Urbanisme

Repenser l’habitat dans les centres-bourgs

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Par Sipane Hoh, le 6 décembre 2023.
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© Benoit Alazard

La réhabilitation de l’immeuble Thérias à La Monnerie-Le-Montel par l’Atelier du Rouget Simon Teyssou & associés constitue non seulement une reconversion réussie mais pose la délicate question de reconsidération de l’habitat dans les centres-bourgs.

Située dans le département du Puy-de-Dôme, aux confins de la Loire et de l’Allier, la commune de La Monnerie-le-Montel appartient à la communauté de communes de la Montagne Thiernoise et au parc naturel régional Livradois-Forez. Situé à proximité immédiate de l’autoroute A 89, le centre-bourg est à quarante minutes de Clermont-Ferrand et à dix minutes de Thiers. L’immeuble Thérias, disposant d’une double orientation, est composé de deux étages surmontés de combles. La réflexion de la commune de La Monnerie-le-Montel débute avec le programme Habiter autrement les centres-bourgs porté par le parc naturel régional Livradois-Forez et le conseil général du Puy-de-Dôme entre 2011 et 2013. Le projet architectural, porté par l’Atelier du Rouget Simon Teyssou & associés, consiste à agrandir la surface commerciale du rez-de-chaussée de l’immeuble Thérias afin d’accueillir une nouvelle épicerie et l’historique boulangerie. Pour cela, les architectes ont supprimé la circulation verticale originelle et ont décidé de démolir pour reconstruire l’extension en rez-de-chaussée prolongeant les activités commerciales au nord-ouest entre l’édifice et la paroi rocheuse. Des transformations qui ont nécessité la création de six nouveaux logements côté rue de la Mairie. Les habitations composées de trois logements accessibles aux personnes à mobilité réduite et trois en duplex, se trouvent ainsi dans une extension sur deux niveaux qui est adossée à l’édifice le long de la façade nord-ouest donnant sur une cour. À noter que les trois logements qui occupent le 2e étage et les combles sont desservis par des passerelles individuelles qui enjambent la cour depuis la rue de la Mairie.

Un trait d’union entre ancien et nouveau

Le projet assume la distinction entre l’existant et le neuf. Ainsi, la nouvelle extension qui s’est greffée à l’immeuble patrimonial possède ses propres caractéristiques. Pour parfaire le contraste entre les deux parties de l’édifice, les menuiseries en bois existantes de la façade sud-est ont été conservées, restaurées et doublées par des fenêtres intérieures pour des raisons acoustiques et thermiques.

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    Atelier du Rouget Simon Teyssou & associés

    46, avenue du 15 septembre 1945

    15290 Le Rouget-Pers

    Tél. : +33 (0)4 71 46 90 24

    www.atelierarchitecture.fr

    38, rue Niel

    63100 Clermont-Ferrand

    Tél. : +33 (0)4 73 20 12 77

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 53
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Des nouveaux locaux pour Arsene

    Par Sipane Hoh, le 2 décembre 2025
    Après avoir fêté ses 20 ans en 2024, Arsene, le premier cabinet d’avocats indépendant, spécialisé en fiscalité, vient d’installer son siège au cœur de Capital 8. Situé au 32, rue de Monceau, dans le 8e arrondissement parisien, ce dernier constitue un écrin digne d’une nouvelle aventure. Les nouveaux locaux qui incarnent l’esprit d’innovation d’Arsene sont répartis sur huit étages et totalisant près de 4 600 m². Conçu avec l’appui de Hauteur Libre (assistant maître d’ouvrage), Bube (architectes) et Tétris (contractant général, design & build), ce lieu qui réunit l’ensemble des services du cabinet, notamment Arsene Innovation, filiale dédiée à la fiscalité de l’innovation et aux legaltechs, ou encore les équipes du réseau international Taxand en France, rassemble, transmet, inspire et favorise les synergies. Pour mieux cerner les différents souhaits ainsi que les diverses exigences liées au travail, une équipe interne a orchestré une série d’ateliers participatifs. Les huit plateaux de l’immeuble ont été pensés comme un ensemble fluide et cohérent. L’aménagement comporte une zone de convivialité, propice au travail collaboratif et aux échanges informels, où prennent place plusieurs salons, tisaneries et petites salles de réunion. Tandis qu’une zone transversale regroupe les fonctions support, une autre se dédie au travail individuel. Dès l’entrée, le ton est donné. Le visiteur arrive par un lobby élégant qui contraste avec les codes traditionnels de la réception. C’est un lieu où matières nobles et textures sont mis en avant. Chaque bureau, bibliothèque, placard et élément menuisé a été spécifiquement conçu et agencé pour Arsene. La présence de plusieurs éléments symboliques est à souligner, comme par exemple la structure en verre Magna rétroéclairée ou le plafond cathédral qui participent à rehausser l’élégance du lieu. Le chantier a duré seulement six mois mais le résultat est tout simplement remarquable. « L’aspect naturel et intemporel des matériaux choisis (bois, verre recyclé, tissus naturels), la sobriété du mobilier, la lumière omniprésente, la qualité acoustique : chaque élément a été pensé pour le confort, la réversibilité et l’expérience. C’est un lieu qui raconte une histoire, celle d’Arsene, un cabinet résolument tourné vers l’avenir », conclut Florian Buchart, architecte et cofondateur de Bube architectes. 
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    Architecture un lieu

    Le 13 Paix, l’écrin de l’Excellence

    Par Nat Lecuppre, le 23 octobre 2023
    Après deux ans de réhabilitation, le voile est levé sur le 13, rue de la Paix dans le second arrondissement de la capitale, adresse emblématique de la célèbre maison de la haute joaillerie, Cartier. Une myriade de talents a été mise à contribution, pour ce somptueux écrin qui voit sa superficie passer de 700 à 3 000 m2. L’adresse chargée d’histoire depuis 1899 est la mémoire de la maison de Louis Cartier et de son grand amour Jeanne Toussaint qu’il s’agissait de plonger dans le XXIe siècle sans trahir son ADN. Les défis étaient multiples. Pour Cyrille Vigneron, CEO et président de Cartier, il fallait que les lieux n’appartiennent à aucune période mais les respectent toutes, ne privilégiant aucun style tout en les célébrant tous. Le nouvel écrin du 13 Paix est le résultat d’une collaboration de trois agences d’architecture d’intérieur et de décoration. Les espaces des six niveaux ont été distribués à ces talentueux créateurs bâtisseurs qui collaborent avec Cartier depuis des années. Répartition des missions L’agence Moinard Bétaille a eu en charge le RDC, les premier et deuxième étages. Studioparisien s’est vu attribuer les espaces services du troisième étage, l’atelier haute joaillerie du quatrième et les archives situées au cinquième. Quant à l’architecte Laura Gonzalez, elle a dû imaginer la Résidence au R+5 afin de recevoir les invités de marque comme à la maison. Les enjeux Il s’agissait pour tous de concevoir la plus belle vitrine du savoir-faire à la française, de la créativité et du côté précurseur de la maison. Louis Cartier avait une vision avant-gardiste, il poussait ses dessinateurs à s’inspirer du monde, de l’architecture perse, des arts d’Extrême-Orient… et même de sa collection personnelle d’antiquités. Il fut le premier à utiliser du platine pour ses créations. Son style novateur perdure cent vingt ans après et le place toujours premier joaillier du monde. L’emblématique façade est conservée. Elle est telle qu’Alfred Cartier et son fils Louis l’avaient choisie, en portor, un marbre noir veiné d’or. Les sept vitrines de la rue restent la signature des lieux. Le concept Moinard-Bétaille À l’intérieur, les espaces ont été totalement transformés. L’escalier central, la succession de petites pièces en lambris sombres et le plafond en dôme de verre opaque ont laissé place à un grand espace ouvert et central. Avec leur projet, les architectes Bruno Moinard et Claire Bétaille ont ouvert les lieux pour permettre aux clients de flâner librement avec poésie et découvrir les créations. Les deux sous-sols sont devenus bureaux. Au RDC se découvrent les différents univers de Cartier. Un atrium au fond de la boutique, couronné d’un plafond de verre, laisse la lumière naturelle sublimer les espaces. Les salons historiques Jean Cocteau et Louis Cartier, aux célèbres boiseries, ont été restaurés et abritent des trésors de la maison. Dans le premier, on découvre l’épée de l’académicien Jean Cocteau et dans le deuxième, une collection de livres rares. Un escalier d’honneur aux garde-corps à motifs végétaux mène au salon Jeanne Toussaint. Un espace intime et ouvert sur la rue de la Paix. Il est entouré de deux autres
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Le voyage sensoriel du restaurant CAAA by Pietro Catalano

    Par Sipane Hoh, le 7 mars 2025
    Situé en Suisse, à Lucerne, jouxtant la fameuse « Impulse Gallery », le restaurant CAAA by Pietro Catalano, réalisé avec habileté par l’agence d’architecture espagnole External Reference (Carmelo Zappulla), ressemble à une sculpture habitable, offrant à ses visiteurs une expérience sensible qui croise l’architecture, la technologie et la gastronomie. Le restaurant CAAA by Pietro Catalano découle de la collaboration innovante entre le chef Pietro Catalano reconnu pour ses créations gastronomiques innovantes et le savoir-faire d’External Reference. La collaboration entre l’architecte Carmello Zappulla et le chef cuisinier aux divers talents dévoile un écrin à l’architecture avant-gardiste qui offre aux usagers un beau plongeon aux confins de la gastronomie : s’inspirant des riches traditions culinaires de la région transalpine et de l’exceptionnel paysage avoisinant, External Reference a conçu un lieu qui rend hommage à la magnificence des Alpes. D’une superficie de 85 m² et pouvant accueillir jusqu’à 16 convives, la salle à manger du restaurant se caractérise par sa couleur blanche et ses traits épurés, accentués par le jeu savant des lumières chaudes. Ces dernières jouent un rôle très important dans la mise en valeur des différents mobiliers. Plus on se rapproche de l’obscurité, plus la transformation est féerique. Comme si le restaurant se réveillait grâce à l’ajustement des éclairages. La nuit tombée, l’ensemble prend ainsi les allures d’un cocon douillet au milieu des montagnes. Chaque meuble est conçu sur mesure, les chaises et les tables sont en bois de frêne, les sols en acier inoxydable, tandis que le bar du restaurant est fabriqué en verre et en marbre. Le plafond constitue l’autre curiosité qui interpelle. Dans sa recherche poussée, Externe Référence a analysé, en se servant de l’informatique, les morphologies des surfaces enneigées, afin de créer une structure qui prend forme à partir de l’étude numérique et vient tapisser convenablement le plafond. Cette investigation a donné naissance à un volume et des dimensions définis, permettant son impression 3D ultérieure. L’architecte raconte que, tel un puzzle, la surface était divisée en 63 pièces maniables, de 80 x 80 cm chacune, facilitant leur fabrication et assemblage ultérieur sur site. « Pour moi, le thème de l’intelligence artificielle est un moyen de remplacer cette capacité que les architectes ou les designers en général ont perdu, celle de dessiner à main levée. C’est un défi passionnant, car c’est un processus de pensée typiquement visuel traduit en mots qui a créé un récit que la machine peut comprendre », conclut Carmello Zappulla. Dans la phase finale, chaque pièce a été imprimée sur du bois de cellulose, un matériau recyclable obtenu à partir de résidus de déchets de bois, combinant des ingrédients naturels tels que la lignine, l’hémicellulose et la cellulose, une base d’une grande résistance qui sied parfaitement à une impression 3D de haute qualité. Rappelons que les divers éléments ont été imprimé par LAMÁQUINA, l’entreprise établie à Barcelone constituée d’une équipe de jeunes ingénieurs, chercheurs et experts en robotique. À Lucerne, l’approche pionnière d’External Reference, qui redéfinit constamment les limites de l’inventivité, croise l’univers créatif de Pietro Catalano et offre au visiteur un périple plein d’enrichissantes découvertes gustatives, olfactives et sensorielles. 

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