Lire en ligne
Architecture, l'esprit du lieu
Revisiter les codes de l’american diner chez PNY Burger

DR
Cet article est paru dans le nda #56 et sa consultation est réservée aux abonnés
PNY Burger
10, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie
75004 Paris
Tél. : +33 (0)1 88 47 98 12
Bernard Dubois
Avenue Albert, 2D
1190 Bruxelles – Belgique
Retrouvez cet article dans le nda numéro 56

Nouveaux concepts
Commander
Numéro en cours
Nº63
Spécial Santé, Bien-être, Bien-vivre

Novembre — Décembre 2025 — Janvier 2026
Découvrir
À découvrir

Quai 108, brasserie au style industriel chic
Par Nat Lecuppre, le 27 février 2025
L’agence d’architecture Outsign a créé l’architecture d’intérieur et la nouvelle identité du restaurant de l’hôtel Hilton Paris Opéra, Quai 108. Situé au 108, rue Saint-Lazare à Paris (8e) dans un bâtiment historique, la superficie du restaurant est de 150 m2. Outsign a souhaité donner aux lieux une ambiance raffinée de brasserie parisienne dans une architecture de style industriel chic des gares du XIXe siècle. Les architectes jouent avec les contrastes bruts-raffinés. Les corniches en stuc haussmanniennes se marient aux murs en pierre de l’époque industrielle. Les matériaux retenus marquent la modernité et la sophistication. Ils sont nobles et riches. Le bois (parquet en chêne, tables en noyer…) et les tonalités chaudes renforcent les côtés convivial et chaleureux qui définissent les brasseries de la capitale. Les matériaux soulignent l’atmosphère élégante, durable, contemporaine des espaces. Ils permettent de revisiter un lieu historique avec contemporanéité. On trouve un parquet bâton rompu massif chêne foncé, des mosaïques hexagonales, de la brique rouge (Brikelia), du béton ciré, des peintures (brun de Mars, vert d’Égypte, noir antique), du papier peint vintage, des zelliges (vert et rouge), des moulures (faux plafonds et murs), du laiton, de l’acier inoxydable, du cuir (couleur cognac), du velours (Verpan), du stratifié bois (coloris noyer tabac), des miroirs (effet vieilli / antiques) et de la végétation. Les lieux sont intimistes et intemporels. Des touches modernes sont apportées avec par exemple un lustre signé 101 Copenhagen. Les couleurs retenues sont terracotta, orange, bleu… Elles se marient avec les matières naturelles et le décor. Pour ce projet, une partie du mobilier a été realisé sur mesure par l’Atelier Tachas (banquettes, bar, étagères, miroirs, dessertes, jardinières…). Au restaurant, le chef Mathieu Afonso propose une carte de street food revisitée. Elle appuie le côté singulier du Quai 108. Une fresque sur le mur du bar signée de l’artiste Claire Dognin rappelle la belle époque des gares et le charme des malles d’antan. C’est aussi un clin d’œil aux grandes destinations au départ de la gare Saint-Lazare, qui se trouve à proximité du Quai 108. Imaginant toujours un projet dans ses moindres détails, Outsign a réalisé la nouvelle identité du Quai 108. Le travail de typographie est souple mariant pleins et déliés dans un esprit Art déco. Avec ce projet, l’agence a su revisiter l’histoire du lieu et son côté parisien tout en les préservant.

Van B d’UNStudio, un exemple de flexibilité
Par Sipane Hoh, le 14 mai 2025
À la croisée de plusieurs quartiers prisés de Munich, donnant sur l’Infanteriestrasse, le projet résidentiel Van B d’UNStudio (Ben van Berkel) se distingue par la très grande flexibilité de ses intérieurs. Optimiser l’espace, créer des liens entre extérieur et intérieur et agencer ce dernier comme une extension des espaces de vie est l’une des particularités de cette réalisation. Avec ses appartements d’une à trois pièces, ses lofts-galeries et ses habitations sur le toit, le projet résidentiel Van B achevé en 2024 par UNStudio et le promoteur Bauwerk à Munich s’adresse non seulement à l’évolution démographique et aux constellations familiales multiples, mais offre un espace de vie intérieur-extérieur, des espaces communs, des installations partagées et un nouveau système très flexible qui peut transformer un appartement de 40 m² en loft de 60 m². Plusieurs solutions et une multitude de possibilités pour un confort optimal. Avec sa forme compacte et ses lignes rigoureuses, Van B abrite 142 appartements, studios et penthouses desservis par 81 places de parking souterrain. L’ensemble se caractérise par ses baies vitrées, ses balcons, ainsi que ses potagers partagés et privés, mais aussi sa plantation sur le toit avec une vue panoramique à 360° et sa cour intérieure avec des zones de fitness et de détente, tout un panel d’astuces qui renforcent la relation intérieur-extérieur. Van B est un condensé de durabilité, le concept constitue l’expression architecturale de plusieurs idées comme l’économie de partage, la vie collective et les modes de vie inclusifs. Ainsi, les résidents peuvent profiter d’un espace de cohabitation pour travailler à domicile, participer à des réunions en ligne et utiliser un système de boîtes à colis, mais également se partager les voitures et les vélos électriques. Des stations de recharge électrique et une station de réparation de vélos se trouvent également sur place. « Le lien social est essentiel à notre bien-être. Aujourd’hui plus que jamais, nous constatons que de nombreuses personnes souhaitent et ont besoin de croiser régulièrement leur famille, leurs amis et leurs voisins. Mais avec les voisins en particulier, ces rencontres sont généralement spontanées et doivent donc être facilitées. L’architecture peut créer des cadres qui permettent aux gens de se sociabiliser, où les communautés de quartier peuvent se former et où des rencontres spontanées peuvent se produire », déclare Ben van Berkel, le fondateur d’UNStudio. Au-delà d’un simple empilement volumétrique. Van B remet en question certains codes de l’habitat moderne. De même, le concept va au-delà d’un simple empilement volumétrique et permet aux gens d’adopter un mode de vie plus flexible. De ce fait, le système insérable élaboré dans ce projet permet aux divers usagers de modifier facilement l’utilisation du même espace en quelques gestes, ce qui permet de transformer une pièce d’un bureau généreux en un salon confortable ou une chambre à coucher. Pour obtenir cette flexibilité, UNStudio a conçu, en collaboration avec Bauwerk, un système de cloisons et de meubles adaptables « basé sur des modules d’extension », installé dans tous les appartements, quelle que soit leur taille. Il s’agit d’un ensemble de neuf modules qui permettent aux résidents de reconfigurer leur appartement en fonction de leurs besoins immédiats, et d’organiser l’espace en fonction de leur programme.

Attentions… d’Angers
Par Lionel Blaisse, le 24 avril 2026
Résultant de l’appel à projets innovants « Imagine Angers » lancé en 2017, l’opération Arborescence – conçue par l’agence franco-singapourienne WY-TO architects associée à sa consœur angevine Crespy-Aumont – vient requalifier l’îlot Gambetta en limite fluviale de l’hyper centre-ville historique. Art de (vivre en) ville Depuis quelques années, les villes se réconcilient avec leur(s) cours d’eau – malgré leurs caprices accrus par le dérèglement climatique –, elles en réaménagent et urbanisent les berges. Après leur avoir longtemps tourné le dos puis sacrifiées aux infrastructures de transports – fluviaux, ferrés ou autoroutiers (comme ici l’A11, aujourd’hui détournée), elles en redécouvrent les vertus. Aux confluences du Loir, de la Mayenne et de la Sarthe, la Maine traverse la cité-berceau de la dynastie des Plantagenets avant de rejoindre la Loire. Sans doute leur doit-on la « douceur angevine » célébrée par Joachim du Bellay dans son poème Regrets mais aussi la vocation horticole de son agglomération (premier pôle de compétitivité européen en la matière). À l’angle du boulevard Ayrault menant en cœur de ville et du quai Gambetta, l’îlot éponyme requalifié constitue désormais la tête de pont (de la Haute Chaîne) sur la rive droite de la Maine. Le projet développé par Pauline Gaudry et Yann Follain avec Vinci Immobilier propose un programme mixte intergénérationnel prônant une architecture bioclimatique et biophilique, largement expérimentée par l’antenne singapourienne de l’agence. Arborescence architecturale Maîtrisée et cohérente, la diversité programmatique a conforté une conception stratifiée de l’ensemble immobilier aboutissant à un immeuble central de onze étages (35 m de haut) dont le socle de quatre niveaux fait corps avec les deux ailes latérales en R+3 et R+5. Orienté sud / sud-est / sud-ouest, ce front bâti ménage un jardin intérieur de 750 m2 en pleine terre des plus rafraichissant (avec potager) que se partagent les hôtes de la résidence séniors de 94 logements (R+5), les enfants de la crèche de 20 berceaux et les utilisateurs du coworking (rez-de-chaussée), les propriétaires des 29 appartements en accession (du 6e au 11e étages) et les occupants des 3 gites urbains, mais également les riverains, l’espace vert étant accessible au public dans la journée. Avec ses 8 900 m2 de planchers sur une parcelle de 2 600 m2, Arborescence offre cependant une densité harmonieuse en alternative à l’étalement urbain. Sa compacité et ses toitures végétalisées limitent les déperditions thermiques tout en réduisant les besoins en chauffage et climatisation. Les débords de ses balcons ondulants et de ses loggias méridionaux engendrent un air de meilleure qualité et une fraîcheur bienvenue durant l’été auxquels contribuent aussi les plantations des jardinières filantes qui les devancent. Introduit dans les années 1980 par le père de la sociobiologie, l’Américain Edward Osborne Wilson, le terme de biophilie définit le contact avec le vivant comme un élément essentiel à notre bien-être. L’essence conceptuelle d’Arborescence s’en inspire pour que ses occupants respirent mieux, transpirent moins et aspirent à une vie urbaine apaisée. Contrastant avec l’austérité des formes orthogonales traditionnelles, la fluidité de son architecture génère une sensation de réconfort. Ses grandes terrasses constituent autant d’extensions extérieures des espaces de vie en prise directe avec la nature, le paysage et
