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Urbanisme
Quand Carpentras livre son histoire

© Atelier Novembre - Takuji Shimmura
Cet article est paru dans le nda #58 et sa consultation est réservée aux abonnés
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84200 Carpentras
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21, rue du Faubourg-Saint-Antoine
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Retrouvez cet article dans le nda numéro 58

Retail et Résidentiel
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Nº63
Spécial Santé, Bien-être, Bien-vivre

Novembre — Décembre 2025 — Janvier 2026
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Lodges bien « charpentus » Dans le Piémont
Par Lionel Blaisse, le 3 janvier 2024
Le Little Leisure Lodge comprend quatre huttes subtilement implantées dans la pente d’une colline embrassant les vignobles d’Asti. Leur architecture intégralement menuisée est signée Marco Lavit. Prônant l’éco-construction et la préfabrication bois depuis la création en 2014 de son agence parisienne, le jeune architecte designer franco-italien s’est beaucoup impliqué dans l’éco-tourisme en milieux naturels : tree-house avec spa dans la forêt du Château de Raray dans l’Oise, cabanes sur pilotis au bord du lac de la Lionne non loin de Châteauneuf-du-Pape et aujourd’hui huttes dans le Piémont. Archétype primitif revisité Particulièrement sensibilisé aux qualités environnementales et naturalistes des paysages agricole et viticole, Marco Lavit se veut respectueux des territoires et de leurs terroirs qui – en arrière-plan – révèlent la richesse historique et culturelle des (mi)lieux ruraux. L’implantation de quatre lodges – trois d’hébergement, le quatrième dédié à l’accueil mutualisé des hôtes – sur un coteau presque isolé de la commune de Grazzano Badoglio se devait de valoriser son environnement paysager. Pour ce faire, le concepteur a revisité un ancestral habitat vernaculaire, la hutte bâtie à partir de troncs d’arbres et de branchages. Indépendantes tout en restant interconnectées, ses quatre unités investissent la pente non loin de la crête à la façon d’un hameau faisant discrètement corps avec le grand paysage. Ce dialogue s’inspire du shakkei, le « paysage emprunté » du jardin zen japonais dont la dimension souvent modeste se dilate en s’ouvrant au lointain. Du bois, sinon presque rien Chaque hutte préfabriquée semble se résumer à une toiture à deux pentes reposant sur une série de fermes rapprochées équidistantes, en mélèze huilé, dont les arbalétriers ont été dédoublés pour moiser les poutres du plancher tout en contreventant l’ensemble de la charpente. Son ossature asymétrique lui permet de s’adapter aux nivellements différentiels tout en préservant l’intégrité du biotope. Les liteaux en couverture ménagent un intime brise-soleil pour la terrasse dans le parquet duquel est enchâssé un bain nordique. Un complexe isolant constitue le rampant d’un généreux habitacle (5,50 m au faîtage) au mobilier menuisé. Un savant jeu de claustras met les salles de bains à l’abri des regards indiscrets tandis que d’immenses voilages floutent – presque religieusement – les séjours. Un bien beau retour vers le futur !

De la lumière naturelle pour Odicé
Par Sipane Hoh, le 4 mars 2026
C’est un cabinet dentaire de 170 m² que l’architecte d’intérieur Soizic Besseau a réalisé à partir d’un simple plateau de béton. À la fois lumineux et harmonieux, le lieu aménagé avec tact participe aujourd’hui au bien-être des patients. Les travaux ont duré cinq mois. Le lieu a été métamorphosé grâce à l’intervention de Soizic Besseau, mandatée pour mener à bien le projet. Il s’agit, en effet, d’un espace fonctionnel dont le défi principal consistait à apporter la lumière naturelle sans oublier les diverses normes médicales, celles liées à l’accessibilité et la sécurité des établissements recevant du public (ERP). La fondatrice de l’agence installée à Bouguenais nous confie que la configuration de la cellule initiale nécessitait une redistribution complète des installations, notamment l’électricité, la plomberie, les réseaux d’air comprimé et d’aspiration. Par ailleurs, le programme comportait quatre cabinets dont un dédié à la chirurgie ainsi qu’une multitude d’espaces essentiels pour le bon fonctionnement du cabinet dentaire. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer l’entrée accueillante, la banque d’accueil, la salle d’attente, les deux salles de stérilisation, la salle de radio panoramique, mais aussi d’autres espaces annexes. La femme de l’art adore relever de nouveaux défis et rivaliser de créativité pour atteindre l’harmonie. Ce projet a été suivi de A à Z, il croise fonctionnalité et esthétisme. Les matériaux ont été soigneusement étudiés pour créer une ambiance douce et lumineuse, en harmonie avec l’esprit médical. Tout a été minutieusement composé pour que le lieu devienne le plus accueillant possible. Tandis que des sols en PVC sanitaire avec des plinthes spécifiques garantissent une hygiène optimale, le bois, le placo, les dalles démontables sanitaires au plafond, ainsi que les cloisons en placo simple ou plombé ont été intégrés dans les zones de radiologie. Une atmosphère apaisante et sereine se dégage de l’ensemble, grâce aux différents agencements en stratifié blanc et bois, mais aussi l’utilisation des teintes vert, bleu et blanc. « En collaborant étroitement avec nos clients, nous avons réussi à transformer un espace brut en un lieu accueillant et fonctionnel, répondant aux besoins spécifiques des dentistes associés et de leurs patients », conclut Soizic Besseau.

Le Grand Barnum un lieu, une idée et des convictions
Par Sipane Hoh, le 30 août 2024
C’est un lieu singulier qui consiste en un hôtel trois étoiles, conçu et réalisé dans un but exclusivement social. Il s’agit du Grand Barnum, l’hébergement qui fait vivre une expérience unique à ses visiteurs. Au sein de la métropole lyonnaise, implanté au cœur du tiers-lieu des Grandes Voisines qui consiste en l’occupation temporaire de trois ans d’un site hospitalier appartenant aux Hospices Civils de Lyon, Le Grand Barnum est une aventure humaine hors pair et à part entière. En effet, cet établissement est aussi une entreprise d’insertion qui vient en aide à des personnes en difficulté sociale et professionnelle, en les formant aux métiers de l’hôtellerie. Soulignons qu’il s’agit du premier hôtel ayant cette vocation en France. L’activité revient à la Fondation de l’Armée du Salut, créée en 2000 et remplaçant l’association éponyme datant de 1878 qui a été initiée à Londres. Le Grand Barnum est un lieu innovant aussi bien pour son emplacement que pour son idée. L’ensemble prend place au cœur de Francheville, sur le site de l’ex-hôpital Charial, et propose un concept inédit en France mêlant insertion professionnelle, développement durable et promotion de l’art hors normes. On doit le concept à madame Sophie Jansen, la directrice depuis 2016 du complexe Lyon Cité – Fondation Armée du Salut, par ailleurs détentrice d’une maîtrise en arts plastiques, très sensible à la beauté qui, selon elle, contribue au bonheur. Ce projet est donc intimement lié à l’histoire d’une personne, sa formation, mais aussi et surtout à l’opportunité du site, qui a mis gratuitement à disposition de l’Armée du Salut un étage supplémentaire. Dès lors, l’idée commence à faire son chemin et sa concrétisation est due aux subventions de la région, de l’État et de la métropole. Tandis que la maîtrise d’ouvrage a été assurée par l’architecte Serge Namysl, c’est la direction qui a accompli les achats pour tout ce qui est design et ameublement. L’hôtel se démarque par le recyclage et le réemploi de ses meubles ainsi que l’ameublement des vingt-sept chambres, qui, outre la literie et les luminaires qui sont neufs, a été chiné dans des recycleries locales et a été minutieusement rénové au sein des ateliers d’insertion de l’institution. L’atmosphère de l’hôtel pousse à la détente et la contemplation, par ici un comptoir vintage, par là un canapé confortable, plus haut un bar panoramique pour admirer les environs, des intérieurs à l’éclairage étudié, des espaces harmonieux et plaisants où les visiteurs se sentent à l’aise. Bref, un ensemble chaleureux aux prestations confortables ouvert à tous. « C’est un hôtel comme n’importe quel hôtel, on peut réserver en ligne, il est présent sur les plateformes et tout le personnel est un personnel en réinsertion encadré par des professionnels », précise Sophie Jansen. Des encadrants techniques aident ainsi le personnel en insertion à devenir qualifié sur les postes de réceptionnistes, valets et femmes de chambre. Mais le Grand Barnum n’est pas uniquement un lieu original de passage où le visiteur passe la nuit, il constitue une véritable galerie mettant l’art et les artistes en exergue. En effet, nous pouvons découvrir
