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Architecture, l'esprit du lieu
Art’chipel la nouvelle oasis urbaine de Marseille

© Sergio Grazia
Cet article est paru dans le nda #58 et sa consultation est réservée aux abonnés
À découvrir

Mission : reconnect people to nature
Par Nat Lecuppre, le 6 novembre 2024
Le groupe familial breton Rocher a décidé de regrouper sur un seul site ses neuf marques connues dans la cosmétique, l’habillement et la maison. L’immeuble Cap Connect est au 7, chemin de Bretagne à Issy-les-Moulineaux (92). Pour ce projet de 25 000 m2, le groupe Rocher a fait appel à Parella. Celle-ci conseille, accompagne les entreprises tout au long de leur projet de développement de stratégie immobilière, de l’aménagement de leurs bureaux et de la transformation de leur organisation. Un projet d’envergure. Le groupe est devenu en 2021 « entreprise à mission ». Ses bureaux parisiens devaient être revus et être adaptés aux nouveaux modes de travail hybride à savoir plus flexibles et avec plus de confort et de bien-être pour ses collaborateurs, tout en reflétant son nouvel engagement : reconnect people to nature. Le groupe Rocher et Parella est une collaboration qui se consolide. C’est la continuité d’un lien qui existe depuis dix an,s lorsque Parella avait accompagné le groupe pour l’acquisition de l’immeuble Cap Connect. Des enjeux importants. Les contraintes n’étaient pas des moindres. Il s’agissait pour Parella de repenser les aménagements des différentes marques en site occupé, tout en intégrant les 200 collaborateurs de la marque Petit Bateau. Côté chiffres : 6 mois pour l’APS (définir les besoins, les usages, récupérer les attentes et les spécificités de chaque métier et marque), 1 an de conception et 1 an de travaux. Place à la nature. Pour des espaces plus adaptés aux nouveaux modes de travail, le passage au flex office est incontournable. Le parti pris architectural est de transformer l’immeuble afin qu’il symbolise les valeurs du groupe. Pour incarner à la perfection la reconnexion de l’humain à la nature, Parella imagine des territoires pour les marques tout en remettant le produit au cœur de ces derniers. La culture produit est renforcée. Un positionnement RSE fort. Le réemploi, la seconde vie et l’upcycling sont privilégiés. Les mobiliers, cloisons et moquettes sont réutilisées. Les matériaux sélectionnés sont écologiques (peinture à base de coquilles d’huîtres, bois tracés…). L’upcycling est un des mots d’ordre dans le concept. On a par exemple des barques transformées en bancs, des coussins fabriqués à partir de voiles reconditionnées et des tapis en plastique recyclé. Le mobilier et les objets pour le café de la Fondation Yves Rocher sont de seconde main. Pour une meilleure appréhension des besoins, des attentes et aussi pour une bonne acceptation des nouveaux espaces, une démarche de co-conception est mise en place. Les collaborateurs sont ainsi impliqués dans ce projet. « Plus de flexibilité, plus de collectif qui contribuent à augmenter, infuser, développer la culture d’entreprise en interne. » Bris Rocher, Président du Groupe Rocher. Une appartenance à un territoire. Le site est calqué sur l’image d’une contrée composé de villages. Trois objectifs se profilaient dès le départ : incarner l’identité globale du groupe et sa raison d’être, laisser à chacune des neuf marques exprimer sa propre identité et offrir de nombreux espaces pour divers usages et profils d’utilisateurs. Le fil conducteur du concept est la contrée avec ses divers paysages mais aussi une unité culturelle et humaine. Avec cette contrée créée, on traverse des univers divers et variés dotés

Remanier le patrimoine selon Vurpas Architectes
Par Sipane Hoh, le 29 novembre 2023
Intervenir sur un monument historique pour y introduire un programme conséquent dans le but d’y abriter la Cité de l’économie créative et de l’ingénierie numérique est une tâche ardue qui nécessitait un très grand savoir-faire. L’agence Vurpas Architectes y est arrivée et le résultat est tout simplement remarquable. Le site est extraordinaire. Il s’agit d’un territoire périphérique avec un caractère rural des bords de Saône qui est devenu petit à petit intrinsèque à la ville de Chalon-sur-Saône. En effet, l’ancien Moulin de la Sucrerie Blanche, bâtiment inscrit au titre des monuments historiques, est situé dans un lieu où le passé a laissé des traces indélébiles. « Ce qui nous a plu, c’est qu’il s’agit d’un bâtiment dans un environnement chamboulé et chargé de plus de 200 ans d’histoire industrielle » raconte l’architecte Julien Leclercq. Il s’agissait donc d’une opération où l’enjeu était de garder le plus possible l’âme du lieu. L’homme de l’art nous précise que l’état général de la bâtisse était très dégradé même si le gros œuvre n’était pas structurellement atteint, l’ensemble était insalubre et les planchers bois fragilisés. C’est un véritable travail collectif qui a été mené, « tout le monde s’est prêté au jeu » et vu l’ampleur de la besogne, l’exercice a nécessité une grande coordination. Pour le choix des matériaux, les architectes ont travaillé avec leurs homologues des bâtiments de France, la Direction régionale des affaires culturelles. Garder certains éléments, apporter des changements sur l’existant tout en préservant l’esprit du lieu, nécessite beaucoup de temps et une grande haleine. Pour illustrer le travail fourni, l’architecte cite l’exemple de l’ébénisterie où intervenir sur une seule pièce sollicite une minutie et précision mais une fois le travail accompli, cela donne une grande satisfaction. Vers une nouvelle destination Après avoir vécu de nombreuses vies, l’ancien Moulin de la Sucrerie Blanche écrit une nouvelle page. Placé au cœur du projet, il est complété par une nouvelle extension. L’ensemble, récemment renommé « l’Usinerie », se développe sur 4 000 m² et devient un pôle régional dédié à la transformation digitale des entreprises industrielles avec des domaines d’expertises qui se spécialisent entre autres dans la réalité́ virtuelle et augmentée, l’intelligence artificielle, la robotique, la cybersécurité. Les espaces événementiels se trouvent au rez-de-chaussée tandis que les locaux d’enseignement sont abrités en étage. Quant aux plateaux techniques, ils trouvent leur place dans la nouvelle extension. Julien Leclercq nous raconte qu’à l’arrière de l’édifice il y avait plusieurs greffes et rajouts, des éléments résultants des phases et vies antérieures. Un patchwork de matériaux qui forme, selon l’architecte, un beau témoignage de la construction de l’époque. Le projet de rénovation s’inspire de cet univers et de cette esthétique. Il s’inscrit dans une volonté d’intervention minimale en préservant tout ce qui est possible. Notons également que tout au long du processus, les architectes ont croisé réhabilitation et réemploi et au risque de complexifier leur tâche, ils ont récupéré et recyclé tout ce qu’ils pouvaient réutiliser. La réhabilitation du Moulin de la Sucrerie Blanche puise sa force dans l’histoire, y ajoute sa propre écriture

L’Isle de Leos chante la Provence
Par Nat Lecuppre, le 15 avril 2026
Cet été a eu lieu l’inauguration très attendue par les médias de l’hôtel cinq étoiles L’Isle de Leos Hôtel & Spa - MGallery Collection. Cette réalisation supportait de lourds enjeux s’articulant entre héritage patrimonial et innovations architecturales. Pour ce projet d’envergure exceptionnel, situé au cœur de la Venise Comtadine, à savoir l’Isle-sur-la-Sorgue (84), plusieurs talentueux architectes et designers sont intervenus. Le cabinet d’architecture Rougerie+Tangram a eu en charge la construction de l’hôtel qui reprend les codes de la scierie. L’établissement est au bord de la Sorgue avec une roue à aube restaurée. Les Bâtiments de France l’ont accompagné pour certifier le respect du côté historique des lieux. Pour l’aménagement intérieur et la décoration, la mission a été confiée à l’architecte et designer Jean-Philippe Nuel. Un projet d’envergure. L’Isle de Leos est un projet à la croisée de l’histoire, de l’architecture, de l’émotion, du savoir-faire et de la notoriété. Jean-Philippe Nuel a imaginé un lieu lié à son territoire, à son histoire, tout en le revisitant avec modernité et en le dessinant à l’image de son illustre propriétaire pour qui la Provence est chère : Patrick Bruel, qui a acquis en 2007 le Domaine de Leos, un terroir de l’Isle-sur-la-Sorgue qui s’étend sur 41 hectares avec 7,5 hectares d’oliviers et 13 hectares de vignes. Patrick Bruel souhaitait un hôtel à l’image d’une grande maison d’hôtes, vivante, accueillante comme chez un ami. L’établissement dispose de 49 chambres dont 11 suites, d’un spa (l’Olivier de Leos), d’un restaurant La Roue, d’un bar à cocktails Le Nego Chin, d’une cave à dégustation Augusta, d’une galerie d’art, d’un patio intérieur, d’une piscine extérieure, d’une salle de fitness et deux salles de réunion connectées de 54 à 58 m2 pouvant accueillir 60 personnes pour des événements. Le spa de 440 m2 est doté d’un hammam, sauna, snow cave, douches sensorielles. Il permet de vivre une expérience bien-être autour de l’oléathérapie. Tout au long de la réalisation, Jean-Philippe Nuel et Patrick Bruel ont travaillé à quatre mains. Il s’agissait de composer ensemble une ode à la Provence. Une œuvre de 8 mètres de long, appelée Âme de la Provence est la pièce maîtresse des lieux. Elle est constituée de tuiles de la région. Cette création est un hommage au savoir-faire et aux artisans locaux. Les peintures et les photographies exposées dans tout l’hôtel renforcent cet hommage aux artistes de la région. Le poète et résistant René Char, né à l’Isle-sur-la-Sorgue, ainsi que ses amis artistes (Picasso, Braque, Giacometti, Miro…), a été le fil conducteur pour la décoration. Jean-Philippe Nuel s’est inspiré des demeures historiques provençales avec une grande entrée, des matériaux nobles (tuiles, bois, pierre et métal) et des ouvertures sur la ville. L’Isle de Leos est conçu comme un véritable havre de paix mais également un lieu de vie, d’échange et de rencontre, avec pour fond musical le doux murmure de la Sorgue. L’art est omniprésent. Plus de 120 œuvres sont exposées. On y découvre des sculptures, des fresques et des objets chinés. Une décoration élégante et intemporelle. Les espaces sont décorés avec des pièces chinées


