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Architecture, l'esprit du lieu
Art’chipel la nouvelle oasis urbaine de Marseille

© Sergio Grazia
Cet article est paru dans le nda #58 et sa consultation est réservée aux abonnés
À découvrir

46/48 avenue de la Grande Armée Une réhabilitation d’exception
Par Nat Lecuppre, le 10 novembre 2023
L’architecte Franklin Azzi a réalisé une réhabilitation singulière d’un immeuble de bureau, au 46-48, avenue de la Grande Armée à Paris. L’architecte a eu pour mission de revaloriser le site et de l’adapter aux normes et aux attentes actuelles des utilisateurs tant en termes d’effectifs que de confort d’usage. Franklin Azzi a su avec son talent reconnu rendre attractif cet ensemble de 9 200 m2 en conjuguant les styles Art déco et Industriel. Les objectifs étaient de rendre les lieux lisibles et de les ouvrir sur la ville mais aussi de les moderniser. Le site Pour Franklin Azzi, il s’agissait de donner du sens et de connecter les deux bâtiments au 46-48 avenue de la Grande Armée et rue de Brunel. Pour cela, le patio historique a été repensé et une agora créée pour relier les deux bâtiments. Elle devient le cœur du site. Les façades ont été conservées. Une véritable attention a été portée à l’apport de lumière naturelle et surtout à la valorisation des hauteurs libres. Les RDC et R+1 sont ouverts sur l’atrium central baigné de lumière et accessible par un escalier visible depuis le hall en double hauteur. Autour de cet atrium, les utilisateurs bénéficient de divers espaces qui renforcent leur bien-être : un lobby, un business center, une cafétéria et un espace d’échanges informels, entre autres. Le projet de Franklin Azzi comprend également la réalisation d’une surélévation en toiture au R+7. Une extension vitrée et sa toiture sont ainsi reliées aux R+7 et R+8 côté rue de Brunel. La surélévation vitrée a été conçue avec des châssis coulissants toute hauteur. Une casquette, de couleur zinc en clin d’œil aux combles des bâtiments avoisinants, surmonte celle-ci. La dimension contemporaine se trouve renforcée par le choix de la charpente, des menuiseries en acier, des ouvrants et des protections solaires. Un important travail de réflexion a été effectué sur la structure pour une meilleure organisation des espaces. Par exemple, une charpente invisible au R+6 a été créée pour permettre une surélévation au R+7. L’architecte a joué avec les styles dans une belle harmonie. L’Art déco se marie au style Industriel et fait la part belle aux matériaux nobles, performants et durables (bois, pierre de taille, feutre…). On reconnaît la griffe de Franklin Azzi et son côté perfectionniste. Aucun détail n’est laissé au hasard, tout est dessiné sur-mesure comme les sièges de l’auditorium. Afin de préserver l’ADN des lieux, des recherches d’archives patrimoniales ont été menées. Franklin Azzi a su mettre en valeur l’existant et anticiper les usages dès la conception. Chapeau bas pour cette réhabilitation d’exception.

ONOmatopées digitales pour décor immersif
Par Lionel Blaisse, le 29 janvier 2024
Non loin de Disneyland Paris, Le Grand Magic Hotel est le premier établissement hôtelier européen à proposer à sa clientèle un décor immersif imaginé par Lucien Oscar Ono aux côtés de Moment Factory et de Tétris Design & Build. Pas facile de se « distinguer » aux abords du parc d’attractions. Architecturalement, la cause est perdue depuis longtemps, à commencer par le parc lui-même. Il ne restait donc que la décoration intérieure au quatre étoiles récemment racheté par Schroders Real Estate Hotels pour faire oublier l’ancien Grand Magic Circus. La technologie numérique a constitué une opportunité conceptuelle différenciatrice. Quatre étoiles pour (grands) enfants Peu d’hôtels de cette catégorie reçoivent autant de familles avec enfants. Héberger tout ce petit monde – d’autant plus turbulent qu’il a passé sa journée à enchaîner attractions et spectacles – est un vrai challenge. Si la bonne cohabitation dans la chambre reste du ressort parental… et d’une bonne insonorisation, celle dans les parties communes s’avère plus hasardeuse. Leur conception doit concourir à contenir les débordements de flux afin d’offrir d’inestimables espaces de pause à destination des adultes sans pour autant trop « contraindre » l’énergie de leur progéniture, déclinante pour certains après une telle journée ! Après avoir rénové les 350 chambres (en partie durant la pandémie), Tétris Design & Build – spécialiste international de la conception et de la réalisation clefs en main d’espaces professionnels – a été mandaté pour refaire le lobby, les salons et le restaurant du rez-de-chaussée. Pour ce faire, l’entreprise a fait appel à Maison Numéro 20, créée par l’architecte d’intérieur et designer Lucien Oscar Ono, et à Moment Factory, studio multimédia spécialisé dans la conception et la production d’environnements immersifs. Aux frontières du réel Lucien Oscar Ono a su séquencer à la façon d’un travelling ces trois vastes espaces qui déclinent un vocabulaire architectonique similaire à base d’arches, de cercles et de courbes, chaque séquence étant traitée dans un subtil monochrome dégradé : rouge pour le lobby et la réception, bleu pour les salons et ocre rouge pour le restaurant Chez Maurice. On ne peut s’empêcher d’y voir un hommage soutenu au décor grandiloquent du film de Wes Anderson The Grand Hotel Budapest. Mais sous ces allures de palace cinématographique, une spectaculaire surprise saisit tous les hôtes, quel que soit leur âge. Chacune équipée de trois écrans géants, les piles supportant les arches rythmant l’enfilade de salons (plongée dans la pénombre) s’animent d’images animées reconstituant quatre mondes fantastiques : le Palais aquatique, le Jardin à la française, la Forêt enchantée et la Balade poétique dans les nuages. L’hôtel n’étant plus partenaire du parc, pas de princesses ni de personnages issus de dessins animés, mais d’originales créations graphiques dans lesquels petits et grands pourront s’immerger le temps de le traverser ou encore mieux d’y voyager. Forcément plus fonctionnel, le décor du restaurant évoque tout à la fois les cafés viennois et les maisons romaines. Ses miroirs et oculus s’inscrivent dans des arches en aplats chromatiques décorés de fresques aux allures d’enluminures réalisées par le duo de fresquistes Oniriq. Croisons les doigts pour que

Immersion urbaine dans l’univers Renault
Par Nat Lecuppre, le 11 février 2025
Renault souhaitait développer sa relation de proximité avec ses clients et diversifier son offre. La marque a fait appel à l’agence de Branding et de design Lonsdale pour l’accompagner et lui concevoir un nouveau concept. Lonsdale a imaginé un nouveau concept de point de vente baptisé rnlt©. Ce nom à la typologie moderne, compacte, est un condensé de la marque. C’est une belle vitrine urbaine. Les showrooms expérientiels sont implantés en cœur de ville, dans des zones de forte affluence en hypercentre ou dans de grands centres commerciaux. La première adresse parisienne est située au 104, boulevard Haussmann, dans le 8e arrondissement. Les lieux d’une superficie de 180 m2 mettent en valeur jusqu’à trois véhicules. Les nouveautés telles que la Renault 5 E-Tech y sont exposées. Les produits dérivés The Originals (miniatures, collections textiles et lifestyle) sont mis en vente sur place. Le design des lieux est imaginé dans la continuité des stands motorshows et de la boutique éphémère du 33 Champs-Élysées. On y retrouve les emblèmes, un sol en losanges en grès cérame, un écrin noir souligne les couleurs pop des produits. Une attention particulière est portée à l’éclairage pour mettre en valeur les espaces. Les showrooms sont expérientiels et proposent une immersion totale dans l’univers Renault. La devanture avec son losange géant « Nouvel R » et les lettres rnlt changent de couleurs selon les événements et les envies. Les mots d’ordre pour le concept rnlt sont design, convivialité et rencontres. Les vendeurs accueillent les clients dès l’entrée autour d’une table avec une assise haute. Un lounge invite à un café. Les bureaux sont ouverts. Un configurateur permet de voir la disponibilité de l’ensemble de la gamme et de ses options. Ce concept, dédié aux véhicules électriques et hybrides, va se décliner de plus en plus en centre-ville (Paris, Neuilly-sur-Seine, Bruxelles, Milan, Rome, Rotterdam, Berlin, Séoul). Il renforce le positionnement de la marque dans la culture populaire. Ce projet connaît un franc succès. Il est un atout pour séduire une clientèle urbaine CSP+.



