Architecture, l'esprit du lieu

Egeo, label hellène de restauration

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Par Lionel Blaisse, le 12 août 2024.
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Plus que de l’espace ! Telle est la signature de l’agence Masquespacio sollicitée par la jeune chaîne de restaurants de 
souvlakis Egeo pour implanter son troisième établissement à Valencia, après Madrid.

Cruel dilemme pour Christophe Penasse et Ana Milena Hernandez Palacios, les concepteurs, de devoir restreindre leur créativité dans leur propre ville, où leurs nombreuses interventions plutôt décoiffantes dans la restauration ont concouru à leur renommée internationale. En effet, leur commanditaire ne souhaitait pas ici trop s’éloigner de l’ambiance de ses deux premières adresses madrilènes.

(Ac)cueillir les clients.

Un immeuble Art déco parfaitement symétrique de cinq étages dans l’Eixample valencien dont l’enduit vert olive est souligné par le blanc des éléments de modénature. Porte d’entrée centrale pour accéder aux étages, encadrée de deux étroites vitrines précédant les deux baies libres latérales commandant chacune un restaurant : un scandinave à gauche, un grec à droite.

Un grand linteau blanc reposant sur une corniche oblongue signale le second, dont le seuil constitue un sas bicolore en partie ouvert. Adossées aux parois immaculées, des banquettes maçonnées y tiennent lieu d’assises agrémentées de coussins tandis qu’émergent de la résine outremer du sol quatre guéridons. Un longitudinal vitrage enchâssé dans une volute de staff et une large porte géométriquement vitrée à galandage – tous deux sertis d’une menuiserie bleue – donnent à voir la salle de restaurant.

Blancheur éthérée et Klein d’œil.

Deux couleurs emblématiques caractérisent l’architecture vernaculaire des Cyclades. Les enduits à la chaux crépissent d’un monochrome blanc rafraichissant les maçonneries aux morphologies simples des constructions insulaires, à l’exception de l’outremer des menuiseries extérieures et des quelques toitures dérogeant à la terrasse.

Le concept de Masquespacio se délecte de cette dichotomie chromatique à laquelle s’ajoute le bois brut des plateaux de tables, des tablettes murales et des archaïques tabourets. Plafonds, murs, cloisons, appliques, table d’hôtes, banquettes, dosserets et sol se fondent en une enveloppe immaculée que nuancent d’ombres portées les reliefs, les courbes et les niches.

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    Louis Vuitton revu par Stéphanie Coutas

    Par Nat Lecuppre, le 16 octobre 2024
    L’art de vivre à la française continue à s’exporter avec les projets de l’architecte d’intérieur Stéphanie Coutas. Tout récemment, elle vient de signer un concept d’appartement-boutique pour Louis Vuitton. Un appartement-boutique. Le concept est inédit. Les lieux imaginés sont situés au Takashimaya SC à Singapour. Ce centre réunit toutes les marques de luxe, et la Maison Louis Vuitton se devait d’y être présente, mais aussi d’y marquer sa différence. Pour cela, le projet est confié à Stéphanie Coutas, qui conçoit un écrin sur mesure afin d’y présenter tous les univers de la maison (prêt-à-porter féminin et masculin, maroquinerie, haute joaillerie et haute horlogerie…). Une expérience singulière à vivre. L’appartement-boutique est chaleureux. Pour ces espaces, Stéphanie Coutas joue avec la délicatesse, la douceur, tout en rondeur avec un important travail de courbes. Celui-ci valorise l’architecture monolithique. Les intérieurs portent la griffe de l’architecte d’intérieur. Ils sont élégants, luxueux, raffinés et allient le savoir-faire artisanal. Les matériaux sélectionnés renforcent cette ambiance de luxe discret et de bien-être. Stéphanie Coutas nous plonge dans un univers inspirant de matières et de textiles. Le mobilier est créé pour les lieux par des artistes et designers français. L’architecte a souhaité faire vivre une expérience aux clients d’une totale immersion dans l’ADN de la maison. En entrant dans l’univers imaginé, on découvre des malles suspendues par des montgolfières. Les espaces exposent des pièces d’archives emblématiques de la maison, comme la malle à chapeau Monogram de 1924 qui a été restaurée. Chaque monogramme a été peint à la main. L’appartement-boutique est constitué d’un hall, d’une galerie et de trois salons. Le hall est un espace rythmé par des arches aux motifs singuliers. Il met en valeur les nouvelles collections de prêt-à-porter. Les murs décorés de bas-reliefs végétaux sont la signature de Stéphanie Coutas. La pièce maîtresse est le frangipanier en staff blanc qui fut inspiré de la cité-jardin de Singapour. Il figure à chaque coin de la pièce. Les feuilles et les tiges ont été façonnées à la main sur place. Au centre de la pièce, on retrouve la fleur de Monogram, symbolisant la Maison Louis Vuitton, dans le parquet en chêne et marqueterie de marbres (Serpeggiante Taj Mahal et Crema Marfil). Telle une arabesque, un liseré délicat argenté orne le plafond. Dans la galerie attenante, la collection « les Extraordinaires » avec des modèles Capucines en cuir est présentée. Bois et marbre se conjuguent. On trouve au sol des Louis Vuitton Monogram Flower en bois et des feuilles en marbre Serpeggiante Taj Mahal. Au plafond, le regard est attiré par un décor texturé avec un effet ondulant et hypnotique. Trois salons spacieux sont mis à disposition de la clientèle. Chacun a son ambiance et sa décoration. Le premier se singularise par ses murs en dégradé orange, « Singapore Sunset », réalisés sur place par l’Atelier Martin Berger. Les lieux sont élégants et dévoilent les dernières collections de prêt-à-porter féminin et de robes de soirée. Un mur en staff blanc tel un paravent reprend le motif du frangipanier. Le second dédié aux hommes est pensé pour captiver les sens et interpeller. Le revêtement des murs est texturé tel un
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    Des logements évolutifs à l’image de leurs usagers

    Par Nat Lecuppre, le 24 janvier 2025
    Depuis le Covid, les usages et les modes de vie ont changé dans tous les secteurs (retail, tertiaire…), mais le résidentiel n’avait pas véritablement été revu jusqu’à ce jour dans sa configuration de base. L’agence d’architecture et de design Outsign a mené un travail de réflexion avec le promoteur Urbat, spécialisé dans le logement accessible. Elle a imaginé des logements alliant confort, modularité, flexibilité et convivialité. Critères que nous retrouvons dans toutes les programmations de bureaux. Le fil rouge d’Outsign dans tous ses projets est de concevoir des lieux en mettant au cœur de ceux-ci l’usager. Outsign propose un nouveau concept d’habitat. Les architectes et les designers de l’agence imaginent des logements évolutifs dans le temps et selon les besoins de chacun. Les espaces créés accompagneront l’usager tout au long de son parcours de vie. Leur concept est une redéfinition des habitations. Elles offriront plus d’expérience et de services. Une réflexion méthodique en 5 temps. Les logements qui sont proposés sont pensés par et pour les usagers. Pour cela, une méthodologie a été mise en place. Elle est constituée de cinq phases. Premièrement, il s’agissait de comprendre et décrypter les modes de vie, les attentes des usagers. Après des études de dossiers de crédits immobiliers, de réservations Urbat, d’enquêtes, d’analyses… des profils sont ainsi définis. Puis une co-conception et intelligence collective a permis d’arrêter trois profils d’usagers avec des caractéristiques distinctes sur 100 profils envisageables. Les participants, qui étaient des collaborateurs du projet avec divers métiers, ont pris le rôle d’un usager pour concevoir son lieu idéal à vivre. Cinq ateliers ont été mis en place avec les thématiques suivantes : parcours résidentiel, espaces communs et extérieurs, logement, architecture, système constructif. Une synthèse a été faite sur ce qui était possible de réaliser. Un grand carnet d’idées appelé Roadbook© résume les 100 idées et les 21 engagements majeurs sélectionnés. Un manifeste est établi sur trois fondamentaux. À savoir : une architecture au service de la vie ; des choix raisonnés, économes et frugaux ; un parcours d’accession facilité. Ce dernier permet de fédérer à ce projet les acteurs de la ville (les services d’urbanisme et les aménageurs). Pour développer cette démarche, Outsign a développé des outils opérationnels. Des guides de prescriptions sont conçus afin de transposer les opérations en cours pour les équipes en place ou pour d’autres architectes qui interviendront selon cette démarche. À ce jour, treize projets de résidences sont en cours.   Comment rendre plus attractif le logement ? Outsign avec son concept innovant redore le blason des espaces oubliés dans le résidentiel, à savoir les espaces communs. Pour les architectes, ils doivent être attractifs. Ils sont revus ainsi que la signalétique des lieux et les éclairages. Les lieux sont théâtralisés et deviennent un parcours clair et ludique. Tous les espaces ont du sens et peuvent être personnalisés par les résidents. Suivant neuf engagements, le logement est redéfini. La configuration des espaces est optimisée. Le hall d’accueil est pensé comme dans le secteur tertiaire ou l’hôtellerie. Il est imaginé pour créer du lien, pour favoriser les échanges et de faciliter le vivre ensemble. Trois secteurs pour le hall : primo,
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    Ligne Roset Contract, RF Studio et Accor, un trio gagnant

    Par Sipane Hoh, le 27 mai 2024
    Ligne Roset Contract, en collaboration avec le designer Ramy Fischler (RF Studio), a créé un nouveau concept qui incarne la nouvelle stratégie design de la marque hôtelière Novotel, apportant dans la chambre un mobilier contemporain et un design de qualité, sans oublier la durabilité qui est mise au cœur même de la conception. « Le sujet était passionnant, c’était un vrai challenge, l’idée était de réinventer les chambres d’hôtel pour une marque révolutionnaire qui a traversé les générations, non pas à l’échelle décorative mais à l’échelle du design industriel, avec une capacité à réinventer car le modèle existant a perdu avec les années sa dimension d’innovation, alors que Novotel reste la plus grande chaîne hôtelière du monde », souligne Ramy Fischler, designer et fondateur de l’agence RF Studio, qui a œuvré sur différents projets hôteliers du Groupe Accor, dont les nouveaux concepts design de la marque Novotel. Les premiers exemples de ce design qui croise avec habileté la culture, l’art ainsi que les nouvelles technologies sont visibles à travers les chambres du Novotel Orly Rungis. Olivier Macé, le directeur de l’hôtel, nous explique que, depuis 2021, ils avaient l’intention de renouveler les 180 chambres de l’établissement hôtelier, un souhait exaucé, après la longue période de pandémie, sur 73 chambres réparties sur deux étages. « Avec Ligne Roset, nous avons surtout travaillé sur les tissus, il y a eu certaines modifications qui ont été faites par rapport à 2021, nous avons refait 40 chambres cette année avec des tissus différents (comme celui des canapés). » À noter qu’en 2021 la firme avait créé deux chambres témoins pour pouvoir d’ores et déjà adapter et vérifier l’ensemble des produits. « Avec Ligne Roset, on avait modifié certaines adaptations, amené des précisions par rapport au design de RF Studio, même dans nos chambres spécifiques qui font 50 m², Ligne Roset a pu répondre à nos exigences, c’était efficace, il s’agit d’une très bonne collaboration », conclut Olivier Macé.  Un vrai travail collaboratif. Dès le départ, RF Studio avait choisi un angle d’attaque très radical par rapport à ce qui a été fait auparavant. « Faire moins et bien fait plutôt que trop » constituait ainsi le fer de lance du nouveau concept. De ce fait, nous remarquons que ce dernier évite les éléments décoratifs de la chambre, ce qui préserve l’existant. Il s’agit en effet d’un enjeu écologique qui tend à changer très peu de choses quand le besoin s’en ressent. « Nous avons décidé de développer une gamme de mobilier qui deviendrait l’identité de la chambre et qui remplacerait une grande partie de l’agencement. C’est plus écologique et inclusif. » C’est ainsi que la collaboration avec Ligne Roset a pris forme. Rénover au lieu de démolir, adapter au lieu de métamorphoser, tout en travaillant avec des matériaux vertueux comme le bois, le liège, le textile écolabellisé (label UE), sont des choix qui font la différence. Quant à Damien Perrot, le directeur mondial de la conception, des services techniques et de l’innovation des marques premium, milieu de gamme et économiques du Groupe Accor, il nous confie : « Ligne Roset a vraiment apporté une collaboration qui a contribué à la mise

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