Architecture, l'esprit du lieu

Pourquoi eux deux ?

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Par Lionel Blaisse, le 9 septembre 2024.
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Yann Follain et Pauline Gaudry

Rencontrer Pauline Gaudry et Yann Follain – co-fondateurs du WY-TO Group, agence bicéphale basée à Paris et à Singapour –, c’est prendre une grande bouffée d’énergie positive pour envisager avec bienveillance le futur.

La première réside dans le Perche et l’autre dans la cité-État la plus urbanisée de la planète. Mais que font-ils ensemble ? Explorer leur site Internet vous interpelle par le foisonnement de projets – proposés, gagnés et / ou réalisés – et leur diversité allant du simple branding au schéma de développement métropolitain, de la scénographie d’exposition à l’îlot multifonctionnel… Une sorte d’arche de Noé, car la notion de développement durable demeure une constante.

Une arche d’alliances.

En 2003, Pauline et Yann se (re)trouvent à Hong-Kong lors d’un colloque sur la métropolisation en Asie-Pacifique alors qu’ils suivent tous les deux le séminaire sur l’architecture en Asie du Sud-Est que dispense Pierre Clément1 aux élèves de 5e année de leur école d’architecture de Paris-Belleville. Diplômés deux ans plus tard, la première part à Goa d’où sa famille est originaire, tandis que le second s’envole pour l’Indonésie, mais ils maintiennent le contact. De retour en France, les deux architectes – faisant la place dans différentes agences – réalisent ensemble leur première maison individuelle dans les Yvelines. Yann repart à Singapour pour superviser le projet du futur musée d’art moderne gagné par le Studio Milou. En 2011, il y crée sa propre agence, WY-TO, suivie l’année suivante par celle homonyme de Pauline à Paris ; WY-TO Group verra le jour en 2021.

Depuis plus d’une décennie, ils nourrissent un dialogue permanent entre leurs ports d’attache respectifs autour d’une approche méthodologique reposant sur un processus analytique de l’environnement humain, climatique, social et économique.

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    Architecture, l'esprit du lieu

    Le meilleur des mondes… du Pairi Daiza

    Par Lionel Blaisse, le 29 décembre 2023
    Élu trois fois Meilleur parc zoologique d’Europe, le Pairi Daiza se veut un Jardin Extraordinaire dont les huit mondes offrent un concentré pédago­gique et ludique de la biodiversité de notre planète. Avec ses deux derniers-nés – La Dernière Frontière et La Terre du Froid – le Jardin des Mondes, démarré en 1994 (480 000 m2), s’adjoint une Cité des Mondes (192 000 m2) où étendre non seulement sa faune et sa flore mais aussi ses services. Des villages accueillent ainsi de l’hébergement en prise directe avec la nature, de la restauration, des espaces culturels, éducatifs, de recherche et de loisir. Des mondes et merveilles En 1992, Éric Domb achète l’abbaye Notre-Dame de Cambron, monastère cistercien fondé en 1148 à Cambron-Casteau, aujourd’hui commune de la Province wallonne du Hainaut située à moins de 20 km de Mons et de la frontière française. Plusieurs vestiges de ce passé monastique subsistent en plus du château édifié au XVIIIe dont le parc de 52 ha comporte 12 ha de plans d’eau. Passionné d’ornithologie, l’avocat fiscaliste et entrepreneur digital lève plus de 7 millions d’euros pour y développer le parc animalier Paradisio qui, dès son ouverture en 1994, compte déjà 2 500 oiseaux de 400 espèces différentes. Coté en Bourse cinq ans plus tard, il va progressivement augmenter les jardins thématiques représentant les différentes zones climatiques de notre planète qu’il apparie à des architectures autochtones en accord avec le biotope incluant bien d’autres espèces animales (mammifères, poissons, reptiles…) : Royaume du Milieu (Chine), La Terre des Origines (Afrique), Le Royaume de Ganesha (Asie du sud-est), Cap Austral (Australie), Cambron-Abbaye et Cambron sur mer (Europe). En 2010, le parc est rebaptisé Pairi Daiza. « En remontant aux origines de notre civilisation, le nom le plus ancien qui désigne le paradis est précisément Pairi-daeza qui signifie en vieux persan Jardin clos ou Verger protégé de murs. C’est un mot qui évoque ce qu’il y a de plus beau, de plus pur. C’est finalement la tentative de l’homme de prendre dans la nature des ingrédients pour essayer d’imaginer un endroit où tous les hommes sont heureux, ce qui est le paradis. » En 2014, deux pandas géants sont loués au parc par la Chine lui valant de booster sa fréquentation annuelle à 1,767 million de visiteurs dès l’année suivante. Sa rentabilité croissante lui permet de prodiguer toujours plus de soins à ses animaux tout en s’agrandissant. Avec la récente inauguration de La Dernière Frontière (Colombie Britannique) et de La Terre du Froid (les Pôles), le parc héberge dorénavant sur ses 75 ha 7 000 animaux de 800 espèces différentes dont s’occupent 500 salariés permanents auxquels s’ajoutent les saisonniers. Parc d’attractions ou jardin d’acclimatation ? Ici pas d’improbable château de la Belle au Bois Dormant ni de Grand 8 Toutatis, juste une extraordinaire promenade pour découvrir, en un jour, les biotopes de plusieurs univers en miniature, suffisamment vastes pour que la faune et la flore y prospèrent et agrémentés d’architectures contextuelles (pagodes chinoises, temples indiens ou ruines indonésiennes, cases ou encore isba). Chaque opération s’inscrit dans un projet global d’aménagement mûrement réfléchi et amendé tant
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    «Je vœux»

    Par Atelier Martel, le 15 juillet 2024
    Engagé·es en faveur de la création contemporaine, nous souhaitons, chez Atelier Martel, nous inscrire dans la tradition millénaire des liens entretenus entre art et architecture, et ainsi proposer un accès à l’art contemporain à tous·tes les usager·es de nos bâtiments. En effet, le lien entre art et architecture est ancré au cœur de l’histoire de l’art et des techniques. Il est également marqué par une évolution du statut de l’artiste, par une fluctuation de la porosité disciplinaire entre arts et architecture au fil du temps, et par un changement progressif des destinataires de ces œuvres conçues en contexte architectural. De la haute antiquité à l’époque contemporaine, l’histoire de l’art atteste de la constance des compagnonnages entre artistes et architectes : statues, bas-reliefs ou fresques des âges antiques, médiévaux ou renaissants, explorations modernistes et post-modernistes de l’œuvre totale ou des panneaux monumentaux, jusqu’aux développements multiformes de l’art d’aujourd’hui. Ces œuvres font corps avec les bâtiments, séquencent les parcours, jouent avec la structure, se fondent dans les modénatures, exploitent les volumes. Si le mouvement moderne des années 1940 réinterroge cette fusion des arts et la place de l’ornementation, les expérimentations artistiques urbaines récentes reviennent sur le devant de la scène et s’inscrivent pleinement dans les questionnements relatifs à la place de l’art dans ces nouvelles urbanités, et de son lien avec les habitant·es, destinataires de ces œuvres. Au cours de cette histoire occidentale des relations entre art et architecture, les agencements et conventions qui régissent les relations entre artistes et architectes ont contribué à modifier la place des destinataires de ces œuvres. Après « l’art pour les Dieux » avec des œuvres commandées par et pour des dévot·es et institutions religieuses, et après « l’art pour les Princes » qui voit la commande d’œuvres par et pour des connaisseur·euses et des puissant·es, on assiste à l’avènement de « l’art pour le marché » qui réinterroge les destinataires des œuvres mais continue de se placer du côté de certaines élites, notamment économiques (Gilles Lipovetsky et Jean Serroy). ↑HABITER ET SOIGNER À DOMMARTIN-LES-TOUL L’artiste Mayanna von Ledebur est intervenue pour la maison d’accueil spécialisé (pour épileptiques) de Dommartin-lès-Toul (2015) pour en « adoucir » les parois de béton par une matrice de coffrage – libre interprétation des inscriptions de stèles mésopotamiennes, première mention de l’épilepsie dans l’histoire écrite – et tisser une longue fresque en tapisserie de laine découpée en panneaux concourant à la signalétique et à amortir les chocs éventuels des patients. Dès lors, quelle place peut-on, en tant qu’agence d’architecture, donner aux habitant·es et usager·es des bâtiments au sein desquels sont installées les œuvres pérennes que nous concevons ? En défendant une idée de l’art pour tous·tes, qui se traduit par la volonté de permettre un accès à l’art contemporain au plus grand nombre, nous avons fait le choix de considérer les habitant·es comme les premier·es destinataires de ces œuvres nourries par notre architecture et qui la nourrissent en retour. Les œuvres que nous soutenons et réalisons ont ainsi pour raison première d’exister le lien qu’elles entretiennent avec celles et ceux qui parcourent au quotidien
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Quand le luxe et le raffinement se croisent

    Par Sipane Hoh, le 2 février 2026
    À Paris, Raphaël Le Berre et Thomas Vevaud ont transformé deux appartements distincts en un triplex pour un client étranger. L’ouvrage porte la signature distinctive du duo qui affirme son goût pour les détails soignés. Un espace de vie raffiné servant comme pied-à-terre a été créé en plein Paris. Grâce à la transformation habile de l’agence Le Berre Vevaud, deux appartements distincts deviennent un triplex de plus de 200 m² et viennent agrandir une résidence de 500 m² qui appartenait déjà au même client. De ce fait, l’ensemble de 700 m² avec une vue sur un jardin privé porte désormais la signature particulière de l’infatigable duo qui crée aussi bien un penthouse londonien qu’une maison de vacances méditerranéenne. Le domicile existant est relié aisément au récent triplex qui se distingue par son nouvel escalier monumental. Celui-ci sert à créer une nouvelle disposition fluide et ouverte des différentes pièces. L’aménagement répond avec brio aux souhaits du propriétaire d’accueillir confortablement famille, amis et personnel. L’écriture architecturale de Le Berre Vevaud se mêle au style des années 1940 qui leur a servi d’inspiration. Il en résulte un langage singulier qui non seulement rend hommage à cette époque mais se spécifie par sa signature contemporaine. Pour les architectes d’intérieur, il s’agissait de respecter l’existant et de le magnifier. Une multitude d’éléments décoratifs comme les corniches ou encore l’escalier monumental traité avec un plafond voûté « Sarrasine » en plâtre rappellent l’époque de référence. Le triplex s’inscrit dans la continuité de l’existant, le sublime et contribue à la fonctionnalité de l’ensemble. Cependant, la tâche des architectes d’intérieur était ardue car les deux appartements d’origine n’étant pas au même niveau, cela nécessitait la création d’une transition douce entre eux tout en préservant l’intégrité architecturale du bâti. De même, la conception de l’escalier requérait plusieurs modifications des murs porteurs et l’incorporation de nouveaux éléments structurels. Le Berre Vevaud, après avoir mené une réflexion sur le respect de la structure traditionnelle du bâtiment haussmannien, a procédé à la modernisation des espaces fonctionnels. Le rez-de-chaussée, à la fois accueillant et convivial, se caractérise par son côté confortable, tandis que le premier niveau se compose d’espaces intimes, dont la suite principale de 120 m² qui occupe une partie importante de l’étage, constituée d’un grand dressing, d’une chambre et d’une salle de bain communicante. Les autres chambres et salles de bains sont situées, quant à elles, au sous-sol. Le projet conjugue avec habileté le traditionnel et le contemporain, nous pouvons trouver des matériaux traditionnels comme le noyer, le marbre de Carrare et la pierre, l’ensemble est agrémenté de mobilier design créé sur mesure par Le Berre Vevaud. Chacune des pièces est unique et chaque espace arbore son lot de traits spécifiques, comme par exemple la bibliothèque qui présente un traitement significatif avec de la quincaillerie finie en laiton, ou les salles de bains ornées de marbre comme le Marquina et le Carrare mais aussi de bois haut de gamme comme le noyer et le chêne. Le salon supérieur est un exemple d’opulence avec ses surfaces en miroir et sa cheminée en

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