Architecture un lieu

46/48 avenue de la Grande Armée Une réhabilitation d’exception

Par Nat Lecuppre, le 10 novembre 2023.
Image
©Luc Boegly

L’architecte Franklin Azzi a réalisé une réha­bi­litation singulière d’un immeuble de bureau, au 46-48, avenue de la Grande Armée à Paris.

L’architecte a eu pour mission de revaloriser le site et de l’adapter aux normes et aux attentes actuelles des utilisateurs tant en termes d’effectifs que de confort d’usage. Franklin Azzi a su avec son talent reconnu rendre attractif cet ensemble de 9 200 m2 en conjuguant les styles Art déco et Industriel. Les objectifs étaient de rendre les lieux lisibles et de les ouvrir sur la ville mais aussi de les moderniser.

Le site

Pour Franklin Azzi, il s’agissait de donner du sens et de connecter les deux bâtiments au 46-48 avenue de la Grande Armée et rue de Brunel. Pour cela, le patio historique a été repensé et une agora créée pour relier les deux bâtiments. Elle devient le cœur du site. Les façades ont été conservées.

Une véritable attention a été portée à l’apport de lumière naturelle et surtout à la valorisation des hauteurs libres. Les RDC et R+1 sont ouverts sur l’atrium central baigné de lumière et accessible par un escalier visible depuis le hall en double hauteur. Autour de cet atrium, les utilisateurs bénéficient de divers espaces qui renforcent leur bien-être : un lobby, un business center, une cafétéria et un espace d’échanges informels, entre autres.

Le projet de Franklin Azzi comprend également la réalisation d’une surélévation en toiture au R+7. Une extension vitrée et sa toiture sont ainsi reliées aux R+7 et R+8 côté rue de Brunel. La surélévation vitrée a été conçue avec des châssis coulissants toute hauteur. Une casquette, de couleur zinc en clin d’œil aux combles des bâtiments avoisinants, surmonte celle-ci. La dimension contemporaine se trouve renforcée par le choix de la charpente, des menuiseries en acier, des ouvrants et des protections solaires.

Un important travail de réflexion a été effectué sur la structure pour une meilleure organisation des espaces. Par exemple, une charpente invisible au R+6 a été créée pour permettre une surélévation au R+7.

L’architecte a joué avec les styles dans une belle harmonie. L’Art déco se marie au style Industriel et fait la part belle aux matériaux nobles, performants et durables (bois, pierre de taille, feutre…). On reconnaît la griffe de Franklin Azzi et son côté perfectionniste. Aucun détail n’est laissé au hasard, tout est dessiné sur-mesure comme les sièges de l’auditorium. Afin de préserver l’ADN des lieux, des recherches d’archives patrimoniales ont été menées. Franklin Azzi a su mettre en valeur l’existant et anticiper les usages dès la conception.

Chapeau bas pour cette réhabilitation d’exception.

Galerie d'images (9)
    Partagez cet article autour de vous
    Facebook
    Twitter / X
    LinkedIn
    Pinterest
    E-mail
    À découvrir
    Image
    Architecture, l'esprit du lieu

    Son Alberti, inspiré d’un terroir

    Par Sipane Hoh, le 24 septembre 2025
    Sur l’une des îles des Baléares, à Minorque, Atelier du Pont (Anne-Cécile Comar & Philippe Croisier) a réhabilité une ancienne maison typique de la région. Le résultat est tout simplement enchanteur. Bienvenue à Son Alberti, la finca qui respire le terroir. Minorque est une île de taille modeste néanmoins très caractéristique qui se distingue par ses paysages époustouflants et authentiques. Au milieu des pins, des chênes, des oliviers sauvages, de la bruyère, des murets de pierre sèche, se dressent des habitations traditionnelles fortement marquées par l’histoire et les diverses influences architecturales, qu’elles soient espagnoles, françaises ou britanniques. C’est donc dans un environnement idyllique que se trouve Son Alberti, une construction atypique aux qualités variées. Les nouveaux propriétaires ont découvert l’ensemble délaissé, en piteux état, et ont décidé de confier la réhabilitation à l’agence d’architecture établie à Paris, Atelier du Pont, afin d’en faire leur maison de vacances. Le projet s’approprie le patrimoine rustique de la bâtisse qui abritait autrefois une ferme. L’intervention est tout aussi délicate que subtile, elle respecte la structure existante résultante d’un héritage que les architectes ont souhaité préserver. Sous les voûtes, les arcs, les formes organiques qui racontent une histoire, prennent place des espaces aménagés avec pondération et justesse. L’esprit du lieu est non seulement sauvegardé, mais les qualités architecturales ont été améliorées voire magnifiées. Tout au long de l’opération, les matériaux traditionnels ont été mis en avant et les savoir-faire locaux ont été privilégiés. Par exemple les murs d’origine, en pierre calcaire locale, qui ont été restaurés avec une grande précaution, ils conservent ainsi leur aspect brut et texturé conférant un sentiment de vigueur. De même, les enduits à la chaux blanche, qui nécessitent une certaine dextérité, ont été appliqués à la main, renforçant la luminosité des façades mais aussi de l’intérieur. Les sols se caractérisent par la présence de la pierre naturelle, un matériau ancestral qui crée un joli contraste avec le bois du mobilier. Soulignons également la présence des céramiques dans la cuisine, ainsi que les salles de bains, elles évoquent, à travers leurs petites touches, l’artisanat local. Dans le respect du contexte. La tâche des architectes a été laborieuse ; pour arriver à un tel résultat, il a fallu étudier minutieusement chaque angle, chaque geste, dans le but de redonner à l’ouvrage la cohérence souhaitée mais aussi le lustre d’autrefois. La couleur joue un important rôle dans la restructuration et la démarcation des espaces. Les architectes ont eu recours au jeu savant du contraste entre la palette des teintes chaudes et les murs et plafonds de couleur blanc immaculé. L’ensemble de 380 m² révise avec tact les codes traditionnels pour les incorporer dans un nouvel univers expressif. Un soin particulier a été apporté aux divers détails, même le mobilier a été en grande partie maçonné, il s’intègre parfaitement aux différents volumes existants. Chacune des parties de la maison a été conçu pour favoriser la circulation de la lumière mais aussi la ventilation naturelle, générant un sentiment de bien-être tout au long de l’année. La réhabilitation complète comprend également les alentours de la finca, qui ont été remaniés pour
    Image
    Architecture, l'esprit du lieu

    Travailler dans un Social Club

    Par Nat Lecuppre, le 12 septembre 2025
    Rien n’est plus valorisant pour un patron d’entreprise que de voir ses collaborateurs se rendre sur leur lieu de travail chaque jour avec motivation et le sourire. Tel est le cas chez Sowen. Fondée par Pierre-Alexandre et Géraldine Pillet en 2017, rejointe par Muriel Houël en 2021, l’agence Design & Build Sowen, est reconnue pour ses créations de lieux de vie, expérientiels et durables. Elle accompagne ses clients dans la conception d’espaces sur mesure, incarnant leur ADN, leur culture d’entreprise et leurs valeurs. Des lieux pensés pour encourager la rencontre, le partage et l’innovation, dans une démarche respectueuse de l’environnement. De l’idée au lieu, Sowen propose une approche clef en main : concept d’aménagement, architecture d’intérieur, identité visuelle, travaux, mobilier et décoration. Trois valeurs guident chaque projet : l’environnement, l’humain et l’esprit entrepreneurial. Concevoir des locaux à son image. Sowen a fait de ses propres bureaux une vitrine de son savoir-faire et de son expertise : le Sowen Social Club, situé au 168, avenue Charles-de-Gaulle, à Neuilly-sur-Seine (92). Plusieurs zones se mixent sur un seul niveau dans une ambiance élégante, apaisante, conviviale et créative. Les lieux, qui accueillent les 40 collaborateurs, incarnent l’ADN et les valeurs de l’agence. Tout a été imaginé pour faire des espaces, un lieu de vie fonctionnel et lifestyle. Pas de bureaux fermés, ni d’espaces privés : le parti pris architectural retenu, c’est le flex-office. De grandes tables collaboratives invitent chacun à s’installer selon ses envies et besoins. Comme tout se fait en partage, en communication, en échanges… de petites salles de réunion équipées de technologies pour les visioconférences sont mises à disposition. Une matériauthèque permet avec sa grande table d’atelier de s’y réunir, de toucher différentes matières… et ainsi de co-créer avec les clients leurs projets. Le mobilier sélectionné est ergonomique. Il renforce le confort des collaborateurs, appelés les soweners. Quant aux espaces, entièrement modulables, ils peuvent être reconfigurés pour des événements ou des ateliers collaboratifs. Un esprit club. En entrant, en guise de banque d’accueil, vous tombez sur un gigantesque bar et l’espace café. Le ton est donné : la convivialité ! Les zones réparties sur les 380 m2 trouvent leur inspiration dans l’art de vivre, le design, l’art et le sport. Les passions des soweners sont reprises dans la décoration. On découvre le Club House, le Jazz Club, le Chess Club, le Punch Club, le Speakeasy et même un piano. Un véritable photomaton en état de marche est implanté. En y pénétrant, en plus de vous photographier, il vous permet d’accéder à l’espace reprographie qu’il cache. Une adresse vertueuse. Acteur actif dans la préservation de la planète, Sowen a choisi l’immeuble où s’implanter pour ses performances environnementales. L’immeuble rénové est certifié HQE Bâtiment Durable Niveau Excellent, Breeam NC 2016 Niveau Excellent, Well Niveau Gold et a le Label Effinergie. Lors de son aménagement, Sowen a porté une attention particulière aux textiles (tissus et moquettes) en ne prenant que des matériaux écolabellisés. Le mobilier mis en place est de fabrication européenne ou française. Le Sowen Social Club est un bel exemple des espaces qui développent l’épanouissement
    Image
    Talents

    Clément Conil, la création avant tout !

    Par Sipane Hoh, le 1 octobre 2025
    Installée au 185 place de la Liberté à Toulon, l’agence Clément Conil Architecte a été fondée en 2018. Elle compte aujourd’hui une équipe de dix professionnels engagés pour créer des projets de toute échelle allant du tertiaire au logement collectif en passant par l’équipement public et la villa particulière. Avant de s’installer à son compte et fonder sa propre agence, Clément Conil a fait ses armes au sein d’une agence à la renommée internationale. Ainsi, pendant onze ans, le jeune architecte y a conduit des réalisations d’une grande complexité à travers la France entière. Fort de cette expérience, Clément Conil, très attaché à sa région et à ses racines méditerranéennes, décide de s’installer au cœur de Toulon et de s’entourer d’une équipe talentueuse et pluridisciplinaire. L’architecte aux multiples talents réalise des projets sur mesure qui découlent de l’écoute attentive des besoins et des exigences de chaque client. L’architecture de Clément Conil est porteuse de sens, elle raconte une histoire, interpelle et procure des émotions. Les réalisations de l’agence sont nombreuses et variées mais ont toutes un point commun : la volonté de mettre la création et l’art de bâtir sur un piédestal. Villa B. La Villa B se trouve au cœur d’un lotissement situé sur la commune de La Garde, limitrophe de Toulon dans le département du Var. Composée de deux volumes distincts et empilés, la maison prend place au cœur de la parcelle. Néanmoins, un système de restanque permet de s’en protéger et de descendre doucement vers la piscine. Minimaliste et épuré, l’ensemble s’immisce avec habileté dans son environnement méditerranéen. L’architecte nous raconte que les partis pris retenus ont permis d’assurer l’insertion du projet dans son environnement et de valoriser les paysages tout en affirmant une identité moderne, tant dans les formes que dans les matériaux. Pour parfaire la réalisation, il a été décidé de croiser plusieurs matériaux dont la pierre et le bois, des matières naturelles et des teintes qui créent les contrastes, conjuguant modernité et ancrage régional. Un dialogue sensible entre l’intérieur et l’extérieur s’opère grâce aux généreuses ouvertures donnant sur la végétation alentour. Celle-ci, abondante et authentique, tient une place importante dans l’écriture architecturale. Nous remarquons qu’une certaine harmonie se met en place entre le paysage bâti, les toitures ainsi que les têtes de mur du rez-de-chaussée largement végétalisées. L’eau constitue l’autre élément déterminant qui joue un rôle prépondérant dans la composition, elle reflète le bâti et le valorise sans parler de sa participation active au confort général. En effet, pendant les journées chaudes, elle rafraichit l’espace, rendant à la fois le séjour et la vie à l’extérieur agréables. Côté exposition, l’architecte a étudié l’ensemble avec une grande attention pour créer des percements ainsi que des ouvertures qui profitent de la meilleure orientation. Le rez-de-chaussée s’ouvre vers le sud et l’est, il est formé d’un socle habillé de pierres, sur lequel se pose un autre volume, changeant de direction. Du croisement des deux entités nait une toiture terrasse végétalisée qui, par effet de recul, protège les généreuses baies vitrées des chambres à coucher du premier étage. Ce dernier, dédié à

    Laisser un commentaire

    2 × 1 =