Talents

Pousser sa créativité jusqu’à l’extrême

Par Nat Lecuppre, le 8 octobre 2025.
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Quand une approche artistique est associée à la technique dans un projet, on ne peut obtenir qu’un résultat bluffant voire exceptionnel, même lorsqu’il s’agit d’une rénovation de parties communes.

L’agence AFODEA a été mandatée par le maître d’ouvrage CBRE-Générali pour la rénovation des parties communes de deux immeubles début 1900, à mi-chemin entre l’haussmannien et l’Art déco, situés au 24, rue Marcelline Desbordes-Valmore, dans le 16e arrondissement de Paris.

AFODEA.

Monica Fontana, diplômée de l’Institut Universitaire de Venise, a créé en 2001 son agence à Paris : Monica Fontana Architectes. L’agence devient AFODEA en 2012, lors de son association avec l’architecte Giulio Della Giustina. Les architectes ont un regard et des compétences complémentaires qui leur permettent de concevoir toutes sortes de projets (résidentiel, tertiaire, architecture d’intérieur, missions d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) ainsi que des diagnostics Techniques Globaux (DTG).

À chaque projet, les architectes imaginent une architecture contextuelle et durable qui prend en compte les usages et son intégration dans son environnement et paysage urbain. La signature de l’agence se retrouve dans l’attention portée à l’esthétisme, la qualité des espaces et au confort des utilisateurs.

Le projet Valmore.

Les architectes devaient rénover quatre cages d’escalier dotées de vitraux, traces d’un passé historique et culturel précieux. Il s’agissait de sublimer ces éléments. Ils ont pris le parti de jouer avec les contrastes et d’avoir une approche chromatique audacieuse.

Le fil conducteur du projet a été les dessins et la couleur des vitraux. Pour une harmonie totale, une mise en scène des détails est imaginée. Les teintes retenues sont choisies avec subtilité et les formes graphiques, ont inspiré le dessin du tapis. Le motif se déploie tel un fil conducteur, invitant à gravir les étages, pas à pas.

Dynamiser les lieux avec la couleur.

Pour valoriser les cages d’escalier qui bien souvent passent en second plan et sont sombres, AFODEA opte pour la couleur. L’agence choisit le jaune or pour illuminer les espaces et faire écho à la lumière filtrée par les vitraux. Les moindres détails sont mis en valeur (matériaux, finitions, éclairage). Le projet redonne une identité forte aux lieux et les solidarise en leur attribuant une cohérence. Afin d’illuminer plus encore les lieux, des LEDS sont intégrées le long de la rampe. Elles prolongent le doré des vitraux jusqu’à la cage d’ascenseur qui est également habillée d’or.

Les architectes ont souhaité réduire l’effet de quadrillage des vitraux. Pour cela, la trame principale du vitrail est pensée dans la continuité des lignes de plomb secondaires. Cette fusion volontaire renforce l’harmonie graphique de l’ensemble et procure une écriture fluide au projet. Une plaque de plexiglass fixée en partie basse des vitraux assure leur protection.

Des touches de bordeaux qui ponctuent les lieux (inserts dans les tapis et sur les portes) viennent magnifier les ocres et les jaunes. Tout se conjugue avec harmonie. Les coloris bordeaux et doré procurent une ambiance élégante, chaleureuse et intemporelle aux espaces.

Les cages d’escalier de service devaient dialoguer avec les cages principales. Pour celles-ci, le bleu roi est retenu. La couleur se marie avec le doré tout en leur donnant une identité propre. Pensées comme deux lanterneaux, ces cages de service captent et diffusent la lumière, en soulignant la verticalité et la fluidité de ces circulations souvent oubliées. Les vitraux jouent le rôle de trait d’union, par leurs reflets, leurs nuances et leur graphisme. Ils relient les deux univers tout en valorisant le caractère singulier de chacun.

Allier la couleur à la technique.

Pour ce projet, la source d’inspiration d’AFODEA a été l’approche artistique mais également la technique. Aux étages supérieurs, des châssis de désenfumage ont été intégrés avec discrétion. Toutes les colonnes montantes d’électricité ont été rénovées, et les dimensions des gaines adaptées pour répondre aux normes actuelles. Les canalisations de gaz obsolètes ont été entièrement supprimées, et l’ensemble des appareillages électriques ainsi que les luminaires ont été remplacés. Ces derniers, désormais installés sur détection de présence et dotés de la technologie LED, permettent à la fois d’améliorer le confort des résidents et de réduire significativement les consommations énergétiques.

Un tel projet démontre que l’on peut sublimer n’importe quel lieu lorsqu’on maîtrise pleinement la technique et les éléments architecturaux. Dans ce projet, le savoir-faire et l’expertise des architectes sont indéniables. Ainsi leur créativité a pu s’exprimer pour embellir les espaces.

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    AFODEA

    101, rue François-Arago

    93100 Montreuil-sous-Bois

    et
20, rue Raymond-Poincaré

    Abbaye Royale d’Yerres

    91330 Yerres

    Tél. : +33 (0)1 88 93 63 32

    www.afodea.fr

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 61
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    Un doux écrin de chocolat

    Par Nat Lecuppre, le 1 septembre 2025
    L’agence Label Experience a eu pour mission la réhabilitation du siège historique de Cacao Barry à Hardricourt (78). Pour mener à bien son projet et concevoir les espaces adaptés au métier de son client, il s’agissait avant tout de bien définir ses attentes. Un savoir-faire en héritage. Cacao Barry est l’une des marques du groupe Barry Callebaut, leader mondial de chocolat et de produits à base de cacao de haute qualité. Cacao Barry est l’un des premiers exportateurs de cacao au monde. Il accompagne depuis 1842 les chefs pâtissiers, les boulangers et les confiseurs. Depuis presque deux siècles, la maison ne cesse d’offrir des solutions techniques adaptées pour assister les chefs. Les enjeux étaient de concevoir une vitrine du savoir-faire technique et chocolatier pour accueillir les artisans et industriels venant de France ou de l’étranger. Le site devait refléter l’engagement de Cacao Barry pour l’innovation, l’excellence des saveurs, la durabilité et le soutien des chefs du monde entier. Label Experience a donc imaginé quatre espaces clés : l’espace événementiel pour l’accueil, le lounge, l’espace bar, et surtout le laboratoire de la marque Or Noir dédié à la création de chocolat sur mesure. Un univers organique et technique. Le site est entièrement dédié à l’identité du cacao. Il est une ode à l’or noir de la gourmandise. L’histoire du chocolat de la récolte à la création, l’innovation et l’héritage de la maison sont pris en compte. Un cadre premium est créé pour les plus grandes marques du monde. Les espaces conçus sont fluides et modulables. Configuration des lieux. Au rez-de-chaussée, à l’entrée, on trouve un comptoir de réception et un coin attente avec une banquette. À proximité, l’espace Expérience est constitué d’un lounge modulable avec des canapés aux formes géométriques. Cet espace événementiel se répartit en plusieurs sous-espaces. Il est composé d’un comptoir-bar avec un lounge modulable, d’une zone didactique sur l’histoire de Cacao Barry et d’une salle de créativité, dont une salle de créativité entourée de verre sablé. Au R+1 se trouvent les bureaux non compris dans le projet. Le R+2 accueille l’espace Laboratoire Or Noir et l’espace Chocolate Academy. L’Or Noir est dédié à la création de chocolat, permettant aux chefs et artisans d’explorer de nouvelles saveurs dans un environnement innovant et hautement technique. Ce laboratoire permet de repousser les limites de la créativité dans le domaine du chocolat, tout en mettant en avant l’expertise et le savoir-faire de Cacao Barry. L’Or Noir est un espace de travail haut de gamme. Plusieurs zones le constituent : une Meeting Room avec un espace lounge avec un écran TV incorporé dans une bibliothèque, une Tasting Room avec un comptoir haut et une carte gigantesque pour géolocaliser les producteurs de cacao, une Working Area, un espace avec cuisine et un orgue à cacao pour faire des tests de mélanges chocolatés. L’espace Chocolate Academy est dédié aux formations. Il est constitué d’un salon, d’un comptoir café, d’une salle de restauration et d’une salle de conférence. Une écriture RSE. L’engagement durable de Cacao Barry est mis en avant dans le projet. Les matériaux nobles et écoresponsables sont privilégiés. On a du bois, un bar en
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Prieuré Saint-Nicolas priorité au bien-être

    Par Lionel Blaisse, le 3 avril 2025
    Après avoir longtemps œuvré au salut des âmes, le Prieuré Saint-Nicolas de Campagnac se dépense dorénavant – sans indulgence(s) – au bien-être des (bons) vivants grâce à Arnaud et Pauline Le Bihan. Depuis près de huit siècles, il commande l’accès à l’Uzège en venant de Nîmes au sortir du pont de pierre enjambant, à plus de 27 m, le tumultueux Gardon. Ces allures de bastion dissimulent un havre de paix où désormais venir en toute sérénité séjourner, se sustenter et se cultiver. La renaissance de ce petit bijou monastique ne se prive pas de jeter aujourd’hui un pont avec l’architecture d’aujourd’hui. Héritage (patri)monial. La route menant de Nîmes à Uzès traverse une vaste garrigue où s’entrainent les régiments toujours basés dans la ville antique. Après avoir longé la vallée du Gardon s’écoulant vers le Pont du Gard, la départementale en pente débouche soudainement sur un pont dont les sept arches de pierre en ogives (dotées d’avant-bec pour détourner les eaux) furent érigées en 1260. Fragilisé lors d’un dynamitage en 1944, son tablier initial en dos d’âne n’a pas résisté à la mémorable crue de septembre 2002 durant laquelle la rivière le submergea. Avant d’atteindre la rive gauche, une guérite installée au sommet de la septième et dernière pile percevait l’octroi, d’abord au bénéfice des Templiers, puis de Philippe Le Bel et enfin de l’évêché d’Uzès. Si le péage cessa à la Révolution, la guérite demeura jusqu’aux travaux d’élargissement du pont et du percement de la nouvelle route, ayant séparé le pigeonnier et le jardin des simples du prieuré, réalisés en 1863. À l’aplomb de l’ancien gué probablement surmonté alors par un pont de bois, le Prieuré Saint-Nicolas de Campagnac fut érigé sur la commune de Sainte-Anastasie par les Frères pontifes 1 au début du XIIe siècle qui y construisirent dans la foulée le pont de pierre. Commandité par l’évêque d’Uzès, il fut confié à l’ordre des Augustins. De style roman, l’église présente une nef en berceau, un transept et une abside semi-circulaire, une crypte, un cloître et un clocher à tour de plan carré. Elle est entourée de bâtiments d’hébergement, d’un cimetière 2, d’une bergerie, d’une écurie, d’un chai, de réservoirs, et jouit d’un pigeonnier et de deux moulins 3. Bien que ravagé lors des guerres de religion, puis inoccupé durant cinquante ans, l’édifice conserva sa vocation monacale jusqu’à la Révolution où il fut vendu comme bien national. Quatre de ses constructions ont été inscrites en 1987 à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. L’arche d’Arnaud & Pauline. Le site a vraiment de quoi fasciner l’automobiliste épris d’architecture et / ou de paysage. Quasi-invisible en provenance d’Uzès, le Prieuré « cueille » littéralement les Nîmois. Théâtralisant encore davantage l’aplomb sur la rivière, son enceinte fortifiée confère à l’ensemble des allures d’arche de Noé minérale échouée sur un promontoire. Certes, les monastères du Moyen-Âge s’implantaient souvent dans des lieux perdus – et non de perdition – susceptibles d’offrir aux frères une autarcie vivrière, propice à leur réclusion volontaire. Alors qu’en faire à l’heure de notre société de consommation ? Quand Pauline et Arnaud Le Bihan l’acquièrent en 2020,

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