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Architecture, l'esprit du lieu
À Gothenburg le monde boisé de Volvo

© Rasmus Hjortshøj
Cet article est paru dans le nda #58 et sa consultation est réservée aux abonnés
Henning Larsen
Vesterbrogade 76, 4th floor
1620 Copenhagen V
Denmark
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412 63 Gothenburg
Suède
Retrouvez cet article dans le nda numéro 58

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Nº63
Spécial Santé, Bien-être, Bien-vivre

Novembre — Décembre 2025 — Janvier 2026
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Ode à la joie au plaisir et à l’art à Nice
Par Nat Lecuppre, le 4 décembre 2024
Nice, berceau de la créativité et du talent artistique, accueille dans le quartier Riquier le onzième Mama Shelter de France. L’établissement est une invitation à la fête, à la gourmandise et à la surprise. Benjamin El Doghaïli, designer et responsable du studio de création des Mama Shelter, a trouvé son inspiration dans le passé artistique et l’histoire de la ville. « Je connaissais Nice surtout à travers les œuvres de nombreux peintres qui s’y sont installés, subjugués par sa lumière à nulle autre pareille, ses ciels marbrés de bleus, ses couleurs très italiennes. » Benjamin El Doghaïli L’établissement est situé à proximité du Vieux Port, du centre historique, du tramway qui dessert gare et aéroport. Le Mama Shelter de Nice se répartit sur trois immeubles. Un du début du XXe voit sa façade préservée. Il accueille les vacanciers, la clientèle d’affaires mais aussi les Niçois et les Niçoises. Les lieux se veulent comme tous les autres Mama Shelter, conviviaux, chaleureux, joyeux, des points de rencontres et d’échanges avec un cadre reprenant l’ADN de la ville où ils sont implantés, mais avec une touche de contemporanéité en plus. Le concept architectural. Pour ses décors, Benjamin El Doghaïli a été influencé par les palettes, les motifs, les sujets et les collages de Matisse. Il a repris aussi les oiseaux de Braque et les céramiques de Picasso (époque Vallauris). Pour renforcer l’ambiance méditerranéenne, le designer a pris en compte les décors du Sud avec le linge accroché aux fenêtres, les étals de marchés, les ruelles secrètes de la vieille ville… sans oublier les rires, les parfums, les cris. Il a joué avec les couleurs et est parti d’une toile blanche pour créer ses décors. Le blanc symbolisant les façades de la Méditerranée est devenu son fil conducteur dans ce projet. Le blanc est réhaussé de touches de couleur mais aussi de fresques peintes à la main. Le lobby est animé par de grandes glaces et ponctué d’immenses tentures de l’artiste Kate Mary. Benjamin El Doghaïli joue avec les matières, les matériaux et les coloris. Il marie le safran, l’ocre rouge, le bleu outremer, le vert olive niçois avec les palettes des impressionnistes. Il a fait appel à des artistes et des artisans pour agrémenter les lieux et surprendre. Avec Lola Mercier et Beniloys, il a parsemé les espaces de fruits, fleurs et légumes sur les colonnes réhaussées de chapiteaux en plâtre. Ces derniers sont fleuris selon les saisons avec des tournesols, de la lavande, du blé coquelicot… Ainsi, les lieux sont animés et changent au fil des mois de l’année. Ils sont semblables à une nature morte de Van Gogh. Au restaurant, un bar en bois d’olivier est posé sur des tommettes. Des sculptures lumineuses suspendues font un clin d’œil aux ruelles siciliennes lors des jours de processions religieuses. Pour la décoration des 102 chambres, on retrouve le blanc taloché aux murs. Les lieux ensoleillés par les rideaux ocre, un sol créé par l’artiste Laurelin Gaillot rappelant le pointillisme, les salles de bains en céramique rose poudré du sol au plafond… autant de détails pour renforcer le bien-être des hôtes. Benjamin, l’un des deux fils de Serge Trigano, a visité

Moments de villégiature… exclusivement féminins
Par Nat Lecuppre, le 13 avril 2026
On pensait que l’hôtellerie avait déjà tout révélé en termes de services mais Six Senses, groupe d’hospitalité de luxe d’IGH Hotels & Resorts, pousse l’offre de ces derniers encore plus loin. Elle lance à Crans, en Suisse, son nouveau concept qui met en son cœur la femme et sa santé tout au long de sa vie. Aller en villégiature en toute sérénité On sait que, tout au long de son épanouissement, le corps de la femme se transforme et, avec l’âge, rencontre des mutations qui interagissent sur son physique, son mental et ses émotions. Pour mieux appréhender chaque étape de la vie, Six Senses propose des séjours courts de 3,5 ou 7 jours pour prendre en main sa propre destinée et soin de soi. À deux heures de Genève, l’établissement cinq étoiles Crans-Montana lance le bien-être holistique dédié uniquement à la femme. Avec son programme Female Wellness, le groupe s’affirme en tant que pionnier. Il est le seul au monde à proposer des séjours pour comprendre la péri-ménopause, la ménopause et le bien-être total féminin. Il a été établi avec la spécialiste de la santé féminine, le docteur Mindy Pelz. Celle-ci voue ses travaux aux métabolismes de base féminins. Elle a conçu pour Six Senses Crans-Montana des programmes personnalisés. Les hôtes peuvent ainsi apprendre à comprendre leurs corps et acquérir des notions scientifiques afin de garder un équilibre hormonal et métabolique pendant leur cycle menstruel entre autres. Le programme Wellness Female renforce la philosophie du bien-être du groupe Six Senses. L’établissement dispose de 78 chambres, suites et résidences avec un grand balcon. Deux restaurants servent une cuisine fraîche et saine sur place ou dans les chambres. On trouve également un bar, un salon, un cinéma en plein air, une piscine chauffée sur le toit, un spa Six Senses avec cinq salles de soins, un salon de récupération Biohack, une piscine intérieure, un espace de remise en forme et un studio de yoga. Un parcours de santé de pointe. Un programme de bien-être sur mesure est établi pour toutes les femmes à toutes les étapes de leur vie. Le séjour de 3 jours pose les bases de la santé hormonale et métabolique. Les 5 jours permettent d’approfondir ce qui influence l’équilibre hormonal, l’humeur, le sommeil, le poids et la lucidité. Quant au séjour de 7 jours, on découvre les liens entre le jeûne intermittent, l’alimentation, les exercices de self-care et d’équilibre hormonal pour pouvoir améliorer son bien-être général même à la maison. Un diagnostic est fait lors de l’arrivée pour évaluer les marqueurs biométriques de l’hôte. Une surveillance de glycémie est effectuée tout au long du jeûne intermittent durant le cycle hormonal. Traitements de thérapies et activités d’inspirations locales sont alternés pour détendre le système nerveux et augmenter l’ocytocine. Le programme applique les principes de Sleep With Six Senses en dotant chaque chambre de tout le confort et matériel pour un sommeil réparateur. On trouve des matelas faits main, des oreillers et linges de lit bio. Les résidents sont munis s’ils le désirent de traceur de sommeil ou de

Fontvieille, faim de carrière
Par Lionel Blaisse, le 9 février 2026
Depuis 1998, Gilles Perraudin milite pour promouvoir les vertus de la pierre de taille. Son principal fournisseur, les carrières de Provence, lui a confié la maîtrise d’œuvre du pavillon d’accueil éphémère de son site de Fontvieille. Avec son fils et associé Jean-Manuel, Gilles Perraudin a érigé au bord d’une falaise artificielle un édifice minimaliste, voire primitif, démontable, se voulant tout à la fois un manifeste radical de l’art de bâtir en pierre et une métaphore poétique du lieu d’où elle est extraite. Retour vers le futur Exploitée souterrainement à partir de 1850, les carrières de Fontvieille le sont à ciel ouvert depuis 1950 en bonne partie pour approvisionner alors les chantiers de Marseille, d’Alger et du Point du Jour à Boulogne-Billancourt de Fernand Pouillon. Il se pourrait même que l’architecte y ait dessiné les deux modestes bâtiments de bureaux entre lesquels s’insère aujourd’hui le nouveau pavillon. Dès la crise pétrolière de 1973, Gilles Perraudin comprend qu’il faut anticiper la fin des énergies fossiles. Après avoir expérimenté avec son épouse Françoise-Hélène Jourda une version plutôt high-tech de l’architecture bioclimatique, il s’oriente vers une option plus naturelle de la construction durable (pierre, terre crue…). « D’aucuns me disent passéiste. Ils se trompent, je me sens au contraire en avance. J’ai compris que notre monde tend à devenir chaque jour plus virtuel à force de produire des images irréalistes. Nous avons besoin de retrouver la matière pour être au monde. Sa disparition, sous des déguisements qui nous laissent croire que nous nous en sommes affranchis, est responsable de la destruction de la planète. » Le Jardin d’Ève Parallélépipède rectangle quasi monacal, le pavillon revendique également une ascèse constructive : toiture en tôle métallique parcourue de failles vitrées longitudinales, charpente bois, parois constituées de blocs de pierre de 70 cm d’épaisseur posés sans mortier. Se superposant les unes aux autres par la seule vertu de l’équilibre, toutes ces pierres d’un seul et même module composent des figures auto-stables qui produisent un langage nouveau et intemporel et ménagent d’étranges meurtrières et baies. Juste sertis, les vitrages – clairs ou teintés – imprimés çà et là de mots évoquent inévitablement ceux vitraillant la chapelle Notre-Dame-du-Haut du Corbusier à Ronchamp ! Au sol, le dallage de pierre s’écarte pour laisser couler de l’eau, se soulève pour offrir des podiums, des assises ou encore des jardinières. La lumière des cathédrales, la pesanteur du roman, les effluves des jardins monastiques semblent avoir guidé les concepteurs. « Dans cet enclos, nous avons composé un jardin minéral, métaphore d’une carrière au sol tranché et parcouru par l’eau qu’accompagnent quelques sobres cactées. La lumière éclaboussée, le parfum minéral et le bruissement de l’eau nous transportent vers un lieu originel : celui d’un jardin du paradis. Là où se situe l’origine du monde, celui des enfants et de celle qui les engendra, Ève. En donnant la vie, nous mourons. Comme Ève Marre 1, cette jeune paysagiste qui perdit la vie en donnant son sang. » Des bassins franchis par des passerelles immaculées contribuent à la mise à distance de cet ouvrage atypique. Fille de l’ingénieur ayant collaboré avec Gilles Perraudin à la conception de l’École
