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Philippe Madec, (a)ménageur de territoires

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Par Lionel Blaisse, le 24 novembre 2023.
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©Pierre Quintrand Photographies

Depuis des décennies, l’architecte et urbaniste veille à « ménager » des territoires, plutôt qu’à les aménager, à commencer par ceux de sa Bretagne natale. À ce titre, il n’a eu de cesse de faire le ménage parmi toutes ces idées reçues et diagnostics « foireux » – hérités du modernisme – qui pervertissent depuis trop longtemps notre politique, jacobine et urbano-centrée, du développement des territoires. Au sein du mouvement pour une frugalité heureuse et créative qu’il a co-initié avec l’ingénieur Alain Bornarel et l’architecte auteure Dominique Gauzin-Müller, il fait confiance en la capacité de chaque commune à valoriser ses atouts spécifiques pour faire (re)vivre durablement tous nos territoires, quelle que soit leur densité, à l’aune d’une équité citoyenne retrouvée et du respect de l’environnement.

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    Architecture, l'esprit du lieu

    À Val di Nito, Gaëtan Le Penhuel réinvente la maison individuelle

    Par Sipane Hoh, le 23 septembre 2025
    La maison individuelle avait-elle besoin de se réinventer ? C’est la question à laquelle répond avec brio Gaëtan Le Penhuel à travers un exercice fin et concis qui rend hommage aux grands noms de l’architecture contemporaine, sans délaisser ni le contexte ni le confort et encore moins les principes de l’architecture bioclimatique. Réaliser une maison, c’est entrer dans l’intimité d’un propriétaire, assimiler sa façon de vivre, apprendre ses travers, exprimer ses envies, traduire ses besoins pour pouvoir construire un lieu qui lui ressemble, où il se sent bien et dont il est fier. Construire une maison, c’est tâter le terrain, étudier le contexte, flairer la nature environnante mais aussi inventer, explorer et créer. Malgré les apparences, il s’agit d’une tâche complexe et d’un travail laborieux qui continue de séduire un grand nombre d’architectes. La Casa Bendico est le fruit de sept ans de réflexion, de recherches et de labeur qui se traduit par une réalisation aussi sensible qu’élégante, aussi minimaliste qu’étonnante. C’est en Sicile, dans les collines sauvages et authentiques du Val di Nito, une région agricole sismique où les températures peuvent atteindre des niveaux élevés en été, que prend place sur un extraordinaire terrain la maison créée par Le Penhuel & associés architectes. Mais peut-on encore construire de nos jours ? La réponse est positive mais la règlementation rigoureuse. En effet, certaines règles régionales inflexibles sont à prendre en considération : bâtir sur un terrain d’au moins un hectare, et ne pas dépasser le gabarit d’un rez-de-chaussée. Ce qui rend l’exploit encore plus cocasse. L’architecte qui, une fois ses études terminées, est parti en Californie à la découverte des maisons de l’une de ses idoles, John Lautner, vient de réaliser en Sicile, des années plus tard, une architecture manifeste à la fois esthétique et innovante. Inspirée des fermes locales, la bâtisse minérale aux traits épurés et à l’allure rigoureuse habite le lieu et adopte le terrain. Dans cette partie de Sicile mystérieuse et à la fois si accueillante, la Casa Bendico s’implante telle un petit bijou dans son écrin. Bioclimatique et autonome en énergie, la construction se caractérise par sa double coque en béton banché. Tandis que la coque extérieure est soumise aux aléas climatiques, celle qui se trouve à intérieure garde une température presque constante. Pour mieux se fondre dans la tonalité chaude de la terre des collines avoisinantes, le pouzzolane rouge et brun provenant de l’Etna tout proche a fait partie de la composition de ce béton bas carbone. Une fois l’enveloppe esquissée, afin de protéger les larges baies vitrées, un système passif de puits provençal a été intégré dans la conception. Utilisé depuis toujours en France, il s’agit d’un échangeur géothermique à très basse énergie servant à rafraîchir les intérieurs et diffuse une douce ventilation en continue, en période de grande chaleur. Des brasseurs d’air situés dans les chambres assurent un confort supplémentaire si nécessaire. Une pergola vient protéger les larges baies vitrées et les usagers en quête de relaxation. La Casa Bendico s’avère être un condensé de procédés qui tendent également vers une économie d’énergie. Prenons l’exemple de l’eau chaude sanitaire qui est
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Le meilleur des mondes… du Pairi Daiza

    Par Lionel Blaisse, le 29 décembre 2023
    Élu trois fois Meilleur parc zoologique d’Europe, le Pairi Daiza se veut un Jardin Extraordinaire dont les huit mondes offrent un concentré pédago­gique et ludique de la biodiversité de notre planète. Avec ses deux derniers-nés – La Dernière Frontière et La Terre du Froid – le Jardin des Mondes, démarré en 1994 (480 000 m2), s’adjoint une Cité des Mondes (192 000 m2) où étendre non seulement sa faune et sa flore mais aussi ses services. Des villages accueillent ainsi de l’hébergement en prise directe avec la nature, de la restauration, des espaces culturels, éducatifs, de recherche et de loisir. Des mondes et merveilles En 1992, Éric Domb achète l’abbaye Notre-Dame de Cambron, monastère cistercien fondé en 1148 à Cambron-Casteau, aujourd’hui commune de la Province wallonne du Hainaut située à moins de 20 km de Mons et de la frontière française. Plusieurs vestiges de ce passé monastique subsistent en plus du château édifié au XVIIIe dont le parc de 52 ha comporte 12 ha de plans d’eau. Passionné d’ornithologie, l’avocat fiscaliste et entrepreneur digital lève plus de 7 millions d’euros pour y développer le parc animalier Paradisio qui, dès son ouverture en 1994, compte déjà 2 500 oiseaux de 400 espèces différentes. Coté en Bourse cinq ans plus tard, il va progressivement augmenter les jardins thématiques représentant les différentes zones climatiques de notre planète qu’il apparie à des architectures autochtones en accord avec le biotope incluant bien d’autres espèces animales (mammifères, poissons, reptiles…) : Royaume du Milieu (Chine), La Terre des Origines (Afrique), Le Royaume de Ganesha (Asie du sud-est), Cap Austral (Australie), Cambron-Abbaye et Cambron sur mer (Europe). En 2010, le parc est rebaptisé Pairi Daiza. « En remontant aux origines de notre civilisation, le nom le plus ancien qui désigne le paradis est précisément Pairi-daeza qui signifie en vieux persan Jardin clos ou Verger protégé de murs. C’est un mot qui évoque ce qu’il y a de plus beau, de plus pur. C’est finalement la tentative de l’homme de prendre dans la nature des ingrédients pour essayer d’imaginer un endroit où tous les hommes sont heureux, ce qui est le paradis. » En 2014, deux pandas géants sont loués au parc par la Chine lui valant de booster sa fréquentation annuelle à 1,767 million de visiteurs dès l’année suivante. Sa rentabilité croissante lui permet de prodiguer toujours plus de soins à ses animaux tout en s’agrandissant. Avec la récente inauguration de La Dernière Frontière (Colombie Britannique) et de La Terre du Froid (les Pôles), le parc héberge dorénavant sur ses 75 ha 7 000 animaux de 800 espèces différentes dont s’occupent 500 salariés permanents auxquels s’ajoutent les saisonniers. Parc d’attractions ou jardin d’acclimatation ? Ici pas d’improbable château de la Belle au Bois Dormant ni de Grand 8 Toutatis, juste une extraordinaire promenade pour découvrir, en un jour, les biotopes de plusieurs univers en miniature, suffisamment vastes pour que la faune et la flore y prospèrent et agrémentés d’architectures contextuelles (pagodes chinoises, temples indiens ou ruines indonésiennes, cases ou encore isba). Chaque opération s’inscrit dans un projet global d’aménagement mûrement réfléchi et amendé tant
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Workshop une histoire de père en fils

    Par Nat Lecuppre, le 20 octobre 2025
    Workshop est une agence de design stratégique indépendante spécialisée dans le retail, l’hospitality et le tertiaire. Créée en 2004 par Daniel Lellouche, elle a pour fil rouge d’imaginer les espaces de demain en révélant leur potentiel émotionnel. Et si les lieux de vente devenaient autre chose que des espaces de consom­mation ? Et si les boutiques, les flagships, les pop-ups devenaient des lieux d’échange, d’émotion, de valeurs partagées ? C’est cette vision du retail qui anime Workshop. Daniel Lellouche est un expert reconnu en retail design avec une culture transversale du branding, du luxe, du bien-être et des nouvelles tendances du commerce. Il a toujours conjugué design et architecture d’intérieur pour imaginer des espaces qui traduisent une identité et proposent une nouvelle manière d’être en lien avec les marques. Dans ce monde qui repense ses modes de production, ses façons de vivre, d’acheter, d’interagir, Daniel Lellouche affirme que le commerce doit évoluer également, non plus centré que sur le produit mais sur l’humain, l’usage et l’engagement. Pour l’agence, il s’agit de créer un lieu beau, fonctionnel, durable mais avec du sens. Des lieux à l’image de ceux qui les fréquentent ou qui y travaillent. Ils doivent être tels que nous voulons tous les vivre demain tout en gardant l’objectif de résultat et de croissance. Pour leitmotiv : un retail vivant et conscient. Workshop conçoit des espaces réenchantés avec art, passion et esprit. Chaque projet est unique et à l’image de la marque. C’est l’aboutissement d’un dialogue profond avec les clients enrichi des immersives sprints qui caractérisent sa méthodologie collaborative et sur mesure. Son approche est centrée sur l’expérience de marque et la transformation des lieux en véritables vecteurs de désir. Chaque projet révèle des environnements immersifs, sensibles et rentables. Au travers de trois projets retail, nous vous permettons de découvrir l’expertise et le savoir-faire de cette agence. My Blend, un flagship regénératif Pour le compte du Groupe Clarins, Workshop a imaginé sur 130 m2, au cœur du Marais, un écosystème sensoriel et fonctionnel à l’image de la régénération de la marque. La demande initiale de Clarins était de créer un lieu signature qui incarnerait une marque de beauté holistique hautement technologique, respectueuse de la peau comme de l’environnement et pensée pour un déploiement international.  Un espace à strates comme une peau Quatre espaces interconnectés constituent les lieux. L’espace Nutri-Derma Tech est telle une enveloppe minérale en béton allégé ligné. L’ambiance est douce comme celle d’un laboratoire. Une ligne de verre ambre souligne l’ensemble comme une heure dorée au lever du jour. La Regeneration Room est une capsule monochrome bleu Rotaldo avec un lounge chair pour vivre pleinement l’expérience du masque LED. Le Studio Digital est un salon connecté conçu comme un appartement-studio avec pour point d’ancrage des contenus de marque. Quant au Spa, trois cabines sont pensées comme des chambres hôtelières avec dressing intégré et douche à l’italienne. Une attention particulière est portée à la lumière. Chaque espace bénéficie d’un traitement spécifique. Dans les zones de test, l’ambiance est douce et diffuse. Dans la Regeneration

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