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MADA architectes, une agence, trois associés et de multiples projets

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Par Sipane Hoh, le 18 juin 2025.
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© Léo Rattez

MADA (Manufacture d’architecture) est une agence d’architecture établie à Paris et fondée par l’architecte et ingénieure du bâtiment ESTP Alexia Boulay et les architectes Felix Rattez et Geoffrey Boisnard. Le trio réalise depuis cinq ans des projets haut de gamme et accorde une attention particulière aux détails.

Les réalisations de MADA sont multiples. La jeune agence d’architecture a su, en quelques années, gagner la confiance des commanditaires. Établis dans la très caractéristique rue La Boétie, au sein d’un bâtiment à l’architecture prestigieuse, les trois architectes peaufinent les plans, imaginent des contours, proposent des idées dans le but d’engendrer des réalisations uniques et de contenter leurs clients. Les projets de l’agence sont polyvalents, variés et de toute taille, allant de combles aménagés jusqu’à la réhabilitation d’un immeuble de bureaux haussmannien entier, en passant par la restructuration d’une maison au Portugal ou le flagship store THC (The Hideout Clothing) à Paris, tout un assortiment de possibilités, de concepts et d’univers qui montrent que l’architecture de MADA sait répondre avec brio à toutes les éventualités. Réhabiliter, transformer mais aussi créer et innover, rien ne fait peur à ces amis architectes qui se sont rencontrées lors de leurs études et continuent à œuvrer ensemble pour une architecture perfectionnée.

Sous les toits.

À Charenton-le-Pont, Alexia Boulay, Felix Rattez et Geoffrey Boisnard ont réalisé l’extension d’un appartement sous les combles. Un projet modeste que les architectes ont conçu et accompli avec une grande finesse pour un résultat remarquable. Le programme était simple, il s’agissait de rendre habitable un volume initialement non aménageable. En effet, afin de répondre à l’évolution des besoins et des exigences d’une famille souhaitant annexer à leur habitation un volume inexploité sous toiture, les architectes ont proposé une extension fonctionnelle aux traits épurés. Le projet ne se résume pas en une réponse favorable aux demandes d’un commanditaire, mais en une recherche poussée qui a abouti à une meilleure occupation de l’espace. Ainsi, en modifiant la charpente, l’habitabilité a été possible. Mais les architectes ne se sont pas arrêtés là, ils ont requalifié les espaces restants et entrepris l’isolation de la toiture.

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    Par Sipane Hoh, le 28 mai 2025
    Une petite série mais un grand effet, il s’agit de 7 STARS. Après Campanello et Amuletto d’Alessandro Mendini et Bella de Marcel Wanders, la dernière-née de la collection est baptisée Louise. Conçue par le designer Jean-Marie Massaud, elle offre une expérience lumineuse inédite. Fondée sous la direction créative d’Alessandro Mendini, RAMUN est reconnue pour ses chefs-d’œuvre intemporels. La marque qui a attiré l’attention avec Amuleto et Campanello, deux produits se distinguant par leur design aux qualités irréprochables, présente une nouvelle recrue au projet 7 STARS. Comme son nom l’indique, la série comprendra un total de sept lampes, des prouesses lumineuses qui vont impliquer des designers et architectes de renommée internationale ayant travaillé aux côtés de Mendini. Conçue par Jean-Marie Massaud, Louise est un condensé de romantisme. Avec sa flamme vacillante, elle crée telle une bougie une intimité captivante ainsi qu’une atmosphère chaleureuse. « J’aime les éclairages, où que je sois, à la maison ou quand je reçois, j’aime les bougies », raconte le créateur de Louise, qui a créé une « bougie qui ne se consume pas ». Le designer explique qu’on ne voit pas la source grâce à l’existence de la striure qui ressemble à une robe en organdi, l’ensemble s’apparente ainsi à « une petite lanterne romantique ». Aussi bien en lampe d’appoint ou de chevet, cette source de lumière incarne à elle seule le raffinement français. Croisant à merveille les philosophies de RAMUN et de Jean-Marie Massaud, à la fois portable et rechargeable, Louise constitue une pièce de design à part entière. Que ce soit dans une chambre, sur une table à manger, au comptoir d’un hôtel ou dans le hall d’un restaurant, elle apporte sa touche singulière, surprenante et subtile. Louise est pleine de surprises. En effet, outre ses qualités lumineuses, cette lampe énigmatique coiffée d’un ravissant anneau lui conférant des aires de lampe à huile, propose, à la manière d’une boîte à musique, dix mélodies classiques de Bizet, Bach, Chopin et Schubert, mais aussi d’autres airs comme « Happy Birthday » et « Silent Night ». Couplée avec la douce lueur, elle donne l’impression d’une berceuse. Une citation gravée en français de Jean-Marie Massaud prend place sous son socle, où l’on peut lire : « La vie est une aventure faite de rencontres comme autant de lumières. » Ces lumières trouvent sens dans le design polyvalent et éthéré de Louise.
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    Le récent réaménagement du Terminal 2 de l’aéroport Changi de Singapour — à moins qu’il ne s’agisse plutôt de son « paysagement » — par Boiffils Architectures déstressera les plus angoissés des passagers aéroportés. Pour sa première intervention aéroportuaire, l’agence française – internationalement reconnue jusqu’à présent pour ses fascinants centres commerciaux, magasins et hôtels de luxe – métamorphose le parcours (souvent du combattant) du voyageur en une expérience sensuelle et confortable aux portes de la « Ville Jardin ». Un Petit Poucet. Architectes d’intérieur, Jacqueline et Henri Boiffils créent leur agence il y a quarante ans. Ils choisissent d’exercer leurs talents dans le secteur du commerce, que leurs confrères ignorent ou dénigrent. En 1991, ils relookent complètement l’espace beauté du Printemps, salué par la presse et plébiscité par les clients. Repéré par une des deux « tigresses du shopping-mall » thaïes, le couple entame dès lors une collaboration fructueuse enchaînant les centres commerciaux qu’inaugure en 1994 le Siam Paragon et que EmQuartier couronne en 2015.. Rejoints, onze ans plus tôt, par leur fils Bazile architecte, ils ont pu y concilier enfin architecture et aménagement intérieur. Ayant su conserver une taille « artisanale », l’entreprise familiale maîtrise néanmoins tout aussi bien les concepts architecturaux et merchandising que la technologie, que ce soit dans l’Hexagone ou à l’étranger, tout particulièrement en Asie. D’où très certainement son invitation à concourir pour la rénovation des 120 000 m2 du Terminal 2 de l’aéroport Changi de Singapour. Ouverte en 1991 et rénovée en 2003, cette aérogare n’était plus à la hauteur d’un hub accueillant désormais plus de 70 millions de passagers malgré la construction de deux terminaux supplémentaires. Livré en 2019 et conçu par Moshe Safdie, le spectaculaire centre de transit Changi Jewel concentre cinémas, galerie commerciale, espaces de relaxation et jardins dont la cascade de 40 mètres de haut constitue l’attraction exclusive. Dessiné par Thomas Heatherwick, un cinquième terminal (aussi vaste que les quatre autres réunis) est désormais en chantier. Finalement, c’est David qui l’emporte en 2018 face aux Goliath de l’architecture aéroportuaire ! Itinéraire d’un voyageur serein. Le cahier des charges du commanditaire suggérait la piste d’un resort, les Boiffils lui substituent un paysage naturel faisant écho à la luxuriante végétation de cette cité-État pourtant si dense ! Ce ne pouvait que faire la différence en faveur de leur projet. Malgré l’épisode Covid, leur concept a été mis en œuvre en moins de trois ans aux côtés d’une maîtrise d’ouvrage exceptionnellement compétente. À l’image du client du grand magasin ou d’un hôtel, le passager doit être au cœur de la conception d’une aérogare. Il faut répondre à ses besoins et anticiper ses appréhensions, voire ses phobies, tout en stimulant sa curiosité et son plaisir, quels que soient son âge, sa nationalité, son genre et ses goûts. Il est indispensable d’y gommer les contraintes et les obstacles ou tout du moins les réduire au minimum. Voyageurs – souvent en terre inconnue – et accompagnants redoutent le gigantisme au fonctionnalisme exacerbé – y compris sécuritaire – des aéroports. S’y repérer y est donc encore plus primordial que dans un shopping-mall. Pour ce faire, rien de tel qu’ouvrir leur champ visuel, créer des transparences, des repères, des stimuli. Et

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