Architecture, l'esprit du lieu

Un nouvel écrin pour Lancaster

Par Nat Lecuppre, le 30 décembre 2024.
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© Thibault Pousset

Label Experience a accompagné la marque Lancaster pour concevoir son flagship parisien, rue Saint-Honoré.

Lancaster est une entreprise française, fondée en 1990 par Thomas Tchen. Elle conçoit des articles de maroquinerie premium (sacs à main, sacs à dos et accessoires). Ces derniers sont vendus dans plus de mille points de vente en France.

Flagship Paris VIII.

L’enjeu de ce projet était de démontrer que Lancaster était adapté à son époque en ouvrant des lieux physiques qui lui sont propres. Il s’agissait pour les architectes de Label Experience de réinventer l’espace et de mettre sous les feux de la rampe le savoir-faire de Lancaster avec ses pièces emblématiques. Pour ce flagship, la façade en pierre est lisible et valorise l’architecture de la rue Saint-Honoré. Le logo noir contraste avec l’ensemble du décor et attire l’œil des passants.

En entrant, on découvre un espace clair et épuré. Les espaces minimalistes et lumineux sont répartis sur un rez-de-chaussée et un étage. Le cuir, cœur du métier de Lancaster, est décliné dans tous les espaces. L’artisanat est souligné avec un meuble de métier en bois revisité. La maroquinerie est mise à l’honneur et en scène. Un luminaire souple et continu réinterprète la souplesse du cuir. Les différents aspects du cuir se retrouvent dans un jeu de textures, de matières et de matériaux. Label Experience conjugue matériaux nobles et design contemporain sur fond d’une palette de beiges.

Importance du choix des matériaux.

Toute la scénographie des espaces repose essentiellement sur un matériau : Solid Surface Durasein. Le Solid Surface Durasein est mis sur le devant de la scène car cette résine respecte l’environnement avec ses qualités durables. De plus, il offre des facilités de créations design en s’associant aisément à d’autres matières (béton ciré, bois…).

Des étagères en Solid Surface Durasein, sur 8 mètres de long sans jointures apparentes, exposent la maroquinerie de teintes vives et de formes diverses. Le matériau se retrouve pour le plateau du meuble de caisse en angle et pour le dessus des petites tables basses circulaires à la finition laiton. Il a l’avantage de pouvoir donner l’impression souhaitée selon le projet, de finesse ou de masse. Le coloris choisi est plus clair (Chill) que le beige du béton ciré, de la peinture et des tissus. Il valorise ainsi les produits exposés. Il souligne le côté raffiné et harmonieux des lieux, et il offre une facilité d’entretien et une grande résistance.

Par le choix des matériaux, du mobilier et des coloris, Label Experience a réussi à concevoir un écrin pour Lancaster et à nous faire oublier que la superficie n’est que de 95 m2.

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    Lancaster

    422, rue Saint-Honoré

    75008 Paris

    Tél. : +33 (0)1 42 28 88 88

    www.lancaster.com

    Label Experience

    2, rue de Châteaudun

    75009 Paris

    Tél. : +33 (0)7 77 29 11 22

    www.labelexperience.com

    Solid Surface Durasein

    www.durasein.com

    Retrouvez cet article dans le nda numéro 58
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    L’Isle de Leos chante la Provence

    Par Nat Lecuppre, le 15 avril 2026
    Cet été a eu lieu l’inauguration très attendue par les médias de l’hôtel cinq étoiles L’Isle de Leos Hôtel & Spa - MGallery Collection. Cette réalisation supportait de lourds enjeux s’articulant entre héritage patrimonial et innovations architecturales. Pour ce projet d’envergure exceptionnel, situé au cœur de la Venise Comtadine, à savoir l’Isle-sur-la-Sorgue (84), plusieurs talentueux architectes et designers sont intervenus. Le cabinet d’architecture Rougerie+Tangram a eu en charge la construction de l’hôtel qui reprend les codes de la scierie. L’établissement est au bord de la Sorgue avec une roue à aube restaurée. Les Bâtiments de France l’ont accompagné pour certifier le respect du côté historique des lieux. Pour l’aménagement intérieur et la décoration, la mission a été confiée à l’architecte et designer Jean-Philippe Nuel. Un projet d’envergure. L’Isle de Leos est un projet à la croisée de l’histoire, de l’architecture, de l’émotion, du savoir-faire et de la notoriété. Jean-Philippe Nuel a imaginé un lieu lié à son territoire, à son histoire, tout en le revisitant avec modernité et en le dessinant à l’image de son illustre propriétaire pour qui la Provence est chère : Patrick Bruel, qui a acquis en 2007 le Domaine de Leos, un terroir de l’Isle-sur-la-Sorgue qui s’étend sur 41 hectares avec 7,5 hectares d’oliviers et 13 hectares de vignes. Patrick Bruel souhaitait un hôtel à l’image d’une grande maison d’hôtes, vivante, accueillante comme chez un ami. L’établissement dispose de 49 chambres dont 11 suites, d’un spa (l’Olivier de Leos), d’un restaurant La Roue, d’un bar à cocktails Le Nego Chin, d’une cave à dégustation Augusta, d’une galerie d’art, d’un patio intérieur, d’une piscine extérieure, d’une salle de fitness et deux salles de réunion connectées de 54 à 58 m2 pouvant accueillir 60 personnes pour des événements. Le spa de 440 m2 est doté d’un hammam, sauna, snow cave, douches sensorielles. Il permet de vivre une expérience bien-être autour de l’oléathérapie.   Tout au long de la réalisation, Jean-Philippe Nuel et Patrick Bruel ont travaillé à quatre mains. Il s’agissait de composer ensemble une ode à la Provence. Une œuvre de 8 mètres de long, appelée Âme de la Provence est la pièce maîtresse des lieux. Elle est constituée de tuiles de la région. Cette création est un hommage au savoir-faire et aux artisans locaux. Les peintures et les photographies exposées dans tout l’hôtel renforcent cet hommage aux artistes de la région. Le poète et résistant René Char, né à l’Isle-sur-la-Sorgue, ainsi que ses amis artistes (Picasso, Braque, Giacometti, Miro…), a été le fil conducteur pour la décoration.  Jean-Philippe Nuel s’est inspiré des demeures historiques provençales avec une grande entrée, des matériaux nobles (tuiles, bois, pierre et métal) et des ouvertures sur la ville. L’Isle de Leos est conçu comme un véritable havre de paix mais également un lieu de vie, d’échange et de rencontre, avec pour fond musical le doux murmure de la Sorgue. L’art est omniprésent. Plus de 120 œuvres sont exposées. On y découvre des sculptures, des fresques et des objets chinés.  Une décoration élégante et intemporelle. Les espaces sont décorés avec des pièces chinées
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    Hôtel de Pourtalès, Paris

    Par Nat Lecuppre, le 31 janvier 2025
    Il existe dans Paris un lieu appelé Hôtel de Pourtalès dédié à une clientèle très haut de gamme qui souhaite séjourner dans l’anonymat total sans aller à l’hôtel et se sentir comme chez elle. Pour cette adresse secrète, située à proximité de la Madeleine au 7, rue Tronchet dans le 8e arrondissement, c’est le bouche-à-oreille qui fonctionne. Hôtel de Pourtalès. À l’origine, le comte James Alexander de Pourtalès, un diplomate et collectionneur d’art d’origine française, vit en Suisse. En 1815, il vient s’installer à Paris et demande à l’architecte Félix Duban de lui bâtir un écrin pour ses collections dans le style néo-Renaissance. C’est ainsi qu’est né l’Hôtel de Pourtalès avec son architecture caractérisée par ses arcades, pilastres, sa cour intérieure… rappelant les palais toscans. Depuis 2002, l’ensemble du site est classé aux Monuments Historiques. Les enjeux sont donc importants lorsqu’il s’agit de rénovation des lieux. En 2006, Anthony Béchy signe la première réhabilitation. Puis intervient le studio Labaye Sumi en 2019 et jusqu’à ce jour, en site occupé pour les réaménagements successifs et les évolutions des espaces (cuisines, salles de bains). Portrait du studio. Le Studio Labaye Sumi, avant tout un duo : Agathe Labaye, architecte, et Florian Sumi, artiste plasticien. Les deux trentenaires sont complémentaires. Ils ont une vision transversale. Ils trouvent un équilibre en alliant leurs expertises et savoir-faire et font de l’objet une architecture. À l’image de ses projets, le studio est discret mais multidisciplinaire et aux compétences sans limite. Il a signé depuis 2018 des pièces de collectible design représenté par la galerie Charles Burnand à Londres, le concept hôtelier pour la nouvelle marque du promoteur immobilier Réalité(s), l’architecture intérieure d’un ilot de sept immeubles à Juan-les-Pins, la création de la première boutique de la marque de joaillerie Statement ou encore BonParfumeur… et bien entendu l’Hôtel de Pourtalès. Le projet. Le client, représenté par Antoine Bidan, directeur général de l’établissement, et Kathlene Guerrache, sa directrice commerciale, avait juste donné comme impératif au Studio Labaye Sumi de concevoir des lieux empreints d’élégance, de clarté, de douceur où chacun peut se retrouver. Il fallait tout d’abord trouver un concept cohérent avec la configuration des lieux et leur attribuer une harmonie. Le site est constitué de deux bâtiments : un classé et un autre attenant, contemporain. Pour ce projet, le Studio Labaye Sumi a pris en compte l’ADN du site. Il a apporté une touche de design, de contemporanéité au côté classique et à l’histoire des lieux. Les volumes sont extraordinaires et les traces du passé sont conservées comme les voûtes et les charpentes pour créer des espaces mêlant luxe et sobriété. Les tonalités retenues sont chaudes, lumineuses, réhaussées de pointes de vert, de jaune, qui font écho à la végétation luxuriante des terrasses des suites. Les 1 200 m2 se répartissent sur sept étages. L’établissement dispose de deux chambres et 9 suites de 95 m2 à 367 m2. Le Studio Labaye Sumi joue sur l’intemporalité et choisit avec une attention particulière un mobilier sculptural. À savoir des pièces iconiques de Charlotte Perriand, Le Corbusier, Rietveld, Scarpa, mais aussi des œuvres de la nouvelle garde du design français comme Garnier

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