Architecture, l'esprit du lieu

Plantez en ville avec Brio

Par Nat Lecuppre, le 7 janvier 2025.
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L’agence de design global Brio a accompagné Plantes Pour Tous pour son implantation physique en plein cœur de ville. Elle a imaginé le concept retail à partir d’une marque Digital Native Vertical Brand (100 % digitale).

Genèse de Plantes Pour Tous.

Léo Simalla et Julien Morelli, deux architectes paysagistes, passionnés de végétation, font le constat qu’il est difficile de trouver des plantes à des prix abordables et de bonne qualité.

En 2017, ils organisent lors d’un week-end une vente éphémère de plantes à bas prix. Couronnée de succès, cette manifestation les encourage à créer la marque Plantes Pour Tous. Depuis, chaque année, plus de 300 événements sont organisés dans les plus grandes villes en France et à l’international (Royaume-Uni, Espagne, Allemagne et Pays-Bas).

Une communauté de « Plant Lovers » s’est formée sur les réseaux sociaux. Si bien qu’en 2022 un réseau de magasins physiques est inauguré. Des fonds (870 000 €) sont levés auprès de la communauté qui compte 361 nouveaux actionnaires pour ces jardineries urbaines.

À ce jour, quatre boutiques sont ouvertes à Paris et une cinquième à Lyon. Plantes Pour Tous et Brio ont en commun la même vision d’une planète verte et la même démarche éco-responsable. Afin de ne pas jeter les végétaux ayant encore une vie, une vente flash chaque mardi est mise en place via un click & collect. Des paniers antigaspi permettent de réduire le taux de perte des marchandises (seulement 2 % de perte).

Réaliser la jardinerie urbaine Nº1.

Les lieux imaginés par Brio bousculent tous les codes des enseignes du secteur. Chez Plantes Pour Tous, les prix sont bas et une expérience shopping immersive est proposée. Dans une démarche engagée, les produits privilégient le made in Europe, l’écoresponsabilité et la diversité. Les productions horticoles responsables sont soutenues par la marque. Les producteurs sont majoritairement labellisés Bio ou MPS (intrants chimiques limités ainsi que la consommation en eau et électricité). En 2022, un million de plantes sont vendues. Plus de 40 % de la clientèle urbaine est âgée de 18 à 34 ans. La communauté de Plant Lovers compte près de 380 000 abonnés. Pour rendre la végétation accessible, il s’agissait de la populariser.

Côté économie circulaire, des barquettes de plantes sont consignées et réutilisables. On lutte ainsi contre les déchets plastiques et le gaspillage. Chez Plantes Pour Tous, les mots d’ordre sont équité et égalité. Les collaborateurs ont les mêmes salaires pour des fonctions identiques. L’insertion professionnelle est favorisée. Affiliée à différents organismes, la marque permet aux étudiants de travailler ponctuellement ou régulièrement, d’acquérir de l’expérience et de se lancer dans la vie active.

Le projet de Brio pousse son engagement responsable le plus loin possible. Les matières naturelles sont transformées. La signalétique est par exemple en Resysta, un matériau ultra résistant composé d’environ 60 % de cosses de riz, recyclable à 100 %. Les sols et les surfaces des mobiliers sont en caoutchouc naturel avec des éclats de granit incorporés signés Interface. L’ensemble des gondoles pour les plantes sont issues du réemploi.

Une «jungle urbaine » en bas de chez soi.

Le parcours est pensé pour le bien-être du citadin. En entrant dans la boutique, l’histoire et les engagements de Plantes Pour Tous sont mis en valeur. On trouve près de 10 000 plantes sur 300 m2. Un univers Home Déco avec des accessoires, des livres, un rayon animal de compagnie est proposé.

Les lieux sont modulables à volonté selon les évolutions et les besoins. Le mobilier de présentation est sur roulettes. Ce souhait fait partie de l’histoire de la marque qui a toujours organisé des ventes éphémères. De nombreux services facilitent la vie du client. Un comptoir de rempotage en libre-service est mis à disposition. On trouve également un mural vrac pour les substrats, terreaux et billes d’argile.

Ce concept novateur démocratise la plantation. Plantes Pour Tous est la jardinerie urbaine à petits prix. Désormais, avec Brio, chacun va pouvoir avoir la main verte !

 

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    Architecture un lieu

    Concevoir des bureaux à son image

    Par Nat Lecuppre, le 7 juin 2024
    Les architectes ont la chance de pouvoir concevoir des lieux qui leur ressemblent. Tel est le cas pour l’Atelier du Pont. Les fondateurs et associés, Anne-Cécile Comar et Philippe Croisier, ont dessiné et réalisé leur propre agence. Chez Eux. Situés au 9, impasse Lamier dans le 11e arrondissement de Paris, les locaux sont à l’image du savoir-faire des architectes. Cette vitrine de 900 m2 est répartie sur 4 niveaux. À savoir un rez-de-chaussée, R+1, R+2 et une toiture habitable. Les lieux sont imaginés comme un petit laboratoire où chacun se croise et échange tout en travaillant. Au rez-de-chaussée, on trouve l’atelier maquette, un espace de coworking, une salle de réunion et une salle de sport. Le R+1 abrite l’accueil, une cafétéria qui peut devenir un lieu d’exposition selon les besoins et un showroom de matériaux de décoration. Au R+2, les espaces de travail sont en open space. Une bulle de réunion favorise le travail collaboratif. On a également une matériauthèque. Quant à la toiture, elle est aménagée pour être habitée. Des bureaux sur mesure. Atelier du Pont a conçu en totalité le projet. Celui-ci démontre la capacité de l’agence pour intégrer le design global dans ses réalisations. Comme dans leurs autres projets, on retrouve comme matériau de prédilection le bois brut. Pour les architectes, le bois souligne le côté chaleureux et, en plus, son côté olfactif renforce la sensation de bien-être. Les architectes associent des teintes chaudes et colorées des peintures au bois. Elles structurent l’espace. Une réflexion est menée avec leur propre bureau d’études intégré en éco-conception Plan 02 pour proposer des locaux reflétant leur engagement RSE. Des procédés low-tech remplacent la climatisation (stores, ventilation naturelle, brasseurs d’air…). Une attention particulière est portée aux échanges, à la diffusion des informations et à la convivialité. Les bureaux sont organisés en U autour d’un patio planté. Les équipes sont encouragées à se déplacer. Des espaces partagés à chaque étage invitent aux échanges informels, au travail collectif et à la communication. Conçu comme un logement, l’espace de travail est rendu évolutif par la structure poteaux-poutres suivant ses futures évolutions. L’impasse Lamier est un véritable petit cocon pour les 40 collaborateurs de l’agence. Ils sont à l’image de leurs créateurs.
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    Talents

    Jean-Baptiste Auvray le véritable savoir «Faire»

    Par Sipane Hoh, le 20 décembre 2024
    Établie à Paris et Annecy, Faire est une agence pluridisciplinaire qui conçoit aussi bien des espaces que des objets. Fondée par Jean-Baptiste Auvray, un personnage aux multiples talents, l’agence se démarque par ses projets variés qui vont de la création jusqu’à l’exécution en passant par l’identité visuelle, le design et l’architecture d’intérieur. En 2000, après avoir obtenu un DNSEP (Diplôme national supérieur d’expression plastique) à l’ÉSAD (École supérieure d’art et de design) de Reims avec les félicitations du jury, Jean-Baptiste Auvray débute sa carrière en intégrant l’agence Patrick Jouin où il évolue pendant dix ans en tant que chef de projet et travaille pour des maisons de renom comme Cassina, Kartell, Alain Ducasse, JCDecaux et Renault. Poussé par l’envie de créer sa propre structure, celui qui a passé son enfance dans l’atelier de son père, artisan tapissier, crée sa propre structure qu’il baptise : Agence Faire. Il ne s’agit pas d’un nom choisi dans un dictionnaire ou un quelconque catalogue, mais d’une sorte d’aspiration qui consiste à croiser les divers savoir-faire avec un design sensible basé sur la relation à la matière. Jean-Baptiste Auvray est conscient qu’en mettant la matière au cœur du projet, il y mettra aussi l’homme. En cette époque où certains professionnels ne jurent que par l’intelligence artificielle, le professeur de design à l’école Camondo depuis treize ans la considère comme un outil facile pour recenser les tendances de matériaux, entre autres, donc pas plus d’implication pour le moment. « Je ne suis pas très inquiet qu’on se confronte à l’IA si on l’oriente bien, on ne sera que renforcés », déclare-t-il avec le sourire. Grâce à son équipe plurielle et passionnée composée de neuf personnes, l’Agence Faire propose une offre complète d’expertises qui va de la création de mobilier jusqu’à l’architecture d’intérieur en passant par la scénographie que le designer pratique depuis ses débuts. En effet, rappelons que l’un de ses principaux clients n’est autre que la maison de haute horlogerie et joaillerie Van Cleef & Arpels pour qui il conçoit des scénographies éphémères dans plusieurs métropoles mondiales comme Paris, Bangkok, Dubaï, Londres, Hong Kong et New York. Les projets de l’agence sont nombreux, une grande multitude puise dans l’artisanat, et la broderie en fait partie. De même, dans le but de créer des décors muraux et explorer de nouveaux procédés visuels, l’agence travaille avec l’atelier Dugama, ainsi le savoir-faire artisanal est réinventé et apporte à des techniques ancestrales un souffle nouveau inattendu mais tellement rafraîchissant. Le designer nous raconte que la collaboration entre Faire et Dugama a commencé autour d’une expérimentation inédite : broder du papier. Jean Baptiste Auvray et Catherine Husson ont mis au point une technique de broderie bourdon qui découpe la matière avant de l’appliquer sur du papier épais et du cuir fin. Après l’avoir perfectionnée, cette technique est aujourd’hui utilisée dans la réalisation non seulement des décors muraux mais aussi des vitrines ou encore des objets tout comme dans le cadre des projets retail de l’agence. Celle-ci se rapproche de l’éventailliste Duvelleroy et réalise une collection d’éventails dont des palmes en cuir affiné se découpent directement grâce
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    Urbanisme

    Beaumont, le maire, les architectes et les locataires

    Par Anne-Marie Fèvre, le 1 décembre 2023
    Sous les châtaigniers ardéchois ont poussé six Bogues, des logements sociaux. Écologie, autoconstruction, chantier participatif ont nourri cette démarche rurale pionnière entre élus, Nouveaux commanditaires, l’atelier Construire et les habitants. « En mai 1968, nous n’avions pas réussi à changer le monde. Alors, j’ai eu envie de créer mon petit monde à moi. » C’est ainsi qu’en 1974, Pascal Waldschmidt, polytechnicien né en 1949, quitte la ville pour s’installer à Beaumont et ses quatre hameaux : Le Blat, Sarrabasche, Issac et La Roche. Situé sur l’une des pentes du coteau cévenol de l’Ardèche du sud, ce cul-de-sac, déserté et en ruines, ne comptait plus que 162 habitants. L’ancien citadin vit là en communauté, ils retapent de vieilles maisons, s’orientent vers l’agriculture : élevage de chèvres, de cochons, et récolte de châtaignes… Mais la petite bande explose. Lui reste, avec sa femme, tout à son cocon rural. Le couple a des enfants, il va s’investir dans la vie locale pour l’école, lui devient conseiller municipal, puis maire de 2001 à 2020. Édile actif et implanté, il est à l’origine, avec le conseil municipal, de la construction de logements sociaux dans son village. Alors qu’une vie locale se ranime peu à peu à Beaumont, le déclin de l’agriculture et le vieillissement de la population ne permettent pas d’attirer de jeunes actifs. « Les jeunes n’avaient pas les moyens d’habiter là, explique Pascal Waldschmidt, la moitié des résidences sont secondaires, très chères, il n’y a pas de locatif privé. On a transformé trois ruines en logements, mais cela nous est revenu plus cher que du neuf. On a alors imaginé construire du neuf. On a acheté un terrain, une ancienne châtaigneraie à Blat, et on a élaboré un PLU ». Mais avec qui construire ? Il y a beaucoup d’heureux hasards à Beaumont, lieu de passage l’été. Les élus rencontrent une médiatrice des Nouveaux commanditaires de la Fondation de France (1), Valérie Cudel. Elle va accompagner ces apprentis maîtres d’ouvrage pour passer commande d’une œuvre d’art, ici un projet d’architecture. Après avoir exploré diverses pistes, ils se tournent vers l’atelier parisien Construire. Une première rencontre, fructueuse, a lieu avec Patrick Bouchain en 2008. Autour de Construire ensemble (2), ils se comprennent à merveille. Ils optent pour la conception de huit habitations. Le chantier sera aussi suivi par les architectes Loïc Julienne et Sébastien Eymard. Une banque d’eau C’est un système qui s’inspire des civilisations anciennes, dont les Perses. Il a fait ses preuves à Madagascar, grâce à Thierry Labrosse, un entrepreneur franco-malgache spécialiste de la dépollution d’eau. Il a inventé le REEPS, un réservoir d’eau enterré rempli de sable. Ce processus a vite intéressé Pascal Waldschmidt pour Beaumont. « Car on est juste en eau, explique-t-il, il y a 260 habitants, mais 1 200 en été. Et on n’a pas le droit de capter l’eau les sources ». La commune s’est lancée, la première en France, et a implanté l’été dernier cette « nappe phréatique artificielle » près du col des Cayres. L’eau de source est stockée et enterrée dans une bâche hermétique, le sable a été

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