Architecture, l'esprit du lieu

Milla Montis Hotel, au cœur du Tyrol italien

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Par Lionel Blaisse, le 8 janvier 2024.
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L’architecte milanais Peter Pichler livre dans son Tyrol natal un hôtel d’une trentaine de chambres sur la petite commune alpine de Maranza, qui revisite l’architecture vernaculaire des Dolomites.

Ces contreforts verdoyants accueillirent au départ des éleveurs dont les fermes superposaient astucieusement les étables, l’habitation et la grange. Elles inspirèrent la morphologie et la modénature des premiers chalets résidentiels qui à leur tour nourrirent l’imaginaire des hôteliers. Quoique résolument contemporaine, l’architecture plutôt « graphique » du Milla Montis Hotel assume cet héritage architectural sans néonostalgie.

Genèse du projet

Les parents du jeune chef cuisinier Roland Oberhofer avaient transformé l’ancien moulin de Maranza en une petite pension, désormais exploitée en hôtel. Ceux de sa femme Franziska avaient créé des gîtes dans leur ferme bio. Le couple portait dans ses gènes l’instinct d’hospitalité. Ils concrétisèrent donc leur ambition à proximité du deux étoiles familial dont la clientèle pourrait jouir des aménités du nouvel établissement.

Rêvant d’un lieu différent des archétypes tyroliens proposés par leurs concurrents, ils organisèrent une petite consultation privée à partir de leur concept : un hôtel d’une trentaine de chambres, toutes avec une généreuse terrasse face aux Dolomites, certaines avec leur propre spa venant ainsi parachever le complexe bien-être et sa piscine chauffée extérieure. Un restaurant fera découvrir l’inventive cuisine bio de Roland. L’architecture sera en harmonie avec la culture locale et la nature environnante tout en s’inscrivant dans son siècle.

Juste ce qu’il faut

Le projet de Peter Pichler l’emporta en fragmentant l’édifice en quatre unités afin de se rapprocher de la volumétrie des granges d’antan. L’ensemble s’enchâssant dans la pente pour minimiser son impact, la réception, le bar et le restaurant s’implantèrent au second niveau, le premier se dédiant en intégralité à l’hébergement tandis que le rez-de-jardin accueillit l’espace bien-être avec sauna, hammam et salles de soins, de relaxation et de méditation avec accès direct au bassin extérieur. Bardé de bois noirci, chacun des frontons est découpé par une immense alvéole curviligne transposant le fameux cœur découpant les volets des chalets tyroliens.

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    Milla Montis Hotel

    via Huber 25

    39037 Maranza BZ

    Italia

    Tél. : +39 (0)472 520 278

    www.milamontis.com

    Peter Pichler Architecture

    Corso San Gottardo, 22

    20136 Milano MI

    Italia

    Tél. : +39 (0)2 8088 7477

    www.peterpichler.eu

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 53
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    C’est un immeuble de bureaux qui se trouve au pied de la gare TGV de Bezannes-Reims, où l’architecte Thierry Bonne a aménagé le rooftop ainsi qu’un plateau de bureaux pour la société Vinci Energies. Une réalisation tout en finesse pour un résultat harmonieux. C’est un plateau de 1 000 m² qui se trouve dans un édifice signé par Rudy Ricciotti, que Vinci Energies a choisi pour y installer son siège de la région Est. Un emplacement stratégique, un environnement propice au travail pour un aménagement conçu sur mesure. Après avoir gagné le concours pour réaliser un rooftop, l’architecte s’est vu confier l’aménagement d’un étage entier. Un chantier délicat qui a duré quatre mois et a donné naissance à un lieu de travail aux traits épurés et aux lignes équilibrées. Malgré la complexité de la configuration du bâtiment et sa longueur, le projet a su allier les exigences de la firme avec la qualité des lieux de travail et des circulations. « Cet immeuble est en forme de boomerang avec beaucoup de terrasses et une largeur inaccoutumée. Je suis parti sur l’hypothèse de façonner des bureaux assez vitrés et j’ai élaboré l’espace intermédiaire qui en résultait », souligne l’architecte qui a privilégié de miser tout sur le bien-être au travail tout en rompant avec l’aspect monotone du couloir. « Quand on est dedans on est comme dans un espace public en train de se promener », précise Thierry Bonne. De ce fait, ce sont les divers espaces centraux qui affirment le parti pris du projet, forment une continuité et se dévoilent dans une déambulation fonctionnelle et dépaysante, permettant aux utilisateurs des lieux de profiter de plusieurs interstices de détente. Côté matériaux, l’architecte a opté pour le bois qui, en opposition aux surfaces vitrées, non seulement participe à l’apport d’une solution acoustique mais aussi procure de la chaleur. Comme à son habitude, l’homme de l’art a travaillé avec des entreprises locales comme Le Bâtiment Menuisier, Cegelec Reims et Clozal Reims, une collaboration qui a apporté une véritable satisfaction. Rappelons que plusieurs trames de bois génèrent les espaces requis dans le programme, comme par exemple la cuisine, qui se distingue d’un mur en vagues de bois et de cloisons en lames de bois. Quant au coin détente, il met en valeur le travail des compagnons et qui, personnalisé avec des vagues de métal, vient former des sièges émergeant du doublage en bois. Tout a été mis en œuvre pour accomplir un projet aussi confortable que studieux. « C’était une belle expérience collective », conclut l’architecte.
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