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Architecture, l'esprit du lieu
À Gothenburg le monde boisé de Volvo

© Rasmus Hjortshøj
Cet article est paru dans le nda #58 et sa consultation est réservée aux abonnés
Henning Larsen
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Denmark
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Retrouvez cet article dans le nda numéro 58

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Novembre — Décembre 2025 — Janvier 2026
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Et si on passait une nuit dans une Ancienne prison ?
Par Sipane Hoh, le 21 mars 2025
Métamorphoser une prison en hôtel ? L’idée est surprenante mais la réalité est tout autre. Désaffectée depuis 2009, l’ancienne geôle de Béziers s’est transformée grâce à l’équipe Mando Hospitality et l’agence A+Architecture. La mémoire du bâtiment est conservée et l’ensemble est devenu un espace multifonctionnel. L’Hôtel La Prison a ainsi vu le jour. C’est une première française, ça se passe dans le sud de la France : à Béziers, une ancienne prison devient un établissement hôtelier. Les exemples dans le monde ne sont pas nombreux, mais l’idée avait déjà séduit d’autres localités comme Boston et son The Liberty Hotel, Oxford et l’Hotel Malmaison, Helsinki et l’Hotel Katajanokka, ou encore Berlin et le fameux Wilmina Hotel. À chacun son histoire, sa situation dans la ville mais aussi son devenir. En France, c’est à Béziers que la nouveauté a fait son chemin. Il s’agit de la réhabilitation et la transformation de l’ancienne maison d’arrêt, surnommée « Le Château », qui a fonctionné de 1867 à 2009. La prison d’autrefois surplombait un environnement exceptionnel, désormais perceptible grâce à de nouvelles percées et une agréable promenade. Idéalement situé en plein centre-ville, sur le parvis de la cathédrale Saint-Nazaire, l’ensemble est proche du cloître et du jardin des Évêques qui peuvent être mis à disposition pour divers évènements privés. Cet exploit est dû au groupe Mando Hospitality, spécialisé dans la transformation de bâtiments en lieux de vie uniques où le lien social est essentiel, qui a relevé pour la première fois le défi de la reconversion d’un bâtiment historique. L’Hôtel La Prison raconte une épopée et revalorise le patrimoine architectural sans oublier d’offrir une expérience de séjour inhabituelle aux visiteurs. Menée avec la plus grande précaution, la réhabilitation conserve l’authenticité du bâti, agrémentant le lieu de divers éléments afin d’assurer le confort et le bien-être des usagers. « Quand nous avons visité les lieux, il n’y avait rien, à part un seul livre qui trainait, il y avait une bibliothèque crayonnée au mur avec des titres extrêmement drôles dessinée certainement par un détenu. Malheureusement, nous n’avons pas pu la garder car elle était sur des murs en parpaings », raconte Philippe Bonon, architecte fondateur de l’agence A+Architecture. Des chambres… Dans une pareille rénovation on peut toujours se poser une importante question : Faut-il gommer le passé carcéral du lieu ou bien rappeler l’origine de l’établissement tout en le dotant d’une nouvelle vie. A+Architecture a choisi la deuxième solution. Dès l’entrée, le ton est donné, les visiteurs sont introduits dans un univers atypique à la sobriété monacale rehaussé par quelques touches d’originalité. L’atrium et les passerelles métalliques reliant les cellules ont été conservées tout comme les voûtes néo-romanes. Divers espaces communs mais aussi le hall d’entrée et le bar ont été aménagés de façon à garder l’esprit ancestral, tandis que la disposition des cellules a été remaniée dans le but de les transformer en chambres de différentes tailles. Les cinquante unités sont équipées méticuleusement. Tandis que toutes les trois cellules, deux chambres ont été formées, la cellule du centre est divisée en deux pour offrir à chacune une grande salle d’eau. Les anciennes portes

Architecturestudio conçoit le nouveau siège de Sotheby’s
Par Sipane Hoh, le 5 novembre 2025
C’est dans l’une des rues les plus luxueuses de Paris, la rue du Faubourg-Saint-Honoré, que se trouve Sotheby’s. Entouré de plusieurs ambassades, d’une multitude de magasins de luxe et de haute couture ainsi que de plusieurs galeries d’art et d’antiquités prestigieuses, ce nouvel écrin conçu avec attention par Architecturestudio répond parfaitement aux attentes de l’institution. Le 83 rue du Faubourg-Saint-Honoré est la nouvelle adresse de Sotheby’s, qui s’installe confortablement dans l’un des emplacements les plus prestigieux de la capitale française. Il ne s’agit pas d’un simple flagship mais d’un établissement qui abrite l’une des maisons de vente aux enchères de luxe les plus anciennes au monde. L’ensemble, de cinq étages, qui se déploie sur 3 300 m² porte la signature d’Architecturestudio, reconnue pour ses réalisations remarquables de par le monde. Ce lieu distingué est savamment conçu comme un outil performant au service des œuvres d’art et des présentations de collections de haute facture. Mais ce n’est pas tout, il s’agit également d’une maison de ventes aux enchères ouverte et accessible aux clients qui sont à la recherche d’une expérience unique. Des espaces dédiés à divers événements, à la détente et à la restauration font également partie d’un programme recherché qui soigne une clientèle privilégiée. Sotheby’s Paris est aussi une destination culturelle à part entière, qui succède à l’ouverture de Sotheby’s Hong Kong tout en précédant celle de Sotheby’s New York. Des métropoles incontournables qui confirment la place de la luxueuse maison des enchères dans les domaines de l’art et de l’apparat. Les quinze départements spécialisés de la maison sont variés, citons par exemple les maîtres anciens, l’art moderne et l’art contemporain, les arts d’Asie, d’Afrique et d’Océanie, mais aussi le design, l’orfèvrerie, les livres et manuscrits, sans oublier les secteurs du luxe, des bijoux, des montres, les sacs à main et le vin, bref, des secteurs diversifiés qui, grâce au nouvel emplacement, pourront se déployer plus aisément. Car en aménageant à cette nouvelle adresse, Sotheby’s a gagné près de 30 % d’espaces d’exposition supplémentaires. Soulignons que, dans son souhait d’agrandissement des lieux, la maison des enchères ne pouvait pas choisir mieux. Architecturestudio possède de solides références en matière de réhabilitation lourde et pointilleuse. À la fois habile et exigeante, l’agence d’architecture internationale a mené une reconstitution raffinée des bâtiments existants ; ainsi, certains éléments Art déco d’origine, comme les portes extérieures en ferronneries, le verre bombé, les grilles, les mains courantes en laiton, les miroirs, mosaïques, parements en bois et les parquets, ont été respectueusement restaurés. De nouveaux lustres monumentaux d’une rare élégance ont été créés, ils permettent des jeux de lumière subtils et viennent enrichir d’un nouveau souffle les espaces existants. Pour mener à bien leur projet, les architectes ont eu recours à des spécialistes et artisans comme les compagnons tailleurs de pierre, des ferronniers, éclairagistes et paysagistes. Les travaux ont été mené sous l’égide de l’entreprise Degaine qui a participé à la restauration de l’Hôtel de la Marine à Paris. Le travail d’Architecturestudio a été complet. Outre la restauration des divers éléments qui renouent avec l’authenticité architecturale, les architectes ont procédé à la mise en lumière de l’ensemble

Nancy, un cas d’école(s)
Par Lionel Blaisse, le 25 juillet 2023
Bien qu’à peine millénaire, l’histoire de la cité ducale connut la renommée à plusieurs reprises et fit école à plus d’un titre tant dans les arts qu’en matière urbaine en étant le premier district de France dès 1959. Forte de son patrimoine architectural hérité de la Renaissance, du XVIIIe siècle, de la révolution industrielle et de l’Art nouveau – qui y naquit –, la capitale Lorraine – désormais Métropole et desservie par le TGV – est doublement labellisée au titre des métiers d’art mais aussi de la French tech (sciences et médecine). Plus de 20 % des 256 000 habitants du Grand Nancy sont des étudiants et des chercheurs. Une histoire sous influences Né au XIe siècle du démantèlement de l’empire carolingien, le duché établit alors sa capitale à Nancy. S’il ne reste que peu de témoins de la Ville Vieille médiévale, son patrimoine s’est considérablement enrichi, tout d’abord, à la fin de la Renaissance avec la construction d’une Ville Neuve – au plan orthonormé – décidée par le duc de Lorraine Charles III. On doit au dernier duc souverain 1, Stanislas Leszczynski, de relier les deux villes entre elles au travers d’une monumentale place royale encadrée par l’hôtel de ville, l’Opéra, le Grand hôtel de la Reine et le Musée des Beaux-Arts. Richement ornée de grilles enluminées d’or, elle porte désormais son prénom. Au lendemain de la défaite de la guerre de 1870, l’Alsace-Moselle est annexée au tout nouvel empire allemand. Restée française, Nancy voit alors arriver massivement des capitaux, des entreprises et leurs savoir-faire qui vont booster sa révolution industrielle en la parachevant. La manufacture des tabacs, les cristalleries Daum, la société de distribution d’éclairage public Fabius Henrion et Cie y voient le jour, cette dernière est rachetée dès 1898 par la Compagnie générale d’électricité2, tout comme la Manufacture nancéienne de chaussures devenue depuis les Chaussures André. Cette irrésistible montée en puissance s’accompagne d’une alliance provinciale inédite des industries des métiers d’art et des artistes afin de promouvoir la collaboration entre différentes disciplines, favoriser la recherche et l’innovation tout en prônant une politique sociale éclairée. Le maître verrier, ébéniste et céramiste (botaniste de formation) Émile Gallé et l’homme d’affaires et mécène Eugène Corbin les regroupent, en 1901, au sein de l’École de Nancy ayant pour devise « L’art dans tout, l’art pour tous ». Louis Majorelle, les frères Auguste et Antonin Daum, Jacques Gruber ou encore Victor Prouvé contribueront à sa renommée comme en atteste le musée homonyme qu’est venue récemment compléter la Maison Majorelle construite en 1902 par Henri Sauvage. L’École est à l’origine de l’Exposition internationale de l’Est de la France qui réunit en 1909 plus de deux millions de visiteurs à Nancy dans le secteur du Parc Sainte-Marie du nouveau quartier se développant à l’ouest de la voie ferrée. L’architecte Louis Lanternier y fait surgir une source thermale dont l’eau à 36°C va permettre de développer des thermes. Son essor se poursuit. L’homme phare de l’époque en sera Jean Prouvé, le fils du peintre Victor Prouvé. Ferronnier de formation, il
