Architecture un lieu

Vivre un lieu avec émotion et curiosité

Par Nat Lecuppre, le 26 janvier 2024.
Détail de la boutique Versace Paris
DR

Gwenaël Nicolas est un architecte et designer breton qui excelle dans le luxe en concevant des espaces singuliers et pleins d’émotions. Il aime vous faire vivre une expérience hors pair.

Une mise en scène, une signature

Il y a vingt-cinq ans, Gwenaël Nicolas a fondé son agence pluridisciplinaire, Curiosity, à Tokyo. Sa griffe : anticiper et révolutionner. Il redéfinit sans cesse le renouveau avec ingéniosité (produits, matériaux, identités…).

Le design doit être fonctionnel en plus d’être beau. Mais il doit être aussi pensé bien en amont de sa réalisation. L’effet de surprise doit être le résultat de son travail. Avant de concevoir un projet, Gwenaël Nicolas imagine un décor émotionnel qui est le fruit d’un jeu entre les espaces et la lumière.

Parmi ses réalisations, on compte des magasins de luxe (Fendi, Vuitton, Dolce & Gabanna…), des collections de mobilier (collection Seido pour Luxury Living…), des hôtels restaurants (Sorano Hotel…). Son art s’exerce dans tous les domaines où le design produits et graphique peuvent prendre naissance. Tout récemment, Curiosity vient de concevoir le nouvel univers de Versace Paris.

Versace Paris

La maison de mode italienne a fait appel à Curiosity pour son nouveau concept de boutique. L’objectif souhaité était de créer une toile qui exprimerait l’art visionnaire de Versace et son ADN.

L’architecte a imaginé un décor avec une scénographie. Le client déambule dans les lieux comme au musée et découvre par séquence les créations. Une série de tableaux de vie est réalisée à partir des différentes collections Versace.

Les lieux sont dynamiques et vivants. Les collections saisonnières sont une des cartes qui animent et renouvellent les espaces.

La pièce maîtresse des lieux est le plafond de verre créé à partir du motif baroque de Versace. Il est en verre massif et signé du maître verrier Vistosi. Les reflets et réfractions du verre soulignent l’effet de surprise souhaité. Le décor transpose le client dans un espace intemporel d’excellence et plein de magie.

Les matériaux sélectionnés sont purs et sobres. On trouve du marbre blanc et gris mais aussi des murs cannelés aux différents motifs. Le tout est une réinterprétation de la résidence de Gianni Versace.

La boutique s’étend sur trois niveaux. Un escalier sculptural en marbre et en laiton permet d’y accéder.

Différents univers

Au rez-de-chaussée, on découvre l’univers des accessoires. Le premier étage est dédié à la femme avec la mode féminine, un salon pour les chaussures et la haute couture. Le sous-sol abrite la mode masculine.

L’architecte a souhaité faire dialoguer le classicisme avec l’art abstrait. Pour cette raison, on retrouve des œuvres d’art moderne interprétant la tête de méduse.

Versace Paris est une belle réussite qui vient se rajouter à la liste des réalisations exceptionnelles de Curiosity.

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    Un écrin architectural pour Roberto Coin

    Par Nat Lecuppre, le 22 avril 2025
    Roberto Coin, joaillier italien, vient d’ouvrir les portes de son flagship parisien au 25, avenue Victor-Hugo, dans le 16e arrondissement. La conception de ce lieu a été confiée au studio de design et d’architecture Oitœmponto. Les designers fondateurs du studio Oitœmponto, Artur Miranda et Jacques Bec, ont une démarche architecturale disruptive qui se retrouve toujours dans leurs réalisations. Dans ce projet, ils cassent les codes traditionnels de l’univers de la joaillerie et créent un environnement immersif chaleureux et élégant. Ils conjuguent touches parisiennes, asymétrie et raffinement avec harmonie. La boutique répartie sur deux étages est accueillante et vous plonge dans l’émerveillement. Sa façade est singulière. Elle se caractérise par son irrégularité équilibrée et pensée. Elle est composée d’éléments métalliques dorés et une d’immense devanture vitrée. Les architectes-designers ont imaginé les espaces comme un salon parisien chic et raffiné. Les matériaux retenus sont nobles et précieux. Le mobilier est réalisé sur mesure. Des panneaux en bois de peuplier se marient avec des surfaces texturées en soie bleu vénitien. Un plafond aux détails en feuille d’or ainsi qu’un sol géométrique tufté à la main de couleur mauve renforcent l’ambiance de luxe discret. Une attention est portée à l’éclairage afin qu’il valorise les bijoux exposés tout en préservant l’atmosphère tamisée et chic des lieux. Au centre de la boutique trône un lustre en cristal de Murano créé sur mesure. Maquillé de poudre d’or, il est fabriqué par la maison Véronèse. L’œuvre majestueuse est suspendue entre les deux étages. Elle sublime les espaces et le design intérieur. Le flagship de Roberto Coin est une ode à l’élégance italienne. Il met en exergue également l’audace des architectes qui ont su conjuguer raffinement, élégance, fonctionnalité, l’ADN de la marque Roberto Coin et l’esprit parisien dans ses moindres détails, mais surtout… dans un ton juste.
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Tableau d’honneur de l’architecture monégasque

    Par Lionel Blaisse, le 16 janvier 2025
    Ville-État la plus dense au monde, Monaco ne doit pas vraiment sa renommée internationale à la qualité de son architecture, ses détracteurs y voyant plutôt une principauté d’opérette ! Les rares exceptions pouvant figurer à son tableau d’honneur sont dues à des architectes non monégasques et, en général, célèbres, à commencer par Charles Garnier pour l’opéra, Gio Ponti et sa tour Roccabella, Norman Foster et le Yacht Club ou encore Richard Rogers pour le One Monte-Carlo. Mais ce sont les œuvres du Français Jean-Pierre Lott qui y sont les plus nombreuses. La tour Honoria étant la plus récente. Quinze ans de complicité. Il y a une quinzaine d’années, Jean-Pierre Lott est abordé à l’issue d’une de ses conférences par Patrice Pastor. L’homme est à la tête de JB Pastor & Fils, une société de promotion immobilière créée sur le Rocher en 1920 s’étant depuis diversifiée comme entreprise générale locale du BTP. Il propose à l’architecte de réaliser ensemble un projet à Monaco. Il s’agit du complexe de loisirs pour jeunes Ni Box ouvert en 2010 face à la mer sur le boulevard Louis-II à sa sortie du tunnel passant sous l’Hôtel Fairmont. Lovée dans un lacet, son architecture balnéaire immaculée s’incurve. Un immense bouclier en forme d’aileron protège phoniquement l’édifice de la circulation, l’escalier glissé dans leur interstice relie le quai au parvis de l’hôtel. Tout le vocabulaire architectonique monégasque de l’architecte parisien y est déjà : blancheur monochrome, voiles béton cintrés, pare-soleils linéaires, oculi, résilles maçonnées, vues cadrées… L’accès à l’extension maritime Mareterra en cours – pilotée par Valode & Pistre mais dont Renzo Piano signe l’emblème architectural – a nécessité sa démolition. Va dès lors s’enchainer toute une série de réalisations résidentielles haut de gamme qu’inaugurent dès 2012 les tours siamoises Simona sur les hauteurs du boulevard du Jardin Exotique. Derrière sa très graphique résille de béton revêtue de mosaïque, une partie des 26 appartements investissant ses 27 niveaux dispose d’une piscine privative en terrasse. L’année suivante, il achève la sinueuse Villa Roccabella s’immisçant parmi les pins du parc de la tour éponyme bâtie par Gio Ponti en 1982. En 2017, la Résidence des Cigognes prend son envol. Sur un socle de 5 niveaux dont 4 de bureaux, un seul logement (de 443 à 511 m2) occupe chacun des 11 étages restants ceinturés de balcons et terrasses ondés. Un an plus tard, Le Stella déroule ses volutes asymétriques, tantôt loggias, tantôt brise-soleils, en surplomb d’une somptueuse villa tout en courbes. En 2019, la très photogénique Villa Troglodyte voit enfin le jour après plusieurs années d’études. Cette atypique maison de maître – durable et technologique – de 480 m2 fond ses trois étages dans un mythique éperon rocheux. Géo-logis. Nul doute que la topographie de la principauté inspire Jean-Pierre Lott depuis qu’il y a débarqué. Il en a immédiatement maîtrisé les escarpements et les méandres de son réseau viaire. Imposées par la densité urbaine et la rareté foncière, les résidences qu’il érige – tour à tour – sont autant de totems « distingués » ponctuant graphiquement le grand paysage. En ligne de crête et limitrophe de la commune
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    Un nouveau Mirador à Paris

    Par Nat Lecuppre, le 2 juin 2025
    Maud Caubet est une architecte incontournable d’aujourd’hui. L’architecte a fondé son agence Maud Caubet Architectes en 2006. Elle est chevalier des Arts et des Lettres (2023) et membre de l’Académie d’architecture (2022). Une architecture durable. Son écriture architecturale traduit l’art de vivre ensemble en alliant dans chacun de ses projets l’existant, l’environnement géographique, urbanistique, social et le côté intemporel. Ses réalisations permettent d’envisager plusieurs usages dans le temps. Pour elle, l’architecture est un moyen au service de l’humain, de la société, de son évolution. Tour Racine. En novembre dernier, Maud Caubet a livré la tour Racine dans le 12e arrondissement. Le maître d’ouvrage Alderan (SCI Ewok) lui a confié la réhabilitation d’une tour de 35 mètres qui était l’ancien siège de l’ONF. La tour Racine est juxtaposée à Sorbonne Nouvelle et trône dans un quartier résidentiel. Cet édifice construit en 1970 par les architectes Deschler, Thieulin et de Vigan était devenu obsolète. Avec Maud Caubet, il retrouve une nouvelle jeunesse. Sa superficie est de 6 081 m2. L’architecte a revu son architecture en lui apportant une nouvelle cime et des extensions. La tour était construite sur dalles et sans végétation. Le fil rouge du concept de Maud Caubet, qui aspire à toujours tisser des liens entre architecture, design et paysage, a été de redonner un sol fertile au site. Le jardin imaginé à l’origine est revisité en un palier terrassé. Les courbes des extensions du sous-sol au premier étage s’étendent dans une logique où la nature reprend place. Une toiture nourricière de 175 m2 chapote le bâtiment. Revisiter les sous-sols. Deux niveaux du parking sur cinq sont transformés pour devenir des espaces habitables lumineux. Un patio courbé de 12 mètres de profondeur a été créé. Il permet d’ouvrir de nouveaux espaces sur le jardin. La rampe du parking est réutilisée pour devenir un lieu atypique ouvrant sur le patio. La forme originelle du bâtiment est conservée. L’extension de Maud Caubet fait écho à celle-ci. Elle donne une note contemporaine en encerclant la tour et en contournant les arbres du jardin. Flexibilité des espaces. La conception de l’architecte a pris en compte l’évolution du site dans le temps. La programmation prévoit de multiples usages par la suite. En prévoyant de futurs usages possibles en amont, le coût des adaptations est minimisé. La configuration de la tour Racine se prête à de futures transformations. La trame des poteaux dalles est répétitive. Les circulations verticales favorisent une réversibilité des espaces. La tour peut offrir des services hôteliers, du coliving, des logements étudiants mais également des activités sportives et de services. Les extensions sur une double hauteur et la création d’une serre bioclimatique renforcent les déclinaisons d’usages divers. Ce nouveau mirador est un lieu de vie. On peut y vivre, y travailler, y étudier et s’y divertir tout en cultivant un jardin. Une signature architecturale. Maud Caubet a remplacé l’ancien attique du 10e étage par une charpente en bois pour créer une serre telle une couronne en verre. Celle-ci marque l’architecture de la tour et l’intègre dans son environnement. Elle abrite un café et une agriculture urbaine. Elle est accessible à tous les

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