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Philippe Madec, (a)ménageur de territoires

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Par Lionel Blaisse, le 24 novembre 2023.
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©Pierre Quintrand Photographies

Depuis des décennies, l’architecte et urbaniste veille à « ménager » des territoires, plutôt qu’à les aménager, à commencer par ceux de sa Bretagne natale. À ce titre, il n’a eu de cesse de faire le ménage parmi toutes ces idées reçues et diagnostics « foireux » – hérités du modernisme – qui pervertissent depuis trop longtemps notre politique, jacobine et urbano-centrée, du développement des territoires. Au sein du mouvement pour une frugalité heureuse et créative qu’il a co-initié avec l’ingénieur Alain Bornarel et l’architecte auteure Dominique Gauzin-Müller, il fait confiance en la capacité de chaque commune à valoriser ses atouts spécifiques pour faire (re)vivre durablement tous nos territoires, quelle que soit leur densité, à l’aune d’une équité citoyenne retrouvée et du respect de l’environnement.

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    Architecture un lieu

    Un acteur incontournable du retail

    Par Nat Lecuppre, le 3 mai 2024
    Nous avons rencontré Philippe de Mareilhac, président de l’agence MV Design. L’agence d’architecture et de design de lieux est spécialisée dans la création d’espaces à relations fortes, pour des marques désirables et durables, dans le retail et l’hospitality. Philippe de Mareilhac perpétue ainsi l’expertise de son père, Alain, fondateur de l’agence en 1985, et disparu cet été. Le développement de MV Design repose actuellement sur trois piliers : la transformation du retail autour de la relation client, l’omnicanal, l’expérience et la RSE. la diversification vers des projets d’hospitality (bureaux, restauration, résidences services). le développement d’une expertise forte en matière d’économie circulaire et d’éco-conception afin d’aider ses clients retail et hospitality à innover. Ce troisième pilier étant fortement lié à la labellisation B Corp de l’agence, et au partenariat avec le collectif Génération Responsable. Nous avons demandé à Philippe de Mareilhac de partager avec nous sa vision sur le retail. NDA : Pour vous, quels sont les grands changements dans le secteur du retail depuis ces dernières années ? Qu’est-ce qui a totalement disparu ? Philippe de Mareilhac : J’identifie 5 grands changements : La transformation digitale qui continue. Après le click & collect, le web to store et le showrooming, la transformation continue via TikTok et le Live Shopping. Le magasin et les RS sont complémentaires et interdépendants. Les nouveaux usages pour une consommation plus responsable : seconde main, réparation, transition alimentaire, anti-gaspi… Les clients veulent continuer à consommer, mais différemment, et voient dans l’économie circulaire un modèle plus vertueux, et aussi plus économique (cf. les enjeux de pouvoir d’achat). On note le retour du commerçant avec l’importance donnée aux équipes pour créer du lien avec les clients, conseiller, accompagner. C’est le facteur X versus faire ses achats en ligne. Les magasins ne peuvent plus se limiter à être un lieu de stockage. Ils doivent plus que jamais incarner l’expérience de marque, et apporter du plaisir et de l’efficacité aux clients pour justifier le déplacement. Enfin le multi-format. Un réseau, ce n’est plus un concept déployé de manière industrielle et ultra normée sur des centaines de pdv. Un réseau doit être agile et protéiforme, avec des formats et des usages différents, des touches locales dans le design et l’offre produit, et une capacité forte à s’adapter au contexte concurrentiel de sa zone. Quant à ce qui a disparu, je reviens à mon cinquième point sur l’évolution d’un réseau. Avant, on était dans l’hyper industrialisation d’un concept, avec la volonté d’avoir une imagine hyper homogène et systématique partout. Et tous les 5 à 7 ans, on refaisait tout. C’est encore le cas dans beaucoup d’enseignes low cost où le prix est la raison de venue des clients. Pour le reste, les magasins sont devenus plus agiles et modulables en termes de formats, usages et design. Les actifs sont amenés à durer plus longtemps, et le retail staging (cousin du home staging) permet d’actualiser un concept sans tout refaire. De même, en termes de branding, le design est plus subtil et les marques créent des lieux résolument plus lifestyle, et non des boites « hyper brandés » comme dans les années 1980 à 2000. NDA : Quelles sont les tendances émergentes ? PDM : Il
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    Talents

    Clémence Fleytoux, l’esthétisme durable

    Par Sipane Hoh, le 12 juillet 2024
    Clémence Fleytoux est architecte, elle est spécialisée en réhabilitation d’appartements et de maisons basés à Paris. Ses réalisations, empreintes d’une élégante sensibilité et d’un esthétisme durable, se caractérisent par la sobriété de leurs formes ainsi que le charme suranné de leurs textures. Elle a fondé son agence en 2021, après avoir travaillé dans de grandes agences d’architecture basées à Londres et à Paris pendant plus de dix ans. L’architecte établie à Paris développe ses activités dans les domaines de l’architecture, de l’architecture d’intérieur et du design, ainsi elle prend à cœur d’engendrer un projet complet. En effet, de la conception à la réalisation, Clémence Fleytoux suit avec bienveillance chaque étape et veille à générer des espaces singuliers, confortables, qui répondent avec brio aux diverses exigences des usagers. De même, elle accorde beaucoup d’importance à la fonction et apporte son approche plastique à chaque lieu. Ses réalisations témoignent de sa vision sensible et durable. La jeune architecte considère que chaque projet est unique, il est étudié selon son histoire, sa culture et sa situation afin de réécrire un nouveau chapitre sans oublier le passé. C’est pourquoi, dans la plupart de ses projets, l’architecte privilégie, autant que possible, la conservation de l’identité du lieu en effectuant une réhabilitation raisonnée avec des matériaux de qualité. Depuis sa création, l’Atelier Clémence Fleytoux a réalisé plusieurs maisons, à Paris mais aussi sur l’île de Ré. Cependant, son vœu serait de concevoir un hôtel parisien où l’architecte peut croiser l’architecture et l’architecture d’intérieur. Maison Gros-Caillou. Dans le 7e arrondissement parisien, au sein du prestigieux quartier du Gros-Caillou, Clémence Fleytoux vient de terminer la surélévation ainsi que l’extension d’une maison individuelle. C’est un projet qui a nécessité une grande adresse car l’ensemble immobilier existant est constitué de deux bâtiments organisés autour d’une cour centrale qui avait été en partie couverte. Un café resté intact mais vieillissant occupait toujours le rez-de-chaussée, tandis que les étages abritaient plusieurs studios. Pour la petite histoire, les ouvriers de la Tour Eiffel ont été logés à l’époque dans cette bâtisse caractéristique. Cette opération consistait donc à unifier les bâtiments pour transformer l’ensemble en une maison individuelle, une tâche ardue vu l’emplacement, l’histoire du quartier et les diverses exigences des propriétaires des lieux. L’architecte a souhaité garder la mémoire du lieu tout en insufflant à l’existant un nouveau souffle, c’est pourquoi le projet conjugue avec tact la réhabilitation lourde en béton avec la construction neuve en bois et en métal. Il en résulte une réalisation raffinée qui se caractérise par la transparence, le luxe et le raffinement. L’architecte a conservé l’existant et l’a renforcé structurellement, elle a créé deux étages supplémentaires en utilisant une structure en bois et en métal. De même, dans le but d’offrir aux habitants des espaces extérieurs aménagés, il a été convenu de créer divers espaces extérieurs comme un balcon, une terrasse ainsi qu’un patio. Le nouveau plancher de verre du patio offre une grande luminosité à l’étage en dessous. Le geste est subtil, le résultat est tout simplement remarquable et les propriétaires des lieux satisfaits. Dans ce projet si particulier,
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Siena Paris : un avant-goût de Toscane

    Par Sipane Hoh, le 23 août 2024
    C’est le nouveau restaurant parisien qui attire la foule. Siena Paris, un lieu majestueux aménagé et décoré par Sophie Lacroix, la fondatrice de Bureau Lacroix. Deux étages, une enfilade de petits, moyens et grands espaces, le tout conçu avec finesse pour un résultat empreint d’une grande sensibilité. Des couleurs chaudes, des teintes terre de Sienne, des fresques inspirées des palais de la Renaissance, des alcôves, mais aussi du velours sur les bancs, du mobilier jusqu’aux petits détails, tout nous rappelle la Toscane. Siena porte bien son nom, un restaurant où le visiteur déguste des plats italiens et, grâce au décor, entame un voyage immobile, direction l’Italie. Le restaurant, possède une superficie de 900 m², il se trouve dans le Ier arrondissement parisien, au 35, place du Marché Saint-Honoré, un emplacement stratégique où la clientèle touristique se mêle aux initiés. Sophie Lacroix, encore étudiante de Penninghen, qui a été distinguée en 2017 à la Paris Design Week « Nouveau talent du design », devenue depuis une talentueuse architecte d’intérieur, a engendré au sein de Siena une décoration subtile où, dès l’entrée, le visiteur découvre avec joie les premières fresques au décor floral des artistes peintres Rosatelier. Au rez-de-chaussée, l’ensemble se divise en trois espaces, dont deux pièces discrètes et tamisées qui ceignent la pièce principale. De là, nous pouvons emprunter un couloir qui nous ramène à un espace de restauration situé sous une verrière. La surprise est immense : qui aurait pu croire à une telle démesure ? À l’instar d’une forêt, l’espace se caractérise par une envolée d’oiseaux en laiton brossé, fabriquée en France par Créalum’in, qui vient compléter des bas-reliefs végétaux. Ces derniers font un joli clin d’œil à d’autres motifs végétaux dessinés sur les murs. Au sol, la moquette Pavot – décor iconique de la maison de Serge Gainsbourg, rue de Verneuil –, déclinée en terracotta et or, complète cet univers où luminosité et exubérance sont au rendez-vous. Nous sommes bel et bien quelque part entre la Toscane et Paris. Une moquette aux couleurs chaudes, des semblants de fenêtres en miroir vieilli, des banquettes frangées, des chaises en velours et des fauteuils en cannage, tous conçus avec soin par Bureau Lacroix.  De surprise en surprise. Continuons vers le premier étage, à travers des escaliers où trône sur leur battant une énorme sculpture de girafe de couleur sombre, mutée en mascotte des lieux. Arrivée en haut, découvrons ensemble un espace plus intime, une salle dinatoire privée pouvant accueillir une grande tablée. À Siena, les surprises se succèdent et ne se ressemblent point. Un couloir en miroir où s’égare le regard nous amène vers un autre espace où se trouve un bar. Même si plusieurs éléments restent les mêmes, c’est un univers différent qui s’offre à nos yeux, un monde nocturne aux lumières tamisées où les célébrités peuvent s’offrir un dîner, à l’abri des regards. Un coup de cœur pour la signalétique, aussi discrète que révélatrice, conçue à l’occasion par Bureau Lacroix, et soulignons que, grâce à l’expertise de MVP Production qui assure également le déroulement du chantier, les scénarios de son et de lumière ainsi que l’acoustique

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