Architecture, l'esprit du lieu

Salvatori quelque chose d’Italie à New York

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Par Sipane Hoh, le 5 août 2024.
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© Matteo Imbriani

À New York, Salvatori, la fameuse entreprise italienne de design dont le siège est situé à quelques kilomètres au sud des carrières de marbre de Carrare, a ouvert son nouveau flagship store. Dans le centre de Big Apple, l’ensemble signé Yabu Pushelberg respire le savoir-faire italien.

« La décision d’inaugurer notre premier showroom américain à New York est tout autant une décision commerciale qu’un geste émotionnel », déclare Gabriele Salvatori, le CEO de Salvatori. Réputée pour ses produits à la fois innovants et élégants, l’entreprise familiale fondée en 1946, spécialisée dans la pierre naturelle et réputée pour ses textures sublimes pour les murs, ses sols et ses accessoires pour la maison, a annoncé l’ouverture de son premier flagship avec showroom en Amérique du Nord. Il s’agit d’une fructueuse collaboration avec l’agence Yabu Pushelberg (George Yabu et Glenn Pushelberg) qui a donné naissance à un espace sur mesure créé avec une grande adresse. Le nouveau showroom présente à la clientèle américaine son concept « Total Look » avec un design basé sur des surfaces texturées innovantes, des salles de bains aux formes sculpturales et des éléments de décoration intérieure contemporains, tous fabriqués à partir de pierre naturelle italienne et mettant en avant une unique façon de faire. Situé au 102 Wooster Street, à SoHo, dans le quartier branché où boutiques de créateurs, grandes enseignes huppées et galeries d’art se croisent, le nouveau showroom sert de siège à l’équipe Salvatori basée aux États-Unis, offrant ainsi à ses clients et aux designers un accès privilégié aux créations et aux divers services de la marque. Rappelons qu’après Milan et Londres, le showroom de New York, doté d’une superficie de 600 m² et développé sur deux niveaux, constitue le troisième espace autonome au niveau mondial de Salvatori. L’ensemble, agencé et manié avec tact par l’agence Yabu Pushelberg, présente des modules mettant en valeur la vaste collection de matériaux de luxe et de décoration intérieure Salvatori comme, par exemple, des finitions pour les murs et les sols, des sièges, des luminaires, des meubles d’extérieur et divers accessoires de maison.

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    Salvatori

    Via Aurelia 395/E,

    55047 
Querceta LU Italy

    Tel. : +39 0584 769200


    www.salvatoriofficial.com

    Yabu Pushelberg

    55 Booth Avenue

    Toronto M4M-2M3

    Tél. : +1 416 778 9779

    www.yabupushelberg.com

    66 White Street 3F

    New York 10013

    Tél. : +1 212 226 0808


    www.yabupushelberg.com

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 56
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    Urbanisme

    Régénérescence urbaine et sportive à Gerland

    Par Lionel Blaisse, le 10 avril 2025
    Cent dix ans après les premiers coups de crayon de Tony Garnier, son projet de  Cité des sports autour d’un stade d’athlétisme s’est enfin concrétisé à Gerland sous une forme réactualisée. Une décennie aura suffi pour métamorphoser le stade originel et ses abords en morceau de ville dédié aux sports et à la santé. Pour ce faire, LOU Rugby / GL Events – le maître d’ouvrage concessionnaire – s’est entouré d’une équipe d’architectes lyonnais pilotée par Albert Constantin comprenant AIA Life Designers, Didier Repellin et 4_32 architecte. La ville n’est pas un long fleuve tranquille. Lyon Confluence est loin d’être le premier morceau de bravoure urbaine lyonnais. Mais il est vrai que la capitale des Gaules a été plusieurs fois gouvernée par des édiles visionnaires en la matière. Édouard Herriot 1 y promeut dès 1905 une vision hygiéniste et idéaliste qu’il va partager avec Tony Garnier – un architecte local, Grand Prix de Rome 1899 – dont le projet (romain) de Cité industrielle nourrira la carrière. La ville décroche l’Exposition internationale urbaine devant se dérouler du 1er mai au 1er novembre 1914 dans le quartier de Gerland. Dans l’optique d’une candidature pour les Jeux Olympiques de 1920 ou de 1924 (que remportera finalement Paris), il commande en 1913 à Tony Garnier un stade des sports athlétiques. Pour le maire, « construire un hôpital, c’est de l’assistance ; construire un stade c’est de la prévoyance » ! Le concepteur imagine tout un ensemble d’équipements sportifs au sein d’un grand parc paysagé. Une fois franchie l’entrée principale où trônent deux… lions, une vaste allée, encadrée par le quartier des athlètes et celui des cyclistes, conduit au stade. S’inspirant de la tradition des stades olympiques antiques, sa grande galerie posée sur un talus végétal est couronnée d’une très architectonique enceinte en béton de mâchefer dont quatre portes monumentales commandent l’accès à un vélodrome, une piste d’athlétisme et une vaste pelouse centrale. Une piscine, des terrains de tennis et d’entrainement ainsi que des vestiaires sont prévus alentour. Mais le début de la Grande Guerre en interrompt le chantier ; seuls le stade, les vestiaires et les fondations des deux quartiers seront achevés en 1926 quand le reste du projet est abandonné. Pourtant, une piscine olympique extérieure avec plongeoir et gradins périphériques est finalement construite en urgence en 1932 – par le même binôme de bâtisseurs – afin de pallier les trop nombreuses noyades dans le Rhône et la Saône. Affecté en 1950 au club de football l’Olympique lyonnais, le stade de Gerland va dès lors subir plusieurs transformations majeures. Pour la Coupe du monde de 1998, Albert Constantin le modernise : disparition de la piste d’athlétisme, reconstruction des virages nord et sud recouverts à cette occasion d’une structure métallo-textile, surélévation des autres tribunes avec création de loges, remplacement des bancs par des assises individuelles. Sa capacité passe ainsi à 41 000 places et permet l’organisation de concerts et autres grands événements. Mais à l’occasion de la Coupe du monde 2018, l’agence américaine Populous réalise le futur Groupama Stadium à Décines-Charpieu où emménage le fameux club de football. (Vieilles) Pierres et le LOU. Propriétaire de l’équipement sportif,
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    Architecture remarquable

    Le doux MurMure d’une boite à musique

    Par Nat Lecuppre, le 31 mars 2025
    Le projet MurMure va faire beaucoup faire parler de lui et être le repaire de tous les passionnés de musique et du son. Il est l’initiative du groupe familial d’investissement Batipart. Allier passé et modernité. C’est au cœur du 11e arrondissement de Paris, au 69, boulevard de Charonne, dans un quartier branché que MurMure va prendre vie. Le bâtiment historique appartenait à la Compagnie parisienne de distribution (CPDE). C’était un poste de transformation électrique (Nation 1) de 1929. Les architectes en charge de cette réhabilitation d’envergure sont & Givry. Leur parti pris architectural est de conserver une majorité de la structure existante (les verticalités et les planchers en béton armé). Une attention particulière est portée pour préserver tous les éléments patrimoniaux comme la serrurerie et la verrière en acier. Un travail sur la façade est effectué pour faire réapparaître les matériaux d’origine. L’architecture industrielle du site est préservée et revalorisée afin de devenir la vitrine du premier cluster pour les professionnels du son. Visite des lieux. Le site est constitué de deux sous-sols, d’un rez-de-chaussée, de cinq étages et d’une toiture-terrasse. Les deux sous-sols sont constitués de studios d’enregistrement, de bruitage et surtout d’un grand studio A pour un orchestre symphonique d’une centaine de musiciens. Le rez-de-chaussée, ouvert au public, dispose de commerces, artisans, bar et restaurant déclinés sur le thème de la musique, On y trouve par exemple des disquaires et des luthiers. Les étages (du R+1 au R+5) accueillent des espaces de coworking et des bureaux. Ils abritent des entreprises et des start-up de création sonore et audiovisuelle telles que des sociétés événementielles, des graphistes, des juristes en propriété intellectuelle. La toiture végétalisée devient un jardin, le Jardin des Silences. L’artère névralgique : la nef. Une rue intérieure coiffée d’une verrière constitue une nef centrale de 24 mètres de hauteur. Telle une faille, elle laisse entrer la lumière naturelle qui illumine les lieux. Les matériaux au sol accentuent la luminosité jusqu’aux sous-sols. Tous les espaces s’articulent autour de cette nef centrale. Les hauteurs ont un véritable impact sur l’acoustique Le site accueille environ 800 personnes sur ses 6 193 m2. Le R-2 d’une superficie de 910 m2 héberge 160 personnes. On a le Studio A, d’une double hauteur (7,3 m) et de 370 m2, une zone Studios de 150 m2 et d’une hauteur de 4,55 m, une autre zone Studios de même hauteur et de 170 m2 ainsi qu’un local technique de 40 m2. Au R-1, on trouve une réserve cuisine (pour les commerces et le restaurant du RDC), de 90 m2 et d’une hauteur de 2,55 m. Trois Studios de 185, 90 et 40 m2 avec une hauteur respective de 4 m, 4,15 m et 3,20 m. Un local de 15 m2 sera disponible. Au rez-de-chaussée, les 690 m2 réceptionnent jusqu’à 360 personnes, avec des hauteurs comprises entre 3,5 et 4,5 m. Les étages courants, bureaux et coworking, d’une superficie de 1 200 m2, ont une hauteur libre de 2,4 à 3,6 m et peuvent recevoir jusqu’à 140 personnes. Les espaces sont rythmés de coursives et de balcons. Ils bénéficient d’une exposition de premier jour qui donc optimise le bien-être des utilisateurs. Le rooftop situé au R+6 offre une terrasse végétalisée de 600 m2, une
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    Architecture, l'esprit du lieu

    L’élégante signature de Corpus Studio

    Par Sipane Hoh, le 4 février 2025
    Fondée par Konrad ­Steffensen et Ronan Le Grand, Corpus Studio a réalisé à Paris un intérieur dépouillé à la fois chic et gracieux pour un client amateur de design et d’architecture. Agrémenté d’une multitude d’œuvres, l’appartement haussmannien entame ainsi une nouvelle existence. C’est l’histoire d’un pied-à-terre parisien qui a été confié à Corpus Studio. Un appartement haussmannien dans un quartier parisien caractéristique non loin de la tour Eiffel et de la Seine. Outre son emplacement, la résidence possède plusieurs qualités, comme par exemple ses deux grands balcons qui lui octroient non seulement une vue imprenable sur la capitale mais aussi une grande luminosité. Le duo d’architectes, après avoir découvert les lieux, pensait abattre toutes les cloisons pour en faire un espace généreux, mais cela pouvait dénaturer le lieu. Ainsi, un concept plus classique qui respecte la distribution originelle tout en apportant un coup de neuf a été privilégié. L’agence d’architecture et de design basée à Paris possède plusieurs références en la matière. De ce fait, les architectes ont élaboré au sein de la résidence un circuit intérieur qui accompagne l’existant et le magnifie. Plusieurs formes géométriques y ont fait irruption comme l’entrée théâtralisée par des jeux de parois en oblique ou encore l’alcôve en demi-cercle accueillant une banquette intégrée. Habitués à mettre en avant les différentes particularités d’un lieu ainsi que les formes et leur proportion, la spatialité et la lumière tout comme les textures et les matières, les architectes ont créé un intérieur qui se caractérise par un agréable jeu de voilages et de stores vénitiens. « L’appartement est situé dans les derniers étages avec une très belle vue, de grands balcons, orienté vers le sud, la luminosité était même très intense, nous avons essayé de tamiser cette lumière crue à travers des stores et du voilage, », souligne Ronan Le Grand. Grâce aux teintes havane du parquet et les tons pastel des murs, un univers à la fois chaleureux et apaisé est mis en avant. Rappelons que Corpus Studio privilégie le travail collaboratif ; dès leur début dans le métier, les hommes de l’art se sont entourés d’un réseau d’artisans, d’ingénieurs et de consultants spécialisés pour les accompagner dans leurs réalisations empreintes de justesse et de sensibilité. « Dans cet appartement, on a essayé de mélanger, d’apporter de la richesse par le jeu de dialogue, confronter des objets de différentes périodes. Nous avons des objets des années 1930, 1970, très contemporains ; on a tenté la confrontation des genres et des époques, c’est ce qui nous stimule, nous aimons proposer des arrangements décalés auxquels on ne s’attendrait pas mais qui peuvent fonctionner, cela donne une dynamique au projet », raconte l’associé de Corpus Studio. Dans le salon, nous pouvons découvrir un mobilier éclectique comme le sofa en velours noir tout en rondeur signé Pierre Augustin Rose, la chaise en contreplaqué aux couleurs acidulées d’Ettore Sottsass et la table en céramique de Maarten Stuer, tandis qu’au mur les panneaux en chêne « Buste de femme » de Jean Touret font sensation. Une certaine dynamique inattendue se dégage de la juxtaposition d’époques et de styles. Les architectes ont repensé entièrement la cuisine

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