Par Nat Lecuppre, le 20 mars 2025.
Image
© Cyrus CORNUT

L’agence LBBA-Architecture fait partie des architectes constructeurs et réhabilitateurs qui mettent toujours l’essentiel au cœur de leurs projets. À savoir : l’homme et la préservation de la planète.

Depuis 1986, l’agence LBBA-Architecture accompagne les maîtres d’ouvrage dans le repositionnement de leurs biens immobiliers. Elle les conseille pour adapter les immeubles aux nouveaux usages et aux exigences de performance et environnementales. Après de lourdes transformations tertiaires, de logements, d’équipements et même de parkings revisités, l’évolution a poussé LBBA à proposer des rénovations plus légères dans des budgets plus maîtrisés. Pour cela, les architectes ont mis en place une méthode multicritères, appelée la « Bureau Therapy ».

La Bureau Therapy.

Le concept consiste à définir la programmation de restructuration, de rénovation, de transformation d’immeubles tertiaires vacants ou devenus obsolètes pour les revaloriser et les remettre sur le marché. Cela fait partie intégrante de la démarche globale du « concept building » de LBBA qui allie dans une même conception l’architecture, le design, le paysage et la technique.

La crise environnementale et le changement climatique, les transformations significatives de la société, les nouveaux usages, les nouveaux modes de vie et de travail ainsi que les nouvelles contraintes réglementaires font partie des questionnements et des fondamentaux du travail mené par LBBA et de son positionnement développé au sein de son agence avec LBBA-LabClimat.

Agir en amont et avec méthode.

Pour LBBA, c’est avec l’intelligence collective, créativité et ingéniosité que les projets sont conçus dans le long terme. Il s’agit de repenser l’existant en minimisant l’impact environnemental et de revoir les modes constructifs. Un diagnostic complet est effectué et les compétences de tous (maître d’ouvrage, bureaux d’études, architecte, paysagiste…) sont mises à contribution. Une attention particulière est portée à l’énergie (réemploi, économie circulaire…). Le bâtiment devient un écosystème avec l’intégration d’îlots de chaleur, la de gestion de l’eau et de la biodiversité. Pour le devenir du site, la réversibilité et la mutabilité sont prises en compte. Elles marquent la durabilité et la résilience urbaine.

LBBA élabore ses projets autour du partage de ses convictions du travail, de l’habitat et du climat. Pour les nouveaux modes de travail, le monde du travail en pleine mutation depuis la pandémie et l’obsolescence des immeubles force à l’adaptation aux nouveaux usages et modes. Les problématiques sociétales et climatiques sont au centre des questionnements des entreprises et de leurs jeunes talents. Le collectif favorise « la raison d’être bien ensemble ».

Espaces tertiaires.

Les bureaux d’aujourd’hui doivent prendre en compte les critères d’appartenance et de bien-être, la nature, le climat et répondre aux objectifs carbone de 2050 en offrant un cadre de vie durable et une nouvelle esthétique à l’image de l’époque.

L’habitat de demain.

Pour demain, on doit penser à un collectif « heureux » pour être positif. L’habitat doit être désirable. Il s’agit d’habiter et non de se loger. Les appartements imaginés seront prolongés sur l’extérieur pour disposer de plus de surface, de lumière et de nature. Le partage est mis au cœur de leur réalisation. Les logements seront un lien social pour une communauté d’habitants qui auront une notion de partage (surfaces communes, services communs (ateliers, laveries, conciergerie, espaces de coworking…), stationnement mutualisé, autopartage, jardins partagés…). La nature au sein de la réalisation préservera la santé des utilisateurs (gestion des eaux pluviales, biodiversité, agriculture urbaine…). Le logement doit être durable et tenir compte des phases de vie en s’y adaptant. Il répondra aussi aux enjeux climatiques.

LBBA – LabClimat.

C’est avant tout un état d’esprit : apprendre et changer, afin d’accompagner et d’alimenter la transition de LBBA vers une architecture qui réponde aux besoins des sociétés du XXIe siècle. À savoir : transformer / reconvertir et non démolir, puis construire, réparer le bâti, économiser les ressources et les réutiliser, privilégier la flexibilité et la réversibilité des usages, limiter l’artificialisation des sols en remettant la nature et la biodiversité au cœur des villes, réinventer les lieux où vivre et travailler… Autant d’actions qui constituent les fondamentaux de LBBA. L’agence remet en cause le modèle de vie de l’homme et crée de nouveaux repères soulignant une green attitude. Les réflexions menées débouchent sur la conception d’un nouvel environnement.

En résumé, face aux enjeux climatiques et aux bouleversements de ces dernières années, LBBA propose une architecture résiliente pour s’adapter à ces nouvelles conditions de climat et de vie. Elle applique une architecture bas carbone pour limiter le réchauffement. Mais afin de dessiner la nouvelle société qui se profile, LBBA développe son travail sur trois axes : une architecture qui favorise le vivant (biodiversité, respect de l’existant…), une nouvelle modernité des programmes pour les usages de la société d’aujourd’hui et des années 2050 (agriculture urbaine, flexibilité, réversibilité, sobriété, programmes mixtes…) et « construire l’enthousiasme ». Dernier point qui signifie pour LBBA de concevoir des projets à l’image des nouvelles stimulations, de réunir les acteurs de la ville autour d’une volonté commune de changer nos pratiques.

La Bureau Therapy est probablement l’un des meilleurs remèdes proposés pour soigner les maux de notre société. Nous ne manquerons pas de vous présenter plus en détail dans de futurs articles les réalisations des projets de LBBA. À suivre !

Galerie d'images (19)
    Partagez cet article autour de vous
    Facebook
    Twitter / X
    LinkedIn
    Pinterest
    E-mail
    À découvrir
    Image
    Architecture, l'esprit du lieu

    L’agence Oslo vous ouvre ses portes

    Par Nat Lecuppre, le 10 novembre 2025
    L’agence d’architecture Oslo inaugure son nouveau siège social à Strasbourg. Elle a réalisé ses propres bureaux en mettant en application son savoir-faire et sa vision du travail d’aujourd’hui. Oslo est une agence pluridisciplinaire et engagée pour l’environnement dans chacun de ses projets. Son équipe est en pleine croissance. Fondée en 2011 par trois architectes, elle compte trois architectes associés fondateurs et six associés supplémentaires depuis cette année (4 en 2022 et 2 en 2025) et un effectif de 63 personnes.  Une nouvelle adresse écoconçue Pour leurs nouveaux bureaux, Oslo s’installe dans une friche en centre-ville. Elle prend ses quartiers dans un bâtiment industriel du XXe siècle, situé au 21a, rue des Carmes, à Neudorf. Le site est chargé de multiples vies antérieures (ancienne teinturerie, centre de formation de coiffure, fabrique de stores, garage, salle de boxe). Les lieux deviennent une agence d’architecture qui s’implante dans un espace résidentiel et populaire.   Les enjeux d’Oslo avec cette réhabilitation étaient de concevoir un siège social exemplaire alliant confort, performance, convivialité et l’engagement environnemental de l’agence. L’existant a donc été préservé au maximum (la structure, la charpente et le plancher). Les matériaux écologiques sont privilégiés (bois pour les menuiseries, bardages, parquets, isolation et plafonds, tuiles, moquettes et panneaux acoustiques recyclés), ainsi que le réemploi (mobilier reconditionné, matériaux recyclés pour les finitions). La qualité de vie des usagers est mise au centre du projet tout en mettant en avant la biodiversité. Les sols sont désimperméabilisés (520 m² libérés, dont 172 m² rendus à la nature et à la biodiversité) et des arbres sont plantés. La végétalisation améliore le cadre de vie et permet de réduire le réchauffement climatique urbain. Pour une meilleure performance énergétique, on trouve une pompe à chaleur sur nappe, une ventilation double flux et des panneaux photovoltaïques pour l’autoconsommation électrique. Les mobilités douces sont encouragées (garage à vélo, bornes de recharge pour voitures électriques, proximité des transports en commun), 80 % de l’équipe OSLO se rend au travail à vélo. La démarche d’Oslo vise à réduire l’empreinte écologique, préserver les ressources et favoriser un cadre de vie durable et responsable.  Des espaces de bureaux adaptés Les espaces de bureaux sont à l’image des nouveaux modes et rythmes de travail actuels. Diverses ambiances sont créées avec des bureaux individuels et des espaces collectifs. La concentration et la coopération sont mis au cœur du projet d’aménagement des espaces. De nombreuses salles de réunion équipées permettent un travail collaboratif. Des espaces de téléphonie préservent la confidentialité et le confort acoustique. Une attention particulière est portée au confort thermique et acoustique. Il est assuré par des systèmes adaptés (plancher chauffant/rafraîchissant, ventilation double flux, plafonds absorbants, moquettes et mobilier acoustique). Chaque poste de travail est équipé de plateaux réglables et de fauteuils ergonomiques. Un travail sur la lumière est effectué. La lumière naturelle est optimisée par de larges ouvertures et une orientation nord. Les apports naturels sont accentués par la création de puits de lumière.  Afin de favoriser la convivialité et les échanges informels, des espaces de vie partagés sont réalisés. Une grande salle de
    Image
    Architecture un lieu

    Devenir Agile à L’Occitane

    Par Nat Lecuppre, le 17 novembre 2023
    La méthode Agile (approche itérative de la gestion de projets et du développement) fait de plus en plus partie de l’organisation d’une société. En mettant l’humain au cœur de celle-ci, elle permet de fixer avec performance et en équipe des objectifs. Une valeur ajoutée pour le client et pour les collaborateurs. Méthode Agile Les points fixés sont atteints via la technologie et des processus personnalisés. La participation des clients est intégrée pour participer au développement d’un produit tout au long de l’avancement du projet. La nouvelle organisation de travail de L’Occitane a adopté la méthode Agile. C’est pour cette raison que les nouveaux bureaux parisiens du groupe, réalisés par Quadrilatère, se devaient d’être conviviaux, attractifs. L’accent a été mis sur le travail en équipe, la communication interdisciplinaire, l’harmonie globale et la cohésion. Des bureaux ouverts et dynamiques L’Occitane s’est installée au 17, boulevard Morland à Paris IVe. Les nouveaux locaux sont partagés avec les autres marques du groupe (Erborian, Melvita et Elemis) et le déménagement a permis à la société d’adapter les espaces aux nouveaux modes de travail. Le fil rouge du concept de Quadrilatère est le bien-être et le respect des engagements éco-responsables de l’Occitane. La nature fait partie de l’ADN du groupe. Les 2 200 m2 se répartissent sur deux niveaux : R+4 et R+5 et comprennent des espaces de travail par « territoire » ouverts et en flex-office, des salles de réunion, des bulles de 3 personnes, 200 m2 ­d’­espaces collaboratifs dont une Coisina au 4e avec cuisine, espace déjeuner, espace de réception, forum et une tisanerie au 3e. La Coisina, cuisine en Occitan, permet aux collaborateurs de se retrouver autour de grandes tables familiales et des alcôves pour travailler au calme. Le design et le mobilier L’osier, l’ocre, le bois, des assiettes décoratives chinées, des claustras en tuiles de terres cuites et des arches renforcent le côté chaleureux, végétal et provençal des lieux. L’art a pris place avec une fresque de l’artiste Franck Lebraly, qui incarne un sud suranné rappelant Klein et Cocteau. Des inscriptions peintes véhiculent les valeurs de la marque : « bien-être de tous », « impact positif », « indépendance des femmes », etc. Le site est en parfaite adéquation avec les valeurs de L’Occitane. Le bâtiment doté de 70 m2 de panneaux photovoltaïques sur les toits, d’un système de phytoépuration des eaux grises… possède les meilleures certifications et labels environnementaux (Breeam). La nouvelle adresse de L’Occitane permet d’encourager l’esprit d’entreprenariat, de créer conjointement, d’atteindre les objectifs et de répondre au mieux à la complexité des enjeux actuels. Avec l’agilité mise en amont, une nouvelle ère est apparue.
    Image
    Urbanisme

    Fontvieille, faim de carrière

    Par Lionel Blaisse, le 9 février 2026
    Depuis 1998, Gilles Perraudin milite pour promouvoir les vertus de la pierre de taille. Son principal fournisseur, les carrières de Provence, lui a confié la maîtrise d’œuvre du pavillon d’accueil éphémère de son site de Fontvieille. Avec son fils et associé Jean-Manuel, Gilles Perraudin a érigé au bord d’une falaise artificielle un édifice minimaliste, voire primitif, démontable, se voulant tout à la fois un manifeste radical de l’art de bâtir en pierre et une métaphore poétique du lieu d’où elle est extraite. Retour vers le futur Exploitée souterrainement à partir de 1850, les carrières de Fontvieille le sont à ciel ouvert depuis 1950 en bonne partie pour approvisionner alors les chantiers de Marseille, d’Alger et du Point du Jour à Boulogne-Billancourt de Fernand Pouillon. Il se pourrait même que l’architecte y ait dessiné les deux modestes bâtiments de bureaux entre lesquels s’insère aujourd’hui le nouveau pavillon. Dès la crise pétrolière de 1973, Gilles Perraudin comprend qu’il faut anticiper la fin des énergies fossiles. Après avoir expérimenté avec son épouse Françoise-Hélène Jourda une version plutôt high-tech de l’architecture bioclimatique, il s’oriente vers une option plus naturelle de la construction durable (pierre, terre crue…). « D’aucuns me disent passéiste. Ils se trompent, je me sens au contraire en avance. J’ai compris que notre monde tend à devenir chaque jour plus virtuel à force de produire des images irréalistes. Nous avons besoin de retrouver la matière pour être au monde. Sa disparition, sous des déguisements qui nous laissent croire que nous nous en sommes affranchis, est responsable de la destruction de la planète. » Le Jardin d’Ève Parallélépipède rectangle quasi monacal, le pavillon revendique également une ascèse constructive : toiture en tôle métallique parcourue de failles vitrées longitudinales, charpente bois, parois constituées de blocs de pierre de 70 cm d’épaisseur posés sans mortier. Se superposant les unes aux autres par la seule vertu de l’équilibre, toutes ces pierres d’un seul et même module composent des figures auto-stables qui produisent un langage nouveau et intemporel et ménagent d’étranges meurtrières et baies. Juste sertis, les vitrages – clairs ou teintés – imprimés çà et là de mots évoquent inévitablement ceux vitraillant la chapelle Notre-Dame-du-Haut du Corbusier à Ronchamp ! Au sol, le dallage de pierre s’écarte pour laisser couler de l’eau, se soulève pour offrir des podiums, des assises ou encore des jardinières. La lumière des cathédrales, la pesanteur du roman, les effluves des jardins monastiques semblent avoir guidé les concepteurs. « Dans cet enclos, nous avons composé un jardin minéral, métaphore d’une carrière au sol tranché et parcouru par l’eau qu’accompagnent quelques sobres cactées. La lumière éclaboussée, le parfum minéral et le bruissement de l’eau nous transportent vers un lieu originel : celui d’un jardin du paradis. Là où se situe l’origine du monde, celui des enfants et de celle qui les engendra, Ève. En donnant la vie, nous mourons. Comme Ève Marre 1, cette jeune paysagiste qui perdit la vie en donnant son sang. » Des bassins franchis par des passerelles immaculées contribuent à la mise à distance de cet ouvrage atypique. Fille de l’ingénieur ayant collaboré avec Gilles Perraudin à la conception de l’École

    Laisser un commentaire

    deux × quatre =