Architecture, l'esprit du lieu

Larguez les amarres à Carry-le-Rouet

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Par Nat Lecuppre, le 4 avril 2025.
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© Nicolas Anetson

L’agence Architecture 54, fondée par Pascale Bartolli et Thierry Lombardi, vous invite à jeter l’ancre à l’Hôtel Bleu à Carry-le-Rouet.

L’agence à l’architecture innovante et authentique recherche sans cesse à s’imprégner des lieux pour en faire rejaillir la beauté naturelle. Chose compréhensible quand on sait que Pascale Bartolli est membre de la Commission des Sites Nature et Paysage du Var.

Plongez dans l’univers nautique.

L’hôtel est situé sur le port de Carry-le-Rouet (13), et ses trois étages offrent une vue panoramique exceptionnelle. Les architectes ont trouvé leur source d’inspiration au Latitude 43 à Saint-Tropez. L’édifice de 1932 signé Georges-Henri Pingusson a marqué l’architecture contemporaine avec sa silhouette de bateau. Il a inauguré le style Paquebot. L’Hôtel Bleu bénéficie donc de cette architecture. Il est une ode à la mer et au ciel, au bleu de la Méditerranée.

Bleu à l’horizon.

Beaucoup d’espaces donnent sur la mer tels que le salon de réception, le restaurant et le club de jazz, la terrasse avec son bar d’été et la piscine. Le fil conducteur du projet d’Architecture 54 est la couleur bleue. Le bleu de la mer et du ciel se conjugue avec celui des intérieurs. Toutes ses nuances sont déclinées. Le graphiste Thomas Cantoni a imaginé le logo dans la même ligne, nautique et moderne. Le bleu est vécu sous toutes ses versions culturelles avec des références aussi bien de peintres ou de cinéastes (Yves Klein, Le Grand Bleu de Luc Besson, Pierrot le Fou de Jean-Luc Godart, la promenade des Anglais…). Tout est mis en scène pour offrir une vue sur le large.

Visite des lieux.

L’Hôtel Bleu dispose de 44 chambres et suites, d’un restaurant, de deux bars et d’un spa Phytomer. Le bar Nina, à l’esprit Nina Simone qui élut Carry-le-Rouet pour sa dernière demeure, est un lieu de jazz. Le comptoir est habillé d’une céramique lapis qui ondule tout autour. Le Fernand est à l’extérieur, près de la piscine, et invite à la fête.

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    Hôtel Bleu****

    1, boulevard des Moulins

    13620 Carry-le-Rouet

    www.hotelbleucarry.com

    Architecture 54

    54, rue Edmond-Rostand

    13006 Marseille

    Tél. : +33 (0)4 94 25 87 08

    Tél. 06 61 34 66 80

    www.architecture54.com

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 59
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    Un nouveau leafting pour Pong

    Par Nat Lecuppre, le 13 janvier 2025
    Pong, le mythique IGH du 15e arrondissement de la capitale a connu une reconversion totale signée des agences Calq et Bond Society pour le compte de Covéa Immobilier. L’immeuble situé au 42, rue Cambronne, datant des années 1970 et construit par l’architecte Marcel Roux, devient avec une réhabilitation de grande envergure un site mixte qui allie coliving, coworking et ERP. L’ancien siège social d’Adoma y avait pris adresse. Une restructuration remarquable. La façade en panneaux béton préfabriqué recouvre les différents volumes. L’édifice est constitué de trois volumes superposés. On trouve un socle émergeant légèrement de la rue, une barre et une tour. Ils se distinguent par des étages en joints creux. Chaque zone créée bénéficie d’espaces extérieurs. Les bureaux sont dans le volume horizontal. Le rez-de-chaussée est ouvert sur la ville. Les sous-sols sont revus et accueillent en double hauteur des activités ouvertes au public. Quant au volume vertical, il abrite des logements en coliving. Le site s’adapte aux nouveaux modes de vie. Pong propose aux jeunes actifs des usages de logements partagés et des espaces de travail en commun pour les jeunes entreprises. 1 100 m2 d’activités sont ouvertes au public (ERP 3e catégorie) avec un local associatif et pour un café. Espaces de coliving. Signés par Colonies, une startup, les espaces de coliving sont dans la partie supérieure, du R+5 au R+13. Un rooftop chapeaute le tout. L’agence Bond Society a accompagné Colonies pour mieux intégrer les nouveaux usages aux lieux. Les architectes ont proposé différentes strates d’intimité. Les espaces se répartissent en trois catégories. On a des espaces partagés avec les paliers, salle de sport, laverie…, des espaces semi-privés avec un salon séjour en commun dans les logements et espaces entièrement privés avec des appartements individuels. L’implantation des logements est faite autour du noyau du bâtiment. Le confort des résidents est pris en compte. Le plancher est renforcé, des cloisons acoustiques sont installées entre chaque chambre. Huit appartements en duplex sont imaginés. Ils proposent douze grandes chambres avec salle d’eau (16 à 32 m2) et sont dotés d’un espace de vie avec une loggia double hauteur. Certaines chambres possèdent un coin cuisine. Le mobilier a été dessiné par l’agence Bond Society et permet plus d’usages sur mesure (bureaux, rangements, assises…). L’offre de coliving est complétée de 30 % de logements intermédiaires à des loyers attractifs. Un incubateur de nouvelles technologies Les espaces de coworking ont été pensés comme un lieu d’échange entre différentes générations, multi-activités. Les trois premiers étages sont livrés bruts. Ils sont décloisonnés et dotés d’une hauteur sous plafond optimisée. Le +4 (en joint creux entre volumes) définit le squelette de l’architecture de Pong. De grandes baies vitrées le long de la façade laissent la lumière naturelle inonder les lieux tout comme au rez-de-chaussée. Au R+1, R+2 et R+3, les vues vers l’extérieur dès les paliers sont offertes grâce à la mise en place de châssis intérieurs toute hauteur dans les circulations. Place à des espaces extérieurs. Le rez-de-chaussée est vitré et apporte de la légèreté au volume en retrait. Il est entouré d’espaces végétalisés (2 000 m2) accessibles aux usagers. La nature est également présente au R+4 avec une immense terrasse
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    Ode à la joie au plaisir et à l’art à Nice

    Par Nat Lecuppre, le 4 décembre 2024
    Nice, berceau de la créativité et du talent artistique, accueille dans le quartier Riquier le onzième Mama Shelter de France. L’établissement est une invitation à la fête, à la gourmandise et à la surprise. Benjamin El Doghaïli, designer et responsable du studio de création des Mama Shelter, a trouvé son inspiration dans le passé artistique et l’histoire de la ville. « Je connaissais Nice surtout à travers les œuvres de nombreux peintres qui s’y sont installés, subjugués par sa lumière à nulle autre pareille, ses ciels marbrés de bleus, ses couleurs très italiennes. » Benjamin El Doghaïli L’établissement est situé à proximité du Vieux Port, du centre historique, du tramway qui dessert gare et aéroport. Le Mama Shelter de Nice se répartit sur trois immeubles. Un du début du XXe voit sa façade préservée. Il accueille les vacanciers, la clientèle d’affaires mais aussi les Niçois et les Niçoises. Les lieux se veulent comme tous les autres Mama Shelter, conviviaux, chaleureux, joyeux, des points de rencontres et d’échanges avec un cadre reprenant l’ADN de la ville où ils sont implantés, mais avec une touche de contemporanéité en plus. Le concept architectural. Pour ses décors, Benjamin El Doghaïli a été influencé par les palettes, les motifs, les sujets et les collages de Matisse. Il a repris aussi les oiseaux de Braque et les céramiques de Picasso (époque Vallauris). Pour renforcer l’ambiance méditerranéenne, le designer a pris en compte les décors du Sud avec le linge accroché aux fenêtres, les étals de marchés, les ruelles secrètes de la vieille ville… sans oublier les rires, les parfums, les cris. Il a joué avec les couleurs et est parti d’une toile blanche pour créer ses décors. Le blanc symbolisant les façades de la Méditerranée est devenu son fil conducteur dans ce projet. Le blanc est réhaussé de touches de couleur mais aussi de fresques peintes à la main. Le lobby est animé par de grandes glaces et ponctué d’immenses tentures de l’artiste Kate Mary. Benjamin El Doghaïli joue avec les matières, les matériaux et les coloris. Il marie le safran, l’ocre rouge, le bleu outremer, le vert olive niçois avec les palettes des impressionnistes. Il a fait appel à des artistes et des artisans pour agrémenter les lieux et surprendre. Avec Lola Mercier et Beniloys, il a parsemé les espaces de fruits, fleurs et légumes sur les colonnes réhaussées de chapiteaux en plâtre. Ces derniers sont fleuris selon les saisons avec des tournesols, de la lavande, du blé coquelicot… Ainsi, les lieux sont animés et changent au fil des mois de l’année. Ils sont semblables à une nature morte de Van Gogh. Au restaurant, un bar en bois d’olivier est posé sur des tommettes. Des sculptures lumineuses suspendues font un clin d’œil aux ruelles siciliennes lors des jours de processions religieuses. Pour la décoration des 102 chambres, on retrouve le blanc taloché aux murs. Les lieux ensoleillés par les rideaux ocre, un sol créé par l’artiste Laurelin Gaillot rappelant le pointillisme, les salles de bains en céramique rose poudré du sol au plafond… autant de détails pour renforcer le bien-être des hôtes. Benjamin, l’un des deux fils de Serge Trigano, a visité
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    Portlantis, né d’un contexte, le regard vers le large

    Par Sipane Hoh, le 4 février 2026
    Dans le port de Rotterdam, se trouve un monument hybride, ni officiellement un musée, ni véritablement un point d’information, mais un entre-deux monumental, une curiosité savante portant la signature de MVRDV. C’est aussi un manifeste architectural où le visiteur, avide de découverte, ne reste point sur sa faim. À 44 km à l’ouest du centre de Rotterdam, sur le terrain de la Maasvlakte 2 artificiellement gagné sur la mer, à l’extrémité occidentale du port, se dresse Portlantis. Dans ce paysage très caractéristique où se côtoient d’innombrables entrepôts, des grues, des paquebots et des containers, se tisse un décor spécifique encadré par une série d’éoliennes s’alignant en bord de mer. Entre séduction et étonnement le visiteur avance. Composée d’un empilement de cinq entités pivotant les unes sur les autres, la majestueuse structure et son ruban rouge écarlate galopant jusqu’au toit offre d’extraordinaires vues panoramiques sur le large, le littoral et le port. Livré en mars 2025, le projet, conçu par MVRDV, se veut être un centre d’accueil et un espace d’exposition entièrement dédié au port de Rotterdam, le plus grand port d’Europe. Pendant des siècles, la ville et son port ont grandi en parfait accord, mais c’est au XXIe siècle que le port amorce sa mutation et engage sa transition vers un fonctionnement durable et à faible consommation d’énergie. Cette fraction du territoire des Pays-Bas située à l’extrémité ouest du port a été choisie pour y ériger, selon ses instigateurs, une « machine à raconter les histoires ». Car des histoires, il y en a à raconter. Tout d’abord, la forme, ce n’est pas un hasard mais une réponse judicieuse aux activités qui s’y développent, à l’intérieur comme à l’extérieur. Les différents étages, de forme carrée, sont orientés selon les fonctions spécifiques qui leur sont allouées. Tandis qu’au rez-de-chaussée une ouverture donnant vers l’ouest offre une vue surprenante sur les dunes, au quatrième étage les habitués du restaurant peuvent jouir des couchers de soleil sur la mer du Nord. À chaque étage sa perspective privilégiée et à chaque intérieur son point de vue encadré, le tout savamment élaboré. Au sein de ce gigantesque instrument culturel, le visiteur part à la découverte. Tout d’abord l’exposition permanente, conçue par Kossmanndejong, elle se déploie sur les trois niveaux intermédiaires tels des concepts dispersés dans un environnement industriel. Car à chaque niveau sa thématique qui dialogue avec certains éléments particuliers du port, vers lesquels donnent les ouvertures. Le cœur de l’édifice comprend un atrium de 22 mètres de haut qui fait, à lui seul, office d’espace d’exposition agrémenté par une sculpture cinétique suspendue ainsi qu’une maquette du port de Rotterdam qui prend place au rez-de-chaussée. Un plafond en miroir rend ce volume encore plus généreux. La monumentalité du lieu avec son contenu minimaliste rend l’ensemble encore plus captivant. Le visiteur peut accéder au toit gratuitement en empruntant un escalier extérieur qui lie les différents étages. La terrasse devient ainsi une joyeuse plateforme d’observation qui vient clore ce parcours quelque peu tortueux et offre des vues splendides à tous. Portlantis est un projet ludique et didactique. On y apprend une pointe d’histoire, on y

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