Architecture, l'esprit du lieu

Art Legacy Hotel rendez-vous avec le luxe

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Par Sipane Hoh, le 28 janvier 2026.
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© João Guimarães - JG Photography

C’est un fin travail de réhabilitation et de revalorisation de patrimoine que l’agence d’architecture Rebelo de Andrade a réalisé. Une opération minutieuse croisant le luxe et l’opulence.

Au Portugal, donnant sur la rua do Ouro, l’une des venelles les plus animées de Lisbonne, Art Legacy Hotel occupe un bâtiment distingué des années 1920. Dans ce quartier très fréquenté de la ville, les bâtiments patrimoniaux sont légion. Selon le plan de sauvegarde de la Baixa Pombalina connue pour ses zones piétonnes et ses demeures historiques, plusieurs édifices sont voués à la réhabilitation. Une volonté politique qui revigore toute une partie de la ville. C’est le cas du bâtiment où se trouve aujourd’hui Art Legacy Hotel. La bâtisse de quatre étages appartenait autrefois à la compagnie d’assu­rance Sagres où elle avait aménagé ses bureaux. L’ajout de nouveaux escaliers, la construction du quatrième étage, l’aména­gement des combles en mansardes habitables et l’installation d’un ascenseur ne firent que renforcer sa grandeur. Plus tard, dans les années 1960, l’ensemble a subi d’importantes modifications. Les étages abritaient les bureaux tandis que le rez-de-chaussée renfermait les espaces commerciaux.

Le projet d’archi­tecture et de design d’intérieur, réalisé par l’agence d’architecture portugaise RUA (Rebelo de Andrade), vise à restaurer la conception originale du bâtiment, dans un travail de valorisation et de sauvegarde du patrimoine architectural. Les architectes ont remplacé les ouvertures cintrées de la façade au niveau du sol et les matériaux modernes pour l’époque comme le verre et le fer par les bas-reliefs d’un grand réalisme. Tous les détails ont été soigneusement étudiés dans le respect du style qui conviendrait au bâtiment. Outre sa situation stratégique, l’hôtel cinq étoiles dispose de 53 chambres. Au rez-de-chaussée se trouvent les espaces publics tels que la réception, le bar et le restaurant donnant un accès direct vers la rue.

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    Architecture un lieu

    Quand Delphine Carrère opère avec doigté

    Par Nat Lecuppre, le 30 octobre 2023
    L’architecte biarrote Delphine Carrère vient de signer la réhabilitation d’un hôtel particulier dans le vieux Bordeaux et de le transformer en un cabinet médical singulier. L’approche de Delphine Carrère est toujours sur-mesure alliant avec subtilité design, authenticité et fonctionnalité. Pour cette réalisation, elle a cassé les codes du secteur de la santé et repris des repères de l’hôtellerie. Anthèse La proximité des ruines du Palais Gallien a inspiré le nom : Anthèse, pour un centre esthétique et médical haut de gamme. Les lieux sont confortables, contemporains et discrets pour accueillir les patients. Les espaces imaginés sont chaleureux, intimistes, cosy et chic avec un air de « comme à la maison ». L’hôtel composé de trois niveaux a été entièrement métamorphosé. Dans son concept, Delphine Carrère a choisi de conserver le plus possible les éléments d’origine du rez-de-chaussée (moulures, parquets massifs, sols de l’entrée et de la cuisine). Un bloc ovale habillé de fragments de miroir teinté a créé une capsule entre les couloirs et les salons. Les codes classiques du médical ont été brisés et les lieux se fondent dans leur environnement. Les deux étages ont été revus pour répondre aux normes sanitaires et isophoniques. Le premier étage est dédié au docteur Emma Lavocat et le deuxième à son époux, le docteur Romain Lavocat. Les matériaux retenus soulignent une ambiance apaisante et cosy, du marbre Calacatta au métal cuivré, du bois sombre au bois peint, etc. L’architecte a choisi les couleurs et les matériaux pour obtenir une lecture simple des espaces. Chaque niveau révèle une uniformité monochrome. Au R+1, les teintes sont douces et feutrées quand au R+2, elles plongent les patients dans une ambiance épurée et minimaliste. Pour ce projet, le mobilier et les aménagements ont été créés sur-mesure (bar de la cuisine, bureaux des docteurs, chambres des patients…). Cette réalisation laisse entrevoir que les frontières entre les secteurs de l’hôtellerie, du retail, du tertiaire, du résidentiel… peuvent disparaître au profit de la création de lieux d’exception. Anthèse le prouve.
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    Architecture, l'esprit du lieu

    Les belles demeures ont toujours le vent en poupe

    Par Nat Lecuppre, le 20 janvier 2025
    D’après une étude OpinionWay menée fin avril-début mai 2024 auprès de 421 répondants (Belles Demeures) ayant un projet d’acquisition ou de vente d’un bien de prestige d’ici deux ans, on peut confirmer que l’immobilier de luxe ou de l’ultra-luxe séduit toujours autant. Belles Demeures, filiale du Groupe SeLoger, est spécialiste de l’immobilier de prestige. Près de 500 000 annonces de biens d’exception sont mises sur leur site qui compte environ 700 000 visiteurs par mois. Malgré un contexte économique difficile, le luxe séduit toujours autant en France. Le marché immobilier du luxe français connaît une croissance de 2,3 % pour les maisons et 1,1 % pour les appartements en moyenne par an. A contrario du marché traditionnel où les maisons marquent une baisse de 1 % pour les maisons et 3 % pour les appartements. Ceci peut s’expliquer par le faible impact de la hausse des taux d’intérêt qui ne concerne pas véritablement la clientèle premium. À Paris, cette différence entre le marché traditionnel et le marché du luxe se ressent. En deux ans, les biens « classiques » ont vu baisser leurs prix de 12 % avec un tarif de 10 000 € / m2. Tandis que les appartements de luxe augmentent de 2,5 % pour un prix médian de 17 441 € / m2 soit environ 1,7 million d’euros, allant même jusqu’à 4,2 millions d’euros pour l’ultra-luxe. Rive gauche, des arrondissements comme dans le 7e enregistrent un prix médian de 3,9 millions d’euros soit + 5 % sur deux ans, + 2,1 % dans le 6e, + 1,9 % dans le 16e. Ce dernier détient 30 % des offres du marché de l’ultra-luxe parisien pour un prix médian de 4,7 millions d’euros. En 2023, Knight Franck réalise une année positive pour l’utra-luxe avec des transactions à Paris entre 50 M€ et 80 M€ (prix moyen 30 400 € / m2). 42 % des ventes concernent les hôtels particuliers, 75 % des ventes pour les biens avec espaces extérieurs, et 56 % des ventes pour les clés en main (« turnkey properties »). Les acheteurs sont majoritairement asiatiques et américains. Ces informations sont confirmées par Sébastien Kuperfis, président de Junot Fine Properties – Knight Frank. On pourrait se dire que tout va bien. Il n’en est pas de même pour les maisons luxueuses d’Île-de-France (Yvelines et Hauts-de-Seine). Leur prix médian de 1,3 ou 1,4 M€ notent une baisse de 5,1 % et 3,2 % sur un an. Seul Neuilly-sur-Seine avec ses hôtels particuliers propose un prix médian de 5,7 M€. Pourquoi cette dissonance avec la ville de Paris ? En fait, les acheteurs pour une maison de luxe en Île-de-France sont français, et souvent ils doivent demander un crédit pour acheter un bien. La multiplication par deux des taux d’intérêt en deux ans est donc le critère qui fait chuter les ventes. Confirmation de Thomas Lefebvre, vice-président Data chez Belles Demeures. L’immobilier de prestige a encore de beaux jours devant lui, surtout en région. Les territoires les plus dynamiques sont la Côte d’Azur (départements 06, 83, 13) avec les maisons luxueuses les plus chères de France, la côte ouest face à l’Atlantique (départements 64, 40, 33, 17, 85 et 44) et en Normandie (départements 14 et 76). La Provence a connu des prix de + 7,2 % en un an, et les Alpes (départements 73,
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    Le très caractéristique Murad Boutique Hotel

    Par Sipane Hoh, le 6 avril 2026
    À Bahreïn, l’histoire perlière offre un aperçu de l’une des riches traditions de l’île. Murad Boutique Hotel fait partie de ces lieux magiques aménagé avec adresse par le studio d’architecture Anne Holtrop. L’industrie perlière a stimulé longtemps l’économie du royaume du Bahreïn, jusqu’au début des années 1930. Le Chemin des Perles a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, il met en valeur ce patrimoine culturel qui s’étend sur 3,5 kilomètres, du littoral de Bu Mahir jusqu’au complexe de Siyadi situé au cœur de Muharraq, la deuxième ville du pays. La route de ce joyau des mers est tout aussi intéressante que riche en découvertes. Elle comprend un ensemble de bâtiments, principalement des édifices datant du XIXe siècle appartenant à des marchands de perles, un complexe touristique et des places publiques, entre autres. La Maison Murad fait non seulement partie du Chemin des Perles mais elle constitue une étape incontournable car la famille Murad était très impliquée dans l’économie perlière en tant que négociants. Elle sera rénovée et réhabilitée en maison d’hôtes comprenant sept chambres, un restaurant, un jardin et un salon de thé. Le design s’appuie sur un langage de formes rectangulaires incomplètes. C’est l’imperfection de ces formes qui lui confère son caractère. Lorsque plusieurs configurations sont assemblées pour former une façade, un sol, un jardin ou un escalier, les décalages soulignent l’incomplétude et font écho au caractère artisanal de la maison ancienne. Mandatée pour mener à bien le projet de la réhabilitation de cette icône, le studio d’architecture Anne Holtrop propose un projet épuré, minimaliste, qui rend hommage à l’île, à l’histoire et au contexte. Le bâtiment de quatre étages présente un plan composé de deux pièces de même taille, séparées par un noyau. La façade constitue l’élément spatial principal. Le relief est particulièrement visible aux angles. À l’intérieur, le même moulage est utilisé pour les dalles de plancher, comme dans les plafonds. Une certaine poésie se dégage du lieu. À Bahreïn, après avoir livré le Siyadi Museum, l’artiste et l’architecte néerlandais conçoit le Murad Boutique Hotel. Il constitue à lui seul un monument mettant sur un piédestal un genre de brutalisme esthétique qui lui est propre. À la fois rigoureuse et sensible, l’architecture d’Anne Holtrop n’a pas fini de nous ébahir !

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