Architecture, l'esprit du lieu

Quand l’escalier fait la courte échelle à l’impossible…

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Par Lionel Blaisse, le 23 janvier 2025.
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© Frans Parthesius
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Le complexe sportif du Coum à Ploudalmézeau par l’agence ENO Architectes
Archi Culture

L’étincelant complexe sportif du Coum

Par Sipane Hoh, le 3 avril 2024
C’est dans la commune de Ploudalmézeau (29) que l’agence ENO Architectes, établie à Brest, a réalisé la rénovation et l’extension de la salle multisports aux multiples qualités, répondant avec habileté aux différentes exigences de la municipalité et offrant aux usagers un équipement capable de valoriser les vocations sportives. Situé à proximité immédiate du collège Édouard-Quéau, le nouveau complexe sportif du Coum consiste en une intelligente réinvention d’une salle sportive existante. En effet, dans leur intention, les architectes de l’agence ENO Architectes ont ainsi opéré une greffe architecturale en utilisant habilement le bandeau translucide. Aujourd’hui, à travers le nouvel habillage au niveau du hall existant, un ruban diaphane se dessine et tout en se pliant et se tordant il vient envelopper les deux volumes principaux. Puis, dans un mouvement léger et gracieux, la vêture se soulève pour laisser transparaître l’entrée unique du complexe sportif. Bienvenue aux amoureux du sport. Mis à part la conséquence du volume, l’enjeu était de taille. En effet, le nouvel équipement devait répondre aux ambitions de la municipalité. Quant au programme, il contenait une salle multisports existante à l’architecture élémentaire, sans entrée apparente depuis la rue, et un parking de taille retreinte qui a été déplacé, le tout sur un site ponctué de quelques arbres existants. Et bien que l’ensemble ne présentât pas de particularité propre, le site était agréable. Conscients de cette valeur, les architectes précisent qu’ils ont eu de la chance de pouvoir percevoir l’ensemble du complexe avec suffisamment de recul. « Nous sommes face à un tableau qu’il fallait composer et mettre en scène », racontent les fondateurs de l’agence, Claire du Crest et Xavier Stocq. Un équipement remarquable La nouvelle salle de sports de Ploudalmézeau respecte les exigences des compétitions régionales. Avant de se diriger vers les gradins et sans passer par l’aire de jeu ni croiser les sportifs, le visiteur y accède directement à travers la baie qui la sépare du hall. Notons par ailleurs que l’une des caractéristiques de la salle réside dans son ambiance lumineuse naturelle qui constitue un grand atout pour tout le projet. En effet, la façade nord, qui se hisse au-dessus des gradins, est entièrement revêtue de panneaux isolés translucides en polycarbonate alvéolaire, qui diffusent une douce lumière constante vers le terrain. « C’est comme au théâtre », indiquent les architectes, qui ont veillé à homogénéiser la luminosité par la lumière filtrée provenant du ruban translucide de la façade d’entrée, mais aussi grâce aux divers percements aléatoires situés en façade sud et ouest. Un ensemble de procédés qui font de cette réalisation un joli écrin. La vitalité qui se dégage de la façade et la colorimétrie utilisée dévoilent un objectif précis, l’imprévu. En attirant le regard sur l’enveloppe, les architectes participent, à leur manière, à encourager le sport et lui octroyer une note positive. La teinte dorée y est pour quelque chose ; en effet, cette couleur utilisée au niveau de l’entrée, ainsi que la teinte argent que l’on trouve sur les lames verticales, évoquent, selon les concepteurs, les teintes de la compétition
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Architecture, l'esprit du lieu

Dans l’antre du crypto-temple de Ledger à Paris

Par Nat Lecuppre, le 22 mai 2025
Ledger, acteur incontournable de la cryptomonnaie sécurisée et du Web3, a inauguré son siège mondial au cœur du quartier historique du Marais à Paris. Baptisé « Le 106 », le site accueille sur 9 étages et 7 500 m2 la communauté Blockchain française et internationale. Pour créer ce siège hors norme, la licorne française a choisi un ancien central téléphonique conçu par l’architecte François Le Cœur dans les années 1930 et récemment rénové par Franklin Azzi. Afin de concevoir des lieux incarnant parfaitement son ADN, Ledger a fait appel à STUDIOS Architecture, cabinet franco-américain qui réinvente les codes du workplace depuis plus de trente ans, pour les acteurs de la tech comme Google, Adobe ou encore Airbnb. Un lieu atypique. Ledger a souhaité faire de son siège un marqueur identitaire fort de ses produits comme de sa culture d’entreprise, autour de trois dimensions : les technologies, l’art et la nature, qui sont omniprésents dans le bâtiment. L’objectif était également d’offrir à l’ensemble de sa communauté (collaborateurs, partenaires, start-ups…) de multiples opportunités de se rencontrer, de travailler et d’innover ensemble. Conçu comme le temple des technologies Web3, le 106 gagne le pari d’un design ultra sophistiqué combiné à ce qui se fait de mieux en matière d’usages. Alexandra Villegas, architecte associée chez STUDIOS Architecture, en témoigne : « Ledger a poussé tous les codes du bureau de demain à leurs plus hauts niveaux pour inventer un lieu qui n’a pas d’équivalent dans le monde. C’est un modèle du genre qui propulse des tendances émergentes en nouveaux standards. » Tour d’horizon d’un lieu inclassable, pensé dans les moindres détails. Design sophistiqué. L’édifice mélange les ambiances, les matériaux et les couleurs pour créer un lieu aux multiples facettes qui ne ressemble à aucun autre. Le hall d’accueil aux couleurs sombres est couronné d’une large canopée métallique rétro-éclairée, clin d’œil au design des wallets Ledger. La console métallisée reprend le motif d’un circuit informatique. Cet univers tech sophistiqué s’ouvre sur le grand patio végétalisé, aux couleurs et à la playlist pop. La série de contrastes ne fait que commencer. Au sous-sol, un couloir immersif reprend toutes les collaborations réalisées par Ledger avec des artistes sur les nanos. Quelques étages au-dessus : changement de décor avec l’immense boardroom habillée d’une suspension monumentale qui évoque les réseaux et les technologies. L’ambiance devient totalement décomplexée au MVP bar du 8e étage, avec sa tireuse à bière et sa machine à pop-corn que surplombe l’immense œuvre du street artiste LoRem. La mezzanine « Up to the Moon » plonge quant à elle les visiteurs en lévitation au-dessus des toits de Paris. Les lieux sont parsemés d’une touche d’art par la présence des œuvres de la collection NFT de Ledger. Les codes de la marque sont omniprésents, jusqu’à la signalétique ou encore au travers des vêtements de sport et autres swag vendus dans la boutique Ledger. Une programmation riche. Côté usages, le site propose une programmation multi-dimensionnelle riche, avec des espaces hybrides qui s’adaptent aux besoins. Chacun peut trouver sa place dans cet écosystème pour travailler, échanger et inventer tout en bénéficiant d’une multitude de services. Au rez-de-chaussée, un Bistro ouvert sur la cour animé par un barista, permet de se tenir informé des news
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Architecture remarquable

BEM un travail collectif pour une signature unique

Par Sipane Hoh, le 16 décembre 2024
Né de l’esprit de quatre agences d’architecture, le bâtiment d’enseignement mutualisé (BEM) crée non seulement un extraordinaire lieu de partage de vie mais aussi un ensemble qui se projette dans l’enseignement du futur. Sur le plateau de Saclay, Sou Fujimoto Architects, OXO Architectes (Manal Rachdi), Nicolas Laisné Architectes et DREAM (Dimitri Roussel) ont mis leur connaissance ainsi que leur expérience au diapason pour engendrer un ouvrage singulier à la croisée des savoirs. C’est une opération inédite qui prend place sur le plateau de Saclay avec le but de mutualiser des espaces et d’offrir aux étudiants, chercheurs, enseignants et invités de sept écoles un environnement propice aux rencontres, aux partages mais aussi aux échanges. Conçu pour abriter des talents venant d’horizons divers, le BEM permet d’accueillir les enseignements de sept écoles d’ingénieurs. Des institutions de grand renom comme l’École polytechnique, AgroParisTech, Télécom Paris, Télécom SudParis, ENSTA Paris, l’ENSAE Paris, et l’Institut d’Optique Graduate School dont les étudiants auront un écrin commun conçu par Sou Fujimoto Architects (mandataire), OXO Architectes (Manal Rachdi), Nicolas Laisné Architectes et DREAM (Dimitri Roussel), un projet cofinancé par l’Agence nationale de la recherche (ANR), le ministère des Armées, le ministère de l’Économie et des Finances, l’Établissement public d’aménagement Paris-Saclay (EPA-PS), l’École polytechnique, AgroParisTech, le Genes, l’IMT, ENSTA Paris et l’IOGS. « C’est un projet qui a duré longtemps, un concours qui a été lancé en 2014 et qui a été livré en juillet 2023, les étudiants ont fait leur rentrée en octobre de la même année », indiquent les architectes, tandis que Manal Rachdi, le fondateur d’OXO Architectes, souligne que ce projet « est d’abord l’histoire de rencontre d’architectes mais aussi de multiples talents qui ont travaillé ensemble, c’est surtout une rencontre de plusieurs écoles dans un même lieu ». Nous pouvons dire qu’il s’agit en effet d’un projet qui est dans la continuité de l’Arbre blanc, l’emblématique « Folie » urbaine qui s’est posée un jour à Montpellier et a participé à l’évolution de la ville. En effet, travailler avec d’autres agences d’architecture n’est pas une simple affaire, cela demande de la précision, de la volonté, de la bienveillance, de l’entente mutuelle mais aussi du respect et de l’habileté. Les quatre agences sont parvenues avec brio à sortir de terre une réalisation remarquable qui porte une signature unique, singulière mais très caractéristique. « Nous n’avions pas d’agence à Paris, et Sou était au Japon, c’était dans la même période où nous avions répondu ensemble pour le concours de l’Arbre blanc. Manal, Nicolas et Dimitri ont participé aux deux workshops au Japon. Au début, nous avons travaillé dans les locaux de l’agence OXO et chez Nicolas Laisné, mais aujourd’hui nous avons une agence. La succursale de Sou Fujimoto Paris a été créée en 2016 suite à tous les concours gagnés en France. » Le concept initial consistait à offrir aux étudiants des sept écoles un bâtiment mutualisé où tout le monde avait ses salles de classes. Les architectes ont proposé la création d’un bâtiment où les enseignements seront prolongés dans le hall. « L’idée, c’était de créer un atrium gigantesque baigné de lumière, comportant une multitude d’espaces informels, qui n’étaient pas

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