Archi Culture

Mixité joyeuse à Gentilly

Abonnés
Par Sipane Hoh, le 1 juillet 2024.
Image
© Charly Broyez

À Gentilly, l’agence d’architecture ALTA Architectes-Urbanistes (Le Trionnaire- Le Chapelain) vient de terminer la réalisation d’un projet mixte qui se distingue par ses intérieurs confortables et ses façades mordorées. Un ensemble où cohabitent avec tact des bureaux et des logements, et qui se soucie des gens qui y vivent et y travaillent.

Situé dans le quartier de la Reine-Blanche, à l’extrémité est de la ville de Gentilly et faisant face à un arrêt de métro de la ligne 14 prochainement en service (gare du Grand Paris par l’architecte Edouard François), la parcelle est censée abriter 61 logements collectifs ainsi que des bureaux.

Galerie d'images (5)
    Partagez cet article autour de vous
    Facebook
    Twitter / X
    LinkedIn
    Pinterest
    E-mail
    À découvrir
    Image
    Architecture, l'esprit du lieu

    Revisiter les codes de l’american diner chez PNY Burger

    Par Lionel Blaisse, le 26 août 2024
    Depuis 2012, Graffi Rathamohan et Rudy Guénaire développent l’enseigne de restauration PNY1 Burger qui revisite les codes du diner américain pour offrir le meilleur du burger à la française. Leurs douze adresses actuelles, dont quatre en régions2, n’ont rien du copier-coller. Les deux anciens élèves d’HEC veillent, en effet, à faire aussi voyager leurs clients – plutôt hipsters – dans un autre monde. « Alors on cherche des architectes géniaux, et on les drogue jusqu’à ce que leur vienne une idée simple, jolie, forte mais pas trop chère ! », plaisantent-ils. Après CUT Architectures, le jeune Belge Bernard Dubois a conçu leurs trois derniers spots parisiens. Faste-good. Le succès de l’enseigne repose sur son concept de burgers gourmets et créatifs : « un bun brioché à peine grillé, une viande de bœuf 3 maturée trois semaines, hachée et cuite minute à la flamme, un cheddar fermier produit dans le Somerset ». Travaillant avec les Nouveaux Fermiers, PNY Burger c’est aussi « ingrédients de qualité + fournisseurs bien payés + staff bien rémunéré 4 = tout le monde heureux ». Garantir de trouver partout les mêmes plats à la qualité irréprochable n’impose aucunement pour autant un unique décor. Chaque adresse doit avoir son âme en osmose avec son quartier, sa taille et sa morphologie. Et l’imaginaire hérité des diners US est non seulement infini – depuis ceux des Art déco jusqu’au film culte American Graffiti en passant par l’univers de la Grande Dépression dépeint par Edward Hopper – mais encore porteur de créations. Si, au PNY de Pigalle, CUT a misé sur le son, au Faubourg Saint-Antoine Bernard Dubois revisite le wagon restaurant originel influencé par Hans Hollein, Mario Botta et Kazuo Shinohara. Arches d’alliance. N’allez pas y voir un exercice de styles brouillant les frontières mais, en féru d’architectures, Bernard Dubois aime à nourrir la sienne de celles éclectiques qui l’ont construit. Pour son troisième PNY, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie5, il convoque l’esprit de son regretté compatriote André Jacqmain. Son agencement tout de bois sombre transpose avec classe les arches interrompues de la bibliothèque des Sciences érigée en 1975 à l’université catholique de Louvain-la-Neuve. Muée depuis en musée, elle constitue une des œuvres maîtresse de la période brutaliste et postmoderniste de son illustre confrère. Le recours tout aussi obsessionnel à ce motif « arch’aïque » confère à l’intérieur de cet ancien bistrot du Marais – à la belle hauteur sous plafond et à la devanture d’angle conservée et repeinte couleur sable – des allures tronquées de cloître roman ceint de sa galerie. Ce dispositif ménage ainsi deux espaces, davantage intimiste en périphérie, plus animé au cœur, autour du bar. Une série de cannelures « votives » menuisées dédouble le comptoir inox – celui inférieur permettant à quelques hôtes supplémentaires de s’y restaurer in extremis. Également servie par les enduits ton pierre des maçonneries existantes, l’ambiance monacale est ravivée par l’essence de bois clair et le jaune paille des revêtements du mobilier sur mesure. Un jeu de miroirs au dessus des cimaises dilate astucieusement la taille réduite du lieu. L’homme jeune « m’arche » plus vite que l’ancien quand l’ancien connaît
    Image
    Architecture, l'esprit du lieu

    Workshop une histoire de père en fils

    Par Nat Lecuppre, le 20 octobre 2025
    Workshop est une agence de design stratégique indépendante spécialisée dans le retail, l’hospitality et le tertiaire. Créée en 2004 par Daniel Lellouche, elle a pour fil rouge d’imaginer les espaces de demain en révélant leur potentiel émotionnel. Et si les lieux de vente devenaient autre chose que des espaces de consom­mation ? Et si les boutiques, les flagships, les pop-ups devenaient des lieux d’échange, d’émotion, de valeurs partagées ? C’est cette vision du retail qui anime Workshop. Daniel Lellouche est un expert reconnu en retail design avec une culture transversale du branding, du luxe, du bien-être et des nouvelles tendances du commerce. Il a toujours conjugué design et architecture d’intérieur pour imaginer des espaces qui traduisent une identité et proposent une nouvelle manière d’être en lien avec les marques. Dans ce monde qui repense ses modes de production, ses façons de vivre, d’acheter, d’interagir, Daniel Lellouche affirme que le commerce doit évoluer également, non plus centré que sur le produit mais sur l’humain, l’usage et l’engagement. Pour l’agence, il s’agit de créer un lieu beau, fonctionnel, durable mais avec du sens. Des lieux à l’image de ceux qui les fréquentent ou qui y travaillent. Ils doivent être tels que nous voulons tous les vivre demain tout en gardant l’objectif de résultat et de croissance. Pour leitmotiv : un retail vivant et conscient. Workshop conçoit des espaces réenchantés avec art, passion et esprit. Chaque projet est unique et à l’image de la marque. C’est l’aboutissement d’un dialogue profond avec les clients enrichi des immersives sprints qui caractérisent sa méthodologie collaborative et sur mesure. Son approche est centrée sur l’expérience de marque et la transformation des lieux en véritables vecteurs de désir. Chaque projet révèle des environnements immersifs, sensibles et rentables. Au travers de trois projets retail, nous vous permettons de découvrir l’expertise et le savoir-faire de cette agence. My Blend, un flagship regénératif Pour le compte du Groupe Clarins, Workshop a imaginé sur 130 m2, au cœur du Marais, un écosystème sensoriel et fonctionnel à l’image de la régénération de la marque. La demande initiale de Clarins était de créer un lieu signature qui incarnerait une marque de beauté holistique hautement technologique, respectueuse de la peau comme de l’environnement et pensée pour un déploiement international.  Un espace à strates comme une peau Quatre espaces interconnectés constituent les lieux. L’espace Nutri-Derma Tech est telle une enveloppe minérale en béton allégé ligné. L’ambiance est douce comme celle d’un laboratoire. Une ligne de verre ambre souligne l’ensemble comme une heure dorée au lever du jour. La Regeneration Room est une capsule monochrome bleu Rotaldo avec un lounge chair pour vivre pleinement l’expérience du masque LED. Le Studio Digital est un salon connecté conçu comme un appartement-studio avec pour point d’ancrage des contenus de marque. Quant au Spa, trois cabines sont pensées comme des chambres hôtelières avec dressing intégré et douche à l’italienne. Une attention particulière est portée à la lumière. Chaque espace bénéficie d’un traitement spécifique. Dans les zones de test, l’ambiance est douce et diffuse. Dans la Regeneration
    Image
    Urbanisme

    Philippe Chiambaretta, la pensée vive

    Par Anne-Marie Fèvre, le 10 juin 2024
    Cet architecte-entrepreneur, au parcours riche et insolite, nourrit ses réalisations des recherches effectuées dans son agence pluridisciplinaire, PCA-Stream. Du #cloud-paris aux Champs-Élysées, de la tour The Link au Pompidou Massy, il articule le « faire » et le « penser », pour mieux habiter l’avenir ; et le vivant. Rue Vieille-du-Temple à Paris, l’agence PCA-Stream, ruche très contemporaine, rassemble une équipe pluridisciplinaire de 100 collaborateurs – architectes, urbanistes, designers, ingénieurs, chercheurs, éditeurs. Tel un prototype vivant, elle illustre la vision des espaces de travail de Philippe Chiambaratta. Et pas seulement. Car dès qu’il s’installe comme architecte – assez tard, il a 37 ans – il adopte déjà un positionnement. La production qu’il envisage est portée par une vision large de l’archi­tecture, où la ville se situe au centre, comme un fait culturel. C’est son parcours insolite fait de ruptures qui explique cette attitude, et l’élaboration d’une méthode en marche ! Né le 15 juillet 1963 à Carcassonne, il vit enfant avec ses grands-parents, il prend goût au dessin, à la peinture, la photo, l’écriture. Mais il est aussi séduit par les mathématiques. Ses parents, eux, pousseront « ce bon élève » vers les sciences. On le retrouvera tour à tour à l’École des ponts et chaussées de Paris, au MIT (Massachusetts Institute of Technology) de Boston, puis dans une entreprise américaine de conseil. Saut dans le vide, il devient artiste. Bifurcation brutale, il rencontre Ricardo Boffil et travaille avec lui pendant dix ans. Il décide finalement de devenir architecte, sort diplômé de l’École nationale supérieure d’architecture Paris Belleville en 2000 et crée l’agence PCA en 2001. S’est consolidée sa vision de l’architecture comme « une rencontre entre les sciences et les arts. » Au départ, il ne craint pas les petits projets, comme l’aménagement des Starbucks, où il y observera ce que font les gens dans ce type de lieu. « L’architecture, c’est abriter une fonction humaine, c’est résoudre une équation latente, répondre à une question, questionner cette question. Un client n’achète pas un bâtiment mais une réponse à ses besoins », affirme ce matheux, qui se voit aussi médecin : « La ville est un système vivant sur lequel on doit porter le regard d’un médecin. » Ce qui l’anime, c’est sa volonté d’articuler le penser et le faire. En 2008, il crée la revue Stream, pluridisciplinaire, à l’intersection de l’architecture, de l’art, de l’économie, de la sociologie, des sciences. Pour explorer l’impact des grandes mutations contemporaines sur l’avenir des villes. Ont été prospectés le Bureau de demain, Habiter l’Anthropocène, les Paradoxes du Vivant, et les Nouvelles Intelligences 1. Cette élaboration collective inspirera ses projets. « Il faut penser avant de faire, affirme-t-il, puis penser en avançant. Créer la matière prête à devenir forme et architecture. C’est un travail de l’architecture en soi. » Vont fusionner la recherche et la production dans son agence-entreprise, qui devient PCA-Stream en 2014. Ainsi, chaque projet retentit en effet de la richesse de ce réservoir de réflexions. Comme le CCC11 en 2007, la création de la façade du Centre d’art contemporain de Tours (Indre-et-Loire). « J’aime ce projet. C’est d’abord une idée, une architecture de recherche, sans commande, nous

    Laisser un commentaire

    trois + 14 =