Architecture, l'esprit du lieu

L’Attilio un temple de la gastronomie française

Par Nat Lecuppre, le 3 mars 2025.
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Le chef Attilio Marrazzo, ancien élève de Joël Robuchon, continue de marquer la gastronomie française avec son restaurant : L’Attilio Paris.

Pour cet établissement, Benjamin Erisoglu, fondateur du groupe Ben Touch (leader français de la rénovation de l’habitat) fait appel à l’architecte d’intérieur Crystine Bonneau. Celle-ci est connue pour ses intérieurs raffinés et intemporels (résidences privées, hôtels, restaurants ou casinos). Pour ce projet, Benjamin Erisoglu, grand amateur de désign et de déco, souhaitait une signature pour la conception des lieux. Il désirait une adresse élégante, parisienne, conviviale et chaleureuse.

L’Attilio est situé au 184, rue du Faubourg-Saint-Honoré dans le 8e arrondissement de Paris. Sa superficie de 300 m2 est répartie sur quatre étages. L’adresse abrite une épicerie fine, une pâtisserie, un bar-bistrot et un restaurant gastronomique.

Le Studio Crystine Bonneau, créé en 2006 à Paris, a ouvert depuis des agences au Portugal et en Espagne. Pour l’architecte, ce projet est un véritable terrain de jeu où elle mixe les styles.

Le rez-de-chaussée au plafond sculptural, au sol noir et blanc et aux panneaux en bois patiné bronze dégage beaucoup de convivialité. Il est dédié à l’épicerie fine et à la pâtisserie. Les produits sont mis en valeur par une scénographie visible de l’extérieur. On y retrouve tous les éléments de décoration et les codes de l’art de vivre à la française (miroirs antiques, un comptoir mouluré, un mur en marbre blanc…).

À l’entresol, un bar de 57 m2 est dissimulé derrière un grand rideau en tissu voile moiré façonné plissé. L’ambiance est cosy. On a pour matériaux du marbre vert, du cuir cognac, des notes de laiton et de bronze… Les matières nobles et durables sont privilégiées. La moquette au sol, du fabricant portugais haut de gamme Ferreira de Sa, est soyeuse et de couleur beige. Elle a été réalisée à partir de filets de pêche recyclés. Les clients peuvent s’installer au comptoir ou en salle pour savourer les mets et les cocktails.

Au premier étage, le confort est le mot d’ordre. La salle de restaurant peut accueillir 32 couverts. Elle est animée par un jeu déconstruit de miroirs au plafond. Une vague murale en poly miroir de couleur bronze rythme l’espace avec sensualité. Des banquettes en cuir blanc crème se marient aux courbes tout en contrastant. Le mobilier est constitué de fauteuils enveloppants et de tables et guéridons de grandes dimensions, et le choix des matériaux nobles renforcent le bien-être et le confort des hôtes.

Au dernier étage, on a un écrin intimiste avec une table d’hôtes pour dix personnes qui peuvent bénéficier derrière une vitre d’une vue imprenable sur la cuisine et le chef en pleine action tel un artiste en coulisses. Face à cette vitre, un mur avec des alcôves éclairées met en valeur les bouteilles les plus précieuses du restaurant. Pour cet espace, l’architecte opte pour une palette de blanc, beige et brun. Les lignes des éléments de décor sont épurées. Les luminaires sont contemporains et également de style Art déco. On y trouve une table en marbre noir veiné qui trône telle une sculpture.

Crystine Bonneau peut se féliciter pour cette réalisation d’exception. Ce trophée sera sans nul doute apprécié par tous les amateurs d’architecture et de gastronomie. L’Attilio est une adresse incontournable pour vivre une expérience singulière qui conjugue beau et bon. Elle garantit des moments inoubliables.

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    L’Attilio Paris

    184, rue du Faubourg-Saint-Honoré

    75008 Paris

    Tél. : +33 (0)1 85 14 62 97

    www.lattilio.com

    Studio Crystine Bonneau

    231, rue Saint-Honoré

    75001 Paris

    Tél. : +33 (0)6 18 24 83 59

    www.crystinebonneaustudio.com

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 59
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    En Italie, un palimpseste vivant se dévoile

    Par Sipane Hoh, le 11 mars 2026
    Le Caffè Nazionale, conçu par l’agence d’architecture collaborative AMAA, s’intègre parfaitement à la ville. C’est un projet remarquable qui s’appuie sur des éléments et des souvenirs existants pour créer un nouveau lieu de rencontre. Située dans la province de Vicence, ­Arzignano est une commune industrielle au passé prospère. L’agence d’architecture ANMA fondée par Marcello Galiotto et Alessandra Rampazzo a été mandatée pour mener à bien la réhabilitation du Caffè Nazionale, un établissement qui tisse une relation directe avec la ville et ses espaces publics. Le duo d’architectes a imaginé une intervention intense et collaborative, avec des partenariats artistiques aboutissant à une création ouverte et variée. À travers la colonnade de l’hôtel de ville du XIXe siècle, la dimension publique de la place se fond harmonieusement dans celle du nouveau Caffè Nazionale. Dans cet espace, le hall principal, une mosaïque vibrante de fragments de mémoire et de dispositifs spatiaux originaux, offre un aperçu du cadre naturel et serein de la petite cour intérieure. Ceci marque la première d’une série de stratégies de conception employées pour la restauration de ce lieu historique. Il s’agit d’une intervention complexe et exigeante, mais les architectes connaissent très bien la commune car ils y ont déjà réalisé plusieurs projets, ils ont pu aborder cette opération avec plus de sensibilité. Pour eux, il était essentiel de mettre en valeur le concept de mémoires superposées, de moments urbains et l’interaction des matériaux anciens et contemporains. Plusieurs espaces se succèdent ainsi, rappelant les scènes de théâtre, établissant un dialogue visuel entre la place, la colonnade et le hall intérieur. Ici, des éléments scénographiques originaux guident le regard vers le vestibule mais aussi vers la cour intérieure, conçue comme un jardin de bouleaux. L’entrée du bar se situe au centre de l’aile à colonnades du palais conçu par l’architecte Antonio Caregaro Negrin et construit à la fin du XIXe siècle. Dans le projet d’AMAA, la porte d’entrée constitue le seul élément opaque donnant sur la place. Fabriquée en fer bruni et dotée d’un mécanisme pivotant, elle présente un design distinctif en forme de losange, visible de l’intérieur comme de l’extérieur. Soulignons que la poignée, en marbre serpentine vert du Valmalenco, a été conçue sur mesure par l’artiste Nero/Alessandro Neretti. La cuisine ouverte prend place à gauche de la porte d’entrée à l’angle et au début de la colonnade, elle est entièrement visible des clients. Un escalier situé entre le bar et la cuisine mène à la salle à manger à l’étage, aménagée en restaurant. À droite, le visiteur découvre la salle principale, où cohabitent des fragments de diverses interventions historiques. Cet espace s’articule autour du thème des décors théâtraux, amplifiant le sentiment de transition déjà suggéré par l’entrée. Les traces historiques sont mises en valeur par la présence d’un mur conçu comme un rideau, réalisé à partir de tôles d’acier inoxydable pliées et perforées. Il crée un jeu de transparence, offrant un aperçu presque illusoire des grandes arches donnant sur la cour intérieure. Des affiches temporaires de l’artiste Stefan Marx, collées et éclairées derrière le mur métallique plissé, évoquent la Belle
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    Embarquement immédiat

    Par Nat Lecuppre, le 29 novembre 2024
    OZ Boat de Bordeaux, c’est l’histoire d’une résurrection de l’épave d’un bac de 1933 abandonné dans les eaux de la Garonne. Mais ce projet est aussi une belle aventure humaine. Renaissance d’un patrimoine. Le groupe Café OZ a donné carte blanche à l’architecte David Dalidec pour redonner vie au bateau et le transformer en bar et restaurant. Un challenge d’envergure. Pour l’agence d’architecture David Dalidec, les enjeux étaient de taille. Elle a pris le parti de reconstruire à l’identique son architecture tout en la modernisant et en jonglant avec les contrastes, les contraires, les effets miroirs inversés, etc. L’architecte aime bouleverser et casser les codes et les repères classiques. Il aime réinterpréter les lieux. OZ Boat est revu dans sa configuration. La timonerie devient le bar principal. Les coursives de l’avant vont à l’arrière pour permettre l’accès au pont supérieur, qui se transforme en rooftop avec une vue imprenable sur les bassins à flot. Ce dernier accueille une soucoupe spatiale signée de l’artiste Suzanne Trestier. La cabine DJ remplace l’ancienne cheminée ; 90 piliers sont déposés dans la cale pour laisser place à la cuisine, aux locaux techniques, aux sanitaires et à la cave à bière. Étonner jusqu’à l’extrême. David Dalidec aime jouer et surprendre. Son inventivité fait qu’il réalise toujours des lieux là où on ne les attend pas. Interpeller les visiteurs, telle est sa devise. Un jeu de trompe-l’œil métamorphose les toilettes en pool party. Ces derniers sont sous le niveau de l’eau, cela a permis à l’architecte de créer un espace en simulant la descente dans une piscine. Un escalier en inox, des pièces carrelées reprenant les codes des piscines municipales, des jeux de bandeaux LED bleus profonds… tous ces détails reproduisent une pool party comme en Australie. Dans le prolongement des sanitaires, une cave à bière qui caractérise les Cafés OZ est visible à travers deux énormes hublots en verre. On les contemple comme si on regardait les moteurs de la piscine sous l’eau. « Le trompe-l’œil est réussi, car énormément de clients demandent s’il s’agit vraiment d’une piscine… Pari gagné ! », souligne David Dalidec. Pour les férus de selfies, de moments instagrammables, les clients peuvent se photographier dans les hublots de la cave à bière. La figure de proue créée trente ans auparavant est redesignée par Pierre Nègre. Chaque niveau (sous-sol, RDC et pont) fait 225 m2. Une réhabilitation éco-responsable. La construction de type Eiffel met l’acier à l’honneur. La rénovation est faite sur les chantiers du Grand Port Autonome de Bordeaux et avec une entreprise de construction métallique bordelaise. Le matériau primant dans ce projet est l’acier et différents alliages de 1920 et 2023. « À notre échelle, c’est comme si nous avions construit une petite tour Eiffel ! », plaisante David Dalidec. La démarche responsable fait partie de l’ADN de l’agence David Dalidec. Le réemploi, le recyclage sont les mots d’ordre. 700 m2 de vieux stocks de ponts de bateaux des ports français permettent de créer le pont de l’OZ Boat. Le bois de pays travaillé par un menuisier girondin est utilisé pour les mains courantes et les garde-corps. Au lieu d’une climatisation classique, une centrale double flux est mise

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