présentant divers accessoires pour le café. Les étagères se reflètent dans des miroirs allant du sol au plafond, choisis pour ajouter à l’atmosphère futuriste du café. « Chez 2050 Coffee, nous avons repensé notre service et introduit des distributeurs automatiques de café. Au lieu de baristas préparant le café, nous proposons désormais des distributeurs automatiques qui préparent rapidement et automatiquement un délicieux café à un prix abordable. Cette approche libre-service réduit non seulement les coûts de main-d’œuvre, mais aussi le temps de préparation du café, ce qui favorise les interactions entre les clients et
    Image
    Architecture, l'esprit du lieu

    L’élégante signature de Corpus Studio

    Par Sipane Hoh, le 4 février 2025
    Fondée par Konrad ­Steffensen et Ronan Le Grand, Corpus Studio a réalisé à Paris un intérieur dépouillé à la fois chic et gracieux pour un client amateur de design et d’architecture. Agrémenté d’une multitude d’œuvres, l’appartement haussmannien entame ainsi une nouvelle existence. C’est l’histoire d’un pied-à-terre parisien qui a été confié à Corpus Studio. Un appartement haussmannien dans un quartier parisien caractéristique non loin de la tour Eiffel et de la Seine. Outre son emplacement, la résidence possède plusieurs qualités, comme par exemple ses deux grands balcons qui lui octroient non seulement une vue imprenable sur la capitale mais aussi une grande luminosité. Le duo d’architectes, après avoir découvert les lieux, pensait abattre toutes les cloisons pour en faire un espace généreux, mais cela pouvait dénaturer le lieu. Ainsi, un concept plus classique qui respecte la distribution originelle tout en apportant un coup de neuf a été privilégié. L’agence d’architecture et de design basée à Paris possède plusieurs références en la matière. De ce fait, les architectes ont élaboré au sein de la résidence un circuit intérieur qui accompagne l’existant et le magnifie. Plusieurs formes géométriques y ont fait irruption comme l’entrée théâtralisée par des jeux de parois en oblique ou encore l’alcôve en demi-cercle accueillant une banquette intégrée. Habitués à mettre en avant les différentes particularités d’un lieu ainsi que les formes et leur proportion, la spatialité et la lumière tout comme les textures et les matières, les architectes ont créé un intérieur qui se caractérise par un agréable jeu de voilages et de stores vénitiens. « L’appartement est situé dans les derniers étages avec une très belle vue, de grands balcons, orienté vers le sud, la luminosité était même très intense, nous avons essayé de tamiser cette lumière crue à travers des stores et du voilage, », souligne Ronan Le Grand. Grâce aux teintes havane du parquet et les tons pastel des murs, un univers à la fois chaleureux et apaisé est mis en avant. Rappelons que Corpus Studio privilégie le travail collaboratif ; dès leur début dans le métier, les hommes de l’art se sont entourés d’un réseau d’artisans, d’ingénieurs et de consultants spécialisés pour les accompagner dans leurs réalisations empreintes de justesse et de sensibilité. « Dans cet appartement, on a essayé de mélanger, d’apporter de la richesse par le jeu de dialogue, confronter des objets de différentes périodes. Nous avons des objets des années 1930, 1970, très contemporains ; on a tenté la confrontation des genres et des époques, c’est ce qui nous stimule, nous aimons proposer des arrangements décalés auxquels on ne s’attendrait pas mais qui peuvent fonctionner, cela donne une dynamique au projet », raconte l’associé de Corpus Studio. Dans le salon, nous pouvons découvrir un mobilier éclectique comme le sofa en velours noir tout en rondeur signé Pierre Augustin Rose, la chaise en contreplaqué aux couleurs acidulées d’Ettore Sottsass et la table en céramique de Maarten Stuer, tandis qu’au mur les panneaux en chêne « Buste de femme » de Jean Touret font sensation. Une certaine dynamique inattendue se dégage de la juxtaposition d’époques et de styles. Les architectes ont repensé entièrement la cuisine
    Image
    Architecture, l'esprit du lieu

    Sur les traces d’un précurseur

    Par Nat Lecuppre, le 1 novembre 2024
    Le psychologue américain Abraham Maslö a révolutionné dans les années 1960 le monde du travail lors de l’apparition des open spaces. Précurseur, il avait fait le lien entre les motivations du collaborateur et les besoins de l’entreprise. Son approche humaniste a hiérarchisé les motivations en cinq catégories qui ont été schématisées sous forme de pyramide. Les besoins physiologiques sont la base, et le sommet est l’accomplissement de soi en passant par la sécurité, l’appartenance et l’estime. La philosophie de Maslö n’a jamais été aussi adaptée qu’aujourd’hui au secteur tertiaire. Les espaces de travail conçus de nos jours tiennent compte des besoins identifiés par Maslö. Lors de l’aménagement des espaces Covivio, situés au 9, place Marie-Jeanne-Bassot à Levallois-Perret (92), on retrouve tous ces fondamentaux. Métamorphose d’un immeuble. Le projet appelé Maslö est une lourde restructuration d’un immeuble tertiaire des années 1970 devenu obsolète. La demande de Covivio était d’en faire un site moderne et représentatif des attentes actuelles des collaborateurs. Pour cette réhabilitation, l’agence DGM & Associés a signé l’architecture de l’immeuble. Quant à l’aménagement intérieur, Covivio a fait appel à l’architecte d’intérieur et designer Jean-Philippe Nuel. Le projet incarne la politique de développement de la foncière Covivio. Celle-ci réinvente son patrimoine suivant deux axes : la création de valeur et l’amélioration de sa performance environnementale. Maslö, c’est avant tout 20 000 m2 d’espaces de vie et de travail sur six étages mais aussi 1 100 m2 d’espaces extérieurs. Pour Covivio, propriétaire de l’immeuble, les objectifs étaient l’épanouissement et l’accomplissement de soi sur son lieu de travail. Une architecture intemporelle. DGM & Associés fonde son concept sur l’intemporalité et sur l’ouverture. De nombreuses surfaces vitrées permettent à la lumière naturelle d’inonder les lieux. Les ouvertures favorisent la connexion des utilisateurs avec l’extérieur. Un poumon vert est créé avec un îlot paysager. Des terrasses végétalisées soulignent la présence de la nature sur le site. Des codes hôteliers repris. Jean-Philippe Nuel, connu pour ses projets hôteliers haut de gamme, reprend les codes de l’hôtellerie et les applique dans ce projet tertiaire. Son concept est de procurer des espaces chaleureux, fonctionnels et de qualité. Les formes enveloppantes sont favorisées ainsi que les matériaux naturels. Le rez-de-chaussée se devait d’être un espace dynamique, fédérateur pour toutes les entreprises ayant pris leurs quartiers dans l’immeuble. Ces dernières ont agencé chacune leurs propres bureaux. Deux entrées opposées desservent le RDC et régulent les flux de circulation. Le restaurant d’entreprise est pensé pour être un lieu de vie animé tout au long de la journée. Il est convivial et relié au patio intérieur. On s’y retrouve pour une pause, lors d’un repos, pour du coworking… Art et nature. Le patio renforce le bien-être des utilisateurs. Les espaces verts se retrouvent également dans le hall, les espaces intérieurs, le restaurant… Les cloisons vitrées soulignent la présence de la nature dans les lieux. Une attention particulière est portée à la lumière. Mathieu Girard et Gauthier Pouillart de Cocorico Paris ont travaillé sur la double hauteur du hall et l’entrée de l’immeuble depuis la rue. L’art se retrouve également avec les créations graphiques de Musco et Lysanne Kollet d’Art Consult. L’art prend place et donne une identité forte à l’immeuble. Il adhère

    Laisser un commentaire

    5 × 4 =