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Architecture un lieu
Granitrans une histoire de famille

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Cet article est paru dans le nda #58 et sa consultation est réservée aux abonnés
Showroom Granitrans
11, rue des Sablons
94478 Boissy-Saint-Léger
Tél : +33 (0)6 49 81 57 95
Arik Levy art & design studio
29, rue des Panoyaux
75020 Paris
Tél. : +33 (0)1 44 78 61 61
Arik Levy sculpture park
06570 Saint-Paul-de-Vence
Retrouvez cet article dans le nda numéro 58

Retail et Résidentiel
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Numéro en cours
Nº63
Spécial Santé, Bien-être, Bien-vivre

Novembre — Décembre 2025 — Janvier 2026
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À découvrir

Micha, Ode à la féminité
Par Nat Lecuppre, le 24 mars 2023
L’architecte d’intérieur Adriana Schor et son agence Iconique Studio viennent de rénover la célèbre maison de prêt-à-porter Micha, située au 25 rue Marbeuf dans le 8e arrondissement de Paris. Iconique Studio a eu pour mission de redorer le blason de la maison après dix ans d’existence en créant une charte graphique et un nouveau logo (un soleil brillant, en clin d’œil au tempérament de sa propriétaire) et par la mise en place d’une palette de couleurs. Le concept de rénovation L’architecte a imaginé un univers ultra-féminin aux couleurs pastel qui se conjuguent à la perfection avec le chêne clair. Les 175 m2 de la boutique ont été optimisés, prenant en compte les moindres détails. Les rangements sont décoratifs et fonctionnels, comme un dressing. Des meubles bas en chêne clair, dessinés sur-mesure et disposés dans les alcôves, sont dotés de boutons provenant de meubles chinés qui apportent une douce note vintage. Des totems de différentes hauteurs en cannage laqué mat subliment les modèles des créateurs présentés. Adriana Schor sait parfaitement jouer avec les matières et les coloris. Une déclinaison de rose Gustavien au vert amande souligne l’ambiance boudoir, intime et chaleureux. La boutique invite à la convivialité avec un bar et un espace lounge. L’ambiance féminine est accentuée par le choix du mobilier aux formes arrondies et aux teintes poudrées. Le velours rose de chez Casamance est omniprésent. Le papier peint fleuri réalisé sur-mesure affiche un camaïeu de roses et ponctue les murs de peinture blanc mat. Au sol, un parquet en point de Hongrie confère une certaine intemporalité. Une attention particulière a été portée à l’éclairage. La lumière diffusée renforce le côté intime et feutré des lieux tandis que des gorges lumineuses dissimulées au-dessus des rideaux théâtralisent l’espace. Tout est léger et aéré. La création d’une ambiance olfactive agrémente encore ce précieux écrin et plonge les clientes dans un cadre de confort et de bien-être qui leur est dédié.

Un nouveau TIP architectural angevin
Par Nat Lecuppre, le 31 mai 2024
La tour TIP est une œuvre architecturale qui marque l’entrée de ville d’Angers et qui la fait entrer dans une ère plus contemporaine. Les promoteurs Open Partners et Atao sont à l’initiative de ce projet. De ses 48 mètres de haut et ses 13 étages, tel un phare, elle devient un repère dans le ciel angevin. Ce projet est signé de l’agence d’architecture Frédéric Rolland & Associés. Un repère dans la ville. À l’entrée du plateau des Capucins, tous les regards sont attirés par l’exosquelette de la tour TIP en béton autonettoyant éco-responsable. Ce dernier lutte contre la pollution par des réactions oxydo-réductrices qui décomposent les polluants. Cette solution permet de réduire de 80 % les oxydes d’azote nocifs pour la santé. La tour semble légère avec cette forme architecturale en dentelle blanche. Pour Jean-Marc Verchère, maire d’Angers, TIP rappelle un arbre en mangrove aux racines entrelacées de lumière. L’ensemble est constitué de trois immeubles avec une résidence services pour étudiants et jeunes actifs, un Hyper Lieu® exploité par Digital Village, comprenant une salle événementielle et un Café du Village, des lieux de vie et de restauration ainsi qu’une résidence d’hébergement pour les jeunes familles, chercheurs et enseignants. Cette dernière dispose de 42 appartements (2 500 m2) et la résidence services de 183 logements (5 000 m2). L’hyper lieu (comprenant l’espace événementiel et le Café) fait 1 500 m2 et sur 900 m2 se répartissent des commerces et un bar-restaurant. Le travail au sein de TIP. L’hyper lieu de TIP est pensé pour favoriser les rencontres, les échanges, la formation et le travail collectif… Cet écosystème permet à chacun de développer ses réseaux professionnels. Le Digital Village est un modèle de coworking dédié au numérique. Tous les occupants, indépendants ou entreprises, ont pour point commun le digital. On trouve dans le même espace toutes les compétences pour former, accompagner l’emploi et aider dans la transformation digitale. Tous les occupants sont tournés vers l’innovation, la recherche et le développement. Ce lieu hybride mixe travail et services. Un espace événementiel dédié à diverses manifestations favorise le lien social. La nature prend place dans ce projet avec une terrasse paysagère sous forme de jardin suspendu (291 m2 + 140 m2 de terrasse). La végétation retenue est celle des maquis hauts occidentaux méditerranéens. Le projet de la tour Tip est novateur. Il a été primé avec le Grand Prix National des Pyramides d’Or.

Archaïsme et brutalisme sur la cène berlinoise
Par Lionel Blaisse, le 2 septembre 2024
Conçue en pleine pandémie, la « cénographie » imaginée par le Studio Vaust pour le Jigi Poke – « faste-food » hawaïen en plein Mitte berlinois – fait preuve d’un dépouillement semblant invoquer « l’essence des choses » si chère à Brancusi ! Le studio créé en 2018 par David Kosock et Jœrn Scheipers embrasse sans hiérarchie l’architecture intérieure, le design d’objet et la direction artistique. Ils défendent une esthétique vibrante et brutaliste dont les juxtapositions inattendues font la part belle aux matériaux naturels ou industriels peu onéreux. Faim du monde ? Imaginer un lieu de partage culinaire exotique en plein confinement urbain, à l’heure où certains envisageaient déjà la fin de notre monde, tenait du paradoxe. Alors pourquoi ne pas étendre la distanciation physique, alors de mise, à l’imaginaire indigène ? Seule une très belle photographie noir et blanc d’un pêcheur polynésien assis sur un rocher « épuise » le cliché ! Si les plats proposés font l’éloge du nomadisme, le mobilier se l’interdit. Investissant la proue de ce pas de porte laissée brute de décoffrage, deux longues et larges tables en béton toutes aussi inamovibles que les blocs de pierre brute juste dégrossis faisant office de tabourets constituent un cénacle sanitaire. Quelques plots de bois à peine équarris ou sommairement taillés complètent les assises. Même les grands rideaux de lin immaculés suspendus à leurs tringles cintrées partitionnant l’espace, l’enduit ton pierre des murs ou le béton ciré du sol confèrent au lieu des allures de l’atelier de Constantin Brancusi dont les socles auraient été dépouillés de leur sculpture, à l’exception de l’étrange roche pivotant en lévitation dans la vitrine à l’angle de Rosenthaler et Linien Strasse ! C’est d’ailleurs elle qui constitue l’identité visuelle du restaurant. La dérive des condiments. Deux parallélépipèdes d’inox, dont la dérive semble être contenue par une angulaire cale en béton coulé comme en partie dévorée par les assauts climatiques, tiennent lieux de pôles commande et préparation des bowls et autres mets figurant sur la carte imprimée sur la paroi derrière la caisse. Juste un vitrage sépare le cuisinier de la clientèle. Le dais du faux-plafond intégrant l’éclairage et dissimulant partiellement l’enchevêtrement des gaines d’extraction théâtralise son aire de travail. Né de peurs ancestrales, de la hantise de l’invisible, ce décor de paradis perdu et aride suscite paradoxalement un sensuel et gourmand frisson mystique !
