Architecture, l'esprit du lieu

Un café au nouveau concept de Clubhaus

Abonnés
Par Sipane Hoh, le 29 octobre 2025.
Image
© Bianca Studio

À Sharjah, aux Émirats arabes unis, l’agence d’architecture intérieure Shell+Core vient de terminer la réalisation de l’ETHR Clubhaus, un café-boulangerie qui incarne un style de vie exclusif où design, art, gastronomie et bien-être sont célébrés dans un univers agréable et végétalisé.

ETHR est une marque bien établie et appréciée aux Émirats arabes unis ; elle étend son design minimaliste et raffiné à son nouveau site de Sharjah, tout en introduisant des éléments nuancés inspirés du contexte montagneux caractéristique de l’émirat. Le projet consiste à introduire un nouveau concept de Clubhaus, incarnant l’élégance caractéristique de la marque, avec des améliorations apportées pour une intégration réfléchie de la culture étudiante dynamique et de la scène artistique en plein essor de la ville, tout en créant un environnement inclusif qui favorise les interactions sociales. L’ouverture et la connexion sont au cœur du design. Une façade attrayante s’étend sur toute la longueur de l’espace, elle est délimitée par un grand bloc central qui comporte la cuisine. Les matériaux utilisés pour ce dernier étant le contreplaqué et le verre texturé, ce choix aide à diffuser une lumière chaleureuse et crée un jeu d’ombres pendant les heures d’ouverture. L’ensemble est accueillant, il est aménagé sur plusieurs niveaux. L’intérieur se caractérise par la présence de matériaux durables et recyclés – citons par exemple le papier peint en liège recyclé aux tons bruns terreux contrastant avec un sol en travertin blanc. Un marbre vert caractéristique et provenant de formations rocheuses présentes dans le contexte local de Sharjah permet une superposition cohérente de matériaux qui font référence à son environnement. Dans l’ensemble, ETHR Clubhaus est un assemblage d’objets, de volumes, de matériaux et de textures qui se croisent pour explorer l’art de raconter des histoires à travers le design. Par ailleurs, l’espace invite les clients, grâce à une vue transparente sur le processus de cuisson, à découvrir certains procédés de la marque. L’agence d’architecture intérieure Shell+Core a soigneusement pensé l’agencement de manière à concilier la productivité en journée avec la détente en soirée. Un éclairage modulable sublime chaque ambiance.

Galerie d'images (20)
    Partagez cet article autour de vous
    Facebook
    Twitter / X
    LinkedIn
    Pinterest
    E-mail
    À découvrir
    Image
    Talents

    Un nouveau souffle pour un intérieur parisien

    Par Sipane Hoh, le 9 avril 2025
    À Paris, l’architecte Gabrielle Toledano libère l’espace, apporte de la luminosité et métamorphose l’intérieur d’un appartement datant du XIXe siècle. L’ensemble mis au goût du jour comporte une multitude d’éléments de design qui lui procurent grâce et élégance. Au cœur du Quartier latin, faisant face au jardin du Luxembourg, l’agence d’architecture Toledano + Architects a réhabilité l’intérieur d’un appartement situé au 5e étage d’un immeuble caractéristique. L’idée première était d’apporter de la lumière au sein d’un logement aux vues impressionnantes et au grand potentiel. Cependant, le plan d’origine étant très fractionné, il fallait décloisonner l’ensemble des pièces exiguës mono orientées afin d’obtenir des espaces généreux traversant de l’est à l’ouest. Cette organisation pouvait permettre la création d’une zone dédiée aux parents et une autre pour les enfants. C’est avec beaucoup de rigueur et de volonté que l’architecte a obtenu un intérieur cohérent qui répond avec brio aux diverses exigences des propriétaires. Pour ce faire, il a été décidé d’ouvrir un mur porteur de 50 cm de large sur plus de 6 m de long. Un travail complexe qui a été accompli avec hardiesse. Et pour garder les traces d’un passé révolu, la poutre qui a remplacé le mur a été peinte en vert pale. Conçu pour une famille de quatre personnes dont deux enfants, l’appartement comprend trois parties. Tandis que l’espace de vie est composé du salon, de la salle à manger, de la cuisine et d’un bureau, deux suites, l’une parentale et l’autre pour les enfants, occupent les extrémités. Le salon affiche une atmosphère sobre et épurée mise en avant par la présence de la chaise longue LC4 de Charlotte Perriand de chez Cassina. Dans cet univers minimaliste, le fauteuil Rietvelt Utrecht de chez Cassina et sa couleur orange, ainsi que le fauteuil Ribbon de Pierre Paulin de la maison Artifort et sa teinte bleue, apportent une agréable touche de fraîcheur. Dans la zone principale, l’architecte a apporté quelques astuces comme le bureau qui se ferme par un rideau rond en feutre permettant de créer, au besoin, une troisième chambre. Soulignons que le recours au feutre n’est pas anodin, il permet également d’isoler phoniquement l’espace. Un élément long et continu en bois de noyer parcourt l’appartement d’est en ouest, séparant les parties jour et nuit ; il cache par ailleurs la buanderie, divers rangements mais aussi un home cinéma et une bibliothèque. Concernant la cuisine, l’architecte a opté pour l’inox vibré, un matériau résistant qui réduit les traces de doigts des enfants, tandis que l’îlot a été conçu en travertin. La présence de l’inox ne se limite pas à la cuisine : nous trouvons cette matière dans la bibliothèque et les placards, où elle est mâtinée avec du bois de noyer. Quant à la chambre des enfants, elle se pare d’un esprit ludique grâce à l’utilisation du contreplaqué. Tous les murs et plafonds de l’appartement ont été enduits à la chaux naturelle de la marque Mercadier. Dans ce quartier parisien prisé, Gabrielle Toledano a réussi un bel exploit, donner à un lieu privé ses lettres de noblesse.
    Image
    Architecture, l'esprit du lieu

    Les architectes du bien-être et du bien-vivre

    Par Nat Lecuppre, le 20 avril 2026
    Créée en 1990 à Paris, l’agence Ameller Dubois a développé au fil des ans des compétences particulières dans quelques grands domaines. Enseignement, logements collectifs, sécurité, santé, réhabilitation sont autant de sujets traités régulièrement par ses équipes. Elle est aujourd’hui reconnue pour son expertise en matière d’équipements publics. Associant rigueur et audace à l’esthétique et l’écoresponsabilité, sa pratique repose sur une approche tournée vers les usagers. Dès 2006, l’agence se démarque en devenant pionnière dans la conception de bâtiments HQE. Elle poursuit cette démarche depuis lors et s’illustre notamment dans la réhabilitation énergétique.  En 2025, les quatre-vingts collaborateurs se répartissent entre Paris et Nantes. Cinq associés aux compétences complémentaires prennent le relais des deux fondateurs. Chacun se distingue dans son domaine, permettant à l’agence de répondre à des programmes variés. Une approche vertueuse qui permet des apports d’un sujet à l’autre. En matière de santé, l’agence couvre l’ensemble du spectre de l’architecture en associant forte technicité, attention portée aux usages et qualité des ambiances. Elle compte une vingtaine de projets d’Ehpad et de nombreux équipements hospitaliers à son actif. Le Campus Chirurgical du Grand Paris Ameller Dubois a un projet en cours qui est le futur Campus Chirurgical du Grand Paris. Ce dernier s’installera sur le site de l’ancien hôpital Broussais dans le 14e arrondissement. Le campus abritera la nouvelle école de Chirurgie et de médecine interventionnelle du CHU et le centre de don du corps de l’Île-de-France. Le maître d’ouvrage est l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). La surface totale est de 4 500 m2. Le projet comprend deux bâtiments : un bâtiment existant « Ady Steg » (livraison en mars 2026) et un nouvel immeuble « Halpern » (juin 2027). L’excellence française en chirurgie. La nouvelle école a pour vocation de devenir le centre de référence international en matière de formation et d’innovation chirurgicale de la capitale. Ce campus accueillera plus de 5 000 étudiants, praticiens et chercheurs. Il sera constitué de halls opératoires, d’un nouveau centre du don des corps de l’IDF et des espaces de recherche de pointe. Un centre de simulation chirurgicale de 900 m2 au rez-de-chaussée du Ady Steg favorisera la formation aux pratiques opératoires. Un Smart Surgery Lab, dédié à la présentation, l’évaluation et au développement d’innovations chirurgicales de haute technicité prendra également place. La technologie omniprésente connecte le campus et permet des formations pratiques spécialisées au plus proche des conditions réelles d’exercice.  Le positionnement environnemental respecte la Norme BDv4 Très Performant et le niveau E3C1 du label E+C. Pour répondre au PLU bioclimatique de la Ville de Paris, le bâtiment neuf a une enveloppe thermique permanente, tandis que la part des énergies renouvelables pour le chauffage et l’eau chaude atteint plus de 50 %. Les façades en ossature bois préfabriquée intègrent la technologie Panobloc, des panneaux biosourcés français au bilan carbone bas. Une toiture végétalisée accentue la régulation thermique et limite l’effet d’îlot de chaleur urbain.  Situé sur une parcelle libre de mitoyens, le nouveau bâtiment est pensé comme une réponse à une promenade urbaine. Son architecture se marie à celle des éléments environnants. Sa façade est en métal et briquettes modulées main
    Image
    Parcours

    «Je vœux»

    Par Atelier Martel, le 15 juillet 2024
    Engagé·es en faveur de la création contemporaine, nous souhaitons, chez Atelier Martel, nous inscrire dans la tradition millénaire des liens entretenus entre art et architecture, et ainsi proposer un accès à l’art contemporain à tous·tes les usager·es de nos bâtiments. En effet, le lien entre art et architecture est ancré au cœur de l’histoire de l’art et des techniques. Il est également marqué par une évolution du statut de l’artiste, par une fluctuation de la porosité disciplinaire entre arts et architecture au fil du temps, et par un changement progressif des destinataires de ces œuvres conçues en contexte architectural. De la haute antiquité à l’époque contemporaine, l’histoire de l’art atteste de la constance des compagnonnages entre artistes et architectes : statues, bas-reliefs ou fresques des âges antiques, médiévaux ou renaissants, explorations modernistes et post-modernistes de l’œuvre totale ou des panneaux monumentaux, jusqu’aux développements multiformes de l’art d’aujourd’hui. Ces œuvres font corps avec les bâtiments, séquencent les parcours, jouent avec la structure, se fondent dans les modénatures, exploitent les volumes. Si le mouvement moderne des années 1940 réinterroge cette fusion des arts et la place de l’ornementation, les expérimentations artistiques urbaines récentes reviennent sur le devant de la scène et s’inscrivent pleinement dans les questionnements relatifs à la place de l’art dans ces nouvelles urbanités, et de son lien avec les habitant·es, destinataires de ces œuvres. Au cours de cette histoire occidentale des relations entre art et architecture, les agencements et conventions qui régissent les relations entre artistes et architectes ont contribué à modifier la place des destinataires de ces œuvres. Après « l’art pour les Dieux » avec des œuvres commandées par et pour des dévot·es et institutions religieuses, et après « l’art pour les Princes » qui voit la commande d’œuvres par et pour des connaisseur·euses et des puissant·es, on assiste à l’avènement de « l’art pour le marché » qui réinterroge les destinataires des œuvres mais continue de se placer du côté de certaines élites, notamment économiques (Gilles Lipovetsky et Jean Serroy). ↑HABITER ET SOIGNER À DOMMARTIN-LES-TOUL L’artiste Mayanna von Ledebur est intervenue pour la maison d’accueil spécialisé (pour épileptiques) de Dommartin-lès-Toul (2015) pour en « adoucir » les parois de béton par une matrice de coffrage – libre interprétation des inscriptions de stèles mésopotamiennes, première mention de l’épilepsie dans l’histoire écrite – et tisser une longue fresque en tapisserie de laine découpée en panneaux concourant à la signalétique et à amortir les chocs éventuels des patients. Dès lors, quelle place peut-on, en tant qu’agence d’architecture, donner aux habitant·es et usager·es des bâtiments au sein desquels sont installées les œuvres pérennes que nous concevons ? En défendant une idée de l’art pour tous·tes, qui se traduit par la volonté de permettre un accès à l’art contemporain au plus grand nombre, nous avons fait le choix de considérer les habitant·es comme les premier·es destinataires de ces œuvres nourries par notre architecture et qui la nourrissent en retour. Les œuvres que nous soutenons et réalisons ont ainsi pour raison première d’exister le lien qu’elles entretiennent avec celles et ceux qui parcourent au quotidien

    Laisser un commentaire

    3 + 16 =