Architecture, l'esprit du lieu

Quand le luxe et le raffinement se croisent

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Par Sipane Hoh, le 2 février 2026.
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© Ambroise Tezenas

À Paris, Raphaël Le Berre et Thomas Vevaud ont transformé deux appartements distincts en un triplex pour un client étranger. L’ouvrage porte la signature distinctive du duo qui affirme son goût pour les détails soignés.

Un espace de vie raffiné servant comme pied-à-terre a été créé en plein Paris. Grâce à la transformation habile de l’agence Le Berre Vevaud, deux appartements distincts deviennent un triplex de plus de 200 m² et viennent agrandir une résidence de 500 m² qui appartenait déjà au même client. De ce fait, l’ensemble de 700 m² avec une vue sur un jardin privé porte désormais la signature particulière de l’infatigable duo qui crée aussi bien un penthouse londonien qu’une maison de vacances méditerranéenne. Le domicile existant est relié aisément au récent triplex qui se distingue par son nouvel escalier monumental. Celui-ci sert à créer une nouvelle disposition fluide et ouverte des différentes pièces. L’aménagement répond avec brio aux souhaits du propriétaire d’accueillir confortablement famille, amis et personnel.

L’écriture architecturale de Le Berre Vevaud se mêle au style des années 1940 qui leur a servi d’inspiration. Il en résulte un langage singulier qui non seulement rend hommage à cette époque mais se spécifie par sa signature contemporaine. Pour les architectes d’intérieur, il s’agissait de respecter l’existant et de le magnifier. Une multitude d’éléments décoratifs comme les corniches ou encore l’escalier monumental traité avec un plafond voûté « Sarrasine » en plâtre rappellent l’époque de référence. Le triplex s’inscrit dans la continuité de l’existant, le sublime et contribue à la fonctionnalité de l’ensemble. Cependant, la tâche des architectes d’intérieur était ardue car les deux appartements d’origine n’étant pas au même niveau, cela nécessitait la création d’une transition douce entre eux tout en préservant l’intégrité architecturale du bâti. De même, la conception de l’escalier requérait plusieurs modifications des murs porteurs et l’incorporation de nouveaux éléments structurels.

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    Architecture remarquable

    Un diamant brille de 1 000 feux à Nice

    Par Nat Lecuppre, le 27 mars 2025
    Ce joyau, dénommé Iconic, propriété de la Compagnie de Phalsbourg, est inéluctablement une réalisation d’envergure à l’architecture remarquable. Ce projet est est le fruit d’un appel à projets lancé par la SNCF,la Métropole Nice Côte d’Azur et la Ville de Nice. Iconic rayonne dans le quartier de la gare. Il est le trait d’union entre les quartiers sud et nord de la ville, séparés par un pont de chemin de fer de style Eiffel, trace d’un riche passé architectural, et la voie Pierre-Mathis qui le surplombe. Un projet multidisciplinaire. À l’initiative, on a Philippe Journo, fondateur de la Compagnie de Phalsbourg. Cet homme audacieux, avant-gardiste sait devancer, prévoir et promouvoir en mettant au cœur de ses réalisations l’homme et sa qualité de vie. Il a signé des centres commerciaux exceptionnels comme Atoll à Angers, Waves à Metz, The Village à Villefontaine… Ce visionnaire propose toujours une architecture adaptée à son environnement pour la dynamiser et la mettre en valeur. Avec sa femme, Karine Journo, ils ont l’âme philanthrope, intimement persuadés que « donner rend meilleur ». Ensemble, ils ont lancé le Philanthro-Lab, le premier lieu dédié à l’essor de la philanthropie à Paris, où ils souhaitent inculquer cette philosophie à tous en offrant un espace hybride qui réunit des associations à impact, accompagne leur développement et célèbre de nombreuses causes d’intérêt général au sein de l’emblématique Hôtel de la Bûcherie qu’il a entièrement restauré. Iconic est une œuvre exceptionnelle. Pour celle-ci, Philippe Journo a fait appel à l’illustre architecte Daniel Libeskind, père du master plan de Ground Zero à Manhattan, entre autres. Iconic est la première réalisation en France de l’architecte américain. Redonner vie au quartier. L’objectif premier de ce réaménagement urbain était de redonner vie à ce quartier délaissé par les Niçois car devenu désuet. La gare Thiers créée en 1864 était entourée d’architectures diverses et de plusieurs époques. Construite par l’architecte Louis-Jules Bouchot, la gare réalisée en briques rouges et en pierres rappelait l’architecture parisienne. L’architecte s’en était inspirée pour symboliser le rattachement en 1860 de la ville de Nice à la France. En 1868, la gare Thiers devient un lieu de passage, lorsqu’elle fait la liaison avec la principauté de Monaco et la frontière italienne. Un peu plus d’un siècle plus tard, elle voit le premier train à grande vitesse arriver. Elle accueille désormais plus de neuf millions de visiteurs chaque année. Pour revitaliser le quartier, Iconic propose de multiples activités, huit au total. À savoir : une salle de spectacle, deux écoles, un hôtel Hilton quatre étoiles, des bureaux, une salle de sport, des commerces et un pôle de restauration au cœur d’une promenade végétalisée et sécurisée. Ce vaisseau amiral plonge la ville dans l’avenir. Son architecture contemporaine en fait un édifice de verre et d’inox qui brille tel un diamant. C’est d’ailleurs ainsi que les Niçois l’appellent : « le Diamant ». Le bâtiment homogène est constitué de surfaces vitrées et de surfaces en vêture inox. Tous les éléments des châssis sont réalisés sur mesure et posés à la main en mosaïque pour un rendu plus que parfait. Toutes les contraintes de terrain (sismiques),
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Des formes organiques pour le Huawei TKL Flagship Store de Shanghai

    Par Sipane Hoh, le 28 octobre 2024
    L’agence d’architecture néerlandaise mondialement connue UNStudio, fondée par Ben van Berkel, a réalisé un magasin de deux étages pour la société technologique chinoise Huawei à Shanghai. Avec sa façade revêtue de pétales de couleur ivoire et son intérieur qui se caractérise par ses lignes organiques, l’ensemble a pour objectif d’offrir à ses clients une expérience singulière et novatrice. UNStudio s’est associée à Huawei, l’un des principaux pionniers chinois des technologies de l’information et de la communication et reconnu pour ses produits intelligents, afin de concevoir leur nouveau magasin à Shanghai. Travaillant en étroite collaboration avec l’équipe de conception de l’enseigne, UNStudio a relevé un grand défi en concevant un concept riche en expériences qui rassemble les personnes, la nature et la technologie tout en répondant avec adresse aux désirs des consommateurs. En effet, cette nouvelle officine réinvente les espaces de vente au détail et les convertit en environnements prometteurs qui favorisent un sentiment d’affiliation, créant ainsi un lieu novateur qui permet aux consommateurs et aux visiteurs de se rencontrer, de partager et d’innover. Inspirée par la nature et par le système d’exploitation « Harmony » du fabriquant, la géométrie du magasin Huawei Taikoo Li qui se développe sur deux étages est basée sur des formes biophiliques que l’on trouve aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Partout, des matériaux de haute performance, certifiés et recyclés ont été adoptés dans le but de réduire les dommages environnementaux et de maintenir la durée de vie du bâtiment. Par ailleurs, des systèmes préfabriqués amovibles ont été utilisés pour les sols et les plafonds. Afin de garantir une haute qualité de l’air intérieur, des systèmes de ventilation avancés avec surveillance en temps réel sont utilisés dans tout le magasin ; et pour créer un environnement agréable pour les clients et les visiteurs, de la végétation a été ajoutée. En référence à la dynamique répétitive de croissance au sein des structures naturelles, la conception reflète l’algorithme — qui consiste à réduire les erreurs dans la téléphonie en incluant de la redondance des données — faisant écho à la technologie des codes polaires de Huawei. Sur la façade, des éléments en forme de pétales apparaissent à différents stades de croissance, ils forment un système géométrique intégré qui croise la marque avec la nature et la technologie. Parallèlement aux choix de couleurs et de matériaux, la composition déployée crée une identité et un geste d’accueil pour les visiteurs. Les tiges des pétales masquent les meneaux structurels du vitrage pour composer une façade vitrée sans cadre qui maximise la visibilité et permet à la lumière naturelle de pénétrer profondément à l’intérieur du magasin. Le soir, des éléments d’éclairage intégrés dans les bords du pétale projettent une douce lueur sur la façade, la dotant d’un certain dynamisme apprécié des visiteurs. Rappelons que la façade orientée sud est composée d’une surface vitrée ondulée du sol au plafond qui brouille la frontière entre l’intérieur du magasin et l’espace public extérieur. Les sièges et la verdure placés dans la devanture en verre sinueuse se fondent davantage dans le décor. L’ambiance est particulière, tout est fait pour faciliter l’expérience utilisateur et
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    Urbanisme

    Nancy, un cas d’école(s)

    Par Lionel Blaisse, le 25 juillet 2023
    Bien qu’à peine millénaire, l’histoire de la cité ducale connut la renommée à plusieurs reprises et fit école à plus d’un titre tant dans les arts qu’en matière urbaine en étant le premier district de France dès 1959. Forte de son patrimoine architectural hérité de la Renaissance, du XVIIIe siècle, de la révolution industrielle et de l’Art nouveau – qui y naquit –, la capitale Lorraine – désormais Métropole et desservie par le TGV – est doublement labellisée au titre des métiers d’art mais aussi de la French tech (sciences et médecine). Plus de 20 % des 256 000 habitants du Grand Nancy sont des étudiants et des chercheurs. Une histoire sous influences Né au XIe siècle du démantèlement de l’empire carolingien, le duché établit alors sa capitale à Nancy. S’il ne reste que peu de témoins de la Ville Vieille médiévale, son patrimoine s’est considérablement enrichi, tout d’abord, à la fin de la Renaissance avec la construction d’une Ville Neuve – au plan orthonormé – décidée par le duc de Lorraine Charles III. On doit au dernier duc souverain 1, Stanislas Leszczynski, de relier les deux villes entre elles au travers d’une monumentale place royale encadrée par l’hôtel de ville, l’Opéra, le Grand hôtel de la Reine et le Musée des Beaux-Arts. Richement ornée de grilles enluminées d’or, elle porte désormais son prénom. Au lendemain de la défaite de la guerre de 1870, l’Alsace-Moselle est annexée au tout nouvel empire allemand. Restée française, Nancy voit alors arriver massivement des capitaux, des entreprises et leurs savoir-faire qui vont booster sa révolution industrielle en la parachevant. La manufacture des tabacs, les cristalleries Daum, la société de distribution d’éclairage public Fabius Henrion et Cie y voient le jour, cette dernière est rachetée dès 1898 par la Compagnie générale d’électricité2, tout comme la Manufacture nancéienne de chaussures devenue depuis les Chaussures André. Cette irrésistible montée en puissance s’accompagne d’une alliance provinciale inédite des industries des métiers d’art et des artistes afin de promouvoir la collaboration entre différentes disciplines, favoriser la recherche et l’innovation tout en prônant une politique sociale éclairée. Le maître verrier, ébéniste et céramiste (botaniste de formation) Émile Gallé et l’homme d’affaires et mécène Eugène Corbin les regroupent, en 1901, au sein de l’École de Nancy ayant pour devise « L’art dans tout, l’art pour tous ». Louis Majorelle, les frères Auguste et Antonin Daum, Jacques Gruber ou encore Victor Prouvé contribueront à sa renommée comme en atteste le musée homonyme qu’est venue récemment compléter la Maison Majorelle construite en 1902 par Henri Sauvage. L’École est à l’origine de l’Exposition internationale de l’Est de la France qui réunit en 1909 plus de deux millions de visiteurs à Nancy dans le secteur du Parc Sainte-Marie du nouveau quartier se développant à l’ouest de la voie ferrée. L’architecte Louis Lanternier y fait surgir une source thermale dont l’eau à 36°C va permettre de développer des thermes. Son essor se poursuit. L’homme phare de l’époque en sera Jean Prouvé, le fils du peintre Victor Prouvé. Ferronnier de formation, il

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