Urbanisme

Fontvieille, faim de carrière

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Par Lionel Blaisse, le 9 février 2026.
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Depuis 1998, Gilles Perraudin milite pour promouvoir les vertus de la pierre de taille. Son principal fournisseur, les carrières de Provence, lui a confié la maîtrise d’œuvre du pavillon d’accueil éphémère de son site de Fontvieille.

Avec son fils et associé Jean-Manuel, Gilles Perraudin a érigé au bord d’une falaise artificielle un édifice minimaliste, voire primitif, démontable, se voulant tout à la fois un manifeste radical de l’art de bâtir en pierre et une métaphore poétique du lieu d’où elle est extraite.

Retour vers le futur

Exploitée souterrainement à partir de 1850, les carrières de Fontvieille le sont à ciel ouvert depuis 1950 en bonne partie pour approvisionner alors les chantiers de Marseille, d’Alger et du Point du Jour à Boulogne-Billancourt de Fernand Pouillon. Il se pourrait même que l’architecte y ait dessiné les deux modestes bâtiments de bureaux entre lesquels s’insère aujourd’hui le nouveau pavillon.

Dès la crise pétrolière de 1973, Gilles Perraudin comprend qu’il faut anticiper la fin des énergies fossiles. Après avoir expérimenté avec son épouse Françoise-Hélène Jourda une version plutôt high-tech de l’architecture bioclimatique, il s’oriente vers une option plus naturelle de la construction durable (pierre, terre crue…). « D’aucuns me disent passéiste. Ils se trompent, je me sens au contraire en avance. J’ai compris que notre monde tend à devenir chaque jour plus virtuel à force de produire des images irréalistes. Nous avons besoin de retrouver la matière pour être au monde. Sa disparition, sous des déguisements qui nous laissent croire que nous nous en sommes affranchis, est responsable de la destruction de la planète. »

Le Jardin d’Ève

Parallélépipède rectangle quasi monacal, le pavillon revendique également une ascèse constructive : toiture en tôle métallique parcourue de failles vitrées longitudinales, charpente bois, parois constituées de blocs de pierre de 70 cm d’épaisseur posés sans mortier.

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