Architecture, l'esprit du lieu

Curiosity revisite les codes du luxe

Par Nat Lecuppre, le 19 juillet 2024.
Image
© Li Jian

La marque de luxe de cosmétique Sensai inaugure son premier flagship à Shanghai.

Curiosity, l’agence d’architecture intérieure et de design japonaise de Gwenaël Nicolas, a réalisé la boutique de ce lieu singulier. Celle-ci offre à ses clients une expérience immersive et sensorielle.

Curiosity a joué avec les codes traditionnels japonais et l’ambiance contemporaine tout en revisitant l’image du luxe.

Le projet tient compte de l’évolution des attentes des clients chinois. Yoshiko Sakurai, responsable de la marque Sensai, explique que l’efficacité prouvée est très demandée sur le marché chinois des soins de la peau, mais que l’accent est également mis sur des expériences spéciales qui ne peuvent être vécues que dans des magasins physiques.

Un flagship pensé avec art.

Sensai Shanghai, c’est une boutique phare qui incarne les valeurs fondamentales de la maison mais également un spa. Les deux zones sont distinctes. Le magasin au décor épuré et minimaliste est une ode à la beauté de la soie Koishimaru, ingrédient emblématique des produits Sensai.

Dans la partie centrale, un lustre évoque la soie. Une courbe accompagne les clients et les oriente dans les différentes zones. L’atmosphère de sérénité est renforcée par le noir mat profond qui contraste avec la couleur de la soie.

Un Omotenashi Bar a été créé est avec des carreaux de terrazzo recyclés. Les cadeaux vendus sont emballés avec art, inspiré des quatre saisons japonaises. Curiosity a dessiné des chaises spécialement pour cet espace.

Tout est dans le raffinement, l’excellence et l’innovation. Telles sont les qualités communes à la marque et à Curiosity.

Chez Sensai, les employés du magasin maîtrisent l’art de l’hospitalité japonaise traditionnelle, « Omotenashi ». Ils perfectionnent leurs compétences pour offrir aux clients une expérience unique en son genre.

Un cocon de raffinement.

Le spa Sensai The Senses incarne l’hospitalité japonaise. Les salles de soins luxueuses sont la prolongation de la boutique, à savoir raffinés, élégants et chaleureux.

Les lieux sont baignés d’une lumière douce. L’ambiance est relaxante et feutrée. Des œuvres en verre de Shoshei Yokoyama évoquant la soie sont installées dans l’entrée.

Les lieux sont élégants et pensés comme une cérémonie traditionnelle du thé. Le concept de Curiosity réinterprète celle-ci. Un parcours invite à la découverte des salles de soins avec des notes olfactives. De l’allée du jardin à la salle d’attente, les clients peuvent choisir entre cinq parfums. Ils sont plongés dans un soin luxueux sublimé par le parfum qu’ils ont choisi.

Les soins Hanare et des massages équilibrants sont proposés. La technique Hanare offre aux clients un moment d’introspection et de détente. Ils contrôlent leur rythme cardiaque et leur respiration en corrélation avec des images, du son et de la lumière. Quant aux massages équilibrants, ils s’appliquent uniquement à la main, permettant d’obtenir une peau hydratée et soyeuse.

Ce premier flagship basé sur l’expérience est une nouvelle image du luxe. Il est aussi un lieu d’exception réalisé avec art et élégance.

Galerie d'images (13)
    Partagez cet article autour de vous
    Facebook
    Twitter / X
    LinkedIn
    Pinterest
    E-mail

    Sensai Flagship Store Shanghai

    112, 111b, Building 5,

    No. 8 Hengshan Road, Xuhui District

    Shanghai, China

    Curiosity

    2-13-16 Tomigaya, Shibuya-ku,

    Tokyo 151-0063 Japon

    Tél. : +81 (0)3 5452 009

    https://curiosity.jp/

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 56
    Image

    Nouveaux concepts

    Commander

    Numéro en cours

    Nº63

    Spécial Santé, Bien-être, Bien-vivre

    Couverture du NDA Nº63

    Novembre — Décembre 2025 — Janvier 2026

    Découvrir

    À découvrir
    Image
    Architecture, l'esprit du lieu

    Atlas Concorde Studio Paris, un lieu inspirant

    Par Sipane Hoh, le 18 août 2025
    Atlas Concorde ouvre son nouveau Studio Paris. Situé au cœur du 1er arrondissement, au 21 rue d’Argenteuil, non loin du Louvre et entouré de divers bâtiments remarquables, le Studio constitue un espace dédié à l’accompagnement des professionnels de l’industrie à la recherche de solutions et de services. Conçu pour répondre aux besoins professionnels des architectes, des architectes d’intérieur, des designers mais aussi des entrepreneurs et des industries du meuble, Atlas Concorde Studio Paris renforce la présence internationale du groupe en s’installant dans l’un des principaux centres de design au monde. Atlas Concorde Studio Paris est un lieu qui favorise la conception et le conseil, il met à disposition de tous des matériaux et des finitions d’une riche matériauthèque, dans le but de développer des projets complets avec le soutien de l’équipe d’experts. De même, il offre une gamme complète de surfaces en grès cérame et de solutions d’ameublement des marques Atlas Concorde, Atlas Plan et Atlas Concorde Habitat. Une fois la porte d’entrée franchie, quel plaisir de se promener dans la généreuse matériauthèque, explorer les nouvelles tendances et découvrir les diverses textures, dans un écrin typiquement parisien. Élaborer un projet sur mesure, s’instruire, parcourir les nouveautés et quitter le lieu avec la tête pleine de bonnes idées : Atlas Concorde Paris est le lieu qui peut faire rêver. « Avec Atlas Concorde Studio Paris, nous voulons offrir aux professionnels un espace où ils peuvent compter sur un solide savoir-faire, des compétences spécialisées et un large éventail de connaissances techniques, éléments essentiels pour soutenir concrètement le développement de leurs projets. À cela s’ajoute la qualité reconnue des surfaces Atlas Concorde, qui représentent une garantie d’excellence pour chaque projet », a déclaré Maurizio Mazzo, le PDG du Studio Atlas Concorde, l’adresse parisienne en vogue.
    Image
    Architecture remarquable

    Les arcs en ciel de La Porte Bleue

    Par Lionel Blaisse, le 23 septembre 2024
    En septembre dernier, Constructa livrait à Marseille La Porte Bleue, le troisième et avant-dernier édifice de sa parcelle des Quais d’Arenc. Jean-Baptiste Pietri y signe une « arch’itecture » tout aussi inattendue qu’iconique. Éditeur urbain avant l’heure, Marc Pietri a su relever le challenge visant à faire de ce territoire ingrat cerné par les deux autoponts de l’A55 l’emblème du renouveau architectural d’Euroméditerranée. Sa tour La Marseillaise dessinée par Jean Nouvel, l’immeuble de bureaux Balthazar conçu par Roland Carta, La Porte Bleue et la future tour M-99 bâties par son fils défient avec brio le siège de CMA-CGM voisin érigé par Zaha Hadid. Initialement, il était prévu qu’Yves Lion construise à cet endroit une seconde tour de grande hauteur (113 m) abritant un hôtel et une résidence hôtelière. Mais le développement sur plus de vingt ans de telles opérations immobilières est des plus complexe, le contexte qu’il soit économique, sanitaire, politique influe inévitablement sur les programmes. C’est donc un édifice deux fois moins ambitieux (53 m de haut, 13 000 m2) qui vint s’y substituer. Une résidence de tourisme quatre étoiles de 250 unités avec piscine intérieure, restaurant et espaces de réception, en investit les onze premiers niveaux tandis que les sept supérieurs accueillent 68 logements en accession, du T1 au T4 du douzième au seizième étages, des T3 et T4 en duplex aux dix-septième et dix-huitième étages. Arch’itecture méditerranéenne. Dans le contexte tertiaire existant, la construction devait affirmer son destin « résiden-ciel » et son ancrage phocéen. Si le concepteur assigne à sa ville natale une minéralité immaculée, encore voulait-il impulser à son architecture une modénature-signature forte susceptible tout à la fois de déréguler le diktat sériel des immeubles d’habitation de grande hauteur (le sien étant un parallélépipède légèrement trapézoïdal) et cadrer les vues époustouflantes sur la Grande Bleue et la cité tout en les protégeant des ardeurs solaires. Tout le bassin méditerranéen, Maghreb compris, offre une vaste déclinaison d’arches qu’elles soient cintrées, surbaissées, outrepassées, entrecroisées ou brisées, qu’elles soient baies, porches ou arcades. Elles dispensent une ombre et une fraicheur changeantes, modulent l’enveloppe et recadrent les regards. Jean-Baptiste Pietri les a pratiquées en réhabilitant les voûtes de la Major non loin d’Arenc. Mais en rationaliste romantique, il a aussi visité les arènes et amphithéâtres exportés par la Rome antique un peu partout dans son empire qui, à leur tour, ont inspiré tout autant de palais toscans, vénitiens ou amalfitains que celui de la Civilisation italienne de l’EUR mussolinienne que Fendi a heureusement refusé de vouer aux gémonies ! Son projet va donc se présenter comme un monolithe composé de 414 voûtes autoportantes en béton blanc armé bas carbone. Liés par clavetage aux poutres et dalles coulées, treize modules différents de 90 cm d’épaisseur en forme de Y ont été préfabriqués à Aubagne par la société Méditerranée Préfabrication. Leur casquette de 90 cm met les baies vitrées (50 % des façades) à l’abri du vent et du soleil. Le bâtiment est chauffé et climatisé grâce à Thassalia, procédé de géothermie marine à la pointe de la technologie. Une singulière réalisation des plus poétique !
    Image
    Parcours

    Philippe Madec, (a)ménageur de territoires

    Par Lionel Blaisse, le 24 novembre 2023
    Depuis des décennies, l’architecte et urbaniste veille à « ménager » des territoires, plutôt qu’à les aménager, à commencer par ceux de sa Bretagne natale. À ce titre, il n’a eu de cesse de faire le ménage parmi toutes ces idées reçues et diagnostics « foireux » – hérités du modernisme – qui pervertissent depuis trop longtemps notre politique, jacobine et urbano-centrée, du développement des territoires. Au sein du mouvement pour une frugalité heureuse et créative qu’il a co-initié avec l’ingénieur Alain Bornarel et l’architecte auteure Dominique Gauzin-Müller, il fait confiance en la capacité de chaque commune à valoriser ses atouts spécifiques pour faire (re)vivre durablement tous nos territoires, quelle que soit leur densité, à l’aune d’une équité citoyenne retrouvée et du respect de l’environnement. NDA. Depuis des années, vous combattez le prisme urbano-centré régissant la politique française d’aménagement du territoire, notamment au travers de la définition même de l’urbain, au détriment de tout ce qui ne le serait pas. Pouvez-vous nous préciser votre point de vue ? Philippe Madec : Tout début 2015, AMC avait publié un article qui était la transcription d’une conférence donnée pour eux « Le territoire français ne se résume pas à quatorze métropoles ». J’y remettais en cause la vision urbano-centrée de l’aménagement du territoire. Ma longue expérience d’urbaniste, d’architecte ou de « ménageur » du territoire m’avait éclairé sur la grande diversité des établissements humains. J’ai toujours aimé et cherché à travailler à toutes les échelles du territoire français. Notamment mon premier travail reconnu a été dans le bourg de Plourin-les-Morlaix – 900 habitants – pendant… quinze ans ! En fait, je sais, parce que je le pratique, que le territoire français n’est pas majoritairement urbain ! Et les statistiques de l’INSEE – totalement urbano-centrées pour le coup – étaient foireuses, à un point tel que la politique de l’État en France était faussée. Vous me direz que c’était aussi lié à l’histoire des Ponts & Chaussées dans l’aménagement du territoire ! La statistique de l’INSEE était que 77,5 % de la population française était urbaine ! Quand vous faites des statistiques, c’est la définition de ce que vous cherchez qui donne le résultat et comme la définition de l’urbain par l’INSEE à l’époque c’était « est urbain ce qui n’est pas rural et est urbain ce qui compte 2 000 habitants agglomérés sans coupure de 200 mètres », ils arrivaient à ce pourcentage aberrant. Si je ne suis pas d’accord avec les moyens des Gilets jaunes, je dois reconnaître que leur critique de l’aménagement du territoire était d’une puissance réelle et qu’ils ont contribué à changer la politique nationale en permettant de faire la bascule vers les politiques concernant les plus petites entités agglomérées, les centres bourgs et les villes moyennes, auxquelles on assiste actuellement. NDA. Dans un nouveau texte publié récemment toujours dans AMC, vous revenez sur une nouvelle définition des différents états de l’établissement humain et sa genèse… P.M. : Je rencontre grâce à Hélène Peskine – la secrétaire permanente du PUCA qui connaissait mes colères envers cette vision moderniste urbano-centrée, Aziza Akhmouch qui travaille à l’OCDE et m’explique ce que je

    Laisser un commentaire

    3 × un =