Architecture un lieu

Quand architectes et clients partagent le même ADN

Par Nat Lecuppre, le 20 octobre 2023.
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© Vincent Leroux

La Maison Rouvenat a fait appel à l’agence d’architecture Atelier du Pont pour concevoir son showroom au 416, rue Saint-Honoré à Paris.

Les architectes et la maison partagent les mêmes valeurs : la circularité, l’artisanat et le réemploi. Ces points communs font que les lieux réalisés sont uniques, en fond de cour de style Eiffel, derrière des vitrines d’époques.

Les espaces intérieurs sont délimités par des tapis en soie végétale, fabriqués pour les lieux. Les choix de coloris et de matières sont chauds et naturels. On trouve du terracotta, du curry, du nude, se mariant parfaitement avec le bois, la laine et le laiton.

Une mise en scène pour valoriser les lieux

Les stèles exposent des bustes ou des vitrines réalisées sur-mesure. Les sculptures sont faites à la main. Moulées dans le plâtre, elles sont un clin d’œil à la renaissance de la marque.

Les anciennes consoles et comptoirs d’exposition en chêne ont été rénovés et transformés pour présenter les bijoux.

Une imposante porte vitrée sépare l’espace de vente et les bureaux. Pour la fabriquer, les architectes ont fait restaurer et assembler de vieilles portes-fenêtres de la Belle Époque en provenance du Sud-Ouest de la France. Le parti pris de l’Atelier du Pont est de laisser les murs blancs avec des cimaises d’accrochage.

Il est à noter que les lieux peuvent accueillir des expositions et des événements.

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    matali crasset, toute hi à l’écologie

    Par Anne-Marie Fèvre, le 18 décembre 2023
    Née dans un village champenois, la designeuse a toujours mêlé urbanité et ruralité. Particulièrement à la ferme Hi bride, hôtel buissonnier qu’elle a conçu dans le Luberon. Elle prône une écologie profonde, sensible et joyeuse. Avec son art de parler avec conviction, son hospitalité si naturelle et – bien sûr – sa coupe de cheveux emblématique, elle reçoit chez elle près de Belleville. Dans son loft évolutif, entre atelier et fourneaux, tandis que son mari et associé Francis Fichot mitonne un petit plat. Elle semble avoir recréé l’ambiance d’une grande cuisine de ferme à Paris. Car matali des champs matali des villes est née à Normée en 1965 et a grandi au village dans une exploitation agricole champenoise. « Il est important de savoir d’où l’on vient, confie matali crasset. J’ai eu une enfance heureuse dans un petit village où l’on vit beaucoup dehors, tout est appropriable, on invente tous les jours, avec du bois, de la paille. L’intérieur ne primait pas, je ne vivais pas dans un intérieur bourgeois, je n’ai pas eu à casser cela. Je viens de la Champagne, dite pouilleuse, au sol alors infertile. Mon père a été amené à défricher car les terres boisées valaient moins cher, il y a été contraint. » Pigeonnier et lit d’appoint Si matali connaissait les cultures des champs, elle avait « hâte de découvrir la culture et l’art qui se trouvaient plutôt dans les villes ». Elle monte donc à Paris en 1988, comme Jim qui trouvera un lit d’appoint1, tel un symbole de son passage de la campagne à la ville. Diplômée de l’Ensci en 1991, après avoir travaillé avec Denis Santachiara à Milan, avec Philippe Starck à Paris, elle crée son studio en 1998. Depuis, elle n’a cessé d’explorer de nouveaux rites domestiques ou collectifs, avec un vocabulaire lié à la nature, connectée à la technologie et au réseau numérique. Mais elle n’est pas coupée de son terreau natal. « J’aime faire avancer les choses avec les gens, être ancrée dans le réel. » « Aujourd’hui, c’est vrai, la dynamique de création se déplace dans la ruralité, et c’est bien » constate-t-elle. Pour moi, ce n’est pas nouveau ». En effet, elle a conçu nombre de projets à la campagne. En 2003, elle invente le pigeonnier Capsule, une base de loisirs dans le village de Caudry (Nord). En 2011 et 2012, elle implante Le Nichoir et La Noisette (2012), des Maisons Sylvestres pour séjourner dans les bois de la Meuse, une commande du centre d’art Le Vent des Forêts, créé en 1997 par six villages agricoles et forestiers. En 2015, dans le petit bourg de Trébédan (Côtes-d’Armor) elle réalise « Le Blé en herbe », une école « conçue pour être ouverte au monde ». À Toulon, elle a imaginé autour du cycle de l’huile d’olive ; autour du vin avec Vino Sospeso, un verre en forme de bulle suspendue, en liaison avec un vigneron, et son cru issu de la biodynamie. Elle ne cesse de se réinterroger sur ses racines paysannes. « Petit à petit, j’ai compris que je viens d’un pays de la craie,
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    Urbanisme

    Le nouveau monde du futur TGV inOui

    Par Sipane Hoh, le 25 septembre 2025
    C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour le TGV inOui. Des aménagements novateurs, un design affuté, des couleurs avenantes et des services améliorés, le tout engendré par SNCF Voyageurs et Alstom en collaboration étroite avec les designers du groupe AREP et de l’agence japonaise nendo. Le résultat est tout simplement remarquable. Deux-mille personnes ont œuvré à la réussite de ce projet soutenu par l’État via l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et le SGPI (Secrétariat général pour l’investissement), le nouveau TGV inOui est conforme à toutes les attentes : modularité, modernité et maîtrise sont les mots d’ordre de la 5e génération de TGV. Ce serpent blanc qui file à la vitesse grand V est doté d’une multitude de bons procédés. Tout d’abord, sa modularité. En effet, le nombre de voitures de ce train ainsi que les divers espaces pourront être ajustés en fonction des besoins. De même, 20 % plus économe en énergie que ses prédécesseurs, grâce notamment à l’aérodynamisme, ce dernier-né prévoit 50 % d’économie de CO2 par rapport aux trains à grande vitesse premier niveau. Mais ce n’est pas tout : fabriqué avec 25 % de matériaux issus du recyclage (soit 100 tonnes), ce nouveau fleuron de l’industrie française, entièrement conçu et assemblé en France, est recyclable à 97 %, ce qui en fait le train à grande vitesse avec le bilan carbone le plus faible du marché. Le nouveau TGV se dote également d’une première mondiale, « le greffon », il s’agit d’une batterie de secours qui permet au train de continuer à circuler même en cas de panne de son alimentation électrique principale. Si les nouveautés sont nombreuses et les déclinaisons variées comme l’étaient les intentions, quid de la concrétisation ? Le design de ce TGV est le fruit de la collaboration des designers du groupe AREP et de l’agence japonaise nendo fondée par Oki Sato. Le flow incarne une expérience nouvelle dans l’environnement ferroviaire, il se fraye un chemin dans le paysage, un peu comme l’écoulement d’une rivière. Visible à l’intérieur aussi bien qu’à l’extérieur, le concept reflète l’ambition écologique du train et l’engagement d’AREP pour un design post-carbone. Les formes douces inspirées des galets polis par l’eau se matérialisent dans les détails des sièges, du Bistro TGV inOui ou de la lampe. Le travail de la couleur est réfléchi, plus sombre sur la partie basse et plus claire au-dessus, quelques touches d’un jaune pétillant viennent redonner à l’ensemble un panache inattendu. Parcours faciles, matériaux nettoyables, luminosité adaptables et couleurs harmonieuses se croisent ainsi pour offrir une expérience inoubliable au bord de ce nouveau TGV inOui. L’un des changements majeurs consiste dans l’aménagement de la voiture-bar qui cède sa place au Bistro TGV inOui, conçu sur deux niveaux, avec une mezzanine conviviale et élégante. Tandis que la salle basse propose divers services liés à la restauration avec un nouveau concept d’épicerie en libre-service et des équipements permettant un parcours simplifié, la mezzanine imaginée comme un salon chaleureux et composée de 28 assises offre une variété de postures. Confort et bien-être sont au rendez-vous. Les nouveautés du futur TGV inOui se suivent et ne se
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    Architecture un lieu

    Le Platine pour Post Luxembourg

    Par Nat Lecuppre, le 28 février 2024
    Post Luxembourg a obtenu avec son nouveau siège social la certification la plus prestigieuse du DGNB (Deutsche Gesellschaft für Nachhaltiges Bauen), Elle garantit son niveau de qualité de tous les facteurs environnementaux, économiques et socioculturels. Un projet d’envergure Cette réalisation exemplaire est signée Metaform Architects. Le siège social est implanté sur la place de la gare de Luxembourg. Il est devenu un repère emblématique dans la ville. La façade historique du bâtiment voisin Accinauto de 1948 est conservée sur le côté nord-est. Les architectes l’ont conjuguée avec l’enveloppe du nouveau bâtiment en jouant avec l’inclinaison et la profondeur de lamelles posées au droit de la façade. Ces dernières donnent une véritable identité au bâtiment Helix. Le site est tout en transparence et lumière. Les 27 000 m2 de surface accueillent 850 collaborateurs. Une visite des lieux En pénétrant dans l’enceinte de Helix, on découvre un atrium baigné de lumière naturelle. La pièce maîtresse est le majestueux et sculptural escalier en métal blanc dont la forme hélicoïdale a donné le nom au bâtiment. Il relie les 8 étages et symbolise la communication, la créativité, l’échange de savoirs des équipes. Un mur végétalisé de 84 m2 recouvre un mur du rez-de-chaussée et du premier étage. Un lustre architectural de 16 mètres de long avec ses diverses photos, QR codes, lettres… retrace l’histoire de la Post. Au rez-de-chaussée se trouve l’espace Post pour l’accueil des clients. Les autres étages sont les bureaux. Au huitième et dernier étage, un restaurant d’entreprise et une salle de conférence de 400 places bénéficient d’une vue panoramique sur la ville. Lors de l’aménagement des lieux, une attention particulière est portée au confort et au bien-être. L’acoustique est exceptionnelle. Le mobilier de bureaux est de Bene Autriche, une marque de qualité et de confort optimal. On trouve également des Polder Sofas de Hella Jongerius, des chaises de conférence Chair de Eames, des Softshell des frères Bouroullec de chez Vitra, des fauteuils Poul Kjaerholm de Fritz Hansen… Les espaces tertiaires sont multiples et variés. Ils offrent une grande flexibilité de travail selon les besoins et les évolutions. On a des zones de travail individuel, des espaces collaboratifs, des coffee corners, des zones de silence, une creative workspace, un relax room pour se ressourcer… Les cloisons sont modulables et font évoluer les espaces selon les besoins. Les matériaux sont le béton et le bois. La couleur noire est prédominante. Une moquette est posée dans les espaces de travail et un parquet dans les zones communes. La lumière naturelle inonde les lieux et les dynamise. Un bâtiment zéro carbone Helix est un exemple de construction durable. Il a reçu le label le plus rigoureux en matière d’écologie et d’économie (DGNB Platine). Le fait de conserver le bâtiment historique, de construire un nouveau bâtiment sur des fondations et des structures de sous-sol existantes ont fait économiser plus de 8 600 m3 de béton. Il a permis aussi d’économiser 2 600 tonnes d’émission de dioxyde de carbone. Toutes les innovations énergétiques sont mises en place. On trouve par exemple des récupérateurs d’eau de pluie de 270 m3 pour alimenter les toilettes et arroser les végétaux. Des

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