Architecture, l'esprit du lieu

Portlantis, né d’un contexte, le regard vers le large

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Par Sipane Hoh, le 4 février 2026.
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© Ossip van Duivenbode

Dans le port de Rotterdam, se trouve un monument hybride, ni officiellement un musée, ni véritablement un point d’information, mais un entre-deux monumental, une curiosité savante portant la signature de MVRDV. C’est aussi un manifeste architectural où le visiteur, avide de découverte, ne reste point sur sa faim.

À 44 km à l’ouest du centre de Rotterdam, sur le terrain de la Maasvlakte 2 artificiellement gagné sur la mer, à l’extrémité occidentale du port, se dresse Portlantis. Dans ce paysage très caractéristique où se côtoient d’innombrables entrepôts, des grues, des paquebots et des containers, se tisse un décor spécifique encadré par une série d’éoliennes s’alignant en bord de mer. Entre séduction et étonnement le visiteur avance. Composée d’un empilement de cinq entités pivotant les unes sur les autres, la majestueuse structure et son ruban rouge écarlate galopant jusqu’au toit offre d’extraordinaires vues panoramiques sur le large, le littoral et le port. Livré en mars 2025, le projet, conçu par MVRDV, se veut être un centre d’accueil et un espace d’exposition entièrement dédié au port de Rotterdam, le plus grand port d’Europe.

Pendant des siècles, la ville et son port ont grandi en parfait accord, mais c’est au XXIe siècle que le port amorce sa mutation et engage sa transition vers un fonctionnement durable et à faible consommation d’énergie. Cette fraction du territoire des Pays-Bas située à l’extrémité ouest du port a été choisie pour y ériger, selon ses instigateurs, une « machine à raconter les histoires ». Car des histoires, il y en a à raconter. Tout d’abord, la forme, ce n’est pas un hasard mais une réponse judicieuse aux activités qui s’y développent, à l’intérieur comme à l’extérieur. Les différents étages, de forme carrée, sont orientés selon les fonctions spécifiques qui leur sont allouées.

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    Quand la cuisine restaure… le patrimoine

    Par Lionel Blaisse, le 12 février 2024
    Le patrimoine offre d’inestimables décors aux chefs cuisiniers, encore faut-il que le concept culinaire associé entre en résonance avec comme au Fiera dont les cordons bleus vous servent dans l’ancienne Bourse du fret d’Anvers. Extension fin XIXe de la première Bourse du Commerce, le Schippersbeurs anversois vient de se réincarner en restaurant. Son impressionnant décor a été délicieusement remis en œuvre et en scène par Catherine Verbraeken et Alexis Biset pour le compte de Jan Jacobs, le leader du catering belge. Tout semble être aux rendez-vous pour satisfaire papilles et pupilles ! La Bourse et sa vie Au XVIe siècle, le port flamand devint « la fleur du monde ». Avec 10 000 marchands étrangers pour 100 000 habitants, la cité se revendiquait « la patrie commune de toutes les nations » grâce au commerce qui s’y opérait très librement. C’est en toute logique qu’y fut bâtie dès 1531 la première Bourse avec un marché permanent, plus de trois décennies avant celle de Londres. Ravagée par le feu un demi-siècle plus tard, elle fut reconstruite presque à l’identique, autour d’une grande cour carrée ceinte de colonnades. Mais l’année de siège d’Anvers par les troupes espagnoles entama le déclin de son port au profit de celui d’Amsterdam puis de celui de Londres. Un hôtel compléta l’édifice au XVIIIe, bientôt partagé avec l’Académie des arts, qui fit couvrir en 1853 sa cour d’une coupole en verre inspirée du Crystal Palace de Londres. L’ensemble fut la proie des flammes cinq ans plus tard. Reconstruite en 1872 dans le style néogothique brabançon, l’institution se dota d’une Bourse du fret maritime. Sa cour centrale aux allures de place Saint-Marc est depuis surmontée d’une verrière sur une charpente métallique des plus ouvragée. Suite au transfert en 1997 de la Bourse à Bruxelles, le bâtiment vivotera jusqu’à sa fermeture pour insécurité en 2003. Heureusement classé, la ville le rachète en 2012 et confie à l’agence d’architecture locale eld sa reconversion en espace événementiel, la réinstallation d’un hôtel 5* et la création de trois sous-sols de parking. Mise en (s)cène S’attabler chez Fiera se mérite. Une fois votre réservation obtenue et la double porte à vitraux en fond d’impasse franchie, un bienveillant cérémonial temporise l’arrivée au sein du saint lieu après avoir traversé une vaste antichambre magistralement lambrissée de bois sous verrière. La découverte de l’ancienne Schippersbeurs n’en est pas moins une surprise. Sous son longiligne tableau de cotations en ardoise conservé avec sa passerelle, ses boiseries latérales lui confèrent des allures de chœur de cathédrale médiévale. Elle a surtout retrouvé sa fabuleuse verrière, petit chef-d’œuvre de serrurerie, de menuiserie et de verrerie. Entièrement déposée pour intégrer un chauffage par le sol, la mosaïque originelle à caducées – symbole d’Hermès, dieu du commerce – a été reposée à l’identique. Tout au fond, la table du chef s’interpose entre la salle et la cuisine ouverte traitée comme une boîte (dorée) dans la boîte pour éviter tout nouvel… incendie. Banquettes en velours vert bouteille rehaussé de coussins violine, frangées d’écru et de rouge, appliques d’Ann Demeleumeester – l’une des six stylistes de
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    Vitra la plus belle vitrine de Tiffany & Co

    Par Nat Lecuppre, le 19 mars 2025
    Vitra, l’éditeur de mobilier suisse, étend ses compétences à la conception de sièges sociaux. La marque vient de réaliser le nouveau siège social de la maison de haute joaillerie Tiffany & Co, propriété du groupe LVMH. Tiffany & Co, en transférant son siège de Londres à Paris, souhaitait un écrin design et innovant. Elle élit domicile dans un immeuble haussmannien dans le 6e arrondissement de la capitale. C’est le service consulting et planning Studio de Vitra qui a aménagé l’intérieur de tous les espaces (réception, espaces de travail, cafétéria…). Le projet met en exergue les produits Vitra jusqu’à leur mise en place dans les bureaux. Vitra imagine des lieux élégants, contemporains et ergonomiques favorisant la flexibilité pour le bien-être des équipes. Les lieux reflètent les nouveaux modes de travail et incarnent les valeurs et la culture d’entreprise de Tiffany & Co. Les espaces sont appropriés aux divers usages et conçus pour attirer les nouveaux talents. Les interactions entre équipes, les échanges et la communication sont favorisés par l’aménagement intérieur. Les collaborateurs peuvent choisir leur espace selon leurs envies et besoins (travail individuel ou collaboratif). Vitra crée des produits durables, design et ergonomiques. Le mobilier est mis en scène dans les espaces et mis en valeur. On trouve du mobilier des marques Vitra et Artek dans la réception, les bureaux, les salles de réunion, la cafétéria, les salles de formation et les espaces de convivialité. Pour dynamiser les lieux, différents produits se conjuguent. Dans les bureaux, les tables Joyn 2 et les Tyde 2 Workstations des frères Ronan & Erwan Bouroullec sont associées à la chaise ergonomique ID Trim d’Antonio Citterio. Les alcôves des designers français et la cabine insonorisée Talky crée un environnement pour s’isoler et se concentrer ou pour travailler en petit comité. Le sofa Abalon des frères Bouroullec et le Soft Work d’Edward Barber & Jay Osgerby invitent aux réunions informelles ou à se poser dans cette zone d’attente ainsi formée. Des accessoires complètent les aménagements pour un travail hybride et plus de flexibilité. On trouve la tablette NesTable de Jasper Morrison, la Toolbox RE en plastique recyclé d’Arik Levy, entre autres. Les coloris retenus pour ce projet créent une ambiance douce et esthétique. Les matières retenues sont nobles et écoresponsables. Le site est une belle référence de mobilier. On trouve des pièces de design et classiques juxtaposées à du mobilier de bureau. Le tabouret en liège Cork de Jasper Morrison, le rayonnage mural de Jean Prouvé, la chaise Eames Plastic Side Chair de Charles & Ray Eames en plastique recyclé… sont autant de pièces emblématiques du design qui font des lieux une belle exposition. Les espaces sont spacieux et mettent au cœur du projet le confort des utilisateurs. Le siège social de Tiffany & Co est à son image et répond à toutes ses attentes.
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    Art Legacy Hotel rendez-vous avec le luxe

    Par Sipane Hoh, le 28 janvier 2026
    C’est un fin travail de réhabilitation et de revalorisation de patrimoine que l’agence d’architecture Rebelo de Andrade a réalisé. Une opération minutieuse croisant le luxe et l’opulence. Au Portugal, donnant sur la rua do Ouro, l’une des venelles les plus animées de Lisbonne, Art Legacy Hotel occupe un bâtiment distingué des années 1920. Dans ce quartier très fréquenté de la ville, les bâtiments patrimoniaux sont légion. Selon le plan de sauvegarde de la Baixa Pombalina connue pour ses zones piétonnes et ses demeures historiques, plusieurs édifices sont voués à la réhabilitation. Une volonté politique qui revigore toute une partie de la ville. C’est le cas du bâtiment où se trouve aujourd’hui Art Legacy Hotel. La bâtisse de quatre étages appartenait autrefois à la compagnie d’assu­rance Sagres où elle avait aménagé ses bureaux. L’ajout de nouveaux escaliers, la construction du quatrième étage, l’aména­gement des combles en mansardes habitables et l’installation d’un ascenseur ne firent que renforcer sa grandeur. Plus tard, dans les années 1960, l’ensemble a subi d’importantes modifications. Les étages abritaient les bureaux tandis que le rez-de-chaussée renfermait les espaces commerciaux. Le projet d’archi­tecture et de design d’intérieur, réalisé par l’agence d’architecture portugaise RUA (Rebelo de Andrade), vise à restaurer la conception originale du bâtiment, dans un travail de valorisation et de sauvegarde du patrimoine architectural. Les architectes ont remplacé les ouvertures cintrées de la façade au niveau du sol et les matériaux modernes pour l’époque comme le verre et le fer par les bas-reliefs d’un grand réalisme. Tous les détails ont été soigneusement étudiés dans le respect du style qui conviendrait au bâtiment. Outre sa situation stratégique, l’hôtel cinq étoiles dispose de 53 chambres. Au rez-de-chaussée se trouvent les espaces publics tels que la réception, le bar et le restaurant donnant un accès direct vers la rue. Les chambres sont situées aux étages supérieurs tandis que les suites avec terrasses qui possèdent une vue privilégiée sur la ville sont situées à l’étage mansardé. L’architecture intérieure se caractérise par la présence de la couleur. Par ici un couloir aux murs peints en vert, par là une salle de bain et son mur en jaune, un peu plus loin une chambre aux teintes rougeâtres et une autre en bleu roi, à chaque étage sa surprise et à chaque chambre ses caractéristiques chromatiques, le tout formant un impressionnant contraste avec la façade classique. Côté aménagement, en tenant compte de tous les détails et pièces du mobilier, des revêtements et de l’éclairage, les architectes ont eu recours aux produits de la marque néerlandaise Moooi fondée en 2001 par les designers Marcel Wanders et Casper Vissers qui se définit par sa grande fonctionnalité. L’intervention aussi sensible que rigoureuse rend hommage à l’histoire du lieu ainsi qu’au quartier de Baixa. Art Legacy Hotel croise adroitement richesse historique et exigences actuelles. Dans cette capitale foisonnante au charme typique, il s’agit d’un intermède qui offre une expérience unique et mémorable.

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