Architecture, l'esprit du lieu

L’Hôtel de Broglie entame une nouvelle vie

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Par Sipane Hoh, le 25 novembre 2024.
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© Sergio Grazia

C’est un lieu parisien remarquable qui vient de connaître une transformation de grande envergure signée AIA Life Designers. Il s’agit de l’Hôtel de Broglie où sont situés des bureaux des députés de l’Assemblée nationale. Entre patrimoine historique et exigences actuelles, l’intérieur se réveille.

Moderniser l’Hôtel de Broglie, c’est un peu comme rénover un tableau de maître. Cela nécessite de la patience, de la persévérance, une grande maîtrise et des idées pointues. Un travail de longue haleine que l’agence d’architecture reconnue AIA Life Designers a accompli pour garantir aux usagers des espaces de travail optimisés correspondant aux normes actuelles et adaptés à notre ère. L’ensemble immobilier, composé de trois entités, résulte de constructions réparties sur trois siècles. En effet, depuis son édification initiale, l’Hôtel de Broglie a connu diverses transformations. C’est cette hétérogénéité qui a constitué le point de départ de son renouveau. La réhabilitation lourde a été menée avec une grande ponctualité et a relevé plusieurs défis. Les façades et toitures de la partie ancienne, inscrite aux Monuments historiques, ont été habilement restaurées en collaboration étroite avec l’atelier Deshoulières Jeanneau. L’ensemble a surtout subi une grande refonte pour tout ce qui concerne la reprise structurelle, la réparation des plafonds, la charpente, la répartition des flux, l’amélioration thermique et acoustique, une multitude d’interventions ponctuelles invisibles qui viennent parfaire un tel monument sans altérer son histoire. Les architectes ont accordé une attention particulière à la restauration des décors, à la mise en conformité des salles, à la réhabilitation des intérieurs pour offrir des espaces de travail ergonomiques et fonctionnels tout en conservant l’équilibre général d’un patrimoine historique. L’architecte Frédéric Nantois souligne que la réhabilitation de l’Hôtel de Broglie, qui a duré trois ans, constitue une mission complète. Elle a été menée par AIA Life Designers de la phase diagnostic jusqu’à l’exécution. Soulignons que les équipes d’architecture d’intérieur de l’agence ont accompagné la maîtrise d’ouvrage dans le dessin du mobilier, de la signalétique ainsi que dans la sélection des ambiances. Meryl Zieba précise que le choix des couleurs a été circonstancié, il fallait innover avec sobriété tout en gardant à l’esprit l’histoire du lieu.

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    Assemblée nationale

    126, rue de l’Université

    75355 Paris 07 SP

    Tél. : +33 (0)1 40 63 60 00

    www.assemblee-nationale.fr

    AIA Life Designers

    23, rue de Cronstadt

    75015 PARIS

    T +33 (0)1 53 68 93 00

    www.aialifedesigners.fr

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 57
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    Ellasanté, un remède de prévention et de ressourcement

    Par Nat Lecuppre, le 9 mars 2026
    L’agence Atome Associés, sous l’égide de Natacha Froger, excelle dans tous les projets d’architecture d’intérieur. Elle a pour chacun une approche de design global qui, au-delà de l’esthétique, englobe la stratégie, l’expérience utilisateur et la durabilité. Son savoir-faire dans l’hôtellerie est un plus pour répondre aux besoins spécifiques de ses clients et imaginer des lieux chaleureux chargés d’émotions. Tout récemment, Natacha Froger a livré le Centre Ellasanté à Paris. Ce dernier est dédié aux bilans et à l’accompagnement à la santé pour les collaborateurs des entreprises. Les dirigeants de société prennent de plus en plus conscience de l’importance de la qualité de vie et donc souhaitent prendre soin de leurs salariés. Avec Ellasanté, la prévention est un objectif. Il s’agit de devancer les complications en prenant soin de soi. On fait un bilan, on change ses habitudes de vie (nutrition, activité physique, diminution du stress, régulation du sommeil…) pour être en meilleure santé. Les équipes pluridisciplinaires d’Ellasanté maîtrisent douze spécialités. Les examens complémentaires sont effectués sur place car les lieux bénéficient d’un plateau médico-technique de pointe. Tel un havre de paix. Dans ce contexte, Natacha Froger a imaginé l’univers d’Ellasanté pour être un lieu rassurant, accueillant et chaleureux où l’on n’appréhende pas de s’y rendre. L’architecte a fondé son concept sur la lumière et la nature. Elle a souhaité créer un cocon au design sobre mais expressif, rassurant sans ostentation. Ellasanté devait être un lieu apaisant et positif. Il ne devait pas ressembler aux centres médicaux traditionnels qui sont anxiogènes. L’expertise de Natacha Froger permet de concevoir une adresse où le design se conjugue avec la lumière et devient synonyme de détente. L’humain est mis au cœur du projet. Chaque espace est imaginé pour son confort et l’émotion. Il est pensé pour s’adapter aux évolutions sociétales et comportementales. La scénographie spatiale pensée fait que chaque zone répond à un besoin spécifique tout en créant une unité. Le choix des matériaux et le rôle de la lumière ont fait l’objet d’une attention particulière. Les lieux sont cohérents et allient signalétique et design intérieur pour une meilleure expérience utilisateur. Ellasanté a une superficie de 600 m2 répartis sur trois niveaux. À savoir, 128 m2 en entresol, 150 m2 au R+1 et 301 m2 au R+2. On y trouve des bureaux, des accueils et des espaces dédiés à la santé. Un parcours émotionnel et intimiste. L’enjeu de l’architecture était de rassurer et de favoriser une expérience positive des salles de consultations aux espaces d’attente en passant par les cabines vestiaires. Pour cela, Natacha Froger a trouvé sa source d’inspiration dans les travaux de l’anthropologue Edward Twitchell Hall sur la proxémie (concept qui définissait la distance physique séparant des personnes en situation de communication). L’intimité des patients est donc prise en compte. Natacha Froger la préserve avec la création d’espaces qui protègent de l’agitation extérieure. L’écriture architecturale retranscrit la préoccupation quotidienne de prendre soin de sa santé. L’accueil est chaleureux. Ses lignes sont épurées et ses matériaux naturels. Le bois utilisé traduit la connexion avec la nature et souligne le calme et le bien-être. Les couleurs renforcent cette atmosphère positive et apaisante voire authentique. Tout
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    Urbanisme

    Le nouveau monde du futur TGV inOui

    Par Sipane Hoh, le 25 septembre 2025
    C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour le TGV inOui. Des aménagements novateurs, un design affuté, des couleurs avenantes et des services améliorés, le tout engendré par SNCF Voyageurs et Alstom en collaboration étroite avec les designers du groupe AREP et de l’agence japonaise nendo. Le résultat est tout simplement remarquable. Deux-mille personnes ont œuvré à la réussite de ce projet soutenu par l’État via l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et le SGPI (Secrétariat général pour l’investissement), le nouveau TGV inOui est conforme à toutes les attentes : modularité, modernité et maîtrise sont les mots d’ordre de la 5e génération de TGV. Ce serpent blanc qui file à la vitesse grand V est doté d’une multitude de bons procédés. Tout d’abord, sa modularité. En effet, le nombre de voitures de ce train ainsi que les divers espaces pourront être ajustés en fonction des besoins. De même, 20 % plus économe en énergie que ses prédécesseurs, grâce notamment à l’aérodynamisme, ce dernier-né prévoit 50 % d’économie de CO2 par rapport aux trains à grande vitesse premier niveau. Mais ce n’est pas tout : fabriqué avec 25 % de matériaux issus du recyclage (soit 100 tonnes), ce nouveau fleuron de l’industrie française, entièrement conçu et assemblé en France, est recyclable à 97 %, ce qui en fait le train à grande vitesse avec le bilan carbone le plus faible du marché. Le nouveau TGV se dote également d’une première mondiale, « le greffon », il s’agit d’une batterie de secours qui permet au train de continuer à circuler même en cas de panne de son alimentation électrique principale. Si les nouveautés sont nombreuses et les déclinaisons variées comme l’étaient les intentions, quid de la concrétisation ? Le design de ce TGV est le fruit de la collaboration des designers du groupe AREP et de l’agence japonaise nendo fondée par Oki Sato. Le flow incarne une expérience nouvelle dans l’environnement ferroviaire, il se fraye un chemin dans le paysage, un peu comme l’écoulement d’une rivière. Visible à l’intérieur aussi bien qu’à l’extérieur, le concept reflète l’ambition écologique du train et l’engagement d’AREP pour un design post-carbone. Les formes douces inspirées des galets polis par l’eau se matérialisent dans les détails des sièges, du Bistro TGV inOui ou de la lampe. Le travail de la couleur est réfléchi, plus sombre sur la partie basse et plus claire au-dessus, quelques touches d’un jaune pétillant viennent redonner à l’ensemble un panache inattendu. Parcours faciles, matériaux nettoyables, luminosité adaptables et couleurs harmonieuses se croisent ainsi pour offrir une expérience inoubliable au bord de ce nouveau TGV inOui. L’un des changements majeurs consiste dans l’aménagement de la voiture-bar qui cède sa place au Bistro TGV inOui, conçu sur deux niveaux, avec une mezzanine conviviale et élégante. Tandis que la salle basse propose divers services liés à la restauration avec un nouveau concept d’épicerie en libre-service et des équipements permettant un parcours simplifié, la mezzanine imaginée comme un salon chaleureux et composée de 28 assises offre une variété de postures. Confort et bien-être sont au rendez-vous. Les nouveautés du futur TGV inOui se suivent et ne se
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    L'événement

    Dans le labyrinthe du design 80

    Par Anne-Marie Fèvre, le 22 juin 2023
    Expositions et livres se bousculent pour célébrer la décennie qui a redéfini le design, de Nestor Perkal, Philippe Stark à Martin Szekely… Retour sur des carambolages foisonnants. Il y a toujours eu de sempiternels engouements pour le passé ! La nostalgie cette fois s’empare des années quatre-vingt, temps revisités comme légers, démocratiques, libres. Elles ont certes marqué la fin des dogmes idéologiques, ouvrant à la «complexité» du monde théorisée par Edgar Morin. C’est vrai qu’elles ont été exubérantes et festives ! Cependant ces années furent aussi mal aimées : années fric, frime, clip, pub, look, coke… Années fastes aussi de l’État partenaire de la culture, mais apparition du relativisme culturel, de l’individualisme, du libéralisme, de l’ultra-starisation, de la communication. «On nous Claudia Schiffer» chantera plus tard Souchon en guise de bilan en 1993. Cet «âge d’or» fut en plus percuté par le Sida, les SDF, Tchernobyl… Mais en 2022, période de toutes les sobriétés et angoisses, ces eigthies sont revues comme une extravagante embellie qui fait envie, chantée par Chagrin d’amour : «Chacun fait, fait, fait, C’qui lui plaît, plaît, plaît…» C’est particulièrement du côté des musées, galeries de design et de l’édition que le design fait un grand retour. Car à l’époque, redéfini, il explose. Le mot est enfin utilisé en France. Il est représenté par une star populaire, Philippe Starck, l’objet aussi quotidien que sa brosse à dents s’arrache en 1989 1. Nestor Perkal, un éclaireur Passons d’abord à Bordeaux. Au Musée des Arts Décoratifs (Madd), Nestor Perkal a été présenté en « éclaireur » jusqu’au 8 janvier, lui qui a si bien saisi cette période 2. Et cela tombe à pic, une première biographie lui est consacrée chez Norma 3 (voir encadré). Sa naissance en 1951 en Argentine, sa formation d’architecte à Buenos Aires, sa passion pour l’art cinétique, ses voyages d’Amérique du Sud à l’Italie… ont esquissé l’identité de l’homme qui arrive à Paris en 1982. «Éclaireur» donc car dès son arrivée, il expose, dans ses galeries près de Beaubourg et puis du Marais, les meubles et objets du mouvement milanais Memphis, puis ceux de jeunes créateurs comme Javier Mariscal, Nathalie Du Pasquier, George Sowden… L’exposition est introduite par ce talent de découvreur. Se dressent ensuite quelques-uns de ses meubles noirs, dont le bureau Azul qui fera reconnaître son travail de designer. Avec les pièces réjouissantes d’Algorithme, maison d’édition créée en 1987 autour du métal argenté, c’est en directeur artistique qu’il convie d’autres designers à innover. L’exposition opère un choix rigoureux d’œuvres parlantes. À chaque fois, une nouvelle pièce confirme la passion de Perkal pour les techniques artisanales. Il se penche sur bien des matériaux – cuir, verre, bois, tissus, miroir. En 1992, il collabore avec Lou Fagotin pour la collection Les Rivières. Où il ravive la tradition des feuillardiers, de la Creuse au Périgord, en clouant entre elles de simples branches de châtaignier. Toujours passeur, à Limoges, il dirige le CRAFT (Centre de recherche sur les arts du feu et de la terre) de 1992 jusqu’en 2009. Avec lui, artistes et designers

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